TRAVAIL ET DIALOGUE
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews, Entrevues...
Musique
Forum
Emploi
Notes de lecture
Liens

« Méditation réflexive sur le Kimbanguisme »

0. En guise d'introduction

Cité expressément dans un message qui n'interpelle pas moins, d'une part, vu spécialement l'importance des questions suscitées à travers les mots pathétiques d'autre part : je me permets, sans aucune intention de m'attarder là-dessus, de soumettre quelques points de « méditation réflexive sur la crise de l'Eglise kimbanguiste » à l'intelligence de notre foi. Oui, une chose est claire : la mort de Maman Marianne, fille aînée de Sa Grandeur, Papa Nkulutu , Charles-Daniel Kisolokele Lukelo – fils aîné de Ntumwa Simon Kimbangu –, cette mort, soulignons-le, ne saurait laisser indifférent. Fait naturel, comme on dit, la disparition de l'une des figures emblématiques du Kimbanguisme libérateur a permis entre autres de visualiser non seulement la division longtemps orchestrée et consommée de cette Eglise, mais aussi de prendre véritablement conscience de la profondeur « en nous » des racines pernicieuses occasionnées par ce conflit nauséabond qui risque de s'éterniser au grand dame des Kimbanguistes de tous bords qui, eux/elles, ne croient pas moins à la réunification de leur Eglise sous le même chapiteau ! C'est pour dire que cette problématique mérite une réflexion plus approfondie.

Pour ne pas nourrir des faux espoirs, autant signifier, en toute modestie, que cette prise de position qui est la mienne a pour simple souci d'épingler rapidement quelques préalables nécessaires à une réflexion ultérieure plus systématique et approfondie. Bien entendu que le moment venu, c'est-à-dire dans un avenir proche, il va falloir s'attarder sur cette situation qui, sans nécessairement éprouver le besoin de le souligner, n'a pas moins entamé la crédibilité de ce que je ne cesse d'appeler à juste titre : notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK).

Dans le cadre précis de cette « méditation réflexive », je vais pouvoir strictement me limiter à trois observations à travers lesquelles je tenterai, chemin faisant, de montrer que malgré nos errances actuelles, qui trahissent les intuitions fondatrices de Ntumwa Simon Kimbangu, « l'espoir » n'est pas encore totalement perdue. Dieu merci ! Faudrait-il encore que nous revenions à la raison ? Que nous fassions preuve d'humilité, en apprenant, sans fatalisme à faire preuve d'invention et de créativité, en osant courageusement « laver nos linges sales en famille » ?

Outre la conclusion qui ponctuera la fin de cette « méditation réflexive », trois points en constituent les différentes articulations :

•  Le constat de la crise de l'Eglise,

•  Ce que la mort de Maman Marianne Kisolokele nous apprend

•  « L'Eglise kimbanguiste ne doit pas mourir ! »

1. Le constat de la crise de l'Eglise kimbanguiste

Ce n'est un secret pour personne, et loin de moi la prétention de croire faire une révélation fulgurante : Le constat de la crise de l'Eglise kimbanguiste n'est-il pas une réalité indéniable ? En effet, à travers sa réalité – telle qu'elle s'offre spontanément à l'observation critique sans complaisance –, le moins que l'on puisse dire est que notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK) est en réalité une communauté profondément atteinte. C'est dire qu'elle est gravement et visiblement malade, dans toutes les dimensions qui la constituent en tant qu'une entité repérable. Est-ce que j'exagère ? Prétendre le contraire, n'est-ce pas faire preuve de cécité spirituelle et de manque d'honnêteté intellectuelle ? Ces deux fléaux qui, faut-il avoir l'élégance et le courage de l'admettre, caractérisent un grand nombre au sein de l'élite intellectuelle kimbanguiste . Une élite intellectuelle de moins en moins critique mais plutôt toujours en posture défensive. Une élite intellectuelle incapable d'assumer sa mission critique au sein de cette Eglise issue d'un mouvement révolutionnaire qui a su drainer et canaliser les aspirations des populations de « l'Afrique des nations » éternellement réduites à néant par la cupidité insolente des puissances étrangères avec, bien entendu, la complicité de leurs relais locaux.

