Guerre à l'Est : Le masque de la Monuc tombe
10/09/2008
Faut-il faire la guerre au hasard ? C'est la question que plus d'un Congolais se posent. Pendant que la guerre reprend, la Monuc estime que l'acte d'engagement de Goma serait au-dessus de la Charte des Nations Unies.
Le gouvernement est obligé de redéployer des troupes à l'Est de la Rdc. Cela ne signifie rien si la guerre n'est pas clairement déclarée. Il ne suffit pas de déclarer la guerre, mais il faut la préparer. La décision doit signifier que le gouvernement congolais est obligé de s'assumer là où, jusque hier, on pensait que la Monuc devrait sécuriser tout le monde. La décision du gouvernement de marquer sa présence plus significative dans cette partie du pays ne doit pas s'accompagner des considérations diplomatiques qui ont démontré leurs limites. On aurait applaudi cette décision si ce déploiement n'a pas comme objectif faire la police en lieu et place de protéger l'intégrité de la Rdc fortement menacée. Car, il n'est pas question pour le gouvernement congolais d'aller dans cette guerre en hésitant, mais de faire usage de tous les moyens possibles et impossibles. La première disposition à prendre, c'est de définir le rôle de la Monuc. Sinon, il sera difficile aux Fardc de s'encombrer de cette force qui, sans être la Croix rouge ou le Croissant rouge, se dit capable d'être avec tous les belligérants sans trahir un.
La Monuc prend désormais prétexte en ne prenant en compte que l'Acte d'engagement de Goma. Même si le gouvernement congolais qui a initié et organisé la conférence de Goma lui fait remarquer que l'Acte de Goma est tombé caduc pour cause qu'une partie signataire a choisi de rouvrir les hostilités. Pour la Monuc, l'Acte de Goma prime sur la Charte de l'Onu. Les responsables de la Monuc font croire que cette force est en Rdc à la suite de la signature de cet Acte. Il est pourtant démontré, à moins que la Monuc veuille l'ignorer pour le besoin de la cause, que la mission de la Monuc est plus vaste que des charges ponctuelles dans le cadre de cet acte d'engagement de Goma. Cet acte n'est même pas national.
La Conférence de Goma avait intéressé les ressortissants du Kivu. L'Acte signé à cette occasion ne doit en aucune manière modifier la mission de la Monuc. C'est ici qu'apparaît dans toute sa laideur, l'ambiguïté de la position de la Monuc dans ce qui se passe à l'Est de la Rdc. Quand bien même que la mission de la Monuc ne s'inscrirait que dans le cadre de l'Acte de Goma, la Monuc a-t-elle raison d'oublier que l'Acte en question n'a d'importance que dans la mesure où les parties en respectent les clauses ? Que fait la Monuc devant la violation de cet acte ? Même le rôle que la Monuc se reconnaît, elle ne le réussit pas.
Le spectre de Mushake
Aujourd'hui, chaque fois que le gouvernement prend l'option de la guerre, on lui fait agiter le spectre du drame de Mushake. Par expérience, on sait que Mushake, mieux la débâcle des Fardc à Mushake a servi de pédagogie selon laquelle la déroute des Fardc relèverait de la didactique. On veut, à travers le spectre de Mushake, démontrer que l'armée congolaise ne peut pas faire face aux éléments du Cndp. La conclusion, c'est qu'il faut laisser faire la Monuc, même si celle-ci ne fait rien.
Dans cette situation, il faut craindre le pire. On a préparé Mushake et on s'en est servi pour démontrer justement à l'opinion que la Rdc n'ayant pas une armée, elle est obligée d'accepter la volonté de celui qui sécurise l'Est. Le paradoxe c'est que c'est le gouvernement qui est obligé de donner des explications quand les choses ne marchent pas. La Monuc, elle, grossit le moindre geste posé par elle pour justifier son importance, mais se retire derrière l'argument selon lequel elle ne doit pas faire le travail du gouvernement, lorsque les choses vont mal.
Un déploiement pourquoi faire ?
Le déploiement des Fardc à l'Est du pays en plus des effectifs actuels doit signifier que le gouvernement peut recourir à toute aide militaire pour mettre de l'ordre à l'intérieur de sa frontière. Car, on ne s'est jamais leurré, ce déploiement va donner le prétexte au gouvernement de Kigali d'agir à visage découvert. La logique veut que chaque fois que le gouvernement de la Rdc veut mettre de l'ordre à l'Est du pays, Kigali se sent menacé. Et pourtant, même au moment fort de la guerre entre ces deux pays, aucune balle congolaise n'a tué ne fut-ce qu'une mouche au Rwanda. Car, malgré la présence des troupes rwandaises, ougandaises et burundaises sur le sol congolais, ce pays s'est toujours contenté de combattre les marionnettes et sur le sol congolais. En termes clairs, la Rdc ne doit pas aller dans cette guerre qui lui est imposée sans se mettre en tête que derrière le Cndp, il combat une armée régulière rwandaise.
On ne veut pas dire que l'armée rwandaise serait imbattable. Notre souci est que Kinshasa comprenne qui est derrière le Rwanda. Ce pays bénéficie des apports importants de certaines puissances dont les Usa en matière de renseignements voire d'armement. C'est une donne que le gouvernement congolais doit prendre en compte tout en se mettant en tête que les mêmes Américains ont démontré qu'ils ne sont pas invulnérables. La Rdc n'est pas un Etat orphelin. Le gouvernement n'a pas le droit d'essayer la guerre. C'est le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe qui avait annoncé la nouvelle sur le déploiement des troupes des Fardc au Kivu. Il l'a fait au cours d'un point de presse à Bukavu.
D'après lui, tout est mis en marche pour que les militaires de la 14e brigade intégrée des Forces armées de la RDC soient redéployés dans d'autres coins de la province du Sud-Kivu, notamment dans le territoire de Kalehe. Ce redéploiement a commencé, d'après la source, depuis le début de la semaine dernière vers le nord de la province du Sud-Kivu. La 14è brigade intégrée était basée dans le territoire de Kabare. Le redéploiement de ses éléments est applaudi par les populations de ce territoire. Elles en avaient marre de leurs exactions. " J'ai reçu le comité de la chefferie de Kabare, nous avons fait ce que nous devrions faire pour nos parents, nos frères, nos sœurs. Je crois que le chef de l'Etat a ce problème à cœur. La 14e brigade doit être prise en charge par l'Etat et se situer là où elle devrait être.
Depuis que je suis ici, il y a quelque chose qui est en train de bouger sur le terrain", a déclaré Vital Kamerhe. Comme on le voit, les éléments déployés sont accueillis avant tout comme force de substitution aux premiers éléments qui tracassaient la population. Apparemment, ce n'est pas pour faire face à la donne Nkundabatware. Le contraire nous aurait étonné dans la mesure où, jusqu'à preuve du contraire, la guerre n'est pas déclarée. Kinshasa se contente de résister. C'est que lors de la dernière guerre d'agression, aucune balle n'avait sifflé sur le territoire rwandais du fait que dans le discours politique, on se reconnaissait en guerre contre le Rwanda. Ce pays n'a jamais été inquiété. Son président peut se permettre une certaine arrogance. Car, en effet, qu'y a-t-il en Rdc ? Aujourd'hui encore, se disant ne faire la guerre au Cndp, Kinshasa n'est pas prêt à faire la guerre au Rwanda. C'est bien dommage !
