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Faut-il remettre le pays aux Blancs?

Chères toutes et tous,

Simon Kimbangu, Simao Toko et Kimpa Vita doivent s'arracher les cheveux. Leurs filles et fils, petites-filles et petits-fils se prélassent dans le fatalisme, le désespoir et la démission collective, aussi humiliante et hallucinante, soit-elle. Comment expliquer que leurs descendants intériorisent les convictions de certains cercles occidentaux ; que leur cher pays la RDCongo, est maudit, que c'est un cas perdu, une succursale de l'enfer, inlassablement parcouru par les quatre cavaliers de l'apocalypse (massacres répétitifs, pandémie, famine et calamités naturelles) et qu'il ne s'en sortira jamais. Comment peut-on comprendre que leurs descendants confrontés au problème du sous-développement, de la megestion, de la pauvreté abjecte, de la misère, de l'illettrisme, de la prédation, de la marginalisation au niveau de l'économie mondiale, de pandémie hautement pathogènes (Sida, Paludisme, Tuberculose) et de la mauvaise gouvernance, désertent le combat émancipateur, s'installent dans l'autodérision et s'abandonnent allégrement -avec un brin masochiste- dans l'autoflagellation. Spectacle triste et ahurissant assortit de mélodrame et de psychodrame.

Les échanges des textes -tous aussi riches, je l'avoue- opposent trois courants. Ceux qui prônent le partenariat avec les blancs, nés ou qui vivent en Afrique. La paternité de cette idée revient a l'Ambassadeur Albert Kisonga : «  J'avais identifié un certain nombre de postes  à leur confier : ministères de l'enseignement, de la santé publique, de transport, des TP, de la fonction publique et de l'agriculture; gouvernorat de la Banque centrale, quelques juges dans les différentes Cours, greffe en chef de la Cour suprême, inspectorat général de la Police, Procureur général de la République, quelques officiers généraux notamment chargé de la Logistique ». Quelques compatriotes se sont ralliés a la thèse de l'Ambassadeur, mais tout en s'appropriant sa thèse, sont allés plus loin que lui (a dessein ?), ils préconisent simplement la recolonisation de l'Afrique par les blancs (deuxième courant). Le troisième courant auquel j'appartiens s'oppose aux deux remèdes proposés. Ceci ne relève pas du tout de l'émotion, d'une africaine noire atteinte dans son honneur et dignité. Je ne réagis pas avec mes tripes; genre : quelqu'un, en route me lance sale négresse.et je le gifle.

Ce qui oppose les trois courants n'est nullement un simple positionnement d'occasion dopé à la cortisone partisane, mais plutôt la grande fracture d'un antagonisme philosophique de fond. Et cette fracture ne date pas d'aujourd'hui. En introduisant l'article : Nos ancêtres les Gaulois étaient-ils des Noirs ? Le rédacteur du Petit journal de Montmain numéro 153, 3 août 2003 écrivit : «  Ce numéro, que je croyais être bien innocent, touche, en fait, à l'un des points d'affrontements les plus chauds des sciences actuelles. Il est d'autant plus chaud que, bien au-delà des théories archéologiques, il rejoint un vieux conflit qui met en cause l'honneur et la dignité du peuple africain.
Avec la longue et très détaillée explication de Wil Man, que je publie en fin de numéro, je crois que la discussion est close. Je veux bien admettre que j'ai naïvement, et avec une totale incompétence, été me mêler d'un conflit qui n'est pas le mien. Mais, bien que ma peau soit blanche, je me sens profondément lié à l'Afrique, pays d'origine de mes ancêtres très lointains et ne suis en rien étonné d'apprendre que nous leur devons toutes les grandes inventions vitales au développement de notre espèce. Et j'en suis très fier !
D'une petite pochade sans prétention, nous voilà passer à un numéro fortement documenté et plein de convictions, parfois un peu trop virulentes, à mon goût, mais sans doute n'ai-je pas les mêmes motivations, que mes amis Noirs, pour réagir devant ce qu'ils considèrent comme un assassinat scientifique ».