•  Qui ignore l'évidence selon laquelle, depuis que le dernier des fils de Simon Kimbangu en vie – le Mvuala Papa Paul Salomon Kiangani Dialungana, Mfumu a Mbanza – a quitté ce monde de mortels : l'Eglise kimbanguiste a, malgré quelques ajustements moins adaptés à l'évolution et le souci légitime de nos responsables actuels de réparer les ponts qu'ils ont sciemment ou pas contribué à casser et comment ?

•  Qui ignore cette réalité qui empoisonne la vie de cette communauté de foi pour différentes raisons discutables, entre autres, la course au pouvoir pour le pouvoir  ?

•  Ce constat ne voudrait-il pas que l'on dise clairement qu'aujourd'hui, peut-être plus que ce ne fut le cas hier, suite aux intransigeances insupportables des uns et des autres : notre Eglise en lambeaux est réduite à l'impuissance et à l'insignifiance ?

Oui, malheureusement, le grand navire kimbanguiste – « l'espoir du monde et de l'Eglise universelle » , comme disait Papa Joseph Diangienda Kuntima – ne semble-t-il pas désormais avoir perdu sa véritable trajectoire ? C'est dire que dans sa visibilité actuelle, celle d'un malade en perfusion perpétuelle : elle est incapable, malgré une quantité impressionnante de ressources humaines – le clientélisme et le tribalisme ayant pris dessus sur d'autres critères ! –, de penser qualitativement sa véritable sortie. Si nous entendons par-là, sa « sortie libératrice de la crise » qui, si nous n'y prenons pas sérieusement garde, risque de s'éterniser. Inutile donc de dire que c'est une véritable aubaine pour celles et ceux qui, comme cela se fait généralement dans la société congolaise ambiante, profitent sans état d'âme de cette situation ! Oui, cette situation qui ne cesse de ternir non seulement l'image de l'œuvre que nous avons, en tant qu'héritiers spirituels, reçue de Ngunza a Njamba Tata Simon Kimbangu, mais aussi et surtout nous avons, rappelons-le, la « responsabilité éthique » de transmettre cette oeuvre de libération intégrale à des générations futures sans déformation coupable . Sommes-nous véritablement, sincèrement à la hauteur de cette ambition salutaire ? Les deux derniers points permettront de vérifier la pertinence de la réponse à donner à cette question.

2. Ce que la mort de Maman Marianne Kisolokele nous apprend

Il n'est franchement pas exagéré d'affirmer que quelques idées rapidement esquissées au point précédent, juste pour dénoncer les racines pernicieuses de la crise que certains irresponsables minimisent, trouvent ici leur point de vérification légitime. Comment ? Je vous le demande chers lecteurs, chères lectrices. Objectivement, en invitant à la « méditation réflexive » sans complaisance, je constate que : « Ce que la mort de Maman Marianne Kisolokele nous apprend » est, à proprement parlé, une démonstration, c'est-à-dire l'exposition, le reflet spectaculaire de ce qu'en réalité nous sommes, « Nous Kimbanguistes », au plus profond de notre intimité spirituelle... Ce que nous sommes véritablement, au-delà des apparences trompeuses, en tant que membres effectifs d'une Communauté de foi  ; qui consciemment ou pas a depuis longtemps trahi ses fondements !

Pour autant que nous ne perdions pas le sens la lucidité – ce qui est malheureusement le cas, hélas ! –, disons sans détour, sans hypocrisie que la mort de notre sœur dans le Seigneur Jésus-Christ, Maman Marianne Kisolokele, est sensée nous apprendre quelques enseignements salutaires devant permettre à pouvoir relever la tête. C'est un miroir qui nous est tendu afin que nous puissions nous regarder en face. Dégageons trois aspects qui permettent de saisir ce qui est véritablement au cœur de la problématique que je tente de porter à la lumière :

•  Les racines de la crise du « Kimbanguisme mal exploité »,

•  S i on parlait de la partition jouée par nos Ba Mbuta

•  Les aspirations profondes des Kimbanguistes muselés.

