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Solidarité Shirika La Kivu

DÉCLARATION SUITE À L'URGENCE DE LA SITUATION D'INSÉCURITÉ AU NORD-KIVU

Suite à la situation qui prévaut au Nord-Kivu, et l'insécurité causée par la présence de l'armée rwandaise à l'est du pays, Shirika La Kivu, veut, par la présente déclaration, exprimer son indignation face à la manière dont Kinshasa gère cette crise.

Nous sommes autant surpris qu'outrés par les propos du chef de l'État, lors de son séjour à Goma, qui semble réaliser pour la première fois que le pays est victime d'une énième agression par le Rwanda, par Nkundabatware interposé. Shirika La Kivu l'a pourtant dénoncé à maintes reprises, prévenant l'opinion tant nationale qu'internationale que la guerre à l'est du Congo n'est pas une simple rébellion congolaise, mais bien l'invasion de l'armée rwandaise sur nos terres.

Nous avions dénoncé, en termes forts, la tenue de la conférence de Goma, considérant une telle rencontre, non certes comme une occasion de ramener la paix à l'est, mais plutôt comme une comédie visant à dévier l'opinion publique sur le fait que la Nation est bel et bien agressée par l'expansionnisme rwandais. Shirika La Kivu rappelle que Nkundabatware n'a jamais été un officier de l'armée congolaise; il est toujours resté fidèle à l'Armée patriotique rwandaise, et reçoit les ordres directement de son commandant en chef, Paul Kagame. Ce n'est pas hasard que ce fut Kagame qui avait suggéré, voire imposé, qu'un dialogue soit ouvert avec Nkundabatware, qui n'est autre chose que le chef de son bataillon déployé à l'est du Congo pour une mission de conquête. Toutes les déclarations de Nkundabatware sur différents média vont dans le même sens que celles du régime de Kigali, justifiant l'agression comme une lutte contre la présence des Interahamwe à l'est du Congo. C'est à se demander pourquoi Kinshasa persiste à considérer la guerre de Nkundabatware comme une rébellion congolaise !

Pourtant la jeunesse congolaise, et particulièrement kivutienne, est consciente que le pays est sous menace de l'armée étrangère. Elle est prête, cette jeunesse nationale, à défendre la Nation, pourvu qu'elle soit mobilisée et bien encadrée. Dans un tel élan de patriotisme, Shirika La Kivu s'explique mal comment le gouvernement de Kinshasa ne soit pas encore parvenu à bout de l'infiltration de l'armée rwandaise opérant au Nord-Kivu sous l'appellation de CNDP. Il n'y a que Kinshasa seul qui pense que Kigali est une puissance invincible. Les jeunes kivutiens, prêts à sacrifier leurs vies pour la défense de la Nation, ne croient pas que le Rwanda soit imbattable. Pour des raisons obscures, Kinshasa ferme les oreilles à l'appel de la jeunesse qui ne demande qu'un appui pour défendre le peuple et le territoire.

Kigali a compris que pour épargner sa population des affres de la guerre et protéger ses infrastructures, il doit exporter son conflit Hutu-Tutsi sur le territoire congolais. Les choses resteront ainsi aussi longtemps que ce sera la population congolaise qui en paie le frais. Shirika La Kivu reste donc convaincu qu'il est temps que ceux qui provoquent cette guerre en ressentent les affres. La guerre du Rwanda doit se dérouler au Rwanda.

Eu égard à ce qui vient d'être dit, Shirika La Kivu déclare :

  1. La guerre au Nord-Kivu n'est pas une rébellion congolaise, mais plutôt une agression rwandaise.
  2. La guerre à l'est aurait déjà pris fin si Kinshasa avait la volonté de la voir finir.
  3. La guerre à l'est doit être ramenée d'où elle est venue, c'est-à-dire au Rwanda.

Shirika La Kivu croit que le régime de Kinshasa, incapable de considérer les trois points ci-haut mentionnés, doit démissionner et laisser la place aux vrais patriotes.

