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Manuaku Waku "Pépé Felly" is back !

Pepe Felly invite Ray Lema au chorus de Lausanne

Le 14 août dernier, il faisait une apparition surprise sur scène aux côtés de son ancien compagnon Jossart Nyoka Longo lors du concert de Zaïko LL dans la salle de Savigny -Le-Temple, près de Paris (Dvd à paraître bientôt). Il n'y a pas longtemps, on l'a vu avec Ray Lema, dans «Kin Malebo», un reportage diffusé sur Tv5. Ce dernier (Ray Lema) a dit de lui que Manuaku est le musicien dont l'on parle le moins (alors qu'il est loin d'être un artiste fini). C'est justement avec Ray Lema, ce virtuose de la world music, que Félix Manuaku Waku, Pépé Felly pour les intimes, s'est produit hier vendredi 23 et continue ce samedi 24 septembre au Chorus de Lausanne en Suisse.

Réagissant à un article publié dans nos colonnes, annonçant la présence du «magicien de la guitare» au concert de Zaïko au Millénaire, un de nos lecteurs cherchait à savoir ce qu'est devenu African Mambo, le groupe avec lequel Pépé Félly s'est produit à moult occasions en Suisse. Pour répondre à cette question, l'intéressé a précisé, au cours d'un entretien avec l'auteur de ces lignes, que cette formation basée à Lausanne et ancrée dans la communauté angolo-congolo-angolaise, est libre d'accompagner sur scène des têtes d'affiches d'Afrique centrale et divertir les gens en Suisse avec ou sans lui (Manuaku). Il a par la même occasion annoncé la naissance de Pépé Felly & Band dans lequel on retrouve, a-t-il indiqué, «le guitariste Pépé Felly Manuaku au devant de la scène ( Tête d'affiche) avec ses complices». Une structure a par ailleurs été mise en place pour gérer le patrimoine et la carrière de l'artiste.

Qu'en est-il alors de son Zaïko Wawa basé à Kinshasa dont la réformation a été confiée à Joe Poster ? L'auteur de Obi a rassuré que cet ensemble devrait lui servir de groupe d'accompagnement lors ses productions au pays(R.D Congo).

Autant de preuves, parmi tant d'autres, que Manuaku Pépé Felly est loin d'être un has been ( un artiste fini). De quoi rassurer, en tout cas, Saturnin Tchicaya, ce grand admirateur de l'artiste qui, tout en souhaitant sa réintégration dans Zaïko pour le plaisir de tous les amoureux de la bonne musique", ne voudrait pas voir le nom de Pépé Felly sombrer dans l'oubli comme c'est le cas pour beaucoup de ses pairs ".

Dans le même ordre d'idées, Benjamin Bytadis alias Alanga Nzembo pense que "Félix Manuaku ne doit pas chercher à revenir (dans Zaïko) à pas feutrés. Qu'il le fasse clairement. Car c'est une bonne chose de le revoir dans son groupe de départ dans lequel, estime-t-il, "lui et Petit Poisson feraient un tandem d'enfer". "Il n'y a jamais trop de solistes dans un groupe. Bien au contraire ça fait une force".

Afriqu'Echos Magazine/LP
http://www.afriquechos.ch/
20/9/2005


Le Karmapa : l'incarnation contemporaine de la rumba congolaise

Par  Le Potentiel

Les Congolais ont leur rumba dans le sang, soutient-on. Cela ne fait l'ombre d'aucun doute. La musique congolaise, qui s'incarnait à travers la rumba dansante de Kallé Jeef, Franco Luambo, Tabu Ley, Nico Kasanda…, est remplacée par la musique percutante et saccadée baptisée « Ndombolo ». Elle a comme principale caractéristique l'animation et la vitesse d'exécution. Cette mixture ne pouvait résister à l'usure du temps, puisque toute une musique était symbolisée principalement par sa danse. La musique étant une industrie, désormais, ceux qui la pratiquent, en mettant à contribution leur intelligence sont des candidats à la réussite intégrale.

En bon observateur, Kibinda Pembele est tombé comme un cheveu dans la soupe de l'univers du succès dans la musique congolaise. Ce natif de Matete, à Kinshasa, a largué à la fin de l'année 2003 un album qui a assuré le retour aux sources : « Je m'appelle-toi ». En effet, Le Karmapa, le prince de la rumba congolaise, le nouveau consolateur des cœurs, le réparateur des loves, 5ème K, Karmalove, Bitu Tshene comme il se fait appeler, n'a pas voulu faire recours à la rumba. Il a opté pour un retour pur et simple aux sources.

Le Karmapa s'est inscrit dans l'école des anciens, faisant sien l'adage qui dit que le vin devient excellent lorsqu'il a vieilli. A ses débuts, à l'Académie des Beaux Arts, Le Karmapa aimait le reggae, le soul et la musique étrangère. Contrairement à ceux qui affirment que ses débuts remontent à la période de « Sosoliso », Le Karmapa précise, pour sa part, que parmi ses contemporains dans la musique, on peut citer Maray Maray et Jimmy Yaba. Il a évolué avec ce dernier, au sein de l'orchestre Rumba Stoza.

