RDCongo: calme précaire à Kinshasa, sous haute surveillance de l'ONU et de l'Eufor
KINSHASA (AFP) - 12/11/2006 13h08 - Kinshasa était dimanche sous haute surveillance de soldats de l'ONU et de la force européenne Eufor, au lendemain d'un samedi meurtrier dans le quartier administratif de la capitale de République démocratique du Congo (RDC).
Kinshasa attend désormais avec anxiété la publication des derniers résultats partiels du second tour de la présidentielle du 29 octobre entre le président sortant Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba. Le dépouillement, jusqu'ici, donne une confortable avance à M. Kabila.
Mi-août, à quelques heures de la publication des résultats du premier tour, les troupes des deux candidats s'étaient affrontées au coeur de la capitale. On avait compté au moins 23 morts en trois jours.
Samedi, quatre personnes - dont trois civils touchés par des balles perdues - ont été tuées dans des tirs qui ont retenti pendant près de trois heures à la mi-journée dans la commune de la Gombe (nord de Kinshasa), près de la résidence officielle de M. Bemba.
Ces violences ont impliqué des policiers, des soldats affectés à la garde de M. Bemba et des jeunes des rues, dont certains étaient encadrés par des hommes du vice-président en civil, selon des sources sécuritaires congolaise et occidentale.
Dimanche matin, comme convenu la veille au cours d'une réunion entre représentants des deux candidats, de l'ONU, de la force européenne Eufor et des forces de sécurité congolaises, plus aucun militaire de M. Bemba n'était visible devant sa résidence officielle, où la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) a renforcé sa présence.
"Nous avons déployé 12 APC (blindés légers) autour de la résidence. La Monuc assure seule la sécurisation et tous les hommes de M. Bemba sont cantonnés" à l'intérieur de la résidence, a déclaré à l'AFP le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Stéphane Lescoffit.
Aux abords du cimetière de la Gombe, à une centaine de mètres de la résidence, une dizaine de gardes de M. Bemba ont toutefois été associés à la surveillance du secteur avec une quarantaine de militaires des Forces armées de RDC (FARDC), membres des nouvelles brigades de l'armée.
Ce dispositif mixte, mis en place samedi soir, est destiné "à rassurer tout le monde", a expliqué à l'AFP un officier occidental. "On a voulu associer les hommes de Bemba à la sécurisation du secteur pour faire descendre la pression".
"La réunion (de samedi) n'a rien donné, rien de concret. Il va bien falloir faire quelque chose", a estimé un autre diplomate, expliquant que le problème de la garde de M. Bemba, même cantonnée, continuait de se poser.
Le vice-président disposerait d'environ un millier d'hommes à Kinshasa, des militaires échappant totalement à la chaîne de commandement des FARDC.
Pour un officier occidental, rien ne sera réglé "tant qu'on aura 1.000 hommes en armes en plein coeur de Kinshasa, avec la peur au ventre, la peau au bout de leur fusil et aucune porte de sortie".
"Il y a une haine très forte entre les forces en présence" (les hommes de M. Bemba, la police et la garde présidentielle, estimée à plus de 5.000 hommes à Kinshasa, ndlr), a-t-il ajouté.
"C'est très calme ce matin", a-t-il reconnu, ajoutant que la situation pourrait se dégrader rapidement à Kinshasa où la population, majoritairement pro-Bemba, est "instrumentalisée depuis des semaines, convaincue qu'il va gagner" les élections.
Dimanche à la mi-journée, les habitants de la Gombe rentraient chez eux d'un pas tranquille, après la messe.
Dans le quartier du cimetière, où les tirs les plus nourris ont résonné samedi, vendeurs de pain et de journaux attendaient leurs clients habituels, déplorant unanimement les violences de la veille.
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Tirs à Kinshasa à l'approche du résultat de la présidentielle en RDCongo

KINSHASA (AFP) - 11/11/2006 16h36 - Des tirs ont retenti durant près de trois heures samedi à Kinshasa, aux alentours d'une résidence du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, alors que se poursuit la publication des résultats partiels du 2e tour de la présidentielle qui donnent l'avantage au sortant Joseph Kabila. Aux premières rafales d'armes automatiques se sont mêlés des tirs d'armes lourdes en provenance du cimetière dans le quartier administratif de la Gombe (nord), distant d'une centaine de mètres de la résidence officielle de M. Bemba, située de l'autre côté du Boulevard du 30 juin.
