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  Monsieur LEMBE MASIALA Nathalis est reçu Docteur en littérature et langues africaines à l'Université de Gent en Belgique.

Ce 15 janvier 2007 restera une date mémorable pour de nombreux Congolais de Belgique. Devant une assistance de grand jour, le Révérend Pasteur de l'Eglise Kimbanguiste a défendu avec brio sa thèse de doctorat intitulé « Le káandu chez les Basolongo du Bas-Congo (RDC) ». Au-delà de félicitations du jury et de sa maîtrise totale du sujet, ce sont ses qualités d'orateur né qui ont émerveillé le public.

Revenons brièvement à la dissertation, qu'en est-il du káandu  ?

Depuis la nuit des temps, l'Afrique noire recèle une multitude de rites qui portent sur la naissance, la mort, la maladie, le travail (de champ, de pêche, de chasse, etc.), la réussite ou l'échec. En effet, pour l'Africain noir, tout événement qui se produit dans la vie a une cause qu'il convient d'élucider. Celle-ci trouve une explication dans l'interaction entre le monde visible et invisible.

Pour s'assurer les bonnes grâces des forces qui interagissent dans ces deux mondes, les Basolongo du Bas-Congo (RDC) ont trouvé la parade avec le káandu . C'est un interdit qui est attaché à la sorcellerie, kindoki . Karl Laman (1936) dans son dictionnaire « Français - Kikongo » abonde dans le même sens. Il le définit comme le nkisi , fétiche. Cependant, la frontière entre la sorcellerie, kindoki et le fétiche, nkisi , étant polysémique, l'imaginaire collectif des Basolongo attribue au sorcier ou au féticheur une capacité de nuisance qui fait de lui un personnage redouté de tous.

Afin de mener à bien sa recherche doctorale, l'auteur s'est appuyé sur deux méthodes, en l'occurrence l'observation libre et participante (G. Rocher, 1968) et l'analyse interprétative – descriptive (D. Hymes, 1972). Deux questions de base ont alimenté sa réflexion :

- Qu'est-ce qui justifie le sentiment de peur du sorcier, unkúta wa ndoki et surtout du chef de clan, mfumwa kanda (faiseur des rites de bénédiction et de malédiction) ?

- Le káandu présente-il des conséquences néfastes telles que l'attestent avec conviction les Basongolo ?

Partant de ce questionnement, sa démonstration a permis de décrypter le káandu (verbe, geste et objet), ses causes, sa conception et sa réparation (par le rite de cuisson du verbe, lámba káandu et la voie judiciaire (cour populaire, kinzónzi kia mfulwa mambu ). Ce décryptage a mis en évidence trois pôles d'attraction : premièrement le rôle clé que joue le mfumwa kanda , chef de clan et le mfumwa vata , chef du village dans la conception du rituel káandu et du règlement des différends. Deuxièmement, la prégnance du káandu comme objet culturel magico-religieux lié à la sorcellerie, kindoki qui dynamise la vie sociale de Basolongo. Troisièmement, le káandu se décrète au sein du clan comme une réponse aux problèmes pratiques insolubles.

L'intérêt de cette étude est réel car, elle ouvre des perspectives de recherche intéressantes en linguistique (élaboration d'une grammaire kisolongo), en lexicographie (élaboration d'un dictionnaire kikongo) et en littérature (les fondements des contes vivants, proverbes, dictons…) permettant ainsi une pluralité d'approches et une meilleure compréhension du social.

Les mots clés sont : káandu, Rituel, magico-religieux (kindoki et minkisi)

Jean-Macaire MUNZELE M

Contact

M. Lembe Masiala : nathlembe_3@yahoo.fr

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