(SL/Th/Yes)
Joachim Diana G./L'Avenir © Congo Vision
Nord-Kivu : l'accord de paix menacé
( La Libre 10/09/2008)
Avancée des troupes de Laurent Nkunda. L'armée congolaise ne combat guère. Kinshasa exige de la Monuc qu'elle mette le rebelle hors d'état de nuire.
La situation continue de se détériorer au Nord-Kivu où l'on commence à se demander si les deux principaux protagonistes ne veulent pas la mort pure et simple de l'accord de paix de janvier dernier.
A cette époque les groupes armés congolais du Nord-Kivu et ceux du Sud-Kivu avaient signé séparément deux accords régionaux, les "Actes d'engagement", par lesquels ces groupes et le gouvernement congolais s'engageaient, les premiers à cesser les combats, les violences, les mouvements militaires et les recrutements avant un désengagement et l'intégration à l'armée congolaise des combattants qui le souhaitent; le second à voter une loi d'amnistie et à s'abstenir de soutien aux groupes armés nationaux ou étrangers. Ce dernier point visait essentiellement les FDLR (rebelles hutus rwandais issus des génocidaires), longtemps alliés de l'armée congolaise.
La Monuc (Mission de l'Onu au Congo) devait remplir les "vides" laissés par les désengagements de position.
La mise en oeuvre de ces accords n'a pas été sans mal, en particulier au Nord-Kivu où les incidents se sont succédé, en particulier les vols de bétail entre mouvements armés.
Le 18 juin, l'armée congolaise a, contrairement à l'accord, pris une position militaire qu'elle ne détenait pas jusque-là à Mutabo, très près d'une position du CNDP, le mouvement armé du mutin Laurent Nkunda. Une médiation internationale avait obtenu le retour de l'armée congolaise à ses positions précédentes - avant qu'elle revienne sur cette concession.
Une série d'incidents de ce genre ont, depuis cette brèche dans l'accord, opposé l'armée congolaise et le CNDP. Depuis le 28 août, ils ont crû en gravité, CNDP et armée ne cessant de se prendre mutuellement des positions sur leur ligne de contact lors d'affrontements.
Le QG de la 7e Brigade pris
Le 5 septembre, la tension est encore montée d'un cran lorsque le CNDP a chassé l'armée d'une de ses positions à Katsiru avant de poursuivre sa progression vers le nord, prenant Nyanzale (à 16 km de Katsiru). Samedi dernier, les troupes de Nkunda ont même pris le QG de la 7e Brigade de l'armée congolaise à 1,5 km au nord de Nyanzale.
Cette dernière offrant de moins en moins de résistance à l'avancée du CNDP, la Monuc a envoyé deux hélicoptères de combat MI24 et une compagnie blindée dans la zone, forçant les troupes de Nkunda à rebrousser chemin vers leurs positions initiales. Mais il semblerait que de petites unités rebelles tentent de poursuivre leur progression vers le nord; elles pourraient viser le verrou stratégique de Kanyabayonga. Lundi, la Monuc a ainsi dû tirer à la mitrailleuse lourde en direction d'un peloton CNDP au nord de Kikuku (localité au nord de Nyanzale).
Le week-end dernier, en visite dans la région, une délégation des ministres de l'Intérieur et de la Défense, le général Kalumé et Tchikez Diemu, a refusé, lors d'une conférence de presse, que l'armée congolaise soit mise "sur le même pied" que le CNDP par la Monuc et exigé de cette dernière qu'elle impose "la paix par la force" au général mutin, laissant entendre que, dans le cas contraire, elle serait attaquée par la population. Celle-ci, selon le général en chef de la Monuc, le Sénégalais Babacar Gaye, "certainement incitée par je ne sais qui", s'en est déjà prise à la Monuc.
Cette position est celle de Kinshasa depuis avant les accords de paix de janvier, consentis par l'équipe au pouvoir après que l'armée congolaise eut subi de graves revers dans une offensive contre le CNDP. La Monuc, elle, répugne à combattre à la place de l'armée congolaise et le général Gaye a rappelé lundi soir, sur Radio Okapi, que "l'usage de la force est l'ultime recours", que l'important est de respecter les engagements pris et que "s'il y a des gens qui ont gagné des positions (...) ce sont plutôt les FARDC" (l'armée).
La situation est jugée suffisamment grave pour que l'envoyé spécial de l'UE dans les Grands Lacs, le Néerlandais Roeland van de Geer ait quitté mardi Bruxelles pour le Congo.
Marie-France Cros
Mis en ligne le 10/09/2008 © Copyright La Libre
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Guerre du Kivu : feu vert de Kagame à Nkunda
( Le Potentiel 10/09/2008)
Sans surprise. La reprise des hostilités au Kivu était attendue. Le Potentiel avait tiré la sonnette d'alarme plusieurs mois durant, sur « l'embrasement imminent à l'Est », en publiant auparavant la lettre de menace du CNDP Nkunda d'attaquer les FARDC et le PARECO. Tout s'est passé comme dénoncé. Mais plus intéressant à cet épisode d'une guerre de trop pour la région des Grands Lacs, est la dernière interview du président rwandais au journal Le Soir. Paul Kagame n'y met pas des gants. Il évoque les relations tumultueuses avec la France, le Darfour avant de s'attarder sur le conflit au Kivu et d'accuser le président de la République Joseph Kabila. Et comme s'il venait de mettre la dernière main aux préparatifs de cette « Guerre du Kivu », il s'affiche en Ponce Pilate. Exactement comme en ces temps immémoriaux de l'Ancien testament, il venait de donner le feu vert à Nkunda de mettre ses menaces à exécution. La coïncidence de la publication de cette interview et la reprise des hostilités est frappante. Trêve de naïveté.
Paul Kagame, président du Rwanda, a accordé une interview au Journal Le Soir, laquelle interview circule sur internet. La presse locale a également pris connaissance de son contenu. On s'en passerait si cette coïncidence frappante n'avait pas retenu l'attention de plusieurs observateurs de la politique dans la région des Grands Lacs. : cette interview publiée au moment même que reprenaient les hostilités au Kivu. Entre-temps, Nkunda dans deux lettres adressées au gouvernement de Kinshasa et au Conseil de sécurité, précisait sa menace d'attaquer les FARDC et le Pareco, deux parties signataires, avec le CNDP, de l'Acte d'engagement de Goma. Auparavant, le CNDP avait suspendu sa participation aux travaux des commissions ad hoc pour des raisons désormais compréhensibles.
Dans la partie de cette interview consacrée à la RDC, le président rwandais soutient visiblement Nkunda. Il trouve « juste » sa décision de prendre les armes et de combattre un pouvoir légitime pour des « raisons ethniques ». Par contre, il accuse le président Kabila de « préparer cette guerre, de privilégier la solution militaire », dénigre la Conférence de Goma et sous-estime la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, en précisant qu'il ne viendra pas à Kinshasa lors du prochain sommet de la CIRGL. Et comme pour clore tout, il joue au Ponce Pilate, niant toute aide à Nkunda, et advienne que pourra en République démocratique du Congo. Feu vert pour la IIIè guerre du Kivu.
