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RD Congo / Rwanda

Un rapport accablant de l'ONU contre le Rwanda

Article publié le 12/12/2008 Dernière mise à jour le 13/12/2008 à 03:26 TU

Kigali fournit une aide multiforme à la rébellion de Laurent Nkunda, notamment en recrutant des enfants-soldats : ce n'est qu'une des accusations du rapport publié vendredi par des experts de l'ONU, qui s'en prennent aussi aux troupes régulières congolaises. Une annexe confidentielle recommande la prise de sanctions contre des personnes nommément citées.

Avec notre correspondant à New York , Philippe Bolopion

Le rapport est dévastateur pour le Rwanda. Les autorités rwandaises sont accusées d'avoir dépêché des officiers et des unités de leur armée en République démocratique du Congo, pour appuyer la rébellion de Laurent Nkunda. Elles auraient facilité la fourniture de matériel militaire et seraient complices du recrutement de soldats, et notamment d'enfants, pour le compte de Laurent Nkunda.

Les rapporteurs citent un faisceau d'indices convergents, et notamment des témoignages d'anciens rebelles. Des relevés téléphoniques attestent également de nombreux contacts entre la rébellion de Laurent NKunda et la présidence rwandaise, ainsi que le commandement de l'armée rwandaise.

Mais les autorités congolaises ne sont pas épargnées. Contrairement à ce qu'elles affirment, le rapport indique que l'armée congolaise a collaboré avec les FDLR, les rebelles hutus rwandais qui abritent dans leurs rangs d'anciens génocidaires. Les forces congolaises ont, selon le rapport, combattu au côté des FDLR, contre les rebelles de Laurent Nkunda. Et elles leur ont même fourni des munitions.

Les deux camps sont donc renvoyés à leurs responsabilités, ce qui, espèrent les experts de l'Onu, pourrait permettre des négociations de paix plus franches.

Le rapport sera consultable en ligne dans les prochains jours sur le site de l'ONU, http://www.un.org/sc/commitees/1533/egroup.html .

Une annexe confidentielle prône des sanctions individuelles

Jason Stearns, le coordonateur du groupe d'experts, a donné des détails lors d'une conférence de presse ce vendredi à New York sur l'annexe confidentielle qui accompagne le rapport.  Parmi les sanctions qui pourraient toucher certains individus et entités nommément cités, le gel d'avoirs financiers, et des interdictions de voyager à l'étranger. Ces sanctions seront soumises à l'examen du Conseil de sécurité. 

© Congo Vision


RD Congo: l'ONU affirme que le Rwanda aide les rebelles de Laurent Nkunda

NEW YORK (AFP) — Le Rwanda apporte une aide multiforme, notamment dans le recrutement d'enfants soldats, au groupe rebelle du tutsi Laurent Nkunda dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, affirme un rapport d'experts de l'ONU publié vendredi.

La ministre des affaires étrangères rwandaise Rosemary Museminali a réagi en qualifiant le rapport d'inexact et le comparant à une "vendetta" destinée à détourner la région des efforts de paix en cours.

"Ce qui ressort quand vous prenez connaissance du rapport c'est d'abord qu'il est rempli d'inexactitudes", a-t-elle dit à des journalistes à Bujumbura (Burundi).

Le groupe de cinq experts mandaté par le Conseil de sécurité de l'ONU a "trouvé des preuves que les autorités rwandaises se sont rendues complices du recrutement de soldats, y compris des enfants, et ont facilité la fourniture d'équipement militaire" au Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de l'ex-général Nkunda, affirme le rapport.

Les autorités rwandaises ont également "envoyé des officiers et des unités des Forces de défense rwandaises en territoire congolais pour soutenir le CNDP", poursuit-il.

Le groupe a également établi que "le CNDP utilise le territoire rwandais comme base arrière pour lever des fonds et tenir des comptes bancaires".

De leur côté, des unités de l'armée régulière de la RDC (FARDC) "collaborent étroitement" avec des groupes armés dans l'est du pays, notamment les FDLR, rebelles hutu du Rwanda qui comptent parmi eux des interhahamwe (anciens responsables du génocide de 1994), et les Pareco (Patriotes de la résistance congolaise), affirme le rapport.

Cette coopération recouvre notamment "la fourniture de munitions et la conduite d'opérations conjointes contre le CNDP".

Le groupe d'experts affirme n'avoir pas trouvé de preuves que les multiples groupes armés illégaux opérant dans l'est de la RDC se fournissent en armes sur le marché international et en conclut que "les FARDC demeurent la principale source" de ces armements.

Le rapport confirme également que ces groupes armés, notamment le CNDP et les FDLR, détournent à leur profit des sommes colossales en exploitant illégalement les richesses minières de la région.