Souvenez-vous de l'efficacité et puissante entreprise de décervelage des français dans leurs colonies. Les écolières et écoliers de ces anciennes colonies chantaient pendant la colonisation : « Nos ancêtres les Gaulois.. ». Le titre de l'article de Wil Man n'à rien avoir avec cette triste escroquerie. Se basant sur des travaux archéologiques, Wil Man stigmatise et dénonce la négation de l'Histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs. Il est évident que la thèse coloniale fondée sur une prétendue infériorité intellectuelle des Noirs fut l'argument justificatif des actes les plus barbares commis envers l'humanité. C'est encore aujourd'hui l'origine historique du racisme actuel en occident.

Les congolais qui prônent la recolonisation de notre pays par les blancs , comme remède à nos problèmes confortent les théories racistes, échafaudées depuis de lustres.

Voici quelques exemples :

David Hume (1711-1776), économiste anglais influent écrivit à son époque : "Je suspecte les Nègres et en général les autres espèces humaines d'être naturellement inférieurs à la race blanche. Il n'y a jamais eu de nation civilisée d'une autre couleur que la couleur blanche, ni d'individu illustre par ses actions ou par sa capacité de réflexion... Il n'y a chez eux ni engins manufacturés, ni art, ni science. Sans faire mention de nos colonies, il y a des Nègres esclaves dispersés à travers l'Europe, on n'a jamais découvert chez eux le moindre signe d'intelligence".

Emmanuel Kant (1724-1804), grand philosophe allemand, ajouta : "La nature n'a doté le Nègre d'Afrique d'aucun sentiment qui ne s'élève au-dessus de la niaiserie".

Et en France, le comte Joseph Arthur Gobineau (1816-1882), diplomate, écrivain et pionnier du racisme scientifique, ouvrit même la voie à Hitler : "La variété mélanienne est la plus humble et gît au bas de l'échelle (humaine)".

Un texte rédigé par J. J Virey de l'Académie de médecine, au milieu du XIXème siècle, résume à lui seul les divagations de notre bouffon : « Les Nègres étaient dans des époques reculées, ce qu'ils sont encore aujourd'hui, de misérables peuplades végétant sous leurs cabanes, trouvant difficilement leur nourriture avec quelques bestiaux, cultivant à peine quelques champs de mil et soumises à de petits despotes ».

Le 29 juillet 1885, Jules Ferry, en voulant préciser à Messieurs Jules Maigne et de Guilloutet, l'essence philosophique des Droits de l'Homme, s'esclaffa : « Si la déclaration des Droits de l'Homme a été écrite pour les Noirs (...) Alors de quel droit allez-vous leur IMPOSER les échanges et les trafics ? (...) Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures ».

« IMPOSER les échanges et les trafics... ». Le mot est lancé. La démarche esclavagiste et coloniale européenne consiste mécaniquement à imposer « sa » vision du monde, « sa » religion et « sa » civilisation par la « force », pour asseoir « son » hégémonie idéologique et économique, le tout, sous couvert de pseudo-lois « universelles » et « naturelles ». Pour y parvenir, les peuples du nord doivent constamment faire un bras d'honneur, aux principes les plus basiques de l'humanisme. Si la Déclaration des Droits de l'Homme nuit aux échanges et aux trafics, il faut donc exclure le non blanc du champ de la définition de la loi pour parvenir à ses fins. La mission des peuples s'autoproclamant supérieurs, étant d'assouvir leurs pulsions terrestres à tout prix, quitte à détruire toutes les formes de vie nuisibles à l'attente de leur objectif. La mission d'expliquer comment la fin justifie les moyens sera confiée par la suite à des Grenouilleau.

Il est affligeant et triste qu'une bonne partie de l'élite africaine en général et congolaise en particulier, reprennent à leur compte, les propos exagérément excessifs et racistes de David Hume et de J. J Viney cités ci haut. Toutefois, les théories racistes pseudo-scientifiques sont battues en brèche, volent en éclats et reculent devant la déferlante des preuves qui jaillissent et s'accumulent presque tous les jours. Les résultats géologiques, les fouilles les plus méthodiques, les hypothèses les plus hardies ont été testés et soumises a des vérifications sérieuses et rigoureuses par des universités les plus prestigieuses. Les conclusions sont sans équivoques et confondent les racistes : Tout est venu de l'Afrique.

L'une des dernières trouvailles récentes nous vient des Etats-Unis. La trouvaille cinglante et dévastatrice (pour les racistes), porte une double signature de poids: celle scientifique de la prestigieuse université de Harvard et celle politique et symbolique du Congres américain ; haut lieu du pays le plus puissant du monde.