Fait à Ottawa, le 06 octobre 2008

Pour Solidarité Shirika La Kivu

Serge Ntamwira

Le président
shirikalakivu@yahoo.ca

© Congo Vision


Malgré la souffrance subie, les congolais du Kivu ne peuvent plus jamais se tromper de libérateur.

Par Edgar Kahindo, Racodit- Butembo. A lire l'article entier dans Beni-Lubero Online, 6.10.2008.

Les faiseurs des rois , anglo-saxons et européens confondus, doivent ainsi se raviser. Le ticket gagnant à toutes les élections à venir en R.D. Congo sera celui du parti politique qui prouvera qu'il est constitué de « Zéro Rwandais », « Zéro Ougandais », etc.

Face à cette attitude de la communauté internationale représentée en R.D. Congo par la Monuc, le peuple congolais doit prendre acte et savoir que sa libération ne viendra pas de l'étranger voire de l'ONU. Les congolais se sauveront eux-mêmes, disait déjà Mzee LDK. Le fait que l'ONU refuse d'appliquer la loi internationale pour résoudre le cas de l'agression et de l'occupation dont la R.D. Congo est victime, en appelle à l'imagination des congolais pour envisager leur avenir et leurs alliances autrement que par le passé. Le gouvernement congolais doit ainsi mettre fin aux nombreux accords bidons pour assumer sa souveraineté et ses devoirs d'état.

En effet, la ruse du Rwanda et de l'Ouganda est déjà trop connue de congolais et donc ainsi voué à l'échec. Les congolais du Kivu ont assez souffert. Que ceux qui doutent de cette vérité se rappellent l'éruption volcanique de 2002 à Goma. Les victimes des larves chaudes du volcan avaient refusé l'hospitalité rwandaise préférant retourner à Goma pendant que la chaleur était encore époustouflante. La leçon à tirer de cette attitude combien parlante est que vouloir faire diriger la R.D. Congo à partir du Rwanda est une peine perdue. Quiconque voudra s'engager dans cette aventure n'aura jamais de répit.

Les congolais aussi doivent prendre acte. Ainsi par exemple, au lieu d'organiser des marches de colère contre la reprise de la guerre à l'Est de la R.D. Congo, les congolais devraient organiser des marches de soutien aux Fardc dont quelques brigades loyalistes font un excellent travail au front du Nord-Kivu. Autrement dit, les congolais doivent soutenir l'action du gouvernement congolais pour bouter dehors tous les ennemis du pays. Ce soutien du peuple congolais à l'action des Fardc présuppose bien sûr que Kinshasa déclare ouvertement une guerre juste contre les rebelles et tous ceux qui les soutiennent. La R.D.Congo jouit aujourd'hui du privilège d'engager une guerre juste contre le Rwanda et l'Ouganda. Le gouvernement de Kinshasa ne peut pas laisser s'échapper cette occasion en or pour en découdre avec ses ennemis régionaux et internationaux par une guerre juste et populaire.


Nkunda offre au Congo l'occasion de déclarer une guerre juste

06-10-2008

La déclaration de guerre faite par Nkunda le Jeudi de la semaine écoulée est une stratégie qui vise à conquérir le Kivu en desserrant l'étau que les Fardc ont réussi à serrer fortement contre les rebelles du CNDP devenus MLTC (Mouvement de Libération Totale du Congo). En effet, avec la résurgence des rebellions en Ituri et au Nord-Katanga, les rebelles du MLTC espèrent disperser la force de l'armée congolaise pour réussir son coup fatal sur le Kivu. C'est ainsi que le gouvernement congolais a besoin de plus que son armée, c'est-à-dire de tout son peuple, de sa diplomatie, pour esseuler les rebelles du MLTC dans leur diableries et pour empêcher tout recrutement des jeunes congolais par ces derniers. Les enjeux sont grands pour la R.D. Congo surtout que le Conseil de Securité de l'ONU ne veut toujours pas reconnaître l'agression de la R. D. Congo par le Rwanda et l'Ouganda. Cette complicité du Conseil de Securité de l'ONU date de 1996. Il suffit de lire toutes ses résolutions sur le Congo pour voir combien elles n'ont jamais été contraignantes à l'égard des agresseurs du Congo. La R.D. Congo doit ainsi agir selon son intérêt supérieur sans trop attendre son salut de l'ONU qui depuis l'agression de l'Irak, la création de la république du Kosovo, et récemment l'occupation de la Géorgie par la Russie, a cessé d'être une force morale dans le monde. Dans le temps, le Colonel Kadhafi avait à juste titre qualifié cette ONU d'une simple caisse de résonance des intérêts de l'occident.