Les tirs ont cessé vers 12H00 GMT, selon un photographe de l'AFP.
Des militaires affectés à la garde de M. Bemba et postés près de la résidence ont affirmé à l'AFP que leurs hommes affrontaient des éléments de la Garde républicaine (GR, ex-Groupe spécial de sécurité présidentielle) à proximité du cimetière.
Un officier occidental a cependant indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, n'avoir pas "connaissance de déploiement offensif" de la GR et a ajouté que des tirs d'armes légères avaient été échangés aux environs du cimetière entre des policiers et des groupes de "shégués" (jeunes des rues), encadrés par des éléments en civil armés de la garde de M. Bemba.
"Il est difficile de dire qui a tiré et nous n'avons aucun bilan", a-t-il ajouté, précisant que la GR avait patrouillé dans la matinée mais ne s'était pas "engagée".
Le ministre de l'Intérieur de RDC, le général Denis Kalume Numbi, a prévenu en début d'après-midi que l'armée interviendrait si le calme ne revenait pas.
"La police contient la situation et l'armée va faire son travail si la situation ne se décante pas dans les heures qui vont suivre", a-t-il déclaré à la télévision nationale.
Le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), William Swing, s'est rendu dans l'après-midi à la résidence privée de Jean-Pierre Bemba, située au bord du fleuve Congo, accompagné du général sénégalais Babacar Gaye, commandant de la force de la Monuc, qui compte 17.600 Casques bleus dans le pays.
Selon une source diplomatique, M. Swing devait demander à M. Bemba d'appeler ses partisans au calme.
"S'il (M. Bemba) lance un message et que les gens l'écoutent, la situation va se calmer. Si la situation perdure, je crois que l'armée sera obligée d'intervenir", a ajouté le général Kalume, saluant l'intervention de M. Swing, dans son message télévisé.
Le général a accusé "quelques jeunes, avec des personnes en civil, déguisés, avec armes" d'avoir "tenté de perturber l'ordre".
Aucun bilan des tirs n'était disponible samedi après-midi. Des photographes de l'AFP ont vu un élément de la garde rapprochée de M. Bemba blessé et un policier tabassé par des "shégués".
"On fait tout pour calmer la situation. Nous sommes à une semaine des résultats du second tour" de la présidentielle, a assuré le directeur de cabinet de M. Bemba, Fidèle Babala, joint par l'AFP en fin de matinée.
La Commission électorale indépendante (CEI) doit annoncer d'ici le 19 novembre les résultats complets du second tour de la présidentielle du 29 octobre.
Mi-août, à quelques heures de la publication des résultats du premier tour, les troupes de MM. Kabila et Bemba s'étaient affrontées dans la capitale, faisant au moins 23 morts en trois jours.
Les incidents de samedi ont commencé dans la matinée quand des "shégués", réputés favorables à M. Bemba ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des véhicules, à un carrefour proche de la résidence du vice-président.
Des policiers les ont dispersés, notamment en tirant en l'air, avant de fuir les lieux, a constaté un photographe de l'AFP.
Des blindés de la Monuc, en position près de la résidence du vice-président depuis plusieurs semaines, n'ont pas fait mouvement. En fin de matinée, cinq autres blindés de l'ONU ont été envoyés en renfort dans ce secteur.
De son côté, la force européenne Eufor, qui dispose actuellement de 1.400 hommes à Kinshasa, est restée cantonnée dans ses quartiers et a fait décoller des hélicoptères, "pour surveiller la situation", selon son porte-parole, le lieutenant-colonel Thierry Fusalba.
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Quatre morts dans des tirs à Kinshasa, qui attend l'issue de la présidentielle
KINSHASA (AFP) - 11/11/2006 22h04 - Trois civils et un militaire ont été tués dans des tirs qui ont retenti durant trois heures samedi à Kinshasa, près d'une résidence du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, candidat au second tour de l'élection présidentielle.
Le gouverneur de Kinshasa, l'amiral Baudouin Liwanga a déploré samedi soir à la télévision nationale le décès de trois civils, "une femme et deux hommes", et d'un militaire au cours des violences de la matinée, sans détailler les circonstances de leur mort.
Il a interdit jusqu'à nouvel ordre "tout attroupement" dans la capitale et annoncé un renforcement des patrouilles de police.
