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Jossart Nyoka Longo : « Ina ke benda singa, yandi ke talaka na nima ve » (*)

C'est l'album de tous les symboles : il sort cinq ans jour pour jour après le passage de Zaïko Langa Langa au Zénith de Paris le 7 septembre 2002 le jour du 49ème anniversaire de Jossart Nyoka Longo . On serait tenté d'ajouter que c'est aussi l'opus du renouveau, mais cela serait insultant pour l'orchestre. Par contre, c'est indéniablement une sorte de retour à des compositions musicales qui ont fait de Zaïko Langa Langa, une des références majeures de la musique congolaise. Une place au soleil que Jossart Nyoka Longo tente de sauver. «  RencontreS  » va peut-être dérouter plus d'un mélomane à la première écoute, mais les oracles lui semblent favorables… Jossart Nyoka Longo s'exprime sur tout cela et répond également à nos questions sur les absences notoires dans la réalisation de cet album : Jimmy Yaba, Nono Atalaku, Strelly Mikobi, Chou Lay, Papy Cockson, Bidjana, Mondial, Marcel Bakenda…

AFRIQU'ÉCHOS MAGAZINE(AEM) : Hier le 7 septembre, vous avez eu 54 ans, et votre album «  RencontreS  » est sorti le même jour. Cinq ans plus tôt, jour pour jour (en 2002), vous fêtiez votre anniversaire sur scène au Zénith de Paris. Simple coïncidence ?

JOSSART N'YOKA LONGO (JNL)  : Toute l'équipe qui a travaillé à la production et à la réalisation avait choisi la rentrée pour la sortie de l'album et la date choisie était le vendredi 7 septembre. Voilà aussi que nous venons de totaliser cinq ans en Europe, par la grâce de Dieu et avec la foi qui nous habite, avec la sortie de «  RencontreS  » nous croyons que c'est notre dernier virage pour retrouver nos familles et nos fans d'Afrique.

AEM : «  RencontreS  » est le titre de cet opus. En réponse à la question de l'une de nos consoeurs de la RTBF, vous avez fait allusion aux rencontres, bonnes et mauvaises que vous avez faites durant ces 5 années de séjour en Europe. Quelles auront été les bonnes rencontres ? Et les mauvaises ?

JNL :La première bonne Rencontre est arrivée au mois de janvier 2002 pendant la préparation de notre spectacle de Zénith lors du diagnostic de mon empoisonnement quand le médecin m'a révélé que cela faisait cinq ans que je vivais avec du poison et pas n'importe lequel. Il m'avait posé alors cette question : « Crois-tu en votre Jésus-Christ ? Si tu crois vraiment en lui, tu dois t'attacher à lui mais moi je ne crois pas en votre Jésus-Christ mais je sais qu'il y a un être supérieur au dessus de nous ». J'ai commencé alors à chercher à rencontrer mon Seigneur et mon sauveur car ce médecin m'avait soigné, les médicaments m'ont soulagé et c'est Lui seul qui m'a guéri. Une autre bonne rencontre est celle que je fais avec tous ces frères qui m'accompagnent dans mon cheminement : l'Abbé Lukelu Joseph et l'Abbé Jim, le groupe de prière de la Cathédrale Notre Dame de Lingwala, le frère Paul Balenza et les autres que je ne pourrai pas citer tous ici… Mes amis et frères Chirac Mondjo et Blaise Elenga qui m'ont aidé à la production de nos deux derniers opus «  Empreinte  » et «  RencontreS  ». IL y a tellement plusieurs rencontres que je ne peux malheureusement pas faire la liste ici et pour les mauvaises, je continue à prier l'Éternel mon Dieu pour qu'il touche toutes ces personnes et je leur ai déjà pardonné. Comprends donc que je ne puisse les citer sur la place publique.

AEM : De nombreux Zaïkophiles ont souvent réclamé le retour des anciens. Vous avez tenté de réintégrer O. Bapuis et Mary Jo, on connaît la suite. Avec du recul, quelle leçon avez-vous tirée de cette expérience ?

JNL  : Tu sais, il y a un adage de chez nous au Congo que le Cardinal Malula utilisait souvent : « Ina ke benda singa, yandi ke talaka na nima ve, ina ke benda singa yandi ke talaka na ntuala » ( Celui qui tire la corde ne regarde pas en arrière, il regarde devant).