L'annonce de la conquête de tout le Congo est donc ainsi une diversion semblable à ce que la défunte AFDL avait utilisée en 1996 pour avoir le soutien des Kivutiens. Pour mobiliser les kivutiens contre le régime du dictateur Mobutu, il avait fallu que l'AFDL parle du changement de régime à Kinshasa. C'était là le seul alibi qui avait cassé le verrou du Nord-Kivu, une province qui était alors abandonnée à la merci des Ex-FAZ sans foi ni loi.

On peut aussi dire sans peur de se tromper que les violences faites aux femmes congolaises et l'abandon des déplacés à leur triste sort au Nord-Kivu avaient comme but de faire haïr le régime de Joseph Kabila pour préparer le lit de la guerre totale annoncée par Nkunda. En effet, on a vu naître des mouvements bidons tels le RIK (Rassemblement pour l'Indépendance du Kivu)  qui  exploitaient la souffrance de la population du Kivu pour faire haïr Kinshasa. Mais que les congolais ne se trompent pas. Les rebelles du MLTC visent cette fois-ci l'Est de la R.D. Congo. La libération totale du Congo n'est qu'une diversion pour démobiliser le front qui s'est formé au Nord-Kivu.  

Il est vrai que Kinshasa, et notamment Joseph Kabila, a déçu les Kivutiens par la non-réalisation de ses promesses électorales. Mais ce n'est pas avec Nkunda que les congolais attendent s'occuper du cas de Joseph Kabila. Malgré la souffrance subie, les congolais du Kivu ne peuvent plus jamais se tromper de libérateur. Le cliché des rwandais ou étrangers libérateurs de la R.D. Congo sont irrémédiablement usés pour plusieurs générations à venir. La révolution tant attendue en R. D. Congo sera l'œuvre des fils et des filles congolais eux-mêmes. Les faiseurs des rois , anglo-saxons et européens confondus, doivent ainsi se raviser. Le ticket gagnant à toutes les élections à venir en R.D. Congo sera celui du parti politique qui prouvera qu'il est constitué de « Zéro Rwandais », « Zéro Ougandais »,  etc. En effet, la ruse du Rwanda et de l'Ouganda est déjà  trop connue de congolais et donc ainsi voué à l'échec. Les congolais du Kivu ont assez souffert. Que ceux qui doutent de cette vérité se rappellent l'éruption volcanique de 2002 à Goma. Les victimes des larves chaudes du volcan avaient refusé l'hospitalité rwandaise préférant retourner à Goma pendant que la chaleur était encore époustouflante. La leçon à tirer de cette attitude combien parlante est que vouloir faire diriger la R.D. Congo à partir du Rwanda est une peine perdue.  Quiconque voudra s'engager dans cette aventure n'aura jamais de répit.

