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HOMMAGE A PAPA WEMBA ET AUX MARTYRS DE BENI

Par Paul Vincent Omombo

Cérémonie organisée par la Communauté Congolaise de Charlotte, Caroline du Nord, Etats-Unis d’Amérique, le Samedi 4 Juin 2016

PROLOGUE

A cette occasion solennelle du vibrant homage que nous rendons tant à Papa Wemba qu’aux Martyrs de Beni, qu’il me soit permis de remercier, du fin fond de mon Coeur, les responsables la Président Christian Bomela, son Comité directeur et la Communauté Congolaise de Charlotte pour m’avoir accordé la parole.  Bien qu’il s’agit ici d’une douloureuse circonstance, pouvons-nous nous laisser emportés par une fatalité du découragement qui abat ou alors devons-nous regarder l’avenir avec une confiance d’auto-détermination qui vivifie?  En d’autres termes, les espoirs sont-ils permis dans cette paradoxale situation marquée par une crise sans précédent au cours de la présente époque de la révolution de l’intelligence?  Nous pensons que oui!

DE L’HOMMAGE A PAPA WEMBA

L’artiste musicien et cinéaste Jules Shungu Wembadiyo Pene Kekumba, allias Papa Wemba, venait de quitter ce monde, à l’âge de 66 ans, après une riche carrière qui émerveilla le monde entir.  Dans ses productions musicales et autres cinématographiques, non seulement l’illustre disparu a réjoui les peuples et les nations, mais aussi il a fait la promotion de la culture africaine en général et congolaise en particulier.  Bien plus, à travers lesdites productions, Papa Wemba avait transmis un message révolutionaire, qui fut stigmatisé par son célèbre slogan “Otetela Kema Fumbe”, ce qui signifie dans sa langue maternelle “le Peuple Tetela n’est Point Esclave”.  Par extrapolation, du reste implicite, il s’agit là des Peuples Congolais, des Peuples Africains et des Peuples Noirs qui ne sont point des esclaves.  Ils sont déjà affranchis.  Ainsi que l’attestent plusieurs interviews de l’illustre disparu, ce slogan de lutte pour l’émancipation, un véritable cri de guerre, se justifie par ses radicales prises des positions sur les questions majeures de la vie nationale en République Démocratique du Congo.     

Papa Wemba est mort au front, comme un bon soldat avec l’arme à la main et la face tournée vers l’ennemi, c’est-à-dire en plein exercise de son métier et loin de sa terre natale.  Il ressemble quelque peu à Molière, l’éminent dramaturge français, qui mourrut au cours de la représentation de sa dernière pièce théâtrale intitulée “Le Malade Imaginaire”.  Toutefois, mieux que Molière, Papa Wemba avait transcendé le microcosme de l’ethnie Tetela, la grande nation de la fabuleuse République Démocratique du Congo et l’inestimable communauté de la prodigieuse Afrique.  Il a par ce fait depassé le stade traditionnel de l’ethnicisme voire du nationalisme pour embrasser celui moderne du supra-nationalisme voire du cosmopolitisme. 

Est-il besoin de souligner qu’a sa mort, Papa Wemba était pratiquement devenu le Citoyen du Monde?  Jamais, dans l’histoire de la République Démocratique du Congo, un artiste musicien n’a émerveillé autant des foules pendant son vivant et lors de ses obsèques.

  • Papa Wemba est mort au front, en bon soldat, comme Abraham Lincoln, le meilleur Président des Etats-Unis d’Amérique, assassiné pour l’émancipation des peuples Noirs.
  • Papa Wemba est mort au front, en bon soldat, comme John Fitzgerald Kennedy, le plus jeune Président des Etats-Unis d’Amérique, assassiné pour la promotion des droits civiques, cheval de bataille tant de Malcolm X que de Martin Luther King, Jr.
  • Papa Wemba est mort au front, en bon soldat, comme Patrice Emery Lumumba, le père de l’indépendence du Congo-Léopolville, traqué et assassiné pour la décolonisation de la République Démocratique du Congo et l’idéal panafricain avec ses paires Kwame N’Krumah du Ghana, Djomo Kenyata du Kenya et Ahmed Sékou Touré de la Guinée.
  • Papa Wemba est mort au front, en bon soldat, comme Mzee Laurent Désiré Kabila, le tombeur de la dictature mobutienne, celle autocratique de la pire espèce, piégé et assassin pour son combat de la souverainété de la République Démocratique du Congo.        

