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Le Cinquantenaire de la RDC : pour ou contre l´organisation de ce Jubilé d´or ?

Cette analyse s´adresse d´abord à tous les citoyens congolais avertis, soucieux de voir leur pays sur les voies du développement durable. Elle s´adresse également aux autres non-congolais, à tous ceux qui s´intéressent à l´actualité internationale et aspirent au bien-être de tous les citoyens de ce monde.

Depuis que les préparatifs sur le cinquantenaire de la République Démocratique du Congo avaient été annoncés, il s´est fait constater un certain rythme de prises des positions : Les uns, très optimistes, sereins encourageant cette initiative. Les autres, très sceptiques, pessimistes, radicaux ne trouvent aucun mérite pour l´organiser. Depuis qu´une commission organisatrice avait été mise en place, avec un commissaire en tête, on n´a fait que prendre acte de différents avis, soit pour encourager ou simplement le rejeter. A lire certains journaux locaux de Kinshasa, on se rendait de plus en plus compte que ce projet a été récupéré politiquement par les uns et les autres. Pour les uns, les optimistes et essentialistes, la tenue de ce Jubilé d´or depuis l´accession de notre pays à l´indépendance symbolisait une certaine stabilité politique. Elle traduisait une nouvelle ère politique. Elle a été vue sous cet angle pour colorer d´une autre manière la physionomie politique intégrale de notre pays. Donc, la tenue de ce Jubilé d´or a été vue comme une noble occasion pour représenter la Rép. Dém. du Congo sur l´échiquier internationale, peut-être avec une autre image.

Pour les autres, les sceptiques et pessimistes, il n´y en a aucun mérite visible pour organiser une telle cérémonie par rapport au vécu quotidien de la population de la couche moyenne. Ils fondaient leur argumentation en ce sens qu´il faut d´abord repenser les conditions de vie des citoyens cette couche. A cause de certains disfonctionnements constatés ici et là, ceux-ci se montraient dès le départ très réservés par rapport à la taille de l´événement. Jusqu´à présent, notre classe politique congolaise est restée divisée là-dessus. Au lieu de trouver des compromis, car cette cérémonie implique toute la nation, les uns et les autres sont restés cramponnés sur leurs positions.

Par rapport à cette réflexion, il vaudra d´abord la peine de faire des mises au point. Le mobile de la cérémonie du Jubilé d´or à caractère national, c´est le cinquantenaire de l´accession de notre pays à l´indépendance intégrale. Sans avoir des penchants pour les uns contre les autres ou vice-versa, il faut nous poser une seule question : que signifie le mot cinquantenaire ? Sans vouloir refaire des leçons à qui que ce soit, chacun sait ce à quoi cela renvoie. Le concept « cinquantenaire » en soi est déjà parlant. Il est parlant, car il symbolise une durée temporelle vécue. Il renvoie à un nombre d´années vécues par un groupe d´hommes, ayant certaines aspirations de vie commune. Il symbolise une durée de vie, ayant sans doute été caractérisée, par le haut et le bas, par les épreuves de tout genre. Même dans notre vie active, quand une association ou encore institution totalise cinquante ans d´existence, une cérémonie est organisée à cette occasion. Peu importe la grandeur de la cérémonie. Elle est tout de même organisée. Même quand une personne totalise cinquante ans, il y a des cérémonies qui s´organisent pour la simple raison, que 50, c´est la moitié de 100. C´est un nombre rond déjà parlant. Ainsi vu, l´on peut dire que le Cinquantenaire ne s´organise pas essentiellement d´abord à cause du rendement de ce qui s´est accompli durant ce temps, mais plutôt par rapport à la durée temporelle vécue. L´aspect du bilan vient en seconde position, car à la 1 ère , c´est la durée. Si cela n´était pas le cas, tous les hommes qui n´ont rien fait de spécial dans leur vie, n´auraient ainsi aucune raison pour fêter leurs 50è anniversaires. L´habitude de célébrer de telles cérémonies est le propre de peuples, dans presque beaucoup de cultures de ce monde. Pour dire que le Cinquantenaire, rien qu´à base du nombre d´années parcourues, peut ainsi être fêté. Il peut ainsi être célébré, selon les circonstances. Pour reconnaître que l´organisation du cinquantenaire n´est pas une anomalie constitutionnelle, moins encore juridique. Mais, la question la plus sensible, c´est celle de savoir comment? Célébrer le Jubilé d´or de l´indépendance de notre pays est certes légitime et normal. Il est même un droit constitutionnel, car la journée du 30 Juin est reconnue fériée et payée sur toute l´étendue nationale, selon notre constitution. C´est notre fête nationale. Mais comment pouvons-nous organiser cette cérémonie à l´ère de la crise financière internationale ? Avec quel faste doit-on organiser une telle cérémonie là où le vécu quotidien de la couche moyenne de la population n´est pas encore repensé? C´est ici la pomme des discordes entre les deux tendances, les optimistes et pessimistes.