Selon Colleen Flanagan rédactrice du « Washington File », tout a commencé en 1997 lors du voyage du professeur Henry Louis Gates de l'université Harvard qui s'était rendu en Afrique afin de filmer un documentaire sur ce continent, la destinée a changé. Lorsqu'il s'est rendu à la bibliothèque Mamma Haidara pour filmer, M. Gates a été saisi par tout le savoir accumulé dans les manuscrits qu'on lui a présentés. Soucieux de les préserver, il a obtenu des fonds de la fondation Andrew Mellon aux fins de la construction de la bibliothèque Mamma Haidara à Tombouctou, qui a été érigée en 4 mois à la fin 1999. En janvier 2000, M. Haidara, la première Dame du Mali, le ministre malien des affaires culturelles et son homologue marocain inauguraient le nouveau bâtiment.

Si l'ouverture de cette bibliothèque et l'exposition organisée à la bibliothèque du Congrès à Washington ont permis de montrer ces manuscrits au monde entier , M. Haidara veut qu'ils soient encore plus facilement accessibles. Il espère publier le quatrième catalogue de manuscrits. Il espère également que les manuscrits seront alors sur microfiche, et reliés et restaurés, afin de préserver et rendre public ce qu'il en reste après plus de 400 ans . Il tient à les restaurer afin que les gens puissent les manipuler sans craindre de les endommager.

Plus de 400 années de chaleur brutale, de tempêtes de sable aveuglantes et de conditions météorologiques extrêmes auxquelles personne ne résisterait ont peu diminué la valeur du million de manuscrits rassemblés à la bibliothèque Mamma Haidara de Tombouctou (Mali). En fait, la récente exposition que la bibliothèque du Congrès a consacrée aux manuscrits de Tombouctou est la preuve de leur valeur intrinsèque sur les plans universitaire et culturel. Qu'apprend-t-on de ces manuscrits ? Les manuscrits de Tombouctou contiennent les observations de savants sur l'astronomie, l'astrologie, les sciences et les mathématiques, ainsi que sur la morale, les valeurs et le mode de vie de chaque génération successive .

Ces écrits couvrent une période allant du 16e au milieu du 19e siècle. S'ils ont survécu à l'épreuve de temps, ils ont bien failli disparaître lors d'une tentative de vol de la collection en 1973. Ces manuscrits prouvent aussi que les africains connaissaient l'écriture, que le commerce inter-royaume existait, qu'il y avait des universités en Afrique ou les autres peuples venaient apprendre, telles les universités de Oualata, Djenné, Tombouctou, d'el Azhar au Caire, l'université Karaouine à Fès. Que les empires et royaumes africains avaient un niveau de développement social, culturel, intellectuel et scientifique plus avancé. Que ces royaumes n'avaient rien a envié aux féodalités européennes de l'époque.

Ces empires confectionnaient des habits, étaient des grands bâtisseurs des routes, des maisons, des pyramides, notamment des Pharaons Noirs de Haute-Nubie (Soudan d'aujourd'hui), qui colonisèrent l'Egypte antique. On peut donc affirmer que pendant les XIVème, XVème et XVIème siècles, la philosophie et les sciences s'épanouissaientt au même degré sur presque tous les points du continent africain. Encore et toujours dans le registre des découvertes, Cheik Hamidou Kan et Djibril Tamsir Nian viennent de revisiter l'empire du Mali. Ils découvrent qu'en 1236 déjà , l'empire du Mali avait élaboré une charte des Droits de l'homme, qui accoucha l'Etat de droit. Ceci prouve que les blancs n'ont pas l'exclusivité de l'Etat de droit, qu'on présente aujourd'hui comme un avatar, un gadget magique, sorte de solution miracle pourl'Afrique.

C'est pour prouver cette antériorité, que ces deux éminents écrivains décident de monter un spectacle pour sensibiliser les opinions africaines, occidentales et asiatiques . L'objectif est de rappeler que certains pays africains ont jeté les bases d'un véritable Etat de droit (Loi fondamentale qui régissait les rapports des différentes communautés, prévention des conflits ; qu'on appelle aujourd'hui diplomatie préventive base sur une approche ex ante, bien être et justice sociale, tout ceci des 1236 ).

