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QUAND MADILU SYSTEME DEPEINT LE RIDICULE DE LA SOCIETE CONGOLAISE DANS “ALBERTINE”

Lorsque Franco Luambo Makiadi alias Oncle Yorgho de Mi Amor s'éteint à Namur en octobre 1989 et que des funérailles grandioses à la taille d'un héros lui sont organisées à Kinshasa, un nom revenait sur toutes les lèvres : celui de Madilu alias Système. En effet, Radio trottoir diffusait, à qui voulait la suivre, mille commentaires sur l'attitude de celui qui était devenu, pour les dernières années du Grand Maître, plus qu'un acolyte, un vrai disciple. Depuis qu'ils avaient chanté «  Non  » , dont l'histoire du hasard est racontée par Madilu lui-même, Franco avait découvert dans la voix de Madilu, un alter ego avec qui il pouvait enregistrer des duos d'anthologie : « Non » , « Mamou 1 et 2 », « Mario 1 et 2 », « Réponse à Mario », « Makambo ezali minene, ezali bourreau » . Le Grand Maître, Madilu et les autres s'étaient alors exilés dans ce qu'on qualifierait de TP OK Jazz/Bruxelles. Lorsque Simarro Lutumba, présidant l'aile de Kinshasa, leur vole la vedette avec le jeune recru à la voix limpide, Carlito, qui s'immortalise avec des chansons en solo telles que « Maya », « Verre Cassé » puis dans un autre duo d'anthologie avec Pépé Kallé, le Grand Maître lui-même revint et repris avec Madilu, son compère et son complice, « Merci bapesa na mbwa » (un chien qui a capturé un gibier est remercié avec des os après la chasse fructueuse) de Lutumba. Les premières strophes de cette chanson chantée par Madilu - que Grand Maître interpelle, comme pour le réveiller de sa stupéfaction, « Système » introduits par la guitare balayée du Grand Maître et secondée par un accompagnement syncopée de Lutumba - ressemblent à un muezzin qui appelle à la prière matinale :

« Ata ko natungisaka yo tango tobandaka, kasi okokaki kozongisa ngai boye te, Nzambe… Ata ko ozalaka sûr na ngai te, kasi okokaki kosabauter ngai boye te na Kisasa… Ata ko ezalaka libala ya kobela kasi okokaki kopesa ngai ata mwa respect.»

(Même si je t'avais tant embêté lorsque je te faisais la cour, ce n'est pas ainsi que tu pouvais me remercier… Je prends seul Dieu à témoin… Même si tu n'étais pas si sûr de ma fidélité et de mon amour, tu ne devais vraiment pas faire de moi un objet de risée dans les rues de Kinshasa… Même si tu t'étais donnée à moi comme un cadeau, j'ai droit à un minimum de respect)

C'est alors que la voix du Grand Maître revient en charge, dans une vraie rescousse de celle timbrée de Madilu :

«Moto nini nabomela yo na kati ya famille, mama opesi ngai souvenir ya mabe boye… »

(Ai-je commis un meurtre dans ta famille pour que tu me quittes avec un tel mauvais souvenir…)

Toute la chanson devient cette recherche d'équilibre d'amour et de symétrie perdue, cette reconquête d'harmonie des deux voix, on dirait des deux anciens amants divorcés, soutenues par les accords parfaits et une polyphonie presque en sourdine, reprenant les refrains, dans un équilibre tout aussi parfait. C'est autant dire que le mariage de cœur et de raison dans le duo de Luambo et de Madilu, dans un OK Jazz, tout feu, tout flamme où l'on entrait OK et on sortait KO a engendré, avec la mort du Grand Maître un autre mythe : le mythe de Madilu Système, mokitani ya Luambo (le remplaçant légal), comme l'a chanté jadis Pascal Tabu Rochereau – Mokitani ya Wendo. A la seule différence que Wendo a continué à chanter et à arracher succès au crépuscule de sa vie alors que le prétendant « mokitani » a failli musicalement s'éteindre. Dieu merci que la politique soit venue à sa rescousse et redonner souffle et espoir à Tabu Ley dans une vraie course au pouvoir avant le dernier coup de sifflet. C'est certes toute autre historiette à dormir debout.

Rumba : Ecole Jef Kallé et Ecole Luambo

Mais, dans l'histoire de la musique congolaise moderne, l'époque de Wendo et consorts (Tango ya ba Wendo) est représentée par deux écoles de la Rumba : l'école African Jazz avec Grand Kallé Joseph Kabasele et l'école OK Jazz avec Luambo Makiadi Franco. Si la première école est une école de poésie et de chorale symphonique équilibrée, la seconde est plus une école d'une prose prosodique et satirique. Dans la première école il faudra déguster par exemple les chansons de Tabu Ley et même des autres ouailles d'Afrisa International qui se rattachent à cette école. « Fololo ya Gansia » de Kiesse Diambu par exemple est une belle petite poésie d'amour, découlant de l'école Jef Kallé :

« Lakisa ngai bolingo/namona na miso/nayoka nzoto ; babanda bolingo, toyoka se na nsango, lifuta se bana. E Memokin wapi lamoulu, e Makengele, lakisa ngai mino… Tala ngai na miso, nayoka yo elongi, nsuka ya molongo ; fungola elongi, marque ya koseka fololo ya Gansia… Bakende biyenga, balanda bilongi, bazonga maboko pamba. Likambo nayina na vie na ngai mobimba, Mobali ya kipumbulu».

(Donnes-moi des preuves visibles d'amour et que je m'en réjouisse ; les doyens en matière d'amour, nous dit-on, n'ont eu de souvenirs que des enfants. E Memokin où as-tu vu passer l'amour, e Makengele, souris-moi… Un clin d'œil de toi et je contemple l'apocalypse ; de toi, fleur de Gansia, je ne voudrais voir qu'un petit sourire aux lèvres… Ceux qui se sont perdus dans les réjouissances sans fin son revenu bredouille, comme je hais les hommes sans idéal de vie)

Au fil des albums et des compositions, les deux écoles continuent à survivre. Des jeunes talents venant toujours combler le vide laissés par les ainés qui quittent la scène ou qui souvent s'éteignent, sans emporter la muse. Entre les deux écoles, il faudra ne pas oublier la part de lion à accorder à la génération de la Rumba high-life commencée avec la Soukouss chez Tabu Ley, surtout après son Olympia. Après le passage de James Brown et de toute la musique d'inspiration américaine, c'est la génération dite de Zaïko, demarrer avec les « Trio Madjesi » qui est aussi une des grandes écoles musicales au Congo-Kinshasa. Les dernières danses « Kwasa-Kwasa », « Ndombolo », « Rumba Rock », « Mokonyonyo », « Kuku Dindon », « Zekete-zekete », « Sous Marin », « Mackanaky », avec les orchestres tels que Viva la musica, Langa-Langa Stars, Victoria Eleison, Quartier Latin et surtout les Wenge ne sont que des continuateurs.

Madilu, Mokitani ya Luambo

L'histoire de Madilu aux côtés de Luambo ressemble à un conte de fées. Après avoir souffert plus d'une décennie sans jamais voyager avec l'OK Jazz et sans jamais chanter au premier plan, sa voix concurrençant celle de son aîné Josky Kiambukuta, Madilu n'avait jamais perdu espoir et confiance en lui-même, attendant son heure et son temps. Il savait son étoile un jour briller. Et, lorsqu'une