Nous sommes de l´avis selon lequel, le vrai problème n´est ni la présence de tel ou tel autre personnage historique de haute fracture. Il n´est pas non plus lié à la présence d´un certain nombre des chefs d´Etat, qu´on verra sur la tribune d´honneur lors de la cérémonie officielle le 30 Juin prochain à Kinshasa. Le problème est plutôt de savoir, comment nous peuples congolais voulons organiser une telle cérémonie pendant que notre pays est en train de se chercher sur tous les plans! Que voulons-nous atteindre par de-là tout?

Malheureusement au lieu de nous réunir au niveau national, cet événement risque de nous diviser davantage. Au lieu de repenser ensemble ce qu´a été le destin intégral de notre pays pendant les 50 dernières années depuis 1960, cette cérémonie risque de pousser les uns et les autres aux excès. Les excès des uns de ne pas penser que tout est en place à base de ce qui se fera constater lors du séjour de certains invités historiques sur le territoire national congolais. Tout comme le radicalisme et l´intransigeance des autres, de ne pas non plus continuer de donner l´impression, qu´en 50 ans, rien ne s´est vraiment fait chez nous, vraiment rien. En 50 ans, on a pu faire quelque chose. Notre pays n´avait pas en 1960 le nombre d´élites intellectuels qu´il a de nos jours. En 1960, il n´y en avait pas autant d´établissements académiques (universités et instituts supérieurs) chez nous comme de nos jours. Dans certains ressorts ecclésiastiques par exemple, il n´y en avait même pas plus de 10 prélats noirs en 1960. En 1960, notre pays n´avait pas ses 65 millions d´habitants. Seulement ces petits détails révélés peuvent nous aider de nous rendre compte que, depuis 1960 jusqu´en 2010, 50 ans après et durant, quelque chose s´est fait, ici et là. Peut-être pas grand-chose mais quelque chose. En français, on dit « mieux vaut quelque chose que rien ».

Par ailleurs, cette énumération ne doit pas nous pousser aux excès. Surtout pas faire de nous des simplistes. Si en 1960, notre pays n´avait pas le nombre d´élites intellectuels politiques qu´il a de nos jours, la question est maintenant de savoir, comment cette élite intellectuelle se prend-elle en charge ? Se montre t-elle capable pour s´assumer par rapport à leur destin intégral ou pas ? Si de nos jours, nous avons plus d´établissements académiques (universités et instituts supérieurs) qu´en 1960, comment sont-ils gérés ? Si de nos jours, la population a atteint la barre de 65 ou 67 millions d´habitants selon les dernières estimations livrées, comment est son vécu quotidien ? Ce sont ces éléments qui doivent imprégner l´organisation de ce jubilé d´or. Aux uns et aux autres, il faut nous montrer plus responsable, lucide, réaliste et serein. Aux uns et aux autres, il faut éviter deux choses : la 1 ère , celle de présenter une autre Rép Dém du Congo, vraiment autre en public que celle du quotidien. Donc, éviter de faire une présentation politicienne seulement ostentatoire, vraiment loin de la réalité quotidienne vécue. Il faut éviter cette politique de simples apparences. Elle n´amène nulle part. Elle finit par se découvrir et devient ridicule par la suite. La seconde, c´est celle de vouloir présenter à la face du monde que depuis 1960, rien de bon ne s´est fait. Il faut vraiment prendre congé de ce radicalisme aveugle, pour ne rien encourager. Aussi doit-on éviter d´être seulement nihiliste, de simples négativistes. Même si nous sommes en retard, l´on doit reconnaître que quelque chose s´est fait.

Au fait, aux uns et aux autres, il faut chercher à repenser ensemble l´avenir de notre destin commun. En 1960, nos pères et héros martyrs de l´indépendance se sont battus pour que nous devenions libres. Nous avons chanté. Nous nous sommes réjouis. Nous aspirions à notre liberté privée depuis des décennies. Nous sommes effectivement devenus Libres à travers notre manière intégrale de faire. La question est de savoir si cette liberté d´expression pour laquelle nos héros martyrs se battaient, est garantie de nos jours? Ainsi, par rapport à ce qui se lisait à travers les médias, il faut plus responsabiliser l´homme congolais. Le vrai problème de notre pays, c´est nous même. Le vrai devenir autre de la Rép Dém du Congo dépend étroitement de notre savoir faire. L´élan du développement de notre Etat doit rester une préoccupation nationale centrale. Il doit-être enseigné dans toutes nos écoles. Il doit-être prêché dans nos Eglises. Il doit-être inculqué dans notre mental partout.