Un précédent bilan de la police faisait état de deux civils tués par des balles perdues, et d'un étudiant et d'un policier grièvement blessés.
Ces violences interviennent alors que le camp Bemba dénonce des "erreurs systématiques" dans les résultats partiels publiés depuis le 5 novembre par la Commission électorale indépendante (CEI) et fustige une "démarche de tricherie". Les résultats partiels du 2e tour de la présidentielle continuent de donner l'avantage à son concurrent, le président sortant Joseph Kabila.
La CEI a annoncé samedi avoir procédé à des vérifications dans de premiers bureaux où les résultats sont contestés par M. Bemba et n'avoir trouvé aucune erreur ou irrégularité.
Ces contestations, faites notamment par voie de presse, ont exacerbé la tension à Kinshasa, où l'électorat est majoritairement favorable à M. Bemba.
Mi-août, à quelques heures de la publication des résultats du premier tour, les troupes de MM. Kabila et Bemba s'étaient affrontées dans la capitale, faisant au moins 23 morts en trois jours.
Samedi, les incidents ont débuté dans la matinée aux abords de la résidence officielle du vice-président, quand la police a dispersé des "shégués" (jeunes des rues) qui brûlaient des pneus et jetaient des pierres.
Le ministre de l'Intérieur, le général Denis Kalume Numbi, a indiqué que des policiers s'étaient alors heurtés à des "gens armés en civil".
Selon plusieurs sources sécuritaires congolaises et occidentales, la police a tiré en l'air pour se dégager, entraînant immédiatement le déploiement en force de militaires de M. Bemba devant sa résidence. Certains d'entre eux ont franchi le boulevard séparant la résidence du cimetière de la Gombe (nord).
Aux premières rafales d'armes automatiques se sont mêlés des tirs d'armes lourdes en provenance des abords du cimetière.
Des militaires de M. Bemba postés près de la résidence ont affirmé à l'AFP que leurs hommes affrontaient des éléments de la Garde républicaine (GR, ex-Groupe spécial de sécurité présidentielle) à proximité du cimetière.
Un proche de M. Kabila a catégoriquement démenti tout engagement de la GR samedi, ce qu'a confirmé à l'AFP un officier occidental.
En revanche, cet officier a indiqué que des tirs avaient pu être échangés entre des policiers et des "shégués", encadrés par des éléments en civil armés de la garde de M. Bemba, près du cimetière.
Devant la résidence officielle de M. Bemba, une cinquantaine de ses militaires ont abondamment tiré en direction du cimetière, à coup de lance-roquettes et de kalachnikov, a constaté un photographe de l'AFP.
Le général Kalume a prévenu en début d'après-midi que l'armée interviendrait si le calme ne revenait pas.
Les tirs ont cessé vers 12H00 GMT et un calme précaire est revenu dans l'après-midi.
Le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), William Swing, s'est rendu dans l'après-midi à la résidence privée de Jean-Pierre Bemba, accompagné du général sénégalais Babacar Gaye, commandant de la force de la Monuc, qui compte 17.600 Casques bleus dans le pays.
La CEI doit annoncer dans les prochains jours les résultats complets du second tour de la présidentielle du 29 octobre.
Selon des données compilées par l'AFP à partir des résultats partiels publiés samedi par la CEI et portant sur près de 80% des inscrits, M. Kabila recueille 59,6% des suffrages exprimés.
La Monuc, positionnée près de la résidence du vice-président depuis plusieurs semaines, a renforcé sa présence. De son côté, la force européenne Eufor, qui dispose actuellement de 1.400 hommes à Kinshasa, a repris ses patrouilles dans l'après-midi et maintient une surveillance aérienne de la capitale.
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Retour au calme à Kinshasa
Rédaction en ligne
samedi 11 novembre 2006, 22:45
Le calme est revenu samedi après-midi à Kinshasa. Dans la matinée, des rafales d'armes automatiques et des explosions avaient retenti pendant plusieurs heures. Deux civils ont été tués dans des tirs près de la résidence du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba.
La circulation, un moment interrompue, a repris sur le boulevard du 30 juin, la principale artère de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), dans le quartier de la Gombe, a indiqué un journaliste de cette radio parrainée par les Nations Unies. " Nous sommes arrivés à rétablir le calme ", a assuré le ministre de l'Intérieur dans le journal de 16h00 (même heure en Belgique) de Radio Okapi.