Ainsi le CNDP contrôle la mine de coltan de Bibatama sur le territoire de Masisi et vend le minerai à la Munsad, une société dont le siège est à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et contrôlée par un proche de Nkunda. Le coltan est un minerai utilisé dans les composants électroniques.

Le coordinateur du groupe d'experts, Jason Stearns, a ensuite déclaré à la presse que le rapport s'accompagnait "d'une annexe confidentielle recommandant la prise de sanctions contre certains individus et entités."

Il a précisé que les sanctions recommandées consisteraient en un gel d'avoirs financiers et en une interdiction de voyager à l'étranger et qu'elles seraient soumises à l'examen du Conseil de sécurité et de son comité des sanctions.

Kinshasa accuse depuis longtemps le Rwanda de soutenir Nkunda, ce que Kigali dément. Pour sa part, Nkunda affirme que les rebelles hutu rwandais -- dont certains anciens génocidaires -- font partie d'une nébuleuse de groupes armés qui soutiennent les forces gouvernementales de la RDC.

La province du Nord-Kivu fait face depuis fin août à une reprise des affrontements entre d'un côté le CNDP et de l'autre l'armée et divers groupes armés.

La rébellion du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda a infligé d'humiliantes défaites à l'armée régulière et campe depuis fin octobre aux portes de Goma.

Ces combats ont jeté sur les routes plus de 250.000 personnes, survivant dans des conditions catastrophiques.

Le CNDP a décrété unilatéralement un cessez-le-feu fin octobre, qui a permis le maintien d'un calme très précaire. Une médiation est actuellement conduite, au nom de l'ONU, par l'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo.

© Congo Vision


Des experts de l'ONU accusent le Rwanda de soutenir la rébellion congolaise

LE MONDE | 13.12.08 | 11h56  •  Mis à jour le 13.12.08 | 14h12

Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) sont renvoyés à leurs responsabilités. Dans un rapport détaillé, cinq experts de l'ONU ont accusé Kigali, vendredi 12 décembre, de soutenir la rébellion congolaise de Laurent Nkunda , qui a provoqué depuis deux mois le déplacement de 200 000 personnes dans le Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

De son côté, l'armée congolaise est accusée de collaborer avec les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui comptent dans leurs rangs des responsables du génocide de 1994. Les deux pays, qui ont jusque-là démenti ces allégations, sont engagés depuis plusieurs années dans un conflit par milices interposées qui ensanglante l'est de la RDC.

Selon les experts, les "autorités rwandaises" ont été "complices du recrutement de soldats, notamment d'enfants" , au profit du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda . Kigali a également "facilité la fourniture de matériel militaire aux rebelles" , et "envoyé des officiers et des unités des Forces de défense rwandaises en République démocratique du Congo pour appuyer le CNDP" . Les rapporteurs disent s'appuyer sur des dizaines d'entretiens avec des témoins oculaires, d'anciens combattants du CNDP, des hommes d'affaires et des officiers de renseignement.

Les experts ont obtenu des relevés téléphoniques indiquant que les rebelles congolais "communiquent avec le haut commandement de l'armée rwandaise et avec la présidence rwandaise". L'armée rwandaise aurait "appuyé le CNDP au cours de sa récente offensive du 26 au 30 octobre 2006" , notamment avec des chars et des tirs de mortier. Le Rwanda a également, selon le rapport, servi au CNDP de "base arrière" pour lever des fonds et se ravitailler. Le président rwandais, Paul Kagame , est-il personnellement impliqué ? "Je l'ignore, mais il est clair qu'il est informé" , dit au Monde Jason Stearns , chef des experts, qui juge qu'un "appui aussi substantiel" ne pourrait se faire à l'insu du sommet de l'Etat.

LISTE CONFIDENTIELLE

Kinshasa n'est pas épargné par le rapport, selon lequel l'armée congolaise (FARDC) a "collaboré" avec les rebelles rwandais des FDLR, "notamment par la fourniture de matériel militaire et l'organisation d'opérations conjointes contre le CNDP" . Là encore, des relevés téléphoniques témoignent "de fréquents contacts entre des officiers supérieurs des FARDC et la hiérarchie des FDLR" . Dans les Kivus, le rapport évoque "une vaste cohabitation" entre les FARDC et les FDLR, dont les soldats "boivent de l'alcool ensemble".

