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LE PROFIL DES DIRIGEANTS POLITIQUES CONGOLAIS DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

                                                   Par Guy-Guy MONARE

La course au pouvoir politique donne lieu à multiples types de discours, beaucoup plus de démagogie, d'intimidation, de pyromanie, de défaitisme et de rêverie, que de pragmatisme et de l'honnêteté. Des analyses pertinentes, en terme de projet de société, sont nombreuses quant à leurs auteurs, mais très semblables dans l'essentiel de leur contenu.

Les thèmes monotones de ces discours, une véritable profession de foi, s'égrènent depuis l'indépendance par la bouche des griots, tous prophètes. C'est la paix, la sécurité des personnes et de leurs biens, l'unité nationale, le développement, l'Etat de droit, la justice, l'humanisation du salaire, un Etat puissant au cœur de l'Afrique, le fédéralisme ou une forte décentralisation, l'homme au centre de tout, l'éducation de la jeunesse, la gratuité de l'enseignement primaire, le travail pour tous, une armée républicaine, la souveraineté... Bref, le paradis au Congo. Les partis politiques et les politiciens rivalisent seulement sur le style littéraire et l'art oratoire, sur des sujet qui s'offrent en évidence à tout esprit congolais concerné par le chaos ou impliqué dans la crise du pays tout simplement. Des certitudes pour toute femme et tout homme, qui se sait souffrant de l'absence de telles valeurs essentielles pour sa propre survie et pour l'inscription de notre pays au palmarès des nations dignes. Mais dommage, une foi sans œuvres.

Les politiciens dissertent et haranguent les foules sur des questions sensibles, plus pour émouvoir que pour conscientiser et pour organiser l'action réparatrice et salvatrice. Les programmes des campagnes, tous similaires, sont devenus des slogans, dépourvus, par ailleurs, d'une simple schématisation, de conjonction et de logique.

Curieusement, ces sujets, les dispositions des constitutions, des lois particulières, des multiples plans d'action de tous les gouvernements précédents, des traités ratifiés, ne semblent trouver des personnes douées, dévouées, capables et  déterminées à les mettre en pratique, à les concrétiser.

Qui, au risque de perdre sa vie, ses honneurs, sa famille, ses avantages sociaux, ses richesses, accepte d'être le serviteur du peuple congolais pour le conduire à son paradis ? Qui s'engage dans la réalisation du bonheur d'un peuple en se contentant seulement de ses avantages pécuniaires et matériels lui reconnus légalement ? Est-il légitime d'enfermer aujourd'hui le peuple congolais dans des discours creux, fantasmagoriques et émouvants, tout en lui privant la liberté de réfléchir sur la capacité et la volonté de ses politiciens à les conduire au bonheur ou à les sortir du bourbier ? Doit-on continuer à ne parler que des projets de société sans s'arrêter un moment sur les hommes et les femmes qui les fécondent ainsi que sur leurs moyens intellectuels et moraux à les matérialiser ? Doit-on exclure du débat les animateurs politiques, mis devant leurs discours, afin d'identifier dans ceux – ci leur  vraie image?

L'intérêt de la présente réflexion porte justement sur la relation entre le discours politique et son auteur. Il s'agit de mettre en exergue l'importance de connaître, autant que les paroles ou les écrits politiques, les personnes qui ont l'ambition de nous gouverner.

La suite de cet exposé s'articule autour de deux points majeurs, à savoir le lien entre le discours politique et son auteur, et les critères d'évaluation des gouvernants.

1. Le discours politique et son auteur

Les philosophes, les professeurs d'universités et les autres chercheurs, qui réfléchissent scientifiquement sur la société, sans la prétention d'être des politiciens, ne sont pas concernés. Seules les personnes, activement engagées dans l'ambition de gestion de la cité, sont au centre de notre préoccupation.

Les pères de l'indépendance congolaise ont eu le mérite de correspondre à leur rêve de liberté, pour avoir occasionné, le 30 juin 1960, l'accession de notre pays à la souveraineté internationale.

Leurs atouts, pour pareil exploit, ont été la prise de conscience de l'état d'esclave dans lequel ils se trouvaient ensemble avec le peuple congolais, la complicité qu'ils avaient avec l'ensemble du peuple pour se libérer du joug colonial, leurs conditions de vie quasi similaires à celles des autres colonisés et la force de leur caractère ; un caractère forgée dans la discipline et l'adéquation de l'éducation scolaire et civique.