2.1 Les racines de la crise du « Kimbanguisme mal exploité »

Oui, n'y aurait-il pas raison d'être affirmatif ? Pour aller droit au but, il importe de souligner que, pris comme teste de vérification, en réalité : la mort de Maman Marianne Kisolokele ne nous a-t-elle pas permis de réaliser à quel point les racines de la crise du Kimbanguisme minent profondément la vie de notre Eglise ? Incroyable mais vrai ! Alors que nos traditions ancestrales, appelées non sans condescendance païennes, voudraient que face à l'imprévisible, l'irrésistible, c'est-à-dire à face la mort : la famille, la grande famille disloquée se retrouve sans marchandage, pour accompagner dignement le/la leur dans sa dernière demeure ; au contraire, chez nous les Kimbanguistes, où l'on psalmodie sans relâche : « Bolingo, Mibeko, Misala » (l'Amour, la Discipline, le Travail), principes fondamentaux et régulateurs de l'Ethique chrétienne kimbanguiste (ECK), chez nous, dis-je, les passions élémentaires et l'égocentrisme des uns et des autres ont pris le dessus sur la raison ; sur ce qui constitue notre vraie humanité, à savoir le respect dû à la vie  : La vie à protéger, la vie à entretenir, la vie à accompagner jusqu'au bout, jusqu'à la mort.

2.1.1 L'absence criante de nos Mfumu aux funérailles de Maman Marianne Kisolokele

Oui, les racines pernicieuses de la crise du Kimbanguisme, en d'autres termes, « les racines de notre maladie spirituelle » (c'est de cela qu'il est effectivement question dans cette livraison !) sont plus profondes qu'on ose le penser encore moins l'admettre. Il y a longtemps qu'elles nous paralysent. Oui, il y a longtemps que les racines de cette crise ne cessent d'asphyxier et de tordre notre capacité à pouvoir imaginer la vie de concert à partir de nouveaux points d'observation ; à partir d'un nouveau prisme. Est-il besoin de souligner que «  l'absence criante de nos Mfumu aux funérailles de leur « soeur » (cousine) Maman Marianne Kisolokele » est, entre autres, la preuve irréfutable de la profondeur des racines de cette crise que d'aucuns minimisent ?

Je vous le demande : comment pourrait-on aisément imaginer une telle incidence du vivant des trois fils de Papa Simon Kimbangu ? Face à la mort, oui la division entre les fils/filles de Papa Nkulutu Charles Daniel Kisolokele Lukelo, Papa Mfumu a Nlongo Joseph Diangienda Kuntima, d'un côté, et de l'autre côté, comme des vulgaires ennemis : les fils/filles de Mfuma a Mbanza , Papa Paul Salomon Kiangani Dialungana ! Pour immortaliser ce drame, l'auteur anonyme du message qui a inspiré la rédaction de cette « méditation réflexive » fustige :

«  Bien que Papa Simon-Kimbangu-Kiangani, maman Suzanne Nkuakiadi, papa Zacko et papa Mbenza étaient absents, mais il y a eu la présence de Monsieur le Vice-Gouverneur du bas-congo et plusieurs notabilités politiques. » (sic)

Ce à quoi je réponds explicitement en ces termes : La présence symbolique de « Monsieur le Vice-Gouverneur du bas-congo et plusieurs notabilités politiques » à ces funérailles ne pouvait compenser l'absence criante des dirigeants susmentionnés de l'Eglise kimbanguiste qui, en plus de leur posture symbolique au sein de l'Eglise kimbanguiste, sont, comme on dit chez nous : des frères (cousins) et des sœurs (cousines) de Maman Marianne Kisolokele !

2.1.2 Et si on parlait de « la partition jouée par nos Ba Mbuta  »  ?

Arriver à ce niveau de cette « méditation réflexive  », je crois qu'il n'est pas moins important d'évoquer cette question qui me tient particulièrement à cœur, sans intention d'émousser la responsabilité des uns et des autres. Je la formule spécialement de cette manière : Ce qui est surtout mis en exergue, à travers cette situation singulière de la mort de Maman Marianne, c'est surtout la prise de position effective et visible de ses frères (cousins) et ses soeurs (cousines) S'agissant notamment des fils et des filles de Papa Mfumu a Mbanza , Papa P.S. Kiangani Dialungana : Papa Simon-Kimbangu-Kiangani, maman Suzanne Nkuakiadi, papa Zacko et papa Mbenza. On a aussi signalé l'absence criante des épouses de ces trois leaders aux funérailles de leur belle-soeur (leur semeki , comme on dit chez nous !) Ceci dit, j'ai l'impression (est-ce vraiment une simple impression ?) qu'il y a ici la volonté délibérée de taire, c'est-à-dire la « volonté d'occulter » la part de responsabilités de certains Kimbanguistes de toutes obédiences qui auraient pu sauver les meubles. Il s'agit, précisément, de celles et ceux qui n'ont pas moins une certaine influence sur les leaders de notre Eglise.