La déclaration de la guerre par Nkunda précise le complot contre la R.D. Congo. En effet, dans la foulée de cette déclaration, on a assisté à la résurgence des milices et rebellions en Ituri et au Nord-Katanga. Ce fait démontre, si besoin il y en avait, que les milices et autres forces négatives de l'Est de la R.D. Congo participent à la même mission que les rebelles de Nkunda. C'est pourquoi chaque fois que le gouvernement de Kinshasa veut appliquer les accords de leur désarmement, une guerre se déclenche pour empêcher leur désarmement et on assiste à une nouvelle rhétorique de guerre. Le changement des noms du CNDP en MLTC et du FRPI en FPJC ( Front Populaire pour la Justice au Congo) participent de cette nouvelle rhétorique dont le but est de poursuivre la même guerre avec d'autres alibis. Au lieu de rapatrier les fameux FDLR vers le Rwanda pour leur jugement, Nkunda en veut aujourd'hui au gouvernement de Kinshasa. Il se veut le mobilisateur de tous les congolais qu'il accusait hier d'en vouloir à ses frères Tutsis menacés d'extinction au Kivu. Ce qui est étonnant est que la communauté internationale continue d'appuyer Nkunda en dépit de toutes ces incohérences notoires d'une guerre sans fondement. Face à cette attitude de la communauté internationale représentée en R.D. Congo par la Monuc, le peuple congolais doit prendre acte et savoir que sa libération ne viendra pas de l'étranger voire de l'ONU. Les congolais se sauveront eux-mêmes, disait déjà Mzee LDK. Le fait que l'ONU refuse d'appliquer la loi internationale pour résoudre le cas de l'agression et de l'occupation dont  la R.D. Congo est victime, en appelle à l'imagination des congolais pour envisager leur avenir et leurs alliances autrement que par le passé. Le gouvernement congolais doit ainsi mettre fin aux nombreux accords bidons pour assumer sa souveraineté et ses devoirs d'état.   

Les congolais aussi doivent prendre acte. Ainsi par exemple, au lieu d'organiser des marches de colère contre la reprise de la guerre à l'Est de la R.D. Congo, les congolais devraient organiser des marches de soutien aux Fardc dont quelques brigades loyalistes font un excellent travail au front du Nord-Kivu. Autrement dit, les congolais doivent soutenir l'action du gouvernement congolais pour bouter dehors tous les ennemis du pays. Ce soutien du peuple congolais à l'action des Fardc présuppose bien sûr que Kinshasa déclare ouvertement une guerre juste contre les rebelles et tous ceux qui les soutiennent. La R.D.Congo jouit aujourd'hui du privilège d'engager une guerre juste contre le Rwanda et l'Ouganda. Le gouvernement de Kinshasa ne peut pas laisser s'échapper cette occasion en or pour en découdre avec ses ennemis régionaux et internationaux par une guerre juste et populaire.

Edgar Kahindo
Racodit- Butembo
Beni-Lubero Online


RDC: «Eviter l'effondrement du processus de paix dans l'est»

IRIN

06 oct. 08 - 18h04

NAIROBI, 6 octobre 2008 (IRIN) - La communauté internationale doit exercer des pressions sur le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et assurer que la mission onusienne de maintien de la paix se montre « plus impartiale » pour éviter l'effondrement total du processus de paix dans l'est, a averti une cellule de réflexion.

Ce dernier mois, au moins 100 000 civils ont été déplacés dans la province du Nord-Kivu par l'intensification des hostilités entre les forces congolaises et les rebelles fidèles à l'ancien général de l'armée Laurent Nkunda, selon les organisations non-gouvernementales (ONG).

« Ces affrontements constituent à ce jour les violations les plus graves de l'accord de cessez-le-feu signé en janvier dernier à Goma [capitale du Nord-Kivu] entre le gouvernement congolais, le CNDP [Congrès national pour la défense du peuple, de M. Nkunda], et 21 autres groupes armés actifs dans l'est du pays », selon le projet Enough.

Ce projet, une cellule de réflexion du Center for American Progress, notait dans son communiqué du 30 septembre que les événements du mois dernier avaient montré avec quelle rapidité les progrès accomplis dans l'est de la RDC pouvaient être réduits à néant en l'absence d'une pression diplomatique indéfectible.

« Après plusieurs semaines de violentes représailles mutuelles, les affrontements à grande échelle entre l'armée congolaise et le [CNDP de M.] Nkunda ont repris le 28 août sur le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu », selon le communiqué. « Les violences se sont depuis lors propagées au territoire de Masisi dans le Nord-Kivu, et au territoire de Kalehe, dans le Sud-Kivu ».

Le président Joseph Kabila ayant consenti, le 18 septembre, à la mise en ouvre d'un plan de désengagement définissant des zones de séparation entre l'armée congolaise et le CNDP, « des mesures diplomatiques d'urgence doivent être prises immédiatement pour assurer que le processus de paix soit mis sur la bonne voie », selon la cellule de réflexion.