UN DRAME POLITIQUE ET HUMANITAIRE
Tout au long de cette interview, la méfiance est perceptible, prouvant à suffisance l'échec dans les pourparlers entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Au fait, ce n'est pas la RDC qui se sent victime, mais bien le Rwanda qui s'est appuyé sur le prétexte sécuritaire pour déstabiliser toute la région des Grands Lacs avec la complicité de l'Ouganda. Les résolutions de l'Onu sont claires là-dessus. Et si Kigali refuse d'ouvrir l'espace politique, de tenir un dialogue inter-rwandais, c'est pour la même raison, la même cause qui produisent les mêmes effets.
Et en jouant aux extrémistes, le Rwanda, pour des raisons connues de tous, a inoculé ce « venin » d'abord au Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD, et maintenant au CNDP. Or, la République démocratique du Congo compte 250 ethnies. Aucune d'elles n'a pris les armes contre le pouvoir central si ce ne sont que celles soutenues par le Rwanda. Ni l'Angola, ni le Congo Brazzaville, ni la RCA, n'ont soutenu ou entretenu un quelconque groupe armé pour des « raisons ethniques » afin de conquérir le pouvoir. D'où l'origine de ce drame politique et humanitaire en Afrique des Grands Lacs, cause bien identifiée dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Il est vrai que ce drame politique et humanitaire bénéficie du soutien machiavélique des forces occultes, tapies dans la communauté internationale. Dans ce complot international de déstabiliser la Rdc, de contrôler ses richesses, ils ont jeté leur dévolu sur les dirigeants actuels du Rwanda. Pour preuve, la guerre du Nord Kivu vient de toucher le Sud Kivu dans cette perspective de créer un « no man's land » afin de déboucher sur le schéma du Kosovo et du Darfour, avec toujours l'appui de quelques puissances étrangères qui fournissent des facilités financières et de l'armement. Ce qui obligera Kinshasa à négocier directement avec le CNDP. Peu importe pour eux le nombre des morts qui aujourd'hui dans les Grands Lacs dépasse les 5 millions de tués. Autant également de déplacés, réfugiés dans tous les pays de la région des Grands Lacs.
MEME LOGIQUE DE GUERRE
Si l'on peut se permettre d'interpréter les propos du président rwandais, il a décidé de tourner progressivement le dos à la CIRGL au profit de East africa Comittee (Communauté de l'Afrique de l'Est). Au cours de sa dernière session, sous l'impulsion du ministre rwandais de la Défense, il a été décidé de mettre sur pied, et dans les meilleurs délais, la « Brigade d'intervention efficace, efficiente et dynamique pour l'Afrique de l'Est », en sigle EASBRIG. Cette brigade qui pourrait avoir comme commandant un militaire rwandais devra être opérationnelle dans les prochaines semaines. Elle se chargera de régler et de gérer les conflits au sein de cette organisation. Celle-ci regroupe le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya.
Comment expliquer cet empressement dans une organisation qui a vocation de la paix, la promotion du commerce inter-Etat et le développement de privilégier l'option militaire ? Dans une déclaration à la presse après cette rencontre, le président rwandais, actuellement président en exercice de l'EAC, a promis de peser de tout son poids pour que ces « projets » se concrétisent. Comprenne qui pourra. Mais l'on glisse vers l'hyper-militarisation de l'Afrique. Pourquoi ?
PAS DE PASSION, NI HAINE
A la lecture de cette interview, Kinshasa ne devra pas tomber dans le « piège de la passion et de la haine ». Ce n'est pas de la culture congolaise au risque de ruiner toutes les chances de bâtir un Etat de droit, tolérant, « pour qu'avec les autres Etats de la région des Grands Lacs on puisse développer une communauté des pays solidaires, prospères, ouverts aux uns et aux autres dans un espace politique, économique, social, culturel et spirituel de prospérité et de progrès humain ».
Le professeur Kä Mana a raison de prodiguer ce conseil dans la mesure où cette interview vise à distraire Kinshasa. Mais par contre de mieux saisir « les discours qui entretiennent les instincts de guerre » pour développer au sein des populations des « discours de haine », repoussant ainsi « tout rêve d'une démocratie interne et d'une démocratisation de la région des Grands Lacs aux calendes grecques » afin d'adopter un comportement adéquat et dissuasif.
Telle attitude, qui découle de la haute responsabilité politique et non de la compromission, poussera incontestablement la Communauté internationale à réfléchir sur les raisons objectives qui l'ont poussée à soutenir le Dialogue intercongolais, la période de la transition, le déroulement des élections générales, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la réhabilitation de la CEPGL, la Conférence de Goma. Etait-ce pour jouer au pyromane ? La question reste posée.
Paul Kagame : «Je ne veux pas m'occuper de la question de Nkunda»
Les combats ont repris au Kivu, entre les forces armées congolaises et les troupes du général Laurent Nkunda. Quel peut être le rôle du Rwanda ?
Je ne veux plus m'occuper moi-même de cette question, je laisse cela à d'autres, à notre ambassadeur pour les Grands Lacs, à nos diplomates. L'an dernier, à la demande de Kinshasa, je suis intervenu auprès de Laurent Nkunda. Des officiels congolais, dont le général Numbi, sont venus à Kigali et à leur demande, je leur ai donné un hélicoptère pour qu'ils puissent aller rencontrer Nkunda quelque part au Nord Kivu, en compagnie du chef d'état major rwandais. Le contact a eu lieu, une solution politique a été décidée et les troupes de Nkunda ont accepté d'être réintégrées dans l'armée congolaise.
Alors que ce processus de mixage avait commencé à bien fonctionner, il y a eu une rencontre au Burundi et là, la délégation du Congo a soudain demandé que Nkunda soit arrêté, car il figurait sur une liste de criminels. Surpris, j'ai appelé le président Kabila et je lui ai dit : « Vous nous utilisez, et vous jouez derrière notre dos : vous publiez maintenant une liste qui mentionne le nom de Nkunda alors même que vous essayez de trouver une solution politique avec lui…»
Par la suite, le président Kabila s'est entretenu avec les Sud-Africains et il leur a demandé que Laurent Nkunda puisse s'exiler chez eux. La proposition était qu'il quitte le terrain, au départ de l'aéroport de Kigali. Kabila avait proposé cela sans même nous en avertir ! J'ai dit aux Sud-Africains : «pourquoi devrait-il partir de Kigali? Le président Kabila sait parfaitement où se trouve Nkunda et pourrait lui envoyer un avion au départ de Goma, il n'y a pas de raison de nous impliquer dans cette affaire. » A nouveau, j'ai appelé Kabila et lui ai demandé à quoi il jouait. J'ai redit que nous étions prêts à l'aider à trouver une solution, mais de manière raisonnable.