C’est donc à juste titre que le peuple Tetela avait élevé Papa Wemba, encore vivant et très jeune, à la notoriété suprême des Chefs coutumiers, les “Ewandji” en langue Tetala.  Le célèbre musicien professionnel et cinéaste amateur fit un cas d’exception puisque, selon la tradition de ses ancêtres, il n’appartenait pas à la caste méritoire des Décideurs, celle des “Nkumi” en langue Tetela.  L’illustre disparu appartenait plutôt à la caste non méritoire des Chantres, celle des “Edimba” en langue Tetela, laquelle caste regroupe des simples courtisans.  La forte personnalité de Papa Wemba, marquée par la clairvoyance dans la confusion du mosaїque socioculturel de l’espace Congo, mais aussi par le courage politique de dénonciation du mal congolais de dégradation, lui a valu ce cas d’exception qui dérogea proprement la règle.

Par ailleurs, point n’est besoin de rappeler l’élévation anticipative de Papa Wemba par le Gouvernement Ivoirien qui, à titre posthume, l’avait aussitôt adopté comme l’un des valeureux fils de son pays.  Cependant, mieux que cette distinction étrangère, le Gouvernement Congolais avait ensuite élevé Papa Wemba à la plus haute dignité de la nation congolaise.  Il importe de souligner ici que cette place demeurait occupée par seulement deux personnalités de marque: le premier Premier Ministre Patrice Emery Lumumba et le troisième Président Laurent Désiré Kabila!

DE L’HOMMAGE AUX MARTYRS DE BENI


           

A cette occasion solennelle, nous ne pouvons passer sous silemnce nos compatriotes qu’il convient d’appeller ce jour “Les Martyrs de Beni”, morts comme des soldats inconnus pour qui l’on s’assigne l’ultime devoir de rendre un vibrant homage.  Parmi ces victimes innocentes, l’on observe avec une peine indescriptible des hommes mutilés, des femmes éventrées et des enfants hâchés comme de la charcutterie.  Difficile de comprendre que de telles atrocités, perpétrées au cours de ce siècle de la civilisation, tant de l’essor scientifique et technologique que des ideaux humanitaires, puisse reproduire la triste époque des barbares Wisigoths, Ostrogoths et Vandales.

Jamais l’on a vu pareilles attrocités à l’époque de l’apparteid, le racisme le plus inhumain de l’histoire en Afrique du Sud.  Jamais l’on a vu pareilles attrocités au cours de la rébellion muleliste qui quadrilla les trois quarts de la République Démocratique du Congo.  Jamais l’on a vu pareilles attrocités au cours des invasions de l’Est de la République Démocratique du Congo, précisément dans l’ex-Province Orientale et l’ex-Kivu-Maniema, par les mercenaires Jean Schramme et Bob Denard.  Jamais l’on a vu pareilles attrocités lors des incursions intempestives et intermittantes des “diabos” dans l’ex-Katanga, en République Démocratique du Congo.  Jamais l’on a vu pareilles attrocités pendant la guerre civile de Biafra au Nigéria, lors de la longue guerre civile en Angola et au cours de la révolte des “Maü-Maü” au Kenya.

