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Contribution du Capital Humain au Budget de l’Etat congolais, comme aspect de la croissance économique


Par Jean Oscar Ngalamulume
Economiste, Président de la CIDES

Depuis le début du siècle, les missions de l’Etat moderne, c’est-à-dire un Etat de droit, se sont de plus en plus diversifiées tout en entrainant ses objectifs vers la croissance économique qu’il
doit atteindre. La croissance économique est dans une large mesure fonction de l’investissement. Mais la composante la plus appréciée de l’investissement c’est le Capital financier et humain.

En ce qui concerne le Capital financier: la question qui demeure est celle de savoir si notre pays est en mesure d’auto-financer la création des nombreuses entreprises.

La réponse est certes non. Pourquoi? Parce que par l’auto-financement nous entendons le prélèvement d’une partie de ses avoirs personnels, c’est-à-dire, l’EPARGNE. Avant d’Epargner, il faut avoir produit et commercialisé. Attention, avant de produire il faut toujours avoir le Capital financier et humain.

Dans le but de retablir les équilibres économiques rompus, l’Etat congolais a le devoir de mobiliser des capitaux financiers internes et externes, tout en renforçant le contrôle de leur affectation vers le réaménagent des facteurs de la production, lesquels devraient
favoriser la création des nombreux emplois, la division équilibrée du travail et du revenu national pour la meilleure consommation.

En effet, le Budget de l’Etat représente les recettes qui proviennent de ses ressources, grâce à la contribution du Capital humain. C’est-à-dire, les impôts qui sont payés par l’ensemble des
contribuables résidant en RDC, qui y travaillent et disposent des revenus.

Et les dépenses de l’Etat, c’est l‘argent que l’Etat utilise pour financer l’action publique: c’est-à-dire la réalisation des grands travaux publics, l’équipement et l’organisation de services de renseignements, de la police, de l’armée, de l’administration publique comme l’éducation, la police, la justice, la recherche et la culture… L’Etat qui a un bon budget grâce aux impôts devrait être en mesure de payer le salaire décent à ses fonctionnaires et ses agents.

Par salaire décent, nous entendons que chaque Congolais qui travaille, quel que soit son niveau social, puisse, grâce à son salaire être en mesure de:

1. Payer son loyer,

2. Manger du premier au trente du mois,

3. Assumer le transport,

4. Les soins médicaux

et 5. L’éducation de ses enfants.

Le travailleur qui grâce à son salaire remédie à toutes ces cinq conditions, sera en
mesure de payer ses impôts à l’Etat.

LES SOURCES DE RECETTES DE L’ETAT

Qu’est-ce qui constitue l’essentiel des recettes de l’Etat?

Les recettes de l’Etat proviennent essentiellement des impôts.  Ils peuvent être directs ou indirects et sont prélevés sur les personnes physiques qui travaillent et qui ont un salaire décent.

Ils peuvent aussi être prélevés sur des personnes morales, c’est-à-dire les entreprises dont les impôts dépendent des bénéfices réalisés.  Et là encore, plusieurs taux existent, selon le chiffre
d’affaires de l’entreprise. Le reste provient des recettes non fiscales comme par exemple les amendes.

L’impôt étant payé par l’ensemble des contribuables résidant en RDC, y travaillant ou disposant des revenus. Cela nous amène à focaliser notre réflexion sur le Capital Humain que l’Etat doit utiliser, pour qu’afin que ce dernier contribue à l’augmentation des recettes dans la
caisse de l’Etat.

En effet, presque tous les économistes sont unanimes pour dire que le capital humain a un effet positif sur la croissance.

L’accumulation du capital humain est une fonction croissante du temps consacré à l’éducation. C’est-à-dire à la formation du Capital humain. Elle est formulée de la manière suivante: h,=S (l-u,)h,.

Donc, l'investissement en capital humain comprend les dépenses d'éducation, d'apprentissage, de formation, ce qui permet aux entreprises de bénéficier d'une main d’œuvre qualifiée. Mais celle-ci doit pouvoir s'insérer dans un environnement favorable au développement des entreprises.

Il ne suffit pas d'avoir un capital humain de qualité pour obtenir la croissance. Il est également nécessaire pour qu’un pays dispose d'un tissu d'entreprises diversifiées, performantes et innovantes pour engendrer une dynamique de croissance.

On connaît l'exemple de nombreux pays qui disposent d'une main d’œuvre qualifiée, mais qui n'ont pas su mener une politique économique favorable à la création de nombreuses entreprises et leur développement. Dans ce cas, la main d’œuvre qualifiée émigre, ce qui
constitue une perte considérable.

Dynamisme des entreprises et formation du capital humain sont indispensables pour générer la croissance. (1)

En ce qui concerne notre pays, la République Démocratique du Congo. Il semblerait que la population congolaise (Capital Humain) est estimée à 90 millions d’habitants. Si l’Etat facilitait la tâcheà l’entreprenariat privé à créer ne-fût-ce que 50 millions d’emplois avec un salaire de base de 500$ par mois.

Ici, lorsque nous disons 500$ comme salaire de base, nous tenons compte des salariés qui touchent 20,000$, 15,000$, 10,000$, 5,000$, 2,000$, 1,000$ etc.… pour récompenser ceux qui toucheront 100$, 200$, 300$, 500$ etc..

Admettons que le salaire de base sur lequel l’Etat retiendra 50$ d’impôt par mois soit de  500$.

En faisant un petit calcul. Si l’Etat retenait 50$ d’impôt sur un salaire de 500$ par mois. En multipliant 50$ par 50 millions de Congolais qui travaillent, le résultat est simple: 2, 500, 000,000$ par mois.

Et lorsqu’on multiplie 2, 500, 000,000$ par mois x 12 mois= 30, 000,000,000$ d’impôt payé uniquement par l’ensemble des contribuables résidant en RDC et qui y travaillent.

Et lorsqu’on y ajoutera d’autres impôts sur les entreprises, la douane et les recettes non fiscales etc.

Le bon sens nous conduit à conclure que grâce au Capital Humain, l’Etat congolais peut réaliser le Budget annuel au delà de 50 à 60 milliards de dollars.

Par ailleurs, pour sa bonne gestion, il appartiendrait aux élus du peuple et leurs services de contrôle budgétaire, non seulement de contribuer à l’élaboration du budget, ils sont surtout dans l’obligation de renforcer le contrôle des  dépenses et des recettes qu’effectue le gouvernement pour aboutir à la bonne gestion du Budget national et son équilibre.
Ces choix devraient être évoqués lors du Débat d’Orientation Budgétaire.

Les décisions modificatives des dépenses en cours d’année afin de réajuster les prévisions du budget, devrait avoir l’autorisation de l’Assemblée nationale pour des nouvelles dépenses et recettes.

(1) Croissance Économique: CAPITAL HUMAIN ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE
Blog EconomiqS: Au Coeur de l’économie mondiale

Par Jean Oscar Ngalamulume
Economiste, Président de la CIDES.

Le 15 aout 2015

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