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  APPEL A ORGANISER UNE CONFERENCE NATIONALE POUR LA RECHERCHE & LE DEVELOPPEMENT

Avec une population estimée à soixante millions d'habitants, avec des ressources naturelles jugées scandaleusement abondantes, comment expliquer que notre peuple croupisse dans une des misères les plus noires ? Les enquêtes et autres études sur le patrimoine minier congolais dénombre plus de quatre vint dix specimens uniques au Congo-Kinshasa. La valeur marchande est indéterminable, sinon retenir que notre pays est un abîme de richesses. On pourrait exclure les ressources minières, et les autres ressources locales suffiraient à porter nos concitoyens parmi les riches du monde. Le paradoxe actuel trouve son explication dans la prédation et le cynisme des politiques. A cette explication, s'ajoutent tant d'attitudes et pratiques assimilables au refus de sortir, voire à une certaine hostilité à sortir de la misère matérielle et anthropologique. Combinée à d'autres facteurs, que je n'évoque pas ici, cette question de mentalité et de pratiques criminelles constitue une équation conduisant inéluctablement à la misère. Le poids du contraste entre, d'un côté, les richesses naturelles, les opportunités d'enrichissement et de création des conditions du mieux être du peuple congolais et de l'autre côté, le gouffre de misère a conduit au défaitisme et un certain « congopessimisme ».

Cependant, il reste possible d'envisager l'avenir autrement, de conjurer la fatalité. Pour ce faire, nombre sont les voies et l'oeuvre est aussi immense que l'enjeu lui-même. A ce propos, nous avons toujours soutenu que le défis nécessite l'engagement d'individus organisés en opérateurs privés et l'engagement des pouvoirs publics pour mettre en place un cadre favorable aux initiatives privées, mais aussi comme acteurs. Au bout de la chaîne d'actions, le pouvoir public devra retrouver son rôle d'administrateur de justice dans tous ses aspects, don't la justice distributive. Nous adressant donc à ceux qui aiment encore ce peuple, nous espérons contribuer par ce texte à la mise en place d'une institution vouée à la recherche du mieux être pour nos compatriotes.

1. CONJURER LA FATALITE.

Concédons qu'il existe, dans la classe politique congolaise, des rares bonnes volontés, qui pensent au développement du peuple. Cependant, on ne peut manquer de souligner leur inefficacité en matière de promouvoir le développement, à mettre en place des structures qui garantissent le mieux-être des compatriotes. Il se fait que l'on est loin du mieux-être, parce que au Congo, les gestionnaires semble s'activer non pas pour le bien de tous, mais pour spolier. En conséquence, on se retrouve en face d'un système contre-productif, d'actions régressives, anti-développement. On citera la destruction systématisée d'infrastructures et patrimoines, le manque d'entretien et de maintenance, le manque de suivi ou de rationalisation de projets et autres programmes, les harcèlements et rançonnements qui découragent des initiatives, le manque de statistiques, etc.

Fondamentalement, l'état de la problématique du développement au Congo soulève de nombreuses questions relatives à l'objet même du développement envisagé, aux méthodes, aux ressources et autres facteurs susceptibles de garantir des avancées, aux ressources, et autres acteurs de terrain…

Concrètement, un développement harmonieux n'est envisageable que si l'on commence par établir un plan national de développement. Celui-ci consisterait à

•  Définir le type de développement que l'on veut ;

•  Définir des objectifs à court, à moyen et à long termes;

•  Déterminer les actions correspondantes ;

•  Définir les acteurs qui en amont et en aval participent au processus de développement ;

•  Identifier les moyens et / ou ressources matérielles disponibles ou à chercher pour la réalisation des objectifs ;

•  Préciser les méthodes de travail ;

•  Garantir l'équilibre entre le plan de développement et d'autres enjeux humains, nationaux, écologiques, régionaux, privés et publics, …

•  Définir le processus d'implémentation d'actions envisagées ;

•  Etablir les méthodes d'évaluation, de correction et d'avancement en sorte d'allier réalisation (réalisme) et « proactivité ».

•  Définir les méthodes et les agents de sanctions des acteurs.