En fait, tout cela m'inspire une réflexion de fond : les Congolais aiment se présenter comme des victimes, d'innocentes victimes. Et le monde entier abonde dans ce sens. En fait, ils ne sont pas des victimes, ils ont aussi une responsabilité dans tout ce qui se passe… Lorsque j'ai revu le président Kabila à New York, je lui ai dit : « Monsieur le Président, vous devez calmer vos extrémistes. Je ne sais pas si vous êtes extrémiste vous-même, mais vous utilisez cela pour servir vos objectifs politiques. Voyez les problèmes qui se posent au Nord Kivu, entre les Hutus, les Tutsis, les Banande, les Banyarwanda… J'ai l'impression que vous jouez avec cela, et que cela peut vous servir. J'ignore quelle est votre stratégie, mais jouer avec l'extrémisme, cela ne vous aidera que pour une brève période, un jour cela finira par vous revenir au visage… »
Tout de même, une conférence a été organisée à Goma en janvier, où tous les groupes se sont exprimés, où un processus de paix a été enclenché…
C'est vrai, les Congolais l'ont fait, mais leurs esprits étaient ailleurs, comme si, en même temps ils étaient aussi en train de prévoir autre chose. L'initiative de Goma était positive, certes, mais je ne suis pas sûr que les dirigeants congolais étaient réellement convaincus qu'il s'agissait là de la bonne marche à suivre.
Je reconnais que Nkunda pose un problème. Mais ce problème ne vient pas de nulle part, il a des racines, une histoire. Si on n'attaque pas le problème à la racine, en voyant pourquoi Nkunda existe, on n'arrivera à rien. Je l'ai dit au président Kabila : « Imaginons que Nkunda disparaisse, au combat ou de mort naturelle, vous croirez alors avoir résolu le problème, mais ce ne sera pas le cas, vous pourrez être confronté à un autre opposant. Certes, vous pouvez considérer que Nkunda exagère, que certaines de ses revendications sont excessives, mais d'autres ont un fondement et ces dernières méritent d'être prises en compte. »
Quelles sont les ressorts réels du combat de Nkunda ? S'agit-il de l'insécurité que connaîtraient les Banyarwanda (Congolais d'expression rwandaise)?
Cela ne fait aucun doute. Il ne s'agit pas seulement des Mai Mai (milices congolaises) ou les FDLR (Forces pour la démocratie et la libération du Rwanda, composées de hutus rwandais) mais de l'élite politique congolaise elle-même qui crée de l'insécurité sur une base ethnique. Vous savez, même si demain, par miracle, les Banyarwanda disparaissaient du Congo, d'autres problèmes surgiraient aussitôt, avec d'autres groupes ethniques, les Bashi combattraient d'autres tribus dans le Sud, les Bahunde se battraient dans le Nord. Tout cela découle du fait qu'au Congo, le pouvoir politique est obtenu sur une base ethnique…Dans ce pays, la principale manière d'accéder au pouvoir est de manipuler des forces souterraines, de jouer avec l'ethnicité, tous les politiciens pratiquent cela……
Comment analysez-vous l'action militaire engagée l'an dernier contre les forces de Nkunda ?
Tout le monde avait mis le président Kabila en garde, lui avait dit que ses forces ne pourraient pas l'emporter. De fait, avant même d'engager le combat, les Congolais s'étaient enfuis. Or ils étaient 20.000 devant les 3000 hommes de Nkunda. Ces derniers n'ont plus eu qu'à se servir des armes laissées par l'armée congolaise. Maintenant Nkunda a plus d'armes que ce dont il a besoin, des Katiouchas, des RPG, des mitrailleuses, des munitions…Et après cela, Kabila va raconter que le Rwanda fournit des armes à Nkunda ! Ce n'est même pas nécessaire. Tout cela pour vous dire que ces incidents isolés ne sont pas l'essentiel. Le vrai problème est le management politique. Kabila ne peut ou ne veut s'y atteler et il continue à manipuler l'opinion.
Maintenant encore il veut essayer de résoudre militairement le problème, alors que la conférence de Goma avait entamé un règlement politique et qu'elle avait eu un effet positif. Même l'émissaire européen, le représentant de l'ONU me signalent qu'il y a au Kivu un déploiement militaire massif. Qu'est-ce que cela signifie ? Que l'on prépare la guerre.
Pourquoi le processus entamé à Goma est-il en train d'échouer ? Peut-être certains ne voulaient-ils pas qu'il réussisse…
Kamerhe, l'abbé Malumalu avaient cependant essayé de trouver une solution politique…
Oui, c'est vrai mais ce n'est pas Kamerhe qui contrôle l'armée, c'est Kabila. Celui qui parle aux commandants sur le terrain, c'est le président. Vous voyez, il y a un double langage tout le temps…
Allez-vous appeler Kabila, lui parler au téléphone ?
Non, nous ne sommes plus parlés depuis longtemps. D'une certaine manière, j'ai renoncé, j'ai le sentiment d'avoir été utilisé, puis abusé, et accusé aussi. Je laisse tomber, qu'il fasse comme il l'entend…
Vous rendrez-vous cet automne à Kinshasa pour participer à la conférence sur la sécurité dans la région des Grands Lacs ?
Non, je n'en ai pas l'intention. J'ai perdu l'appétit d'apporter ma contribution à ce processus, je vous l'assure, je n'en ai plus envie.
Maintenant je regarde d'un autre côté et je ne bouge plus, sauf s'il vient frapper à ma porte, j'ai assez de gens ici qui suivent le Congo, l'envoyé spécial pour les Grands Lacs, notre ministre des Affaires étrangères, d'autres encore. Moi, je ne veux plus m'en occuper, j'ai laissé tomber…
Voyez la CEPGL (Conférence économique des pays des grands lacs) : j'y étais favorable, à plusieurs reprises j'en ai parlé au président Kabila, j'ai parlé au président burundais Ngurunziza qui est proche de Kabila et qui était d'accord pour la relancer. En plus des bénéfices économiques que la région peut en tirer, je crois que cette conférence pourrait aider à résoudre des problèmes politiques. Mais Kabila n'en veut pas, et il n'a jamais expliqué à personne pourquoi. Parfois, il dit des choses qui ne sont pas claires, qu'il voudrait par exemple y associer d'autres pays avec lui. Moi, je trouve qu'on devrait d'abord commencer à trois, (Congo, Rwanda, Burundi) et puis on verra comment ajouter d'autres pays. Dans d'autres domaines aussi, les efforts ont échoué : les Congolais refusent toujours que nous ayons un ambassadeur à Kinshasa.
En fait, la situation au Congo m'inspire une autre réflexion : qu'il s'agisse de Lubanga, de Bemba, de Nkunda peut-être, on a toujours tendance à vouloir écarter les gens qui dérangent le président Kabila…. Tout d'abord cela ne résoudt pas les problèmes en profondeur, mais il s'agît aussi d'une instrumentalisation de la justice internationale. Car enfin, les crimes que l'on impute à Bemba ou à Lubanga, ne peut-on les reprocher à d'autres aussi ? Recrutements forcés, utilisation d'enfants soldats, crimes de guerre, mais ils ont tous fait cela…
Lorsque Bemba a été arrêté à Bruxelles, j'ai cru que c'était là un nouveau gage que les Belges donnaient à Kabila, en échange d'autre chose. Lorsque je constate la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée comme instrument politique, je me dis qu'à l'époque de sa création, en 2002, j'ai eu raison de ne pas la reconnaître, elle se serait transformée en instrument contre nous…
Que pensez-vous de la candidature de Barack Obama ?