Quand nous suivons certains débats médiatiques sur l´élan du développement de la Rép Dém du Congo, presque tous les autres observateurs internationaux, les plus avertis ne cessent de nous interpeller, nous peuples congolais. Ces interpellations ont leurs raisons d´être. Nous devons les prendre au sérieux. Lors des points des presses de la mission des Nations Unies au Congo, « Monusco », leur porte-parole n´a jamais cessé de rappeler aux journalistes présents dans la salle, les différentes responsabilités régaliennes attribuées à chaque Etat, surtout la prise ne charge de sa population. Même l´ambassadeur du Royaume de la Belgique à Kinshasa n´est pas allé par quatre chemins pour le rappeler aux journalistes lors d´un débat sur les ondes de la radio okapi lors d´un débat « Dialogue entre Congolais ». Le Chef d´Etat français, Nicolas Sarkozy, lors de son dernier passage de quelques heures à Kinshasa en mars 09, n´a pas rappelé autre chose qu´une prise en charge au niveau national. 50 ans se sont écoulés. Nous les avons vécus. Maintenant sommes-nous devant notre responsabilité. Que faire pour les 50 années à venir. Enumérons-en la liste des recommandations et attitudes à adopter si nous voulons vraiment aller de l´avant.

Le peuple Congolais comme l´un des initiateurs de son retard économique et technique!

C´est ici notre part des responsabilités, même si beaucoup de compatriotes ne se retrouvent pas quand nous sommes mis devant notre propre responsabilité au niveau national. Le Congo Démocratique, notre beau pays, placé au cœur de l´Afrique est géré par nous même depuis 1960. Disons-le avec prudence, par nous-mêmes, car nous sommes indépendants depuis cette date. C´est à travers nos propres mentalités et manières complaisantes de faire qu´il est en train d´être détruit, exploité, pillé et soumis à un rythme de désordre avec la complicité de certains compatriotes Congolais. Ceci à travers notre propre égoïsme et à cause d´un manque d´amour profond à notre chère patrie. Le retard intégral que nous décrions tous dans notre pays depuis des décennies, ce n´est peut-être pas à cause des structures ou de l´argent. Mais c´est surtout à cause de notre mentalité trop complaisante dans l´ensemble. C´est ce que nous devons repenser de manière radicale. On peut nous donner des milliards des dollars, on peut construire des structures semblables à celles que nous avons ailleurs que nous envions même, mais sans une nouvelle prise de conscience et l´amour de notre patrie, tout cela risquerait d´être vain! En ce sens, nous pouvons nous permettre de le confirmer tout haut, que le vrai problème du Congo Démocratique, c´est le Congolais lui-même comme peuple se laissant parfois facilement trompé. C´est sa mentalité complaisante; c´est son manque d´amour à sa patrie. Ainsi, notre Chef d´Etat lui-même, ne s´est pas trompé à notre humble avis lorsqu´il a dit sur son interview de NYT qu´il avait vraiment besoin de 8 à 15 personnes seulement pour faire changer notre Congo Démocratique. Il ajoutait qu´il ne savait pas s´il les avait déjà. Il l´a peut-être exprimé avec beaucoup de finesses, mais en âme et conscience, nous devrions le lui concéder. Le vrai problème chez nous au Congo Démocratique, il faut le situer au niveau de la crise de notre sphère mentale, au niveau de notre identité congolaise. C´est un problème de manque de bonnes convictions sociopolitiques pour le Bien de tous. C´est un problème lié peut-être à notre éducation scolaire et académique orientée plus vers l´Occident au lieu de placer notre propre terroir culture au centre. Bref le retard de Congo Démocratique, c´est aussi et d´abord notre «propre sens d´irresponsabilité», «c´est notre manque de discernement», «c´est notre ignorance sur la notion et la valeur de l´Etat», «c´est notre égoïsme et aveuglement politique et idéologique».

Le vrai problème du Congo-Démocratique: une crise de notre identité congolaise!