Celle-ci a appelé les partisans du processus de paix dans l'est de la RDC (les Etats-Unis et l'Union européenne) à exercer une pression sur le gouvernement, M. Nkunda et d'autres groupes armés pour que ceux-ci adhèrent immédiatement au cessez-le-feu et respectent les zones de séparation définies dans le plan de désengagement.

« Face à la menace imminente d'une propagation des violences, cela demande une diplomatie de haut niveau dans les Kivu et l'exercice d'une diplomatie directe auprès du président Kabila et de Chikez Diemu, son ministre de la Défense », indiquait également le communiqué.

Les civils en danger

Dans un communiqué le 25 septembre, 83 organisations humanitaires et associations de défense des droits humains actives dans les Kivu ont appelé à l'adoption de mesures urgentes pour protéger les civils, et à la prestation immédiate d'une aide accrue aux populations vulnérables.

« La situation des civils est désespérée, et elle menace de se dégrader davantage si les affrontements se poursuivent », a expliqué Rebecca Feeley du projet Enough. « Toutes les parties signataires de l'accord de paix de Goma devraient se conformer strictement à leurs obligations, notamment celles de protéger les civils et de respecter le droit humanitaire international et les droits humains ».

Pour que le processus de paix soit mis sur la bonne voie, la mise en ouvre de l'accord de paix de Goma et de l'accord de 2007 signé à Nairobi (sur le retrait des Forces démocratiques de libération du Rwanda - FDLR) est cruciale, de même que le plan de stabilité entre la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) et le gouvernement, selon Henri Boshoff, analyste militaire à l'Institut sud-africain d'études sur la sécurité.

« Sans ces mesures, l'accord de Goma n'existera plus », a-t-il estimé. « Il sera réduit à ce que Kris Berwouts, directeur du réseau d'ONG EurArc, appelle "une parenthèse dans l'histoire de la "Somalification" de la RDC" ».

Selon le projet Enough, le CNDP et l'armée congolaise sont tous deux responsables de l'échec du processus de paix.

« Malheureusement, la MONUC a davantage tendance à s'exprimer contre le CNDP que contre les forces congolaises en ce qui concerne les violations du cessez-le-feu et les violations des droits humains », a estimé le projet.

La MONUC a réfuté ces allégations. « Les enquêtes que nous menons concernent toutes les violations des droits humains, qu'elles soient commises par les forces rebelles ou par les forces du gouvernement », a indiqué à IRIN Michel Bonnardeaux, porte-parole de la MONUC.

« Je ne sais pas sur quoi ils [projet Enough] se basent ; nous avons un grand groupe de défense des droits humains sur le terrain ; nous informons les médias chaque jour sur la situation dans le Nord-Kivu », a-t-il ajouté.

La cellule de réflexion a exhorté le gouvernement à engager des négociations politiques avec le CNDP. « Pour accomplir des progrès significatifs vers la paix dans l'est du Congo, il faut prendre des mesures fermes en vue de mettre fin à l'exploitation illégale des ressources naturelles et à l'impunité dont jouissent les auteurs de crimes contre l'humanité », a-t-elle déclaré.

En attendant, l'organisation Agro action allemande a précisé qu'aucun membre de son personnel n'avait été blessé au cours d'un incident, survenu le 17 septembre, qui avait fait un mort et un blessé chez les bénéficiaires de l'aide.

L'organisation a suspendu ses opérations pendant deux semaines, mais elle a repris ses activités le 29 septembre.