Je suis témoin de l'enthousiasme qu'elle suscite dans toute l'Afrique et cela m'inspire plusieurs réflexions. Tout d'abord cette candidature en dit long sur le système politique américain, qui permet à un homme qui a du sang noir de se porter candidat à la présidence. En Europe ce ne serait pas imaginable, mais surtout, il y a des pays membres de l'Union africaine, -que je nommerai pas-, où il serait impensable qu'un Noir devienne chef d'Etat. Cela étant, Obama est d'abord Américain, et ce sont les problèmes des Etats-Unis qu'il va être appelé à résoudre. C'est l'Amérique qu'il va changer et qui va le changer, pas l'Afrique. Les Africains peuvent être enthousiastes à son sujet, mais ils ne doivent pas oublier que leurs problèmes, ils devront les résoudre eux-mêmes. Ce sont les Africains qui relèveront l'Afrique, et personne d'autre…
Par Le Potentiel
© Congo Vision
Kamerhe propose une « Artemis bis » contre Nkunda pour mettre fin à l'insécurité à l'Est de la RDC
( Le Palmarès 10/09/2008)
Le président de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe est arrivé lundi dans la soirée à Kinshasa, après une tournée entreprise à l'Est du pays dans le cadre de ses vacances parlementaires.
Durant son séjour, le président de la Chambre basse du Parlement n'a pas manqué de se prononcer sur la situation tragique qui prévaut actuellement dans le Grand Kivu. Pour mettre fin à l'insécurité dans cette partie du territoire national, il propose la mise sur pied d'une Force d'intervention spéciale du genre Artémis, qui a oeuvré en Ituri.
Vital Kamerhe fait cette proposition en sa qualité de président de l'Assemblée nationale, pour pallier aux insuffisances de la Monuc dont les moyens ne sont plus adaptés à la situation de l'heure. “ La Monuc est de bonne foi, mais son mandat, tel que articulé actuellement, son dispositif de défense ou de dissuasion, ne sont plus adaptés à la menace sur le terrain ”, a-t-il reconnu lundi, à Kindu, chef-lieu de la province de Maniema, dernière étape de sa tournée à l'Est de la Rdc dans le cadre de ses vacances parlementaires.
Comparant la situation actuelle à celle de l'époque en Ituri à Bunia, il a fait remarquer que la Monuc était bel et bien présente, “ mais il a fallu une Force spéciale, avec un mandat spécial, pour faire face à tous les groupes armés réfractaires au processus de paix ”.
C'est la même expérience qu'il souhaite voir rééditée dans le grand Kivu. “ Nous sommes dans le cadre d'un pays où la démocratie, finalement, est devenue une réalité. N'importe quel citoyen du pays peut faire des propositions aux dirigeants de la République. A fortiori l'Assemblée nationale, dont le rôle est justement de faire des propositions et des recommandations au gouvernement, politique de la réussite, la victoire, soit celle du peuple congolais ”, s'est-t-il justifié.
Le séjour de Kamerhe dans la partie Est du pays aura été aussi celui des actions concrètes. La population du Sud-Kivu aura surtout retenu son engagement en faveur d'une solution concernant les éléments de la 14ème brigade des Fardc. La 14è brigade intégrée était basée dans le territoire de Kabare où elle se distinguait par les exactions de la population. Cette dernière en avait marre. Mis au courant de la situation, Kamerhe avait promis de faire quelque chose.
Dimanche dernier à Bukavu, il a annoncé que tout est mis en marche pour que les militaires de ma 14e brigade intégrée des Forces armées de la RDC soient redéployés dans d'autres coins de la province du Sud-Kivu, notamment dans le territoire de Kalehe. Ce redéploiement qui a commencé depuis le début de la semaine dernière vers le nord de la province du Sud-Kivu, est applaudi par les populations de Kabare qui en avaient marre de leurs exactions. “ J'ai reçu le comité de la chefferie de Kabare, nous avons fait ce que nous devrions faire pour nos parents, nos frères, nos soeurs. Je crois que le Chef de l'Etat a ce problème à coeur. La 14è brigade doit être prise en charge par l'Etat et se situer là où elle devrait être. Depuis que je suis ici, il y a quelque chose qui est en train de bouger sur le terrain ”, a déclaré Vital Kamerhe lors d'une conférence de presse à Bukavu, Chef-lieu de la province du sud-Kivu.
Les autorités territoriales de Kabare ont confirmé le mouvement, tout en précisant que seul le 4è bataillon de cette brigade a déjà dû plier bagage, les trois autres étant encore sur place. Un habitant de Kabare témoigne: “ Nous avons vu des militaires et leurs familles embarqués dans les camions, c'était jeudi et vendredi. Ca nous réjouit parce qu'ils nous prenaient tout, de l'argent, des chèvres, des récoltes de champs, du bois de chauffe, et avec brutalité en plus ”. D'après des sources de la 10è région militaire, le mouvement devra se poursuivre cette semaine.
Papy Mumputu © Copyright Le Palmarès
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Quand Kagame parle "à cœur ouvert" sur la RD Congo, il ment
Par J.P. Mbelu.
"Les fous de l'Internet" Congolais ont découvert le week-end dernier, sur le blog de Colette Braeckman, une interview qu'elle a accordée à Paul Kagame, un despote obscurantiste que l'Afrique compte encore parmi ses fils dévoyés. Une lecture rapide de ce texte a poussé certains compatriotes à croire que "l'Hitler africain" faisait des révélations tonitruantes sur son ex-garde du corps, Joseph Kabila. Elle inciterait même à soutenir que Kagame serait devenu un grand démocrate ayant des leçons à donner aux Congolais empêtrés dans une bouc-émissairisation et dans une victimisation cachant mal la manipulation dans laquelle les maintient Joseph Kabila.
Dans ce jeu de dupe, Nkunda est présenté comme un patriote défendant une cause ayant des racines historiques solides (les minorités Banyarwanda) et floué par celui qui(Joseph Kabila), après lui avoir proposé une solution politique comme issue à ses crimes imprescriptibles, avait fini par lui indiquer l'exil sud-africain comme étant la meilleure des voies pour échapper à "l'extrémisme des Congolais". (Kagame ne dit malheureusement pas que Kabila a obtenu pour Nkunda, au Parlement, une amnistie pour ses multiples crimes!)
Des "extrémistes Congolais"! L'expression est lâchée par Kagame. A l'école de Bush, il a appris que tous les peuples réclamant leur droit à l'autodétermination et à la gestion collective concertée de leurs ressources du sol et du sous-sol sont soit des "terroristes" ou "des extrémistes", nuisibles aux "intérêts vitaux" des maîtres du monde" et leurs collabos.