Sans un type d'homme, soucieux de l'intérêt de tout un peuple dans lequel il est véritablement fondu par les mêmes conditions de vie et par la même aspiration à la liberté, déterminé à accomplir sa mission au risque de sa vie, le projet de l'Etat indépendant était utopique. Mais sans doute, les pères de l'indépendance congolaise n'ont pas eu aussi les ressources nécessaires pour maintenir l'indépendance et réaliser le projet du développement. Les enjeux demandaient d'autres aptitudes, leur ayant fait défaut, comme la formation intellectuelle, la maîtrise de la géopolitique nationale et mondiale, la capacité d'ouverture et de tolérance. L'absence d'une vision commune et claire de la société congolaise post-coloniale a paralysé leur rêve d'indépendance.

Le combat des treize parlementaires révolutionnaires, dont a fait partie Etienne TSHISEKEDI, ont gagné leur pari du multipartisme en 1990, à cause de l'acceptation du sacrifice suprême. Consentir la privation de sa liberté et de la jouissance de ses droits patrimoniaux, refuser la compromission même torturé physiquement et moralement. Grâce au courage, au radicalisme et à la ténacité de certains d'entre eux, de jeunes tigres du multipartisme sont nés pour l'érection d'un Etat de droit.

Sans doute, les principes fondamentaux de la démocratie sont immuables, mais ils devront s'incruster dans un environnement particulier de centaines de minorités tribales, de l'ascendance du pouvoir traditionnel, familial, tribal ou ethnique ; un microcosme constitué d'une population pauvre, y compris les leaders, vivant sur une infinité de richesses naturelles convoitées par des puissances étrangères, lointaines et proches ou voisines. D'autres aptitudes, que l'indépendantiste des années 1960 et le multipartiste  des années 1990 n'ont pas eues, sont indispensables pour évoluer.

Les leaders exceptionnels du genre de Patrice Emery LUMUMBA, de Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, de Laurent Désiré KABILA, quels que soient leurs tares, ne peuvent rien au milieu d'une classe politique médiocre, incapable de se métamorphoser par rapport aux vrais enjeux internes et externes ; une classe politique corrompue par la puissance tribale et familiale, par les idées étriquées d'un nationalisme au rabais, ainsi que par les besoins primaires du ventre et du règne pour soi ou pour d'autres que les Congolais. Une classe politique tournée plus vers soi et vers l'étranger que vers son peuple.

En tout cas, les opérateurs politiques congolais ont bu, jusqu'à la lie, la recette occidentale, qui fait de l'Afrique un monde incompatible avec le respect des droits et libertés individuelles des citoyens, un paysage lugubre de cahot, un périmètre de sous – hommes condamnés à la mendicité et à la tutelle.

Les principaux facteurs d'échec des projets de société, comme le développement et l'Etat de droit en Afrique Noire, sont à chercher dans le fatalisme béat dont se sont convaincus naïvement les dirigeants Africains, que nous sommes des colonisables à souhait, des incapables destinés à la tutelle de la communauté internationale, sans laquelle l'Afrique disparaîtra, des maudits pour qui le bonheur est véritablement un luxe inaccessible. Dans ce cas, il n'ont rien d'autres à faire qu'à s'enrichir soi – mêmes, à voler, à détruire, à se soumettre aux maîtres du monde, afin de justifier « notre malheureuse destinée».

Mobutu, un cas typique de machiavélisme Africain, a su être un « archiprophète », conscient de la fatalité, en prédisant le déluge après lui. Sans ambages, aucun autre mot que le déluge n'est approprié pour qualifier ce que vit le peuple congolais après sa honteuse et humiliante défaite devant l'« agression-rébellion »: encore des millions de morts inutiles, des femmes et des enfants enterrés vivants, un nouveau sport du nom de viol, l'expropriation spectaculaire des biens des citoyens, la confiscation des libertés publiques acquises à la suite d'une périlleuse longue lutte contre un régime dictatorial, le règne des milices et de leurs chefs, la banalisation de la tuerie et de la guerre par l'utilisation des enfants, le détournement des biens publics au vu et au su de tout le monde et en toute impunité, le règne des conquérants venus à la fois de partout et de nulle part, l'usage des armes lourdes en pleine ville de Kinshasa, des petits jeunes gens immatures et incompétents à la tête des institutions de la République (militaires et civiles), le clivage linguiste…

Une réalité curieuse : les dirigeants Africains pilleurs finissent ou meurent misérables. Toujours très négativistes et fatalistes, ils sont convaincus d'être, au fin fond d'eux mêmes, des perdus. Ils se savent bon à rien et miséreux. Alors, il faut finir ou mourir ainsi avec tout le peuple. Ils ne peuvent supporter l'idée d'un peuple heureux après eux.