Conversion des anciens titres forestiers en contrats de concession forestière : la bombe, 46 requêtes retenues sur 156

7-10-2008

L'Hôtel Venus dans la commune de la Gombe a servi de cadre pour la publication des conclusions de la commission interministérielle sur la conversion des anciens titres forestiers en contrats de concessions forestières. Il y a des années que l'on dénonce l'anarchie dans le secteur forestier. Pour concrétiser le décret présidentiel exigeant la conversion des anciens titres forestiers en contrats des concessions forestières afin de mettre de l'ordre dans ce secteur, le gouvernement par le ministre de l'Environnement, avait mis en place une commission qui a travaillé d'arrache-pied. Comme on devrait s'y attendre, les conclusions de cette commission traduisent la rigueur qui a été mise dans l'examen des dossiers reçus. Pour José Endundo, quelle que soit l'importance du travail abattu, cette étape est provisoire pour l'amélioration de l'exploitation de la forêt congolaise. Pour bien comprendre cette étape, le ministre a évoqué le chemin parcouru.

En 2002, la gestion forestière était régie par un décret colonial datant d'avril 1949. Inutile de rappeler que compte tenu de l'évolution, ce décret était devenu obsolète. C'est pourquoi, il y a eu une adaptation tenant compte aussi bien de la situation dans les pays voisins que dans le monde en matière de l'exploitation forestière. Cela a abouti à l'élaboration du Code forestier en 2002. Quarante textes d'application de ce Code ont été signés dont plus de la moitié par le gouvernement actuel. Avec ces textes, a fait remarquer le ministre, le Code peut être valablement appliqué. Il fallait pour appliquer ce code, suivre certaines étapes. Ces étapes préalables à la signature du contrat de concession et son Cahier des Charges devraient respectivement faire l'objet des négociations, d'une part, entre l'Administration forestière et le futur concessionnaire et, d'autre part, entre ce dernier et les communautés locales et autochtones, a rappelé le ministre avant d'indiquer la méthodologie suivie par la commission. .

La méthodologie de la commission

" La méthodologie adoptée par la Commission Interministérielle dans l'examen des requêtes de conversion des anciens titres forestiers en contrats de concession forestière, a été motivée par l'unique souci de garantir une bonne application de la loi, juste et équitable, un traitement égalitaire de tous les requérants, et de ne pas léser manifestement l'une ou l'autre des parties prenantes, y compris l'Etat et les exploitants forestiers, donnant ainsi à son travail, l'équilibre et l'objectivité nécessaires à sa crédibilité ", a insisté le ministre. La Commission Interministérielle a reçu 156 requêtes de conversion pour les 6 Provinces forestières réparties comme suit : province du Bandundu : 37 requêtes dont 17 seulement ont reçu l'avis favorable de la commission, pour la province du Bas-Congo, 17 requêtes reçues, 3 seulement ont eu l'avis favorable de la commission, pour la province de l'Equateur : 69 requêtes reçues dont 10 seulement ont reçu l'avis favorable de la commission. Pour les deux Kasaï, 2 requêtes chacune, aucune n'a reçu l'avis favorable de la commission. Enfin, pour la province Orientale, 30 requêtes et 16 seulement ont eu l'avis favorable de la commission.

Le potentiel forestier et participation

Suivant les recommandations de la Commission Interministérielle, on retient qu'au total de 22.354.669 ha des titres ont été soumis à la conversion. L'ensemble des titres jugés convertibles représente : une superficie de 7.001.970 ha (soit 31,32%) pour 46 titres. En revanche, les titres non convertibles couvrent une superficie totale estimée à 15.352.699 ha (soit 68,68%) pour 110 titres. En ce qui concerne les représentants des communautés, sur 153 représentants des communautés locales et autochtones attendus au processus de conversion, 133 ont été reçus (soit 87%). En ce qui concerne le représentant de la population, on a noté 116 représentants des populations locales sur 132 attendus (soit 88%). Tandis que 17 représentants des populations autochtones ont été reçus sur 21 attendus (soit 81%). Même les membres de la commission ont battu le record de participation, soit 575 sur 684 (84%)

La prochaine étape

Selon le ministre José Endundo, la prochaine étape consistera à la résiliation des contrats jugés non valides après les recours des requérants, à la signature des contrats de concession forestière avec les concessionnaires dont les titres ont été jugés éligibles par le processus, mais qui doivent préalablement obtenir l'approbation par les populations locales ou autochtones (des Cahiers des Charges sociales et environnementales négociées par les populations étant entendu que le Cahier des Charges fait partie intégrante du contrat) ; à la signature de l'arrêté portant mesure de mise en œuvre des décisions de rejet des requêtes de conversion et de résiliation des anciens titres forestiers ; à l'appui, le suivi et l'accompagnement des négociations des populations locales et autochtones avec les nouveaux concessionnaires autour des Cahiers des Charges sociales et environnementales.