Désillusionné par une résistance farouche des Congolais contre la balkanisation de leur pays, Kagame trouve son bouc émissaire à lui: Joseph Kabila à qui il laisse pourtant une porte ouverte pour un éventuel appel au secours!
Voulant subtilement se présenter sous un nouveau jour pour ceux et celles qui croient en la transformation d'un morceau de bois laissé longtemps dans une rivière en un crocodile, il s'en prend à son ex-garde corps comme si le divorce entre les deux était consommé. Des contacts permanents entre Kagame et Joseph Kabila Et pourtant, traitant du Congo, Kagame revient sur des secrets de polichinelle et confirme la permanence des contacts entre Kigali, Kinshasa et le Nord-Kivu. Jusques l'année dernière, pendant que tous les signaux de l'implication du Rwanda dans le pillage, les massacres, les assassinats et les incendies des villages congolais de l'Est étaient devenus plus que visibles, Joseph Kabila et sa cour ont continué à solliciter les services de Paul Kagame.
"L'an dernier, à la demande de Kinshasa, je suis intervenu auprès de Laurent Nkunda , avoue Paul Kagame. Des officiels congolais, dont le général Numbi, sont venus à Kigali et à leur demande, je leur ai donné un hélicoptère pour qu'ils puissent aller rencontrer Nkunda quelque part au Nord-Kivu, en compagnie du chef d'état major rwandais. Le contact eut lieu, une solution politique a été décidée et les troupes de Nkunda ont accepté d'être réintégrées dans l'armée congolaise." A quel titre le président est-il intervenu auprès de Laurent Nkunda? Qu'a-t-il eu en échange du service rendu? Serait-ce à ce moment-là que la décision politique d'organiser "le cinéma de Goma" excluant le Rwanda de la table de la négociation de la paix en RD Congo aurait été prise? (Un détail à ne pas oublier: Kagame, Kabila et Nkunda sont tous membres du FPR/APR.)
La suite de l'interview le laisse croire. Kagame est convaincu que "la conférence de Goma avait entamé un règlement politique et qu'elle avait eu un effet positif."
Comment cette conférence pouvait-elle avoir un effet positif dans un contexte où les tireurs de ficelles (Kagame et ses parrains anglo-saxons, les multinationales et les transnationales) n'étaient pas présents lors de ces assises? Et pour les congolais avertis, "la convocation le 27 décembre 2007 par le Président de la République Démocratique du Congo de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans les deux provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, qui a abouti à la mise en œuvre d'un Programme appelé AM ANI (Paix), a contribué énormément à la décapitation des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, des institutions nationales et provinciales légalement établies ainsi qu'à la transformation du conflit exogène en conflit endogène." (Lire Déclaration du COJESKI-RDC relative à la persistance de l'insécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo du 06 septembre 2008)
Pour dire les choses autrement, Goma en travestissant la vérité a eu un effet positif dans la tête de Kagame et ses alliés. Cette vérité est simple: "la guerre menée à l'est du pays par Monsieur Laurent KARUMUNA NKUND AB ATWARE, les INTERH AM WE et alliés, n'est qu'une forme d'agression du Rwanda contre la République Démocratique du Congo, que les Multinationales et les Transnationales soutiennent pour piller les ressources naturelles avec un regard complice et indifférent de la Communauté Internationale et des agences onusiennes et que les vrais acteurs de l'insécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu sont des Multinationales et les Transnationales, les extrémistes Hutu et Tutsi, le Rwanda sans oublier leurs complices visibles et invisibles qui sont dans des institutions de la République Démocratique du Congo à Kinshasa, à Goma et à Bukavu." ( Ibidem ) Le raisonnement spécieux de Kagame Cette guerre se comprend mieux dans le contexte de "la montée du capitalisme du désastre" se servant de "la stratégie du choc" pour imposer les règles du libre-échangisme et créer "un corporatisme" profitable à tout ce beau monde aux dépens du peuple appelé à payer ad vitam aeternam l'effort de la guerre. (Le livre de Naomi Klein, La stratégie du choc. La montée d'un capitalisme du désastre , Actes du Sud, 2008, 669 p. ou celui de Joseph Stiglitz et Linda J. Bilmes, Une guerre à 3000 milliards de dollars , Paris, Fayard, 2008, 354 p., jettent suffisamment de lumière sur cette question. La guerre perpétuelle contre la RD Congo est à situer dans le contexte général d'un monde soumis aux forces du marché décidées à appauvrir l'Etat et les populations de différents pays pour enrichir les individus ou les entreprises privées. Là où l'Etat s'appauvrit, les individus et les entreprises privées prospèrent. Les chocs produits par les guerres (en Irak, en Afghanistan, au Congo, etc.) et les autres formes de violence sont voulus comme armes pour créer, le choc psychologique, la peur et annihiler toute capacité de remise en question du nouveau désordre mondial voulu par les anglo-saxons et leurs alliés. Fermons la parenthèse.)
Placé dans ce contexte, nous comprenons que dans l'interview susmentionnée, Paul Kagame recourt à la ruse quand il évoque la question d'un certain degré d'indépendance que certains pays africains voudraient atteindre (vis-à-vis de l'Occident) et les peaux de bananes qu'ils rencontrent sur cette route de l'autodétermination. Il dit: "Chaque fois qu'un pays africain atteint un certain degré d'indépendance, on trouve des moyens subtils pour le casser, la ramener à sa norme. On l'attaque de toutes les manières possibles. On peut utiliser l'aide, l'argent, les pressions politiques, démocratie, droits de l'homme, on peut même créer des cas qui n'existent pas…Maintenant un nouvel instrument, c'est la justice internationale, qui est utilisée par les Occidentaux contre des pays en développement…" Plus loin, il ajoute: "Lorsque je constate la manière dont la Cour pénale internationale est utilisée comme instrument politique, je me dis qu'à l'époque de sa création, en 2002, j'ai eu raison de na pas la reconnaître, elle se serait transformée en instrument contre nous…"
Ce raisonnement apparemment cohérent est spécieux. Au même moment que Paul Kagame reconnaît que les Africains déférés devant la justice internationale ont commis des crimes imprescriptibles, il en appelle à l'instrumentalisati on de cette justice tout en banalisant ces crimes. "En fait, dit-il, la situation au Congo m'inspire une autre réflexion: qu'il s'agisse de Lubanga, de Bemba, de Nkunda peut-être, on a toujours tendance à vouloir écarter les gens qui dérangent le président Kabila…Tout d'abord cela ne résout pas les problèmes en profondeur, mais il s'agit aussi de l'instrumentalisati on de la justice internationale. Car enfin, les crimes que l'on impute à Bemba ou à Lubanga, ne peut-on les reprocher à d'autres aussi? Recrutements forcés, utilisation d'enfants soldats, crime de guerre, mais ils ont tous fait cela…" Mais Kagame ne dit pas si ayant fait cela, ils peuvent être jugés par une justice internationale. Ayant en tête son expérience avec les Américains, il dit: "Lorsque Bemba a été arrêté à Bruxelles, j'ai cru que c'était là un nouveau gage que les Belges donnaient à Kabila, en échange d'autre chose. (De quoi? La récupération du marché congolais comme partenaire privilégié?)