2. CONVOQUER UNE CONFERENCE NATIONALE

Cette liste peut être allongée. L'immensité de l'enjeu et l'urgence nous fait penser qu'il serait plus pertinent de convoquer dans un avenir proche une conférence nationale portant sur la question du développement. Celle-ci reposerait sur l'idée que le développement est un enjeu aussi urgent que la défense nationale ou la légitimité du pouvoir. Il s'agit de lui conférer un statut constitutionnel. Cette idée repose sur le fait que les politiques garantissant à tout citoyen la dignité et le respect des droits fondamentaux doivent être moulées dans un programme de recherche et développement.

En outre, la Conférence Nationale pour la Recherche et le Développement (CNR&D) permettrait de réunir les acteurs du monde du développement et les scientifiques en sorte de répondre à l'urgence d'une action réaliste, harmonisée et efficiente pour le pays. Les conférenciers prendraient acte du retard et de l'échec actuel en matière de développement. Ils pourraient échanger et converger leurs positions et s'atteler à l'élaboration d'un plan national de développement.

2.1. SATISFAIRE en priorite A DES besoins FONDAMENTAUX

En priorité, la CNR&D définirait des mesures qui permettraient de garantir à tous les citoyens

1) le manger: ceci se passe de tout commentaire;

2) l'accès à l'eau et à un environnement sain; il s'agit non seulement de l'eau en tous ses usages, mais aussi de la préservation de la qualité de l'air et de l'écosystème;

3) l'accès à l'instruction fondamentale: il s'agirait non seulement de la gratuité de l'enseignement primaire et, mais aussi (ou progressivement) secondaire;

4) la promotion des libertés et le respect des droits humains.

2.2. ALLIER DEVELOPPEMENT ET RECHERCHE

Avec la même importance, la CNR&D doit intégrer la problématique de la recherche théorique et fondamentale, d'un côté, et la recherche appliquée, de l'autre côté.

A ce propos, relevons que la crise multiforme et multisectorielle que connaît le Congo tient, entre autre, à l'abandon de la recherche par les pouvoirs publics et par son hostilité aux initiatives privées dans ce domaine. En conséquence, le pays est devenu incapable de se positionner sur l'échelle mondiale, de subvenir aux besoins de ses citoyens et à assumer ses responsabilités souveraines.

En effet, il existe un lien étroit entre la recherche et le développement (R&D) et l'efficience en matière de sécurité, de sauvegarde de l'intégrité nationale, de satisfaction des besoins existentiels des citoyens. L'incapacité ou le manque de volonté d'organiser ou promouvoir la R&D condamne tout pouvoir à échouer, expose le citoyen à l'insécurité et met l'intégrité et la souveraineté nationale en danger. En conséquence, la R&D constitue, moins un luxe, mais une condition d'existence de l'état, du pouvoir politique et d'épanouissement des libertés individuelles.

En outre, dans notre monde de plus en plus globalisé, la compétitivité exige davantage d'inventivité et d'innovation, de performance et de professionnalisme dans les processus. Cela passe par des structures de R&D efficientes.

2.3. DES TRAVAUX DE LA CNR&D

La CNR&D devrait établir un inventaire des ressources disponibles et définir des nouvelles structures.

Précisons qu'il existe quelques centres de recherche dans le pays. Malheureusement ils sont presque tous devenus obsolètes ou à l'abandon. Plusieurs d'entre eux datent de la période coloniale ou néo-coloniale et ne connaissent plus leur mission. Et à s'étonner de leur manque de visibilité.

Il tombe sous le sens que la CNR&D doit allier une double perspective, à la fois locale et globale. En un premier temps, on organiserait d'une part, un travail à la base, qui permettra de connaître les besoins et les atouts spécifiques à chaque région ou aire de vie au Congo. De l'autre part, un travail identique doit être fait dans une perspective purement nationale et internationale. Ce sera une étape préparatoire, et sa mission consultative en vue de la CNR&D.

Ensuite, la confrontation des atouts et des besoins identifiés aux deux niveaux permettra à la CNR&D d'opérer une harmonisation en sorte que la spécificité locale et l'intérêt national se trouvent servi en même temps.

En cas de conflit, il me semble pertinent que l'intérêt national prime, dans la mesure où il est le seul à pouvoir garantir plus de solidarité et d'unité à l'échelle nationale.

Logiquement, les entités R&D locales ou bureaux locaux devront par la suite traduire en plan d'actions locales les recommandations et autres résolutions de la CNR&D.