JDG

Avenir


Soutien du Rwanda au Cndp : Kinshasa accuse, le Conseil de sécurité esquive la question

6-10-2008

On ne peut continuer à s'acharner sur le Cndp et laisser tranquille le vrai auteur de l'insécurité à l'Est de la Rdc. C'est malheureusement ce qui est souvent arrivé. Pendant longtemps, on a fait du Cndp de Nkundabatware un interlocuteur valable oubliant une sagesse cornélienne, du reste plus d'une fois démontré, selon laquelle : " lorsque le bras a failli, on punit la tête ". Au lieu de s'en prendre au bras qu'est Nkundabatware, il fallait demander des comptes à la tête. C'est la politique que la communauté internationale a appliquée en Sierra Leone, en allant cueillir l'ancien président libérien, Charles Taylor pour son soutien aux rébellions sierra-leonaises. Aujourd'hui, il croupit dans une prison de la Haye.

En Rdc, le Rwanda n'a jamais été inquiété pour son soutien à la guerre en Rdc, bien que cette guerre soit à la base de beaucoup de morts et d'un drame social. Tout ce qu'on a demandé à Kigali, c'est de se faire caresser dans le sens des poils. Hier, il lui était demandé de signer des accords avec Kinshasa. Aujourd'hui, ce sont des relations diplomatiques qu'on exige. C'est une façon de passer l'éponge. Cette façon de falsifier l'histoire laisserait indifférent si entre temps, Kigali ne s'évertuait pas à semer la mort en Rdc par le Cndp interposé. Les dernières déclarations de Nkundabatware ont fini par convaincre tout le monde. On sait désormais que ce que Nkundabatware a toujours présenté comme cahier de charges n'est que digression. Le retour des réfugiés, le rapatriement des Fdlr,… Outre le fait que cet agenda est rwandais, le Cndp fait volte-face au moment où, avec l'aide de la communauté internationale, on va aujourd'hui plus résolument que hier, vers une solution à ce problème.

Kinshasa se réveille, mais,…

Le samedi dernier, le gouvernement a clairement accusé le Rwanda de soutenir le Cndp. Les ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité le savent. Mais, il valait la peine que le gouvernement congolais, par la voix du ministre des Affaires étrangères, le dise sans ambiguïté. Ce qu'on sait, c'est que ces membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu ne feront rien contre Kigali. On ne s'attendait même pas à une moindre condamnation. Par expérience, on ne connaît pas de condamnation claire du Conseil de sécurité contre le Rwanda, malgré les atrocités connues, commises par l'armée rwandaise en Rdc.

Personne ne peut pourtant comprendre qu'au moment où les Fardc prennent la mesure du Cndp et lui font pression pour revenir au programme Amani, c'est en ce moment que Nkundabatware fait des déclarations incendiaires et annonce une généralisation de la guerre. Et pendant ce temps, Kigali amasse ses troupes à la frontière congolaise. Que craint-il ? Si c'est le droit de poursuite, sachant qu'en quittant unilatéralement Amani, le Cndp invitait le gouvernement à la guerre. Kigali craindrait donc que la guerre puisse rentrer d'où elle était venue. Il n'y a pas meilleure façon de se trahir que ces dispositions militaires prises par Kigali. On sait, au Conseil de sécurité, même si on ne veut le dire, que toute la base militaire du Cndp repose sur l'armée rwandaise. On ne peut pas demander au Cndp ni de se désengager ni d'envoyer ses hommes au brassage. C'est toujours sur ce sujet que les négociations avec le Cndp ont toujours achoppé. Lorsqu'il était question d'aller jusqu'au bout du mixage, exigé par le Cndp qui ne voulait pas que ses hommes aillent aux centres de brassage loin du Kivu, le Cndp en a profité pour occuper des positions, pour infiltrer les Fardc et pour commencer une nouvelle guerre. Après la Conférence de Goma, les négociations achoppent au moment où il faut procéder au désengagement. La vérité, c'est que le Cndp ne peut pas déverser dans les Fardc les éléments de l'armée rwandaise qui combattent dans ses rangs. En amassant des troupes à la frontière congolaise, particulièrement dans des zones où se localisent les troupes soi-disant du Cndp, notamment à Bunagana et à Kimbumba, il devient difficile de distinguer le Cndp de l'Apr. Ce qui était officieux devient officiel, à savoir, la présence des soldats rwandais sur le sol congolais.