En ce sens, certains Compatriotes, pour des raisons de subsistances existentielles politiques et économiques personnelles, préfèrent se mettre au service de certains Leaderships politiques, mais souvent là où ils n´ont pas de profil approprié pour défendre les intérêts de notre peuple au niveau local, régional, national voire même international. Ainsi, ils deviennent de simples clients politiques et médiatiques de tel ou tel. Le tribalisme tant décrié à l´époque de la 2è République s´est transformé en clientélisme politique et médiatique au sein des cartels et regroupements politiques. Ainsi, mêmes certaines sources médiatiques, au lieu de rester au neutre pour plus d´objectivités, prennent des penchants politico-idéologiques, soit pour acenser les prouesses de tel ou tel leader politique même là où il n´a rien fait pour la pauvre population, soit pour le diaboliser afin de noircir sa côte en face de la population.

Une remise en question radicale interne est vraiment obligatoire pour une nouvelle mentalité!

Avant de bien de prendre cet élan du développement durable dont on a parlé plus haut, nous n´avons qu´à nous remettre radicalement en question en cherchant à adopter des attitudes nationalistes correctes du vrai développement. Chaque processus du développement durable a d´abord à faire avec la paix, car le développement n´est rien d´autre que la promotion de la vie pratique avec des stratégies techniques, politiques et économiques donnant à chacun des citoyens une marge des manœuvres pour une bonne vie. Chaque processus du développement écarte la logique des guerres interminables. Avec la guerre, on est prêt à détruire les quelques structures en place et au lieu de les maintenir, même si en «Realpolitik», la guerre peut-être considérée comme moyen pour faire imposer sa légitimité. Chaque processus du développement amène la stabilité, la paix et la liberté des citoyens pour émettre librement leurs points de vue pour le Bien de tous. Chaque processus du développement n´a besoin que de la bonne gouvernance afin de bien réaliser tous les projets techniques votés. Chaque processus de bonne gouvernance a d´abord à faire avec une prise de conscience des responsabilités qu´on a devant les hommes et devant sa Nation. Cela est même repris sur notre l´une des phrases de notre hymne national. Chaque bonne prise de conscience au niveau de la gestion de la chose publique a également à faire avec l´amour de sa patrie. Chaque vrai patriotisme a également à faire avec la connaissance de son milieu de vie, avec son éducation civique. Bref pour aller de l´avant, il nous faut certains préalables sans lesquels nos spéculations sur l´avenir du Congo ne resteraient qu´au niveau théorique.

Le Congolais devant sa prise de conscience historique: Que faire?

Ainsi, de ce qui se précède, quand on est né au Congo-Démocratique, après qu´on ait servi le pouvoir colonial pendant des décennies comme de simples subalternes, nous Congolais instruits, devons nous donner deux à trois minutes par jour afin de nous questionner sur le sens de nos responsabilités dans tout ce qui se passe chez nous. Devrions-nous continuer de rester passifs sans rien dire, ne fut-ce que sous forme des interpellations ou devrions-nous et sommes-nous en droit de nous demander si notre silence total ne serait-ce pas un acte de haute trahison? Devrions-nous attendre que la fameuse Communauté internationale puisse tout remettre en ordre en notre place et ainsi nous viendrons retrouver notre Etat restructuré sans nous? Serait-ce vraiment pensable sans notre point de vue d´après les actuelles logiques politiques à l´ère de la mondialisation?

Vive interpellation à l´égard de chaque Congolais conscient de ce défi!

Nous Peuples Congolais, devons nous interpeller afin de savoir qui est fautif à travers tout ce qui nous est imposé comme peine et misère depuis des décennies. En ce sens, repenser cette situation historique dramatique signifie seulement se mettre à «relire son histoire mal orientée et chercher à corriger les quelques pages» sur lesquelles les ambitions des uns et des uns autres ne s´accordent pas. Repenser son histoire mal orientée à dessein, c´est également le fait d´être au même moment «sujet et objet de son histoire»; c´est-à-dire chercher à être au même moment à la place du «patient de sa consultation» et du «médecin qui doit prescrire des remèdes pour la guérison». Pouvoir se placer à la place du patient et du médecin doit nous conduire à l´acquisition d´un «Nouvel Esprit  politique» avec des attitudes nationalistes correctes, loyales, objectives, justes, sincères, droites, et aussi avec un autre esprit patriotique sans lequel nos efforts risqueraient d´être sans résultat durable…Comment pourrions-nous en être capable aux années à venir, si l´actuelle histoire politique de notre propre Etat ne nous dit presque plus rien maintenant qu´elle passe et se vit? Comment serions-nous capables un jour de raconter à nos enfants et à toutes les générations qui viendront après nous les riches séquences de l´histoire politique de notre pays, si nous-mêmes n´y accordons aucune attention à cet instant où elle s´écrit? Comment repenser l´avenir de notre cher Etat là où nous sommes devenus nous-mêmes aveugles idéologiques suite à notre égoïsme visible caractérisé par un chauvinisme politique et idéologique, par notre clientélisme politique et médiatique? Bref comment repenser l´avenir de notre Etat «là où nous nous montrons nous-mêmes irresponsables» devant des situations aussi faciles à discerner?