Dans la matinée, des tirs d'armes légères puis de mortiers avaient été entendus à proximité d'un cimetière situé sur ce boulevard, à une centaine de mètres de la résidence officielle du vice-président Jean-Pierre Bemba, entre des policiers et des groupes de "shégués" (enfants de la rue), encadrés par des éléments en civil armés de la garde du vice-président et rival du chef de l'Etat sortant Joseph Kabila à l'élection présidentielle. Les policiers sont intervenus lorsqu'un groupe de jeunes " a tenté de perturber l'ordre public ", pour les disperser, a indiqué le ministre. " Ils ont essuyé des coups de feu et un policier a été blessé ", a précisé le général Kalume. Il a aussi fait état d'arrestations sans en préciser le nombre. Il a ajouté que le chef de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), le diplomate américain William Swing, s'était rendu en début d'après-midi à la résidence privée du vice-président Jean-Pierre Bemba, située au bord du fleuve Congo, accompagné du commandant des Casques bleus de la MONUC, le général sénégalais Babacar Gaye, pour demander à M. Bemba d'appeler ses partisans au calme.
Selon des journalistes présents sur place, les tirs ont cessé vers 13 heures. Le journaliste de Radio Okapi a précisé que les écoliers avaient pu sortir des écoles et que la circulation avait repris sur le boulevard du 30 Juin. Quatre personnes, trois civils et un militaire, ont été tuées samedi à Kinshasa, victimes de tirs près de la résidence du vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, a annoncé le gouverneur de la ville à la télévision nationale. L'amiral Baudouin Liwanga a déploré le décès de trois civils, " une femme et deux hommes ", et d'un militaire au cours des violences de la matinée, sans détailler les circonstances de leur mort. Un premier bilan communiqué par le porte-parole de la police, le colonel Dominique Mandjenga, faisait état de "deux civils tués par des balles perdues" et de deux personnes (un étudiant et un policier) grièvement blessées. Le 20 août, à quelques heures de la publication des résultats du premier tour, les troupes des deux candidats s'étaient affrontées dans la capitale, faisant au moins 23 morts en trois jours et entraînant l'intervention de la force européenne (EUFOR) déployée pour sécuriser les élections. Cette fois, l'EUFOR, qui dispose actuellement de 1.400 hommes à Kinshasa, a fait décoller des hélicoptères, "pour surveiller la situation", a indiqué son porte-parole, le lieutenant-colonel Thierry Fusalba.
A 13 heures, l'EUFOR avait renforcé son degré d'alerte mais son intervention n'avait pas encore été requise. La force européenne ne peut intervenir qu'en quatrième échelon, après la police et l'armée congolaise, et la MONUC qui doit solliciter son intervention. Le porte-parole de l'EUFOR a souligné que la remontée de la tension était prévisible à l'approche de la publication des résultats.
Résultats
L'écart s'est stabilisé entre Joseph Kabila, en tête, et le vice-président Jean-Pierre Bemba, selon des résultats partiels du second tour de la présidentielle publiés samedi et portant sur près de 80% des inscrits. M. Kabila recueille 59,6% des suffrages exprimés, contre 40,4% à M. Bemba, selon des données compilées par l'AFP à partir des résultats de 136 des 169 circonscriptions du pays publiés sur le site internet de la CEI. Sur ces 136 circonscriptions, le taux de participation s'élève à 65%. Ces résultats portent sur 78,9% des quelque 25 millions d'inscrits. La CEI précise qu'il s'agit de résultats provisoires partiels, susceptibles de modifications en cas "d'erreurs matérielles" et ne permettant "aucune projection de tendance" concernant les résultats définitifs. Les résultats provisoires complets de la CEI sont attendus d'ici au 19 novembre. Les résultats définitifs seront proclamés par la Cour suprême de justice au plus tard le 30 novembre, après examen d'éventuels contentieux.
(d'après AFP et Belga)
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Des policiers congolais tentent d'éteindre un feu qui brûle lors d'affrontements avec des jeunes, le 11 novembre 2006 à Kinshasa

Un jeune lance des pierres sur des voitures, le 11 novembre 2006 à Kinshasa



Affrontements entre la police et des jeunes gens près de la résidence du vice-président de RDCobo, Jean-Pierre Bemba, le 11 novembre 2006 à Kinshasa

 
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