La balle est dans le camp du Conseil de sécurité

Le gouvernement congolais, par la communication du ministre des Affaires étrangères, interpelle les Etats-Unis, la France, la Chine, la Grande Bretagne et la Russie. Cela ne suffit pas. Le gouvernement doit cette fois agir en conséquence. Il ne doit plus être question du Cndp, maintenant que l'on sait et on l'a dit tout haut, que c'est Kigali qui est à la base de la situation à l'Est de la Rdc. Cette communication est un premier pas de l'offensive diplomatique. L'opinion attend le premier pas dans l'offensive militaire. Si on ne fait pas cela, on va donner au monde l'impression d'avoir fait une déclaration pour rire. Il est question de savoir si la Monuc fait sienne la déclaration du gouvernement congolais. En attendant, en analysant cette déclaration, on constate que si le geste valait la peine, mais le contenu n'est pas à la mesure des enjeux. Demander aux cinq pays de jouer pleinement leur rôle de prévention et de maintien de la paix, c'est les pousser à dire qu'ils en font déjà beaucoup à travers la Monuc. Il en est de même de leur demander de veiller au respect des résolutions antérieures prises par le Conseil de sécurité. Ce chapelet de demandes sonne comme une révision à la baisse des intentions de Kinshasa. Si ces pays, membres permanents du Conseil de sécurité se souvenaient de leurs résolutions et savaient tenir parole, ils n'auraient pas attendu la demande de Kinshasa pour dénoncer " des déclarations belliqueuses sur la paix et la sécurité dans la sous région ". Si le Conseil de sécurité avait la mémoire pour se souvenir de ses résolutions, il y a longtemps que l'on ne parlerait plus du conflit du Moyen-Orient, pour ne citer que ce seul exemple.

Nkundabatware, paratonnerre de Kigali

En ce qui concerne le soutien de Kigali à Nkundabatware, on s'attendait à mieux que la sollicitation des pressions du Conseil de sécurité pour que Kagame retire son soutien au Cndp. Kigali n'est pas à son premier acte dans la région. On ne l'a jamais condamné et on ne s'attendait pas à ce qu'on le fasse cette fois. La preuve c'est que les ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de Sécurité ont ignoré ce volet de la demande du gouvernement congolais. Car, répliquant à la communication de Mbusa Nyamwisi, les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité, ont unanimement condamné les déclarations de Laurent Nkunda et les ont qualifiées de recul par rapport au programme Amani et au communiqué de Nairobi. Ils exigent un cessez-le-feu et préconisent la résolution pacifique du conflit. Tout s'arrête au paratonnerre. Lorsqu'il s'agit de parler du soutien du Rwanda au Cndp, ces ambassadeurs deviennent laconiques, ambigus, voire agacés. Pourrait-il en être autrement lorsque la demande du gouvernement est aussi ambiguë et laconique ? On aurait voulu que le gouvernement mette Kigali en garde et prenne la communauté internationale à témoin, en lieu et place de quémander la paix. Etonnant, le gouvernement n'émet pas sur la même longueur d'ondes avec la Monuc au sujet du mandat de cette dernière. Celle-ci demande la prolongation de son mandat et le renforcement de ses troupes pour " aider " le gouvernement congolais à combattre le Lra. Le gouvernement congolais, lui, appuie la démarche et voit la Monuc utiliser le nouveau mandat et les nouveaux moyens pour " imposer " la paix au Kivu.

JDG

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