Même si "certaines unités de l'armée congolaise se sont battues contre les FDLR ces trois dernières années", explique Jason Stearns , d'autres, qui "n'avaient pas assez de troupes pour faire face au CNDP" , auraient lié "des alliances de circonstance" avec les rebelles rwandais. "Il est difficile de dire si le sommet de l'armée congolaise ou de l'Etat sont impliqués (...), mais nous savons qu'ils sont informés et ne font rien", poursuit-il. Pour paiement de leur aide, l'armée congolaise fournit des munitions aux FDLR qui, selon le rapport, tirent aussi des millions de dollars de revenus du commerce illégal des minéraux.

Le chef des rapporteurs espère que le document sera "un outil pour les diplomates des pays impliqués dans la médiation" en cours. Il a soumis au Conseil de sécurité de l'ONU une liste d'individus qui pourraient être sanctionnés.

Rapport accessible sur le site de l'ONU http://daccessdds.un.org/

Philippe Bolopion

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Selon l'ONU, des Belges financent des groupes armés au Congo

Un groupe d'experts de l'ONU a mis en évidence l'implication de plusieurs ressortissants et entreprises belges dans le financement du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et en particulier des mouvements rebelles.

Monde - International sam 13 déc, 18:47

Les cinq experts, sous la direction de Jason Stearns, épinglent en particulier un riche homme d'affaires d'origine congolaise mais possédant aussi la nationalité belge et établi à Bruges, Raphaël Soriano alias Katebe Katoto, et accusent également le Rwanda.


Raphaël Soriano, actionnaire du CNDP

"Le groupe a appris que l'un des financiers du CNDP (le Conseil national pour la Défense du Peuple, le mouvement politico-militaire du général tutsi Laurent Nkunda, en conflit avec le gouvernement de Kinshasa) est Raphaël Soriano", indique le rapport.

M. Soriano est poursuivi par la justice britannique pour détournement de fonds publics. Il est accusé d'avoir participé à la disparition de vingt millions de dollars de l'Etat zambien.      

Homme d'affaires originaire de la province du Katanga (sud-est) qui a fait fortune notamment dans les pêcheries, n'est pas un poids-lourd de la scène politique congolaise même s'il a toujours été très actif en coulisses.      

Les experts de l'ONU établi que le 7 février 2006 un transfert de 25.000 dollars a eu lieu entre le compte de son épouse, Nele Devriendt, et celui d'Elisabeth Uwasse, la femme de Laurent Nkunda, au départ d'un compte bancaire ouvert à la banque ING à Bruges sur lequel M. Soriano a une procuration.      


Des virements bancaires entre les épouses


Selon ce rapport, les relevés d'ING confirment également que 20.000 dollars ont été virés le 10 avril 2006 à un compte à la Centenary Rural Development Bank à Kampala (Ouganda) au nom de Gendarme Rwema, lequel avait pour mission de fournir aux FRF le matériel Motorola et les espèces dont elles avaient besoin pour fonctionner.       

Les relevés de la même banque révèlent aussi que 60.000 dollars ont été virés le 25 janvier 2006 à un compte à la Banque de commerce, de développement et d'industrie, établissement rwandais, au nom de Bilal Abdul Kalim Baziki, homme d'affaires libanais établi à Goma. Selon des témoignages recueillis par le groupe d'experts, M. Bilal a servi d'intermédiaire pour la réception de capitaux externes destinés au CNDP.     

Les fonds zambiens détournés, utilisés par Soriano ?

Les experts de l'ONU affirment redouter que M. Soriano n'utilise des millions de dollars qui auraient été détournés de fonds publics zambiens pour continuer à financer le CNDP et les FRF.      

Ils ajoutent que M. Soriano a quitté la Belgique pour Kigali à la fin du mois d'octobre, lors de l'escalade de la violence dans l'est de la RDC, selon des diplomates étrangers et des sources au CNDP.       

La société belge Tradmet au centre du collimateur

Leur rapport cite également deux sociétés belges qui seraient impliquées dans l'exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC, principalement la cassitérite et le coltan.      

La société Tradmet achète ainsi la production - plusieurs centaines de kilos de minerai par semaine - de la mine de coltan de Bibatama dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, une zone contrôlée par le CNDP par le biais du comptoir MUNSAD que gère Damien Munyarugerero, proche, selon plusieurs sources, du mouvement de Laurent Nkunda.      

Selon les experts, Trademet a indiqué avoir travaillé avec le comptoir MUNSAD et le préfinancer depuis des années.       

Dans une réaction à ce rapport, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a assuré que la Belgique coopérait pleinement avec le groupe des experts pour mettre en évidence des ressortissants belges ou des entreprises qui violeraient le régime des sanctions imposées par l'ONU.       

"Le gouvernement belge prendra les mesures appropriées - tant en application de possibles décisions du Conseil de sécurité que pro-activement - pour que nos entreprises respectent les codes de conduite internationaux en vigueur", a-t-il assuré dans un communiqué.

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