Oui, notre Eglise appropriée et vilement traînée dans la boue pour une affaire de pouvoir obsédant.

Il semble que dans cette situation, malgré le poids symbolique du geste d'abandon de l'autre , personne n'ose hausser le ton en soulevant audacieusement la question de savoir le rôle, c'est-à-dire la « véritable partition » jouée par nos Ba Mbuta – les « sages » de l'Eglise kimbanguiste . Oui, nos sages et/ou nos vieux/vielles de l'Eglise kimbanguiste, qui semblent paisiblement baigner dans une ambiance spirituelle qui, visiblement, les place désormais en quelque sorte au-dessus des mortels. Quel est leur rôle effectif dans la gestion de cette situation de crise ? Eux/elles qui, grâce à leur sagesse, s'il en est une, devraient, face à la mort, être décidément en mesure d'inviter les uns et les autres à mettre un peu d'eau rafraîchissante dans leur vin juste le temps d'honorer la mémoire de la défunte ? Qu'a t-on concrètement fait pour humaniser cette situation polluante, conformément aux attentes audibles des Kimbanguistes de par le monde  ? Oui, les Kimbanguistes, toutes tendances confondues, qui, dès l'annonce de la mort de Maman Marianne, ont spontanément manifesté leur désir ardent de pouvoir pleurer de concert notre sœur en Jésus-Christ, en taisant (ne serait-ce que le temps d'une pause !) leurs conflits face à l'imprévisible – face à la mort !

2.1.3 Les aspirations profondes des Kimbanguistes muselés !

Oui, heureusement : une petite consolation permet de respirer. Une petite consolation, dis-je, permet, face au poids accablant de la mort – dans toutes les formes de ses manifestations – d'avoir le nez hors l'eau troublante de notre crise déshonorante. Ce qui, en définitive, permet de contempler l'avenir avec un certain optimisme mesuré. De quoi est-il précisément question oserait-on se demander à juste titre ? Il s'agit de l'émergence d'une « bonne nouvelle » à entretenir. Laquelle ? Malgré la douleur de la séparation et la manière dont les instances hiérarchiques de l'Eglise kimbanguiste (IHEK) ont, comme d'habitude, épidermiquement géré cette situation, je prends le risque d'affirmer que la mort de Maman Marianne Kisolokele n'a pas seulement montré la profondeur « en nous » des racines pernicieuses de la crise polluante qui a gagné notre Eglise de fond en comble. Nous devons aussi prendre en compte – ce qui me semble vital – les aspirations profondes, et visiblement exprimées par les « chrétiens kimbanguistes » de toutes obédiences ! Qu'est-ce à dire sinon, en attirant l'attention sur cette dimension, je voudrais souligner le fait que, contrairement à ce que les dirigeants de tous les bords croient pouvoir imposer comme orientation à leurs ouailles, c'est-à-dire « la vision unique » ; au contraire, le peuple de Dieu a su, dans un élan quasi-révolutionnaire (au sens thérapeutique du terme), poser un véritable geste de rupture , c'est-à-dire un acte prophétique de désobéissance  !

Autrement dit, contrairement au principe aliénant d'« obéissance aveugle » qui est une véritable obsession pour certains acolytes en mal d'être ; les fidèles kimbanguistes habités par le souffle de vie ont, prophétiquement, avec audace et ténacité, pris le risque salvateur d'aller massivement rendre un dernier hommage à notre sœur dans le Seigneur Jésus-Christ : Maman Marianne Kisolokele.