L'homme et son discours. Connaître celui-ci et, surtout, les architectes et les maçons, dans cette phase de construction d'une nation, de choix des matériaux pour un développement durable et de détermination des jalons pour un Etat, devient une nécessité.

Aucun meilleur programme de gouvernement ne peut réussir sans des hommes adaptés aux circonstances, aptes à l'exécution correcte de l'ouvrage. Le peuple a le droit, bien plus, le devoir de s'interroger sur ses leaders.

Quels sont, alors, les critères d'évaluation des leaders politiques ?

II. les critères d'évaluation des leaders politiques .

Il faut, pour assurer les fonctions de Président de la République , posséder la nationalité congolaise d'origine , être âgé de 30 ans au moins, jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques et ne pas se trouver dans un cas d'exclusion prévu par la loi électorale (article 72 de la constitution). La loi électorale ajoute à ces conditions la qualité d'électeur, qui passe par l'identification des nationaux et l'enrôlement des électeurs (art 9).

Alors, sont constitutionnellement exclus de la direction politique du pays les étrangers, les moins de 30 ans pour la présidence, les déchus des droits civils et politiques par une décision judiciaire coulée en force de chose jugée, les personnes condamnées pour crime de guerre, crime de génocide et crime contre l'humanité ; les personnes condamnées du chef de banqueroute, les malades mentaux, les fonctionnaires et agents des entreprises publiques ou mixtes, les magistrats, les militaires et policiers en fonction, ainsi que les membres de la commission électorale indépendante.

Pareillement pour les autres échelons du pouvoir, à l'Assemblée Nationale, au Sénat, dans les structures provinciales et locales, y compris à la direction du parti politique, les critères restent semblables.

Ces critères tiennent à la personne du leader politique et non à un programme politique ou à un projet de société. Le processus électoral et l'enregistrement des partis politiques comprennent une phase préalable importante, celle de l'évaluation, de l'appréciation des individus, quant à leur origine, leur aptitude mentale, leur moralité, leurs charges publiques, leur attachement à la nation, etc…

Et des questions importantes sont soulevées par l'application de ces exigences légales.

Qui doit prouver la nationalité ?

C'est celui qui se dit Congolais de prouver la nationalité  « en produisant un certificat de nationalité régulièrement délivré par le Ministre ayant la nationalité dans ses attributions » (article 42 alinéa 1 de la loi n° 04/024 du 12/11/ 2004 relative à la nationalité congolaise). Actuellement c'est le Ministre de la Justice qui le délivre.

Mais ce certificat ne peut être établi par le Ministre de la Justice , sur simple déclaration verbale ou affinité politique avec le déclarant. L'économie de l'alinéa 2 de l'article précité indique l'obligation d'avoir un acte préalable probant en vertu duquel l'intéressé a la nationalité congolaise, ainsi que les documents qui ont permis de l'établir.

Les gestes de générosité d'un Congolais altruiste, l'attention particulière ou la désignation d'un quidam à de hautes fonctions politiques ou militaire par le Président de la République et tous les actes subjectifs d'une relation humaine ne suffisent pas à justifier la filiation ou la nationalité. Tout aussi en Afrique, on n'est pas fils ou fille de tel ou telle, au sens juridique, par le simple fait d'une déclaration hasardeuse d'un père de famille. Chez nous, les neveux, les nièces, et les enfants des amis peuvent facilement devenir les fils et filles par la considération et la place que l'oncle, la tante ou l'ami de papa veut accorder à ces enfants dans la famille d'adoption.

En fait, en se conformant au Code de la famille, l'intéressé, qui veut obtenir un certificat de nationalité, devra au moins  avoir :

-          Un acte de naissance, qui constate la filiation à un des parents congolais, car l'enfant devra être reconnu du vivant de son père ou de sa mère. Il devra être établi dans le mois de la naissance par l'officier de l'état civil de la résidence  du père ou de la mère, qui déclare personnellement la naissance de son enfant.

-          A défaut d'un acte de naissance régulier, obtenu en bonne et due forme, l'intéressé a la possibilité d'obtenir un acte de notoriété de l'Officier de l'état civil du lieu de naissance après une enquête et des témoignages acceptables des proches parents ou autres, s'il est né avant la promulgation du Code de la famille (promulgué le 1/8/1987). Mais l'acte de notoriété de l'Officier de l'état civil doit être homologué par le tribunal, après enquête, et, au besoin, un supplément d'information.