 
Avant d’en arriver au massacre de la ville de Beni, plusieurs autres massacres avaient été vécu antérieurement, mais d’ampleurs différents: cas de Tingi-Tingi, de Makobola, de Kiwandja, de Kasika … et de la fosse commune de Maluku.  En marge de ces massacres massifs, dans un contexte lugubre d’insécurite généralisée, la République Démocratique du Congo avait douloureusement expérimenté d’inombrables cas isolés d’assassinats, à froid ou à chaud, des éminentes personalités qui s’étaient distinguées dans les différents secteurs de la vie nationale.  A titre indicatif, l’on se souviendra du Général Donatien Mayele Liyeko Bokungu, du Général Félix Mbuza Mabe, du Général Mamadou Ndala, du Professeur Guillaume Samba Kaputo, de l’Ingénieur Augustin Katumba Mwanke, du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, du Cardinal Etsou, de Monseigneur Kataliko, de Monseigneur Munzihirwa, de l’artiste musicien Pascal Tabu Ley dit Rocheraux, de l’ariste musicien Alain Moloto, de l’artiste musicien Emeneya King Kester, de l’artiste musicienne Marie Misamu, de l’artiste musicien Jules Shungu Wembadiyo et tout dernièrment du Ministre Baudouin Banza Mukalayi et de l’Abbé Apollinaire Malu-Malu …  La liste est loin d’être longue et exhaustive.
Le plus curieux c’est le silence ainsi que l’absence de la moindre solution à ce génocide intelligemment programmé.  Pourtant, la mort d’un seul Congolais ou l’occupation d’un seul mètre carré du sol congolais devrait faire problème.  Aucune institution et aucun individu, à quelque niveau de responsabilité que ce soit, ne peut demeurer indifférent. 

En conséquence, face au constant de carence tant au niveau national qu’international, la nation congolaise semble dorénavant déterminée à se prendre en charge.  En fait, depuis le massacre de la ville de Beni, jamais les Congolais tant du pays que de la diaspora ne s’étaient aussi mobilisés comme un seul homme pour une cause nationale.  La République Démocratique du Congo est victime de ses ressources fabuleuses, de son hospitalité légendaire et surtout de sa naivété terre-à-terre. C’est donc ici la prise de conscience de l’éveil patriotique qui, tel un vaisseaux de l’aéronautique, entreprend d’atteindre sa vitesse de croisière.

Saluons donc et honorons proprement Jules Shungu Wemadiyo alias Papa Wemba, fils de la République Démocratique du Congo et citoyen du monde, lui qui est mort au front en bon soldat, l’arme à la main et la face tournée vers l’ennemi.  Pareillement, saluons et honorons proprement la cinquantaine des Martyrs de Beni, morts comme des soldats inconnus dont le sang innocent est entrain de crier vers l’Eternel Dieu, le Père du Rédempteur Jésus-Christ, comme le fit le sang innocent d’Abel, fils puiné d’Adam et premier martyr de l’humanité.  Dans ce même contexte, gardons une pensée pieuse à la mémoire des toutes les victimes innocentes, connues et inconnues, mortes artificiellement ou naturellement, pour le pays de Patrice Emery Lumumba.

Il importe de préciser que la République Démocratique du Congo est un pays prophétique, le pays de la descendance attitrée de Joseph, fils de Jacob.  Dans ce pays, le lait et le miel devraient couler à profusion mieux qu’en Israël, le pays de la référence divine.   

EPILOQUE


En définitive, rappelons que nous sommes à l’époque de la révolution de l’intelligence.  La Bible dit qu’au temps de la fin, la connaissance augmentera.  Et nous y sommes déjà.  La Bible recommande en outre le renouvellement de l’intelligence afin de discerner la volonté du Dieu-Créateur, ce qui est bien, ce qui Lui est agréable, ce qui est parfait … 

Ainsi, à la lumière des “signes des temps”, la lecture judicieuse des indicateurs spirituels, corroborés par les indicateurs socioculturels voire intellectuels, laissent entrevoir clairement l’espoir de l’élévation de la République Démocratique du Congo sur l’échiquier international, dans un avenir relativement proche.  De même que les Congolais se sont rués massivement vers l’Occident, pour fuir une crise prolongée mais passagère, quelle qu’elle soit, de même ils vont bientôt rentrer, tout aussi massivement, vers le bercail, ce faisant à la manière du “sionisme israélien” lors de l’holocauste Juif perpétré par l’Allemagne nazi.

Nous avons juste le temps d’acquérir les compétences scientifiques nécessaires et d’accumuler les expériences technologiques indispensables, cela en vue de la reconstruction de la République Démocratique du Congo.  Le transfert des technologies relève de la responsabilité des Congolais de la diaspora.  Ne dormons donc pas sur nos lauriers et ne tombons pas dans le piège du triomphalisme.  Demeurons éveillés et travaillons d’arrache-pied pour que le sang innocent des martyrs auxquels nous rendons homage aujourd’hui ne puisse servir de rien!

Le 23 juin 2016

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