Pour rappel, Kagame n'a pas refusé de signer le traité de Rome créant la CPI de son propre mouvement. Il l'a fait sous l'instigation des U.S.A. désireux de protéger leurs militaires contre la justice internationale. Décidés à s'engager dans "la guerre contre le terrorisme" après le 11 septembre 2001, ils voulaient avoir les coudées franches en étant les seuls habilités à juger leurs militaires impliqués dans les crimes imprescriptibles. Ce faisant, ils ont plaidé pour le recours aux tribunaux locaux. Qu'est-ce que le Rwanda a gagné en échange? "En échange des garanties d'impunité contre toute poursuite à l'encontre des militaires tutsis devant le TPIR, Kigali doit signer prochainement un accord bilatéral avec les Etats-Unis qui protège les ressortissants américains de poursuites devant la Cour pénale internationale (…). Après cette signature, Kigali va en outre bénéficier de la levée de l'embargo sur les armes que le Congrès américain avait maintenu et d'une assistance militaire substantielle des Etats-Unis alors que la guerre dans la République démocratique du Congo voisine fait rage et a déjà emporté plus de trois millions de vie. Or Kigali ne s'est jusqu'ici pas privé de déstabiliser la région des Grands Lacs ni son armée d'ajouter à la guerre dans l'est du Congo pour y exploiter les ressources minérales et naturelles qui suscitent tant de convoitises. " F. HART MA NN, Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales , Paris, Flammarion, 2008, p.271)
Kagame renonce à signer le traité de Rome parce qu'il veut, comme les U.S.A., mettre le crime au service de l'exploitation des ressources minérales et naturelles en déstabilisant les autres pays. Il est complice des anglo-saxons dans l'expérimentation de "la stratégie du choc" au service du "capitalisme du désastre".
Pour preuve, ce monsieur critiquant l'instrumentalisati on de la justice internationale a instrumentalisé la justice locale du Rwanda, les Gaciacia.. (Quand il parle du Rwanda, il fait comme s'il n'était pas établi que là-bas (comme au Congo), "le pouvoir judiciaire reste subordonné à l'exécutif et à une oligarchie d'acteurs officieux, politiques ou économiques, explique HRW.(…) La "justice" est largement utilisée pour mater les opposants, défenseurs des droits de l'hommes, religieux ou journalistes sont envoyés en prison sans accusation formelle, puis accusés de "divisionnisme" ou d'"idéologie génocidaire." (G. TIMMER MA N, Rwanda: justice manipulée , dans Dimanche , n° 17 août 2008, p. 6). Et qu'au Rwanda, "devant les tribunaux, la présomption d'innocence n'existe pas." ( Ibidem ) Aussi, la justice internationale prétendument instrumentalisé e aurait-elle obtenu, à force de pression que 14 ans après "le génocide" 4 officiers du FPR auteurs du massacre de 15 civiles (9 prêtres et 3 évêques) soient mis aux arrêts. Car, jusqu'à cette première arrestation, il n'y avait que les Hutu qui étaient déférés devant les cours et les tribunaux..
En effet, Kagame, Nkunda, Joseph Kabila et leurs alliés, à la suite des U.S.A., ont transformé les pays des Grands Lacs en des "Etats manqués", en des "Etats voyous" c'est-à-dire des Etats qui "ne peuvent ou ne veulent pas protéger leurs concitoyens de la violence, voire de la mort. Ils ont tendance à se croire au-dessus des lois nationales ou internationales, donc libres de se livrer à des agressions et des méfaits." (N. CHOMSKY, Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique , Paris, Fayard, 2007, p.9) Comme les U.S.A., ils appliquent le Stratcom, une directive recommandant " de faire peur, d'effrayer l'ennemi, non seulement avec la guerre nucléaire qu'il faut toujours laisser peser au-delà même du bioterrorisme, mais surtout en donnant à l'ennemi l'image d'un adversaire (…) qui peut toujours faire n'importe quoi, comme une bête, qui peut sortir de ses gonds et perdre son sang-froid, qui peut cesser d'agir rationnellement, en homme raisonnable, quand les intérêts vitaux sont en jeu." ( Un texte inédit de Jacques Derrida. Le loup oublié de Machiavel , dans Le Monde diplomatique de septembre 2008, p.3)
Le trio Kagame-Nkunda- Kabila sert "le capitalisme du désastre" en essayant d'être le plus possible en contact. Ils se parlent à plusieurs reprises. Il est rigolo d'entendre Kagame affirmer à Colette Braeckman qu'il n'a plus parlé à Kabila depuis longtemps et qu'il a le sentiment d'avoir été utilisé, puis abusé, et accusé aussi!
Qui a utilisé qui? Faire du Rwanda le premier producteur du diamant et un grand exportateur de coltan, de l'or et de la cassitérite, etc. et prétendre avoir le sentiment d'avoir été utilisé, puis abusé, c'est se foutre de la gueule des Congolais! Kagame prétend que Kabila l'a accusé. Qu'il nous dise devant quel tribunal? A notre connaissance, il n'y a, à ce jour, aucune plainte déposée par le Congo à une instance de la justice internationale contre le Rwanda. Que Kabila raconte que le Rwanda fournit des armes à Nkunda, ce n'est qu'un secret de polichinelle. Cela sert Kabila dans la mesure où il présente "son frère" Nkunda comme étant soutenu par "l'une des armées les aguerries de l'Afrique centrale". Cela crée chez les militaires Congolais (infiltrés par les Rwandais) de la frousse. Dès qu'ils sont face aux rebelles de Nkunda, ils détalent comme des lapins en offrant les armes achetées sur le dos du contribuable congolais "au frère d'armes de Joseph Kabila".
Le trio Kagame-Kabila- Nkunda théâtralise la scène politique des Grands Lacs de façon qu'ils soient les seuls maîtres incontestés et incontestables à bord.
Les fronts du refus comprennent le sens du théâtre
Les fronts du refus de ce théâtre ont compris le jeu. Ils savent eux que" la paix et la sécurité dans les deux provinces congolaises du Sud-Kivu et Nord-Kivu restent tributaires de l'organisation rapide du dialogue politique inter Rwandais, un dialogue global et inclusif qui doit réunir sur une même table toutes les forces vives du Rwanda venant de trois communautés ethniques principales du pays à savoir les Hutus, les Tutsis et les Twa, en vue de la réconciliation durable." (Cfr Déclaration du COJESKI)
Ils se moquent de l'image d'un Kagame converti en démocrate et ayant des leçons politiques à donner aux Congolais comme Colette Braeckman a voulue nous le présenter à travers son interview. (Un pouvoir mono-ethnique tutsi ayant embrigadé certains Hutus serviles et esclaves volontaires n'a aucune leçon à donner aux Congolais.)