-         Non formellement reconnu du vivant de celui qu'il prétend être son père ou sa mère, l'enfant n'a que la voie de la recherche de paternité ou de maternité, laquelle se fait par une action judiciaire dirigée contre les héritiers du défunt.

Les déclarations politiciennes, tapageuses ou apologistes et les témoignages des aventuriers ramassés par-ci, par-là et des membres corrompus et intimidés de la famille du défunt,  en dehors des procédures légales ci-dessus décrites, n'opèrent pas dans l'établissement d'une filiation, par conséquent pour la reconnaissance de la nationalité d'un enfant.

Quel intérêt, pour les congolais, de discourir sur les personnes, au moment où les organes chargés du contrôle électoral, administratif par la CEI , et judiciaire pour la Cour Suprême de Justice et les autres juridictions inférieures, selon les cas, décident de la conformité des candidatures et des élections? Le Parquet s'abstient d'exercer l'action publique pour une enquête au regard des crimes dénoncés par des citoyens libres, à tort ou à raison, comme des faux certificats de nationalité, des faux actes de naissance, de fausses déclarations d'affiliation de certaines femmes et certains hommes. Il y a même des cas de fausse double affiliation, maternelle et paternelle, qui ne préoccupent, le moindre du monde, le Parquet, ne fut-ce que par souci de paix sociale.

S'agissant d'une affaire nationale, le Parlement devait s'en saisir et diligenter des enquêtes. Mais quel Parlement ? Pas celui des parlementaires, qui sont, en grande partie, concernés directement ou indirectement, qui ont des intérêts politiques ou des besoins du ventre à défendre par rapport à la question de la nationalité. Ils ne peuvent pas ouvrir la boîte de pandore. Un pouvoir, tant qu'il est mystérieux, flou et insaisissable même dans sa philosophie, il permet d'être conservé longtemps. Il y a tellement des pesanteurs, qu'aucune majorité de véritables nationalistes, c'est-à-dire des personnes aimant leur pays et leur peuple et prêtes à  leur sacrifier la vie ou autres éphémères avantages, ne se décide à résoudre cet épineux problème.

Par des actions individuelles d'autres candidats, de candidats perdants ou des personnes intéressées, par l'action du Ministère publique, par une enquête parlementaire ou par une action d'apaisement et de confirmation de celui qui se dit Congolais, mais dont la nationalité est contestée visiblement par une portion importante de la population et par la clameur devenue publique,  l'article 637 du Code de la famille pourrait être exploiter pour effectuer des examens médicaux (du sang, des gènes (ADN)) en vue d'établir ou de réfuter la filiation paternelle ou maternelle de la personne qui convoite et exerce la prestigieuse charge de Chef de l'Etat, de Député national ou provincial, de Sénateur, de Gouverneur, de Bourgmestre.

Au delà des critères légaux, laissés à l'appréciation de la Commission Electorale Indépendante, en premier lieu, et de la Cour Suprême de Justice, en second lieu, il y a les paramètres sociaux, économiques et psychologiques, dont il faut tenir compte. Ceux-ci sont l'évaluation souveraine  de chaque citoyen, du votant. En fait, ils englobent les critères légaux, mais à l'appréciation de l'électeur.

Le passé, le mode de vie, la situation maritale, la situation familiale, la gestion d'une entreprise personnelle ou familiale, la gestion d'une entreprise publique, le casier judiciaire, le niveau d'études, la moyenne des points obtenus aux études, les fréquentations, les milieux fréquentés… s'offrent à chaque électeur comme signes indicateurs d'un bon ou mauvais dirigeant.

Un papa irresponsable et négligeant de ses devoirs familiaux est un signe d'un chef d'Etat peu soucieux de son peuple et des intérêts de l'Etat.

Une dame, prête à offrir son corps pour un avantage, quel qu'il soit,  ne donne pas la garantie d'une dirigeante dévouée, patiente et déterminée pour des travaux de grande envergures. Elle est fainéante et légère.

Les promesses non tenues en privée ou dans la gestion de la chose publique prédisent du sort des promesses données lors de la campagne électorale.

Un ministre ou le chef de l'Etat, venu pauvre au pourvoir, mais, qui, par un coup de baquette magique, est propriétaire d'immeubles et autres biens, que sa rémunération ne peut lui permettre d'acquérir, ne peut que demeurer voleur et criminel socio-économique. La pauvreté des membres de sa famille et celle de ses amis aidant, son banditisme est justifié, encouragé et entretenu par ces derniers.