« Le cortège qui comptait plus de 200 véhicules était dirigé par les motards et les agents de l'ordre pour rendre un hommage mérité à la fille d'un des premiers ministres après l'indépendance du congo. C'est dans le malheur qu'on réconnait ses vrais amis. Les Kimbanguistes de l'Angola ont répondu massivement à ce deuil où ils sont venus en une délégation de près de 1000 personnes. La dépouille mortelle était ovationnée lors de son parcours par des centaines de Kimbanguistes en liesse toute tendance confondue . Malgré les ménaces et l'intrediction, les Kimbanguistes de 3=1 se sont révoltés en assistant massivement à ce deuil . » (C'est moi qui souligne dans ce texte)

Oui, rien que par ce geste significatif, les Kimbanguistes de toutes obédiences, longtemps tenus en bride, ont clairement fait comprendre aux instances hiérarchiques de notre Eglise que désormais, ils/elles entendent défendre, jusqu'au bout, ce qu'ils/elles ont « entendu » et « reçu » de leur Ancêtre (Père) dans la foi, Ntumwa Simon Kimbangu : la capacité de vivre et faire valoir de concert « l'esprit de kintuadi  », malgré la persistance indéniable de la mort dans toutes ses manifestations. Par ce message, les Kimbanguistes ont sans aucune ambiguïté donné de manière audible, clair, visible le message suivant à tous nos Mfumu  : Jamais et jamais, la division de notre héritage commun le Kimbanguisme  ! Est-ce que la teneur de ce « message prophétique de rupture », autrement formulé : ce « message de protestation », expression prophétique de la voix du peuple de Dieu, a-t-il véritablement atteint sa cible ?

En tout cas, il ne m'appartient pas de répondre en âme et conscience à la place de mes lecteurs/lectrices. Du moins, je crois avoir été suffisamment clair là-dessus. Que celles et ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent. Oui, dans sa situation conflictuelle actuelle, l'Eglise kimbanguiste a grandement besoin d'un nouveau souffle libérateur . Absolument, il en faut, afin de pouvoir de concert nous libérer des égocentrismes qui nous tiennent captifs. L'heure, dis-je, est à « l'unisson » hérité de Ntumwa  ! Telle est clairement exprimée la volonté des Kimbanguistes de toutes obédiences. C'est plutôt cette tendance libératrice qu'il nous appartient de soutenir et d'accompagner non sans audace par une réflexion éthique libératrice en toute impartialité . Il s'agit d'appeler à combattre ensemble ce « génie malin », invisible, insaisissable, mais toujours-là en action, qui tient insidieusement à détruire notre héritage commun le Kimbanguisme .

3. Non et non : l'Eglise kimbanguiste ne doit pas mourir !

Il est indéniable que, dans sa visibilité actuelle, l'Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son Envoyé Spécial Simon Kimbangu (EJCSK), « seule » et « indivisible » laissée par les trois fils de Ntumwa Simon Kimbangu, est, suite à des raisons douloureuses que l'histoire se charge d'enseigner sans complaisance, divisée en deux parties. Deux parties et/ou deux ailes chapeautées l'une comme l'autre par les héritiers biologiques de Ntumwa Simon Kimbangu (HBNSK).

En ce qui me concerne, et vue la crise qui ne cesse de perdurer, la question qui me traverse l'esprit ; la question fondamentale qui me préoccupe n'est pas forcement celle de savoir s'il va falloir oui ou non que les héritiers biologiques de Ntumwa Simon Kimbangu (HBNSK), ses petit-fils (et pourquoi pas envisager la possibilité de confier la direction de l'Eglise à une « femme » issue de cette descendance – puisqu'il est acquis qu'il s'agit d'un héritage familial indéniable  ?) continuent, comme c'est le cas encore actuellement d'assumer, sous forme d'héritage biologique et/ou clanique, la direction de l'Eglise née du mouvement lancé par leur grand-père dans le contexte colonial... Il s'agit plutôt, en tant que Communauté de foi , de savoir effectivement : comment « reprendre initiative », la bonne , en misant qualitativement sur la possibilité de refonder l'unité intangible du Kimbanguisme libérateur  ?