AEM : Dans cet album, vous avez mis davantage l'accent sur les textes et opéré en quelque sorte un brusque retour au passé. Pensez-vous que le public, surtout les non-initiés, va suivre ?

JNL  : Aucune oeuvre humaine n'est parfaite et surtout en art. Mais nous avons opté pour ce retour en réponse aux différentes critiques que les mélomanes en général et ceux de Zaïko en particulier nous ont faites durant ces dix dernières années. Tout le monde est d'accord que les gens ne se retrouvent plus dans notre musique congolaise actuelle, les preuves sont là. Quand vous assistez à une manifestation des Africains ce sont les anciens succès de la musique congolaise qui sont joués à 80%. Par ailleurs, nos jeunes artistes musiciens d'aujourd'hui préfèrent mettre en exergue les titres de leurs rumbas interprétées à l'ancienne et la plupart de ces titres ont comme arrangeurs les artistes musiciens des anciennes générations.

AEM : Jimmy Yaba, un poids lourd de Zaïko LL, manque à l'appel dans cet album et son nom n'apparaît même sur la fiche technique. Qu'est-ce qui s'est passé ?

JNL  : Jimmy Yaba était indisponible durant les répétitions des chansons pour cet album, mais il était parmi les personnes qui ont défini la ligne à suivre pour sa réalisation lors de la séance d'autocritique et le choix de Bopol Mansiamina comme réalisateur sur le plan artistique. C'est Jimmy Yaba aussi qui a dirigé le montage des clips de cet album.

AEM : Une autre absence notable, celle de Nono Atalaku …Ce dernier était d'ailleurs censé réintégrer le groupe, il a juste joué le shaker et son nom n'est même pas mentionné sur la fiche technique.

JNL  : Dans le fichier que j'ai envoyé au graphiste pour la réalisation de la pochette, j'avais pourtant tout mentionné sur la fiche technique. Si tel est le cas, cela est peut-être une erreur de sa part. Que NONO Monzuluku veuille alors bien nous en excuser.

AEM : Pour les animations, vous avez justement préféré Lola à Nono atalaku. Est-ce parce que son style est passé de mode ou est-ce par simple stratégie ? Et que deviennent la paire des animateurs Papy Cockson - Bidjana ?

JNL  : Les animations de cet album sont du groupe de nos jeunes recrues de Kinshasa et c'est Lola qui les maîtrisait mieux au moment des enregistrements ; lors de notre dernier concert à Paris ce sont les autres animateurs (Papy, Nono et Doudou) qui sont intervenus. Autant dire que ces derniers sont toujours dans le groupe. Papy Cokson vit en Belgique et Bidjana en France comme Jimmy Yaba et Motingia.

AEM : Chou Lay, Thylon, Marcel, Strely, Mondial manquent également à l'appel. Peut-on en déduire qu'ils ne font plus partie du groupe ?

JNL  : Ils font toujours partie de Zaïko, mais nous avons voulu travailler avec un petit groupe des chanteurs pour cet album.

AEM : L'un des moyens les plus efficaces de promouvoir un album est de l'exécuter régulièrement en public, ce qui n'a pas été fait pour les deux précédents. En sera-t-il de même pour «  RencontreS  » ?

JNL  : Ceux qui vont assister aux prochains concerts de Zaïko Langa Langa, ( dont celui du 15 septembre 2007 à Melun ), auront le privilège d'écouter cet album en live, même nos jeunes recrues de Kinshasa interprètent déjà «  RencontreS  ». Je profite de cette interview pour les féliciter et les encourager. « Kala mingi te » (Dans peu de temps) la jonction sera faite

AEM : Qu'attendez-vous de cet album de vos 37 ans de carrière ?

JNL  : Qu'il soit la réponse aux attentes de tous les mélomanes avertis et j'attends aussi le reste du travail de la promotion de cet album qui doit être fait par ces nombreuses personnes qui ont toujours déclaré que Zaïko est l'un des patrimoines culturels du Congo en particulier et de l'Afrique en général. | Propos recueillis par Jossart Muanza (AEM© www.afriquechos.ch)

samedi 8 septembre 2007 par Jossart Muanza (AEM)

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