Un jeune homme, qui ne peut rendre un service gratuit, a la disposition de devenir champion de la « commission » ; aucun investisseur ne peut venir au pays sans son intérêt personnel dans l'affaire. Sinon, l'investisseur n'a qu'à fermer sa valise et rentrer chez-lui, qu'importe les pertes !

Un rebelle, mué en chef de l'Etat ou en Gouverneur de province, qui a tué, confisqué les biens d'autrui pour sa cause et toléré les viols et massacres des populations pour sa sois disante libération, demeurera délinquant, car hanté par ses crimes et par la peur de vengeance de ses victimes, mortes et vivantes.

Qui ne respecte pas aujourd'hui les droits et libertés fondamentales des citoyens, dont il ignore même le contenu, peut-être pour raison d'analphabétisme, a fait l'aveu public de son incapacité à les respecter demain. Il est convaincu que la consolidation de son pouvoir passe absolument par des arrestations, par des détentions dans des lieux inconnus et inhumains, par la répression des marches, par le musellement de la presse, par la torture, par des assassinats, ect. 

Un tricheur ou un corrupteur avéré de l'école ou de l'université est une piste pour  l'immoralité dans la quête du pouvoir. Il prendra le plaisir de perfectionner, de rationaliser la magouille et la tricherie aux élections, dans l'attribution des marchés publics, dans l'ordonnancement ou le décaissement des fonds publics.

Une personne qui a servi ouvertement les intérêts d'une puissance étrangère au détriment de son pays, est un cas type d'ennemi conquérant déterminé à poursuivre sa basse besogne avec la bénédiction des vaincus, de « son peuple » qui l'aurait élu.

Légion sont les illustrations de ce genre. Seul ou en groupe, en privé ou en public, les Congolais ne devront pas être interdits de chercher de se faire une opinion de celui qui aura leur vie entre ses mains par la gestion des instruments de l'Etat. Le gouvernant devra accepter le sacrifice de sa vie privée au profit de la vie publique enviée, dans l'intérêt de la nation. Il doit se faire évaluer par son électorat, par ses administrés.

La vie privée est déterminante dans la prise des décisions, dans la gestion de la chose publique. C'est un être colérique, menteur, altruiste, bon, mauvais, égoïste, voleur, mal éduqué, ignorant, infantile, malade mental ou ivrogne qui discute au conseil du gouvernement, qui décide de signer un décret, gracie un condamné à mort, conçoit un programme, etc. Il ne devient pas homme ou surhomme, s'il a été moins que cela. Il reste humain. Alors, le peuple a le droit d'évaluer l'influence malheureuse ou heureuse de l'humain du politicien dans la politique de la cité ! A l'ordre du jour des débats politiques devra être inscrit la question de l'intérêt national par rapport à la vie privée des politiciens et des gouvernants.

En conclusion, il importe, aujourd'hui, au stade embryonnaire de la démocratie en République Démocratique du Congo, d'assainir le milieu politique en discutant plus des hommes et des femmes que de leurs programmes politiques. Il est impérieux de savoir qui est qui, qui a fait quoi, qui vient d'où, qui cherche quoi en réalité. Il est attesté que les politiciens Congolais ont les idées valables pour ce pays ; en même temps qu'ils continueront à les exposer, il faudra s'interroger sur eux-mêmes. Car, il est temps de se chercher, parmi les siens, les oiseaux rares, les hommes et femmes exceptionnels pour diriger ce grand et beau pays. Les étrangers vrais ou soupçonnés, qui ont dirigé notre pays, n'ont pas démontré qu'ils sont les meilleurs, ils ont été médiocres.

Si les criminels et leurs enfants spirituels et biologiques, peuvent continuellement occuper les rênes de l'Etat, leurs crimes, passés et présents ne seront jamais jugés, et ils posséderont l'Etat, utilisé comme instrument de maquillage, de blanchissement, d'aménagement d'une conscience tranquille et d'impunité.

Parmi les techniques de maintien au pouvoir, il y a le flou, le brouillard sur sa personne. Pour y arriver, l'interdiction est faite de discuter des personnes et le curriculum vitea le plus spectaculaire, ficelé dans le laboratoire du parti, est publié pour divertir.

Un peuple conscient des dangers qui le guettent, ce qui est le cas pour nous, et convaincu de défendre le bon droit, finit toujours par vaincre. La victoire lui est certaine.

Guy-Guy MONARE
monareguyguy@yahoo.fr

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