Problème. Pourquoi ne retrouve-t-on aucune trace des inventeurs et des savants d'ascendance africaine, dans les divers manuels actuels ? Que cherche-t-on à cacher ? Dans quel but ? Nous touchons ici au cour du débat. L'Ambassadeur Kisonga (premier courant), tout de suite suivit par le deuxième courant qui prône la recolonisation de La RDCongo par les blancs. L'Ambassadeur Kisonga affirme -sous un ton nerveux nourrit par la rage de régler des comptes a ceux qu'il considère comme ses détracteurs- tonne: «  Nos savants s'étaient vraisemblablement arrêtés à la forge du fer et à l'invention de la pirogue. Les autres avaient continué, au point que nous n'avions pas jugé nécessaire de les suivre lorsqu'ils découvrirent la roue, la traction animale, le gouvernail etc. et même l'écriture. Tous ceux qui s'étranglent d'indignation à l'idée d'associer les Blancs savent-ils qu'en ce moment même dans leurs villages les méthodes culturales demeurent les mêmes qu'il y a ....5.000 ans, c'est à dire creuser un trou, enfuir une graine et attendre que ça pousse? Que nos frères n'ont pas d'autres choix que de porter les fardeaux sur la tête et de se déplacer à pied? ».

Tout d'abord, la première partie de l'argumentaire de l'Ambassadeur (invention du fer et de la pirogue et rien d'autre) est démentie par les travaux universitaires auxquels, je me suis referee tout au long de mon exposé ( les mathématiques, l'écriture, les sciences, l'architecture, la chimie, l'alchimie, l'astronomie étaient bien présentes dans l'Afrique antique pre-coloniale ). Par contre la deuxième partie de son argumentaire est imparable est dévastateur . Le problème concerne l'Afrique coloniale et post-coloniale.

Problème. Si L'Afrique antique s'était illustrée par une inventivité hors pair. Pourquoi tout s'est arrêté après. Pourquoi l'accumulation des connaissances ne s'est pas transmise à travers les générations ? Pourquoi le génie créateur universel a abandonné le continent de sa naissance (Afrique berceau de l'humanité) ? Simon Kimbangu, Simao Toko, Kimpa vita ont-ils échoué ? Ces grands destins ont-ils été incapables de restituer le génie créateur aux générations de nos parents et à notre propre génération ? Le sarcophage dans lequel a été cadenassé notre génie créateur par l'hideuse colonisation et l'indépendance nominale ratée, reste-t-il introuvable ?

Il n'y a pas plusieurs réponses a ces questions pertinentes qui m'empoisonnent l'existence. Nos prophètes ont pleinement réussi, car comme eveilleurs de conscience, ils ont vaincus le colonialisme à travers leurs enfants tels Kasa-vubu et Lumumba. Nos prophètes s'arrachent les cheveux, parce que l'élite politico-intellectuelle a misérablement échoué. Tant que les conditions optimales ne seront pas crées, pour l'épanouissement de la pensée émancipatrice et libératrice, le génie créateur ne reviendra pas. Ceci est vrai pour toute l'Afrique. Pour illustrer mes propos, un exemple qui doit nous interpeller tous. Un jeune inventeur vient de naître au Mali . Un véritable conte de fée, un « succes story » a l'américaine, dont TV5 Afrique a fait une retransmission fidèle et poignante.

Le prix du pétrole est trop élevé et ses effets dévastateurs se font sentir jusqu'aux confins des villages des pays importateurs dont le Mali. Keleya, un village du Mali vient de donner naissance à une nouvelle étoile, dont la notoriété débordera les frontières de l'Afrique. Le prix de l'essence étant très onéreuse, la petite centrale électrique marche au ralenti et avec elle, toutes les activités du village.

Dans cette région aride du Mali pousse un arbuste en abondance : la « bourgaire ». Cette graine sert a fabriquer du savon. Dans la médecine traditionnelle, elle sert aussi de remède à la constipation.

Un jeune mécanicien Samuel Keita va voir le maire du village et lui expose son projet. Il prétend qu'il peut fabriquer, a partir de la graine « bourgaire », un biocarburant susceptible d'alimenter une centrale électrique. Une énergie « clean » qui plairait aux écolos par ce temps qui court. Sans hésiter le maire donne son feu vert. Les moyens aussi. La mairie s'employa d'acheter l'arbuste aux habitants : 50 FCFA/kg, un peu moins de 50 centimes d'euro. Une petite compression de presse fut aussi donne au jeune électricien.