GENERIQUE ET RUMBA

Pour Le Karmapa, les anciens ne faisaient pas de générique comme actuellement en vogue. Il trouve les génériques tous identiques. « Les guitaristes font le gros du travail, alors que les animateurs lancent des cris », est la définition que donne Le Karmapa au générique. « Ils font tous la même chose. On ne voit nulle part la différence. S'agit-il de la rumba Odemba, de la rumba de Kallé Jeef ou encore celle de Dewayon ? Dans ces conditions, pourquoi devrais-je aussi faire comme les autres ? », s'interroge-t-il. Et pourtant, « les chansons comme Alya, Irène de Adolphe Dominguez, Amanda la duchesse, récoltent du succès sans être des génériques. Les Ivoiriens, qui ont compris cette susceptibilité, enrichissent nos génériques en les travaillant à leur manière. Le résultat a suivi ». Il se veut donc l'incarnation contemporaine de la rumba congolaise.

A ce propos, Le Karmapa est catégorique : « Avant de larguer « Je m'appelle-toi », j'avais mené une étude du marché du disque congolais. C'est ainsi que j'ai décidé de pratiquer la musique typiquement congolaise avec un soupçon du soul de Kelly, un peu du James Brown. Ma musique est de la pure rumba puisque je puise à la source, c'est-à-dire l'héritage laissé par les anciens et la musique du terroir. Cette musique m'oblige à re-visiter de la musique ancienne, parce qu'elle est inodore, incolore comme l'eau de la source ».

SOUTIEN A L'AMC, MAIS…

L'idée de la mise en place de « l'Amicale des Musiciens Congolais » devrait contribuer à la concrétisation de la requalification de la musique congolaise sur l'échiquier international. « Je soutiens l'initiative de Tshala Mwana à 100%. Mais, je me pose des questions sur l'absence de Tabu Ley et des autres aînés, du ministère de la Culture », déclare-t-il. Le troisième fils, parmi les cinq enfants de la famille de papa Albert Mbuata et Isabelle Mbombo estime que « des efforts ne doivent pas être ménagés pour débattre de la lutte contre la piraterie et la baisse qualitative de la musique congolaise. Papa Wemba doit créer l'unité. L'exclusion ne paie pas ».

Cet artiste, marié et père de quatre enfants, enfonce le clou. « Selon les initiateurs, l'Amicale est une affaire de leaders. C'est comme l'association patronale des musiciens. Il se remarque aussi qu'il s'agit de ceux impliqués dans la polémique. N'étant pas concerné par la polémique, je n'ai pas ma place dans ces rencontres », se méfie-t-il.

Et si cette initiative rapporte gros à ses initiateurs au nom de la musique congolaise ? « Ce serait dommage que cette louable initiative de Tshala Mwana aboutisse à cette dérive. Elle ne doit pas se transformer en une banque ou en une agence. Elle doit rester dans la stricte ligne de la requalification de notre profession par l'apport de notre expertise au Chef de l'Etat et au gouvernement, par le métier que nous pratiquons. Aller au-delà serait une dérive qu'il faut absolument éviter », prévient-il.

AMBITIONS…

Le Karmapa ne manque pas d'ambitions, puisqu'il rêve de finir sa vie comme un grand producteur de musique. Pour y parvenir, il ne voudrait pas s'entourer de menteurs, de malhonnêtes, de rancuniers et de voleurs. Son temps de détente, il le consacre à la lecture, au football et au cinéma.

On est parfois surpris par sa culture générale. Son meilleur souvenir, qui reste le succès de « Je m'appelle-toi », est une étape de plus dans la construction de son château de rêve.

Très sobre et sémillant, Le Karmapa sait où il mène sa barque. Sans verser dans le conformisme complaisant, il travaille durement pour livrer des chansons qui feront le bonheur des mélomanes. Pour le reste, Le Karmapa garde comme souvenir cauchemardesque, la mort de son ami intime Belison. En attendant son prochain album « Le temps de l'amour », il savoure et consomme les produits de son opus « Je m'appelle-toi, love-moi » qui lui a porté bonheur, en même temps qu'il lui fait oublier toutes les difficultés de sa réalisation.

Parmi les musiciens préférés, il cite Michael Jackson, James Brown, Tabu Ley, Emeneya, Koffi Olomide et tous ceux qui pratiquent la bonne musique. Mais, son plus grand concurrent reste Tabu Ley. Il caresse le rêve d'atteindre « même les orteils artistiques » de Rochereau. Pourvu qu'il ne verse pas dans les génériques comme ses pairs.

B-M. BAKUMANYA & M.ENYIMO

© Le Potentiel 2005
24/9/2005


 
 
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