A moins de faire gravement preuve d'aveuglement asphyxiant, en s'accrochant mordicus à nos errances perpétuelles actuelles ; comme il a été clairement dit sans ambiguïté au point précédent : la volonté souveraine des Kimbanguistes incline désormais à défendre cette idée vitale et libératrice : apprendre à vivre ensemble , sans nécessairement éprouver le besoin d'éliminer (tuer) autrui ! Le peuple de Dieu n'a pas clairement parlé ? Il faut impérativement prêter attention à la teneur effective de son message libérateur. En effet, à travers leur langage prophétique poignant, je ne suis pas le seul à avoir cru pouvoir entendre le message suivant de la part des Kimbanguistes toutes tendances confondues : « Non et non : l'Eglise kimbanguiste ne doit pas mourir ! » Ceci dit, à l'exception, bien entendu, des ndoki (sorciers/sorcières) qui ont pour l'obsession de maintenir le statut quo , je ne crois pas être le seul à pouvoir affirmer que personne n'a intérêt à ce que notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK) « mal exploité » meurt ! Mais comment avancer simultanément dans cette direction, celle de la libération intégrale du Kimbanguisme, d'une part, et rendre crédible, vivante cette exigence vitale et salvatrice au quotidien de l'autre ?

Je ne crois pas me tromper en disant cette vérité  : En effet, dans la confusion actuelle, et pour sortir définitivement notre Eglise du décor ambiant de ses impasses actuelles, l'élite intellectuelle kimbanguiste (EIK) a une grande part de responsabilités éthiques à assumer. Il lui faut oser prendre le risque de dire – même à contre courant des postures sans réflexion critique de certains de nos Mfumu obsédés par le pouvoir – une « parole prophétique » au cœur de cette crise que certains voudraient perpétuer pour assouvir leurs fantasmes. Au nom de « La parole libératrice », une élite intellectuelle kimbanguiste (EIK) plus responsable, en dialogue constructif et constant avec toutes les instances de notre Eglise, est vivement appelée sans complaisance d'aucune nature à sauver qualitativement notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK) de sa dérive actuelle.

Conclusion : Pour poursuivre la « méditation réflexive »

Comme annoncé au début, à travers les trois points constitutifs des articulation de cette « méditation », je suis parti de la réalité indéniable qui est la nôtre : le constat criant de la crise de notre Eglise . Ensuite, j'ai attiré l'attention au fait que la mort de Maman Marianne Kisolokele a permis de réaliser la profondeur « en nous » des racines de cette crise qui caractérise notre existence en tant qu'une Communauté de foi devant « repenser son identité » lourdement entamée. Dans le dernier point, il s'agissait d'attirer l'attention sur un fait qui jusqu'ici n'a jamais été pris en considération : la volonté explicite des Kimbanguistes de toutes obédiences – les partisans des 3=1 ainsi que ceux des 26=1 – de pouvoir vivre ensemble. Il s'agit, ai-je souligné, d'un acte prophétique de rupture , c'est-à-dire un langage de protestation contre la division de l'Eglise imposée par les héritiers biologiques de Simon Kimbangu (HBSK) soutenus de part de d'autre par les acolytes de tous bords. C'est pourquoi, non sans insistance, j'ai tenu à rappeler que le timbre de la voix prophétique émise par le peuple de Dieu longtemps muselé doit impérativement être entendue cette fois-ci. Je considère cette audace – du peuple de Dieu – comme une occasion propice ( kairos ), c'est-à-dire un « signe prophétique » à saisir au bond, et devant être soumis à travers la grille d'une lecture herméneutique appropriée pour sauver de concert notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK) « mal exploité »

Enfin, face à l'ampleur de la crise qui pollue la vie de l'Eglise kimbanguiste de fond en comble – c'est cela notre défi majeur, je vais risquer de poser cette question : Est-ce que l'élite intellectuelle kimbanguiste (EIK) est-elle en mesure d'assumer ses responsabilités ? Est-elle consciente de son rôle au sein de l'église, afin de pouvoir sauver notre héritage commun le Kimbanguisme (NHCK) de concert et dans un esprit de dialogue sincère avec toutes les instances de notre Eglise ? A-t-elle véritablement entendu le message de tous les Kimbanguistes longtemps muselés qui n'ont qu'un seule souci : renouer qualitativement avec les fondements du Kimbanguisme libérateur, fondements initiés par le Ntumwa Simon Kimbangu ? Telle la question de fond qui hante mon esprit. Sans autre souci que de la soumettre à l'intelligence de notre foi , j'ai osé vous la soumettre afin que notre Eglise en perpétuelle errance retrouve ses véritables repères ; ceux-là mêmes posés dès l'aube du mouvement kimbanguiste libérateur par le Ngunza a Nzambi , Tata Simon Kimbangu, le Ntumwa Mfumu eto Yisu Klisto , dans le contexte tumultueux de la domination coloniale asservissante.