Le Congolais en face d´une nouvelle page de son histoire politique! Comment faut-il l´écrire?

Il est vraiment temps pour que nous peuples congolais dans l´ensemble repensions notre avenir communautaire dans notre beau et vaste pays, la République Démocratique du Congo, le cœur même du continent africain! Nous devons apprendre à accepter ce défi et chercher de nous mettre débout ! Mettons-nous débout, réveillons-nous de notre sommeil pour chercher à comprendre d´où nous sommes venus il y a 50 ans et vers où sommes-nous en train d´être dirigés pour le reste du temps! Le Congo Démocratique, notre chère patrie, notre beau et vaste pays aux dimensions semi-continentales nous appartient et nous appartiendra! Ainsi, nous sommes en droit de repenser l´itinéraire politique historique intégral de ce qui nous arrive et de tout ce qui peut nous arriver aux années à venir. Ne nous montrons plus irresponsables comme c´est le cas depuis des décennies. Ne pas le faire maintenant, signifierait simplement que nous resterons éternellement étrangers même dans notre propre Patrie, ce qui ne peut alors être admissible et ce qui serait presque une Idiotie et une Sottise!

Quelles nouvelles pages pour notre propre histoire? «avec nous ou sans nous?»

L´histoire est ce qui doit nous aider de bien réaliser nos ambitions, car avant de s´affirmer en tant que citoyen de tel ou tel autre Etat, il faut d´abord s´identifier par rapport à ses origines, à sa culture, à ses préoccupations politiques, sociales, économiques. Ne peut en être capable que celui qui a le sens de son histoire dès lors et quand il le peut. L´histoire est ce qui est dessus de tout. L´histoire, c´est la vérité du Temps! L´histoire, c´est la succession des événements vécus. Bref l´histoire, c´est aussi le Temps! Personne ne peut se mettre à écrire une nouvelle page d´histoire politique et culturelle pour nous alors que nous le pouvons le faire et avons des capacités et qualités requises pour cela. Même la bombe atomique qui a une force que personne ne peut contester, ne saura jamais effacer de manière définitive une page d´histoire d´un peuple. La bombe atomique peut vite détruire: les structures matérielles réalisées par les Hommes. Il suffit de voir ses effets à Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945 pour s´en rendre compte. Mais cette bombe atomique aussi puissante et écrasante soit-elle, n´est pas toujours à mesure d´écraser une vérité historique. Aucune vérité historique ne peut se laisser écraser par ce qui est éphémère. Chaque vérité historique peut- être saisie comme unité de mesure du Temps. Ainsi, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. La preuve est que la plupart des Japonais se souviennent et se souviendront toujours de génération à génération de ce qui leur est arrivé vers le début d´août 1945. Il doit en être de même avec notre cas au Congo-Démocratique. La bombe atomique peut détruire les structures matérielles, maisons, bâtiments, immeubles; elle peut également tuer l´homme et les hommes. Mais les idées des hommes une fois lancées, peuvent rester et perdurent si elles ont été bonnes. Voilà pourquoi, il ne faut toujours pas prétendre effacer une page d´histoire avec des actes de destruction. Une page d´histoire est une idée ! Que les compatriotes congolais le retiennent! Sommes-nous conscients de nos multiples obligations historiques ou voudrions-nous refaire la politique du bouc émissaire de génération en génération? Voulons-nous ou ne voulons-nous vraiment pas être les vrais «auteurs et acteurs» de ce que nos enfants viendront lire sur nous? L´histoire d´un peuple, son histoire culturelle et politique, c´est l´une des données de son identité. Comme aucune personne avertie ne peut ignorer ses origines, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. Comme l´histoire se place au sommet comme instance d´appréciation de ce qui s´est passé en des moments déterminés de la vie des hommes, aucune intrigue planifiée par un homme ou des hommes ne pourra rester cachée pour des éternités. L´histoire est ainsi liée dans le Temps. Elle se comprend par rapport au Temps et peut-être une de ses unités de mesure. Prenons conscience! Mettons-nous débout et allons de l´avant! Acceptons ce défi pour les 50 années qui venaient de s´écouler. Mettons-nous au travail pour l´avenir, afin d´être de vrais acteurs de notre histoire! Ainsi, nous serons honorés et glorifiés par ceux nos enfants aux années à venir.

(Analyse de Franklin Mboma, Université d´Innsbruck, Autriche)

29 Juin 2010

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