Avec sa machine, Samuel Keita s'attela au travail. De 4 kg de la graine de bourgaire, il obtient 1 litre d'huile. Une huile 100% végétale. L'opération n'en est encore qu'au stade d'expérimentation, mais les premiers pas sont prometteurs. Ensuite, il passe à l'action. La première fois qu'il a mis en marche le générateur, Samuel Keita n'en croyait pas ses yeux. Ca marche !!!!! Son huile alimente le groupe électrogène a moindre coût : deux fois moins cher que le gasoil.

Devant la presse occidentale (aucun journaliste africain), le jeune inventeur, Samuel Keita -dans un français approximatif-, répond aux questions : «Je n'avais d'idée qu'on pouvait fonctionner ce moteur comme ça, avec l'huile de bourgaire. Ca marche bien».

Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, rares sont les villages reliés au réseau électrique. L'électricité est un luxe qui ne bénéficient le plus souvent qu'aux citadins et encore les plus riches. Pour les autres il y a des batteries de camion ou de voiture qu'on recharge et qui pendant quelques heures, quelques heures, fournira assez de courant pour allumer des ampoules, lampadaires, regarder la télévision ou écouter la radio.

Les effets d'entraînement de l'invention de Samuel Keita se ressentent. Le soudeur du village, Drisa Bagayoko, fait partie des premiers abonnés de la mini-centrale. Il raconte comment l'arrivée du courant a changé sa vie et témoigne : « Avant, j'avais un vieux poste a souder qui marchait au diesel. Il me fallait deux jours au moins pour fabriquer une charrette. Aujourd'hui, grâce a l'électricité, j'en fabrique deux charrettes par jour !!! ». Mme Bassoure Dramena -la seule commerçante du village- a elle aussi transformée sa vie. Elle est atteste devant la presse: « Avant le courant, ma boutique végétait. Depuis, j'ai un réfrigérateur qui marche bien. Je vends des boissons fraîches. J'ai beaucoup des clients qu'avant. Bien sur, je gagne mieux ma vie ».

Deux kilomètres de câble, des lampadaires et voila que le village Keleya, le soir venu, brille comme un oasis dans le désert. Toujours devant la presse, Magara Bagayoko, maire du village confie : « Les lampadaires, ça a amené la sécurité ». A la question d'un journaliste si les gens appréciaient quand les rues sont éclairées, le maire répondit : « tout a fait. Si le courant est interrompit, tout le monde est mécontent. Des que le courant revient, les cris de joie fusent de partout dans le village ». Pour l'instant, l'électricité à Keleya n'est disponible que de 19 heure a 1 heure du matin. Qu'importe plus de 120 familles se sont inscrites sur la liste d'attente et espèrent qu'elles aussi bientôt, grâce à l'huile de bourgaire et surtout au génie de Samuel Keita, regarder la seule et unique chaîne de télévision du pays.

Problème. Si le maire de Keleya n'avait pas confiance et mis les maigres ressources du village a la disposition de Samuel Keita. S'il lui avait dis : « Toi, le semi-lettre, né ici au village, peut faire quelque chose de positif ? Comment peux-tu appréhender la complexité du fonctionnement d'une centrale électrique ? », Keleya ne sera jamais transfigurée.

Combien des Samuel Keita au génie créateur végètent en Afrique par manque des moyens ?

Au finish, les compatriotes qui affirment que nos parents regrettent l'époque des « flamands », se posent des faux problèmes. Il ne s'agit pas d'une confrontation : suprématie blanche contre médiocrité noire. Si l'élite politico-intellectuelle post-indépendance avait multiplier les routes, multiplier et améliorer les services utilités publiques (eau, électricité), multiplier les dispensaires et hôpitaux, multiplier les écoles, se battre contre la pauvreté en créant des emplois, croyez moi, nos parents ne regretteront jamais les belges . Au contraire, ils diront : « Ces blancs qui nous ont fait souffrir avec les chicotes, nous donnaient finalement que des miettes. Nos enfants font mieux qu'eux, ils sont plus intelligents que ces muzungu ».

La clé pour la RENAISSANCE de l'Afrique se trouve dans les mains des africains eux-mêmes, pas dans les mains des toubabs. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas coopérer avec eux. Je ne prône pas l'autarcie.

Patriotiquement votre

Mme Mulegwa Kinja
mulkinja@ip-worldcom.ch

30 Mars 2006

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