Nduku-Fessau Badze

Marin-Epagnier/Neuchâtel (Suisse)

Tél : 0041 (0) 76 247 29 47

e-mail  : febandz @ hotmail.com

 

Document de référence (annexe) :

Date: Fri, 26 Dec 2008 02:06:11 +0000 From: vicadamkombwe@yahoo.fr Subject: GRAVE CRISE KIMBANGUISTE : Qui est M. ou Rév. MBANGUDI FIKA ?? To: preskifrance@ejcsk-france.com; kisolokele67@yahoo.fr; nathlembe_3@yahoo.fr; jodiangienda@yahoo.fr; masikuluvuvu@web.de; pasta_henri_mambu@yahoo.fr; febandz@hotmail.com; kimbanguckao@yahoo.ca

Date: Wed, 24 Dec 2008 07:49:10 +0000 From: sylvamunzila@yahoo.fr Subject: Tr : ENFIN MAMAN MARIANNE KISOLOKELE INHUMEE To:

----- Message transféré ---- De : Alphonse Mbangudi mbangudialphonse@yahoo.fr À : Envoyé le : Mardi, 23 Décembre 2008, 23h16mn 16s Objet : ENFIN MAMAN MARIANNE KISOLOKELE INHUMEE

Chers Papas et Mamans Kimbanguistes,

Comme j'ai eu à vous le dire dans mon méssage d'hier, enfin, la fille ainée de notre Dieu Papa Kisolokele-Charles-Daniel, vient d'être inhumée ce mardi 23 décembre à Kasangulu à quelques 25 km de kinshasa. La lévée du corps a eu lieu à 12hoo et l'enterrement s'est fait à 15hoo.

Bien que Papa Simon-Kimbangu-Kiangani, maman Suzanne Nkuakiadi, papa Zacko et papa Mbenza étaient absents, mais il y a eu la présence de Monsieur le Vice-Gouverneur du bas-congo et plusieurs notabilites politiques. Le cortège qui comptait plus de 200 véhicules était dirigé par les motards et les agents de l'ordre pour rendre un hommage mérité à la fille d'un des premiers ministres après l'indépendance du congo. C'est dans le malheur qu'on réconnait ses vrais amis. Les Kimbanguistes de l'Angola ont répondu massivement à ce deuil où ils sont venu en une délégation de près de 1000 personnes. La dépouille motelle était ovationnée lors de son parcours par des centaines de Kimbanguistes en liesse toute tendance confondue. Malgré les ménaces et l'intrediction, les Kimbanguistes de 3=1 se sont révoltés en assistant massivement à ce deuil.

Ici à paris, le Pasteur national Gérard Nsundidi avait déclaré publiuement lors du culte de dimanche 14 décembre, qu'il avait appelé le Chef Spirituel et ce dernier lui avait dit que ce deuil ne concernait pas l'église kimbanguiste. Celui qui voulait assister à ce deuil qu'il le fasse à titre individuel mais qu'il chante pas, ne prie pas et ne défile pas en y assistant. Et pourtant, nous allons au deuil pour consoler et soutenir la famille éprouvée par des chansons, des prières et le défilé qui est notre rite kimbanguiste. Il voulait indirectement dire que le Chef Sprituel m'a dit que personne n'y aille. Les malheurs des uns, font les plaisirs des autres. Que papa Nsundidi n'oublie pas que le Rév. Sakuameso-Raphaél qui était le plus grand propangandiste du résolutionnisme vient d'être limogé.