Les réseaux congolais de refus, à la suite du COJESKI, savent que la réponse adéquate à la question de la Congolité reste d'actualité. Ils sont convaincus que "la paix et le sécurité dans les deux provinces du Nord et du Sud-Kivu passent impérativement par la lutte contre l'impunité ainsi que par le vetting et/ou l'assainissement des Forces Armées de la RDC, de la Police Nationale Congolais et de tous les services de Sécurité (qui) regorgent en leurs seins des auteurs des graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, des auteurs de principaux crimes imprescriptibles perpétrés en RDC. Ils doivent être exfiltrés et extirpés de ces Institutions Publiques car ils consacrent au quotidien la haute trahison et contribuent sans cesse au noyautage et à la satellisation des attributs fondamentaux de la République."
Convaincus de "la complicité incontestable de plusieurs dirigeants des Institutions publiques de la République Démocratique du Congo (Présidence de la République, Gouvernement Central, Forces Armées de la RDC, Entreprises publiques,…) et de la haute trahison au somment de l'Etat Congolais dans la pérennisation de l'insécurité et des tragédies humanitaires dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, ces fronts du refus du système Kagame-Kabila- Nkunda ont opté pour sa fin en suivant des voies différentes. Le COJESKI a lancé un ultimatum à Joseph Kabila lui demandant de mettre fin à "la montée du capitalisme du désastre" bénéficiant au trio. Cet ultimatum court de septembre au mois de décembre avant qu'une pétition signée sur l'ensemble du territoire Congolais n'appelle à la destitution d'un membre dudit trio chez nous.
L'un ou l'autre des fronts a opté pour une fin brutale de Joseph Kabila.. Il considère cette option comme étant un exercice de la légitime défense au sein d'un "Etat manqué". Les partisans de la non-violence, eux, se préparent aux élections de 2011. Ils considèrent le recours à la violence comme étant une voie anti-démocratique.
De toutes les façons, les fronts du refus du système Kagame-Kabila- Nkunda se multiplient au jour le jour et travaillent pour le changement d'acteurs politiques de premier plan en Afrique des Grands Lacs. Ils en ont assez de voir leurs compatriotes servir de cobayes au "capitalisme du désastre" avec la complicité de ceux et celles qui s'enrichissent en appauvrissant nos Etats (manqués) et nos populations.
J..-P. Mbelu
Kinshasa, 09/09/2008 / Politique
Après avoir passé au peigne fin la situation dramatique qui prévaut dans le Nord-Kivu, précisément à Rutshuru, où des Congolaises et des Congolais sont en train de tomber sous des balles des troupes rwandaises.
Z'Ahidi Ngoma ne se faire guère d'illusions. Lui qui prône l'idée d'investir dans l'homme croit que si le Gouvernement investit dans les piliers de l'Etat que sont : l'armée, la police, l'administration publique, la justice en répondant au contrat social de l'Innovation (Mbudi), il éviterait au pays d'être en pâture aux rapaces.
C'était dans une déclaration politique donnée, hier lundi 8 septembre, dans sa résidence située au quartier GB dans la commune de Kintambo.
Sans aller par le dos de la cuillère, Z'Ahidi Ngoma a dit devant un parterre des professionnels des médias et de quelques membres de son parti, que le Camp de la Patrie qu'il préside est aux côtés des populations meurtries de Rutshuru qui manifestent contre la complaisance avec laquelle est traitée le cas Nkunda.
Bien plus, Z'Ahidi lance un appel à la communauté internationale, dont le mandat est d'aider au rétablissement de la paix et de la sécurité en RD Congo, de s'attaquer non aux effets, mais plutôt au drame qui frappe durement les populations congolaises.
Fière des FARDC, le vice-président de la République honoraire a loué les efforts consentis par ces unités combattantes qui, a-t-il dit, si tout dépendait de leur volonté, elles seraient en mesure d'en finir avec les agresseurs.
Ci-après, l'intégralité de sa déclaration.
Déclaration du Camp de la Patrie sur la situation au Nord Kivu
Au moment où je m'adresse à vous, des Congolaises et des Congolais sont en train de tomber, à Rutchuru, au Nord Kivu, sous des balles des troupes rwandaises, commandées par l'Officier des renseignements militaires de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR), Nkundabatware.
Le Camp de la patrie, qui suit avec attention l'évolution de la situation, condamne avec énergie ces crimes contre l'humanité, ainsi banalisés sur le sol congolais; il condamne toutes les abominations que vivent, sans défense, nos populations de Rutshuru, auxquelles il exprime ses condoléances les plus attristées.
Le Camp de la Patrie est de cœur avec nos populations meurtries de Rutshuru qui, en manifestant contre la complaisance, à la limite de la complicité, et la légèreté avec lesquelles le cas Kunda est traité, n'ont fait que traduire le sentiment de l'ensemble du peuple congolais.
Le Camp de la Patrie exprime toutes ses félicitations aux vaillants soldats des FARDC, qui ont su repousser les agresseurs rwandais et qui auraient pu en finir, une fois pour toutes, si cela n'avait tenu qu'à leur volonté.
Le Camp de la Patrie qui, en son temps, en avait condamné la démarche et le temps qui passe lui donne raison, invite le gouvernement à comprendre que la situation dans le Nord et le Sud Kivu, n'en appelle pas à des conférences sur la paix, encore moins à des programmes “ amani ”, mais postule que tout soit mis en œuvre pour étendre l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire, dont la Nord et le Sud Kivu et y sécuriser, par voie de conséquence, une population meurtrie par l'occupation et les agressions des milices étrangères.
Le Camp de la Patrie invite donc le gouvernement à investir dans les piliers de l'Etat que sont : l'armée, la police, l'administration publique, la justice, qui ne sauraient devenir d'autres foyers de pauvreté sans jeter le géant du continent noir en pâture aux rapaces.
Le Camp de la Patrie en appelle à la communauté internationale dont le mandat est d'aider au rétablissement de la paix et de la sécurité en République Démocratique du Congo, d'agir, non pas sur les effets, mais sur les causes du drame qui frappe durement les populations congolaises du Nord et du Sud Kivu, c'est-à-dire : 1°) faire comprendre au Rwanda qu'il ne peut investir ses espoirs de développement dans une culture de guerre ; et, donc, de cesser ses agressions militaires prédatrices en République Démocratique du Congo, y compris par l'entremise des milices armées rwandaises, dont le CNDP : 2°) inviter le Rwanda à démocratiser son système politique ; et ; donc, à ouvrir ses frontières et à créer une structure d'accueil pour ses populations réfugiées en République Démocratique du Congo, y compris toutes les milices rwandaises de son opposition politique, aux fins d'un dialogue entre Rwandais : 3°) créer une zone tampon non pas en territoire congolais, comme une certaine conférence l'avait suggérée, mais aux frontières internationales de la République Démocratique du Congo avec le Rwanda mais aussi avec l'Ouganda et le Burundi pour sécuriser tous ces pays.
Enfin, à tous nos compatriotes, le Camp de la Patrie rappelle que le drame qui se joue dans le Nord et le Sud Kivu n'est pas pour les seuls kivutiens, pas pour chacune et chacun parce qu'en chacune et chacun de nous se concentre la patrie toute entière !
Fait à Kinshasa, le 8 septembre 2008.
Z'Ahidi Arthur Ngoma
Président du Camp de la Patrie.
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