Ceci est d'autant plus efficient qu'il met en place des mécanismes de solidarité, qui permet de réduire des disparités liées au fait que les provinces congolaises ne sont pas dotées également. L'organisation de la solidarité signifierait, non pas dépendance, mais interdépendance gérée au niveau nationale. D'une part, il en irait de l'unité du pays et de la garantie d'un mieux être commun, mais aussi un exercice d'émulation plus équilibré.

2.4. ABOUTISSEMENT ET SUIVI DES TRAVAUX DE LA CNR&D

Etant donné que les enjeux de R&D sont existentiels et évoluent de manière permanente, la CNR&D établirait un plan pluriannuel de recherche et de développement avec des réalisations concrètes situées dans le temps et dans l'espace. Elle pourrait par exemple établir et définir les moyens de garantir trois repas quotidiens à chaque citoyen dans un délai de trois ans, l'obligation et la gratuité de l'enseignement primaire dans trois ans, l'accès à l'eau potable dans un rayon de 500 m pour tout citoyen, la garantie d'amélioration de la qualité de l'air respirable dans cinq à dix ans. Etc.

Pour le suivi de son plan, la CNR&D mettrait en place un Bureau National d'Accompagnement en R&D.

2.5. un Bureau national d'accompagnement en R&D

La mission du bureau national d'accompagnement en R&D ou observatoire national du développement s'articulerait autour de ces axes suivants:

•  Observation et collecte des données;

•  Analyse et traitement des données;

•  Propositions et conseils pour élaboration des directives de développement;

•  Evaluation de l'implémentation des directives;

•  Recherche des fonds et au financement des projets de R&D, présentés par des concitoyens et par les PME.

Ce bureau aurait le statut de mission sensible de l'état, attaché et garanti par la présidence de la république, de la même manière qu'il garantit la souveraineté nationale.

Devrions-nous préciser ici combien il est foncièrement dangereux et suicidaire de reposer la croissance économique sur l'extraction et la vente des ressources minières ou des essences naturelles. Le Bureau national d'accompagnement en R&D devrait se donner aussi la mission de réduire la sollicitation des ressources minières pour le budget de l'état et indiquer aux politiques d'autres voies de création des richesses. Il y en a en abondance au Congo. Il suffit d'un minimum d'intelligence. Il y a là un domaine de recherche et de politique publique non négligeable.

En définissant les missions et l'organisation du Bureau National de R&D, la CNR&D devrait se constituer d'un côté un organe de collecte et de traitement des informations. Cela prendrait soit la forme d'un centre de statistiques (il est anormal et effarant qu'il n'existe pas, à proprement parler, d'une analyse statistique opérationnelle au Congo), soit un organe de veille sur les paramètres et autres indicateurs R&D. Je préfère parler d'un organe d'observation et de traitement de facteurs R&D. De l'autre côté un or un organe d'audit chargé de vérifier et de garantir l'exécution des projets et susceptibles de proposer régulièrement des ajustements.

Les deux organes doivent travailler en concertation dans le but

1) d'assurer la cohérence des projets à l'échelle nationale et locale ;

2) de certifier et défendre le financement de la CNR&D et du BNR&D au sein du budget de l'état ;

3) de préparer les dossiers pour les CNR&D ultérieures ;

4) de rendre compte des actions et des dépenses engagées en R&D auprès de l'organe étatique de tutelle : dans ce cas-ci la présidence de la république et le peuple représenté par ses mandataires.

3. CONCLUSION

Nous avons voulu ici attirer l'attention sur l'urgence d'actions efficaces et réalistes. Assiduité, technicité et professionnalisme sont nos maître-mots pour qui veut sortir de l'amateurisme ou qui veut aider notre peuple à se développer pleinement. (A venir : les enjeux de l'innovation pour le Congo-Kinshasa ).

Remarque : Il est juste de trouver dans le texte de cette contribution un certain nombre de mesures concrètes dans le texte de cette contribution. Cependant, il vaut mieux y voir l'expression d'un esprit, d'une convocation à d'actions et des structures plus affinées. Le léitmotiv n'est pas politicien, mais l'exigence d'efficacité.

Albert CIRIMWAMI MALEKERA
Mai 2005
al.malekera@lycos.com

 

 

 
 
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