La mort de maman Marianne vient de nous faire comprendre qui de 3=1 et 26=1 suivent encore les traces de nos 3 Saints-Papas. La plus grande leçon à tirer est qu'ici en Europe comme à Kinshasa, les Kimbanguistes de 3=1 avaient été accueillis avec amour fraternel par leurs frères et soeurs de 26=1 et c'est sans incident. Ici à paris les chorales de 3=1 étaient même programmées pour le tour des chants. Mais lorsque ceux de 26=1 viennent assister à une manifestation ou culte chez les 3=1, ils sont chassés et humiliés. Le cas le plus récent c'est lors du décès du mari de maman Nkukiadi. Les enfants de Papa Kisolokele et Diangienda, qui semble-t-il sont les plus têtus de la déscendance de Papa Simon-Kimbangu, sont allés assister au deuil de leur beau-frère en commençant par la morgue, jusqu'au centre d'accueil où le corps était exposé. Mais les fidèles de 3=1 qui leur avaient serré la main, devaient être mis sous discipline. Pour ce même deuil, toute l'église était mobilisée. Ici à paris la salle était disposée et une eveloppe fût envoyée au Chef-Spirituel pour enterrer son beau-frère. Mais pour la fille ainée de maman Nsalulu-Pauline, que le Chef-Spirituel n'oublie jamais dans ses prières : EBEMBE YA SOSO MATANGA TE.

Je comprend à présent où le pasteur SIDIAKISONGA avait réçu les instructions d'interdire ses adeptes de ne jamais saluer ceux du 26=1, et de ne pas les admettre au culte ou manifestations du 3=1. Peut-on prêcher la haine, la division, la loi du talion et le sadisme dans une Eglise de Dieu ? Kimbanguistes, nous avons des yeux mais nous ne voyons pas, nous avons des oreilles mais nous n'entendons pas.

En avril dernier, le Chef-Spirituel avait perdu sa tante maternelle, la mère de papa José Diangienda de la Faki-Belgique. Papa Samy et maman Emilie Diangienda sont allés assister à ce deuil à Bruxelles aux côtés de maman Nsona-Kiangani-Marie. Qui a l'amour du prochain ? Pour le décès de maman Marianne, mêmes pas les épouses de Papa Simon, papa Zacko ou papa Mbenza ne se sont présentées. Même pas une gerbe des fleurs présentée par les NGUDI ZA NGANGA. Cette attitude dépasse le commun de mortel.

Papa Dialungana n'avait jamais cessé de nous répeter que : NZAMBI KATUMANGA KITANTU KO ZOLA KATUMANGA.

Et Papa Diangienda dans son testament du 02 janvier 1992 nous disait : SOKI TOZALI LISUSU NA MOKILI TE, BOTALAKA OYO TOLOBELAKA BINO MIKOLO NA MIKOLO : BOLINGO, MIBEKO, MISALA. MAKAMBO MISATO OYO SOKI BO NEGLIGER YANGO PASI NA BINO EKOSILA TE

Que l'âme de maman Marianne répose en paix sur notre sol des balemfu. Ainsi, nous aussi les BESI LUKAYA, nous aurons notre kinlongo pour effacer le pêché de notre ancêtre MFUMFU devant papa Simon-Kimbangu.

VOTRE FRERE

MBANGUDI YA SUEKA YA FIKA YA TOMBE

Voir le document de référence en annexe de cette « méditation réflexive », in : Victor Adam Kombwe, Grave crise kimbanguiste : Qui est M. ou Rév. Mbangudi Fika ? Vendredi, le 26 décembre 2008. http://co102w.col102.mail.live.com/mail/InboxLight.aspx ? Folde

Victor Adam Kombwe, Grave crise kimbanguiste : Qui est M. ou Rév. Mbangudi Fika ? op. cit .,

Cf. Nduku-Fessau Badze, « Pour que vive le Kimbanguisme », in : archives du forum Masolo mua bondeko , le 6 mai 2004. http://www.kimbanguisme.net/forum/archives/20040402_1406/20040504_1038/20040506_2121.htm

Pour approfondir la réflexion dans cette perspective, cf. Nduku-Fessau Badze, Maman Marie Muilu Kiawanga : « l'âme du Kimbanguisme » Réflexion méditative à l'occasion du 45 ième anniversaire de la mort de l'Héroïne de la foi chrétienne kimbanguiste, Inédit, Fribourg, 2005.

Cf. Nduku-Fessau Badze, Repenser l'identité kimbanguiste en crise. Préalables nécessaires , Inédit, Enseignement d'éthique contextuelle, Faculté de théologie kimbanguiste de l'Université Simon KIMBANGU (USK), Campus de Lutendele, février – mai 2008.


 
 
Copyright © 2008 Congo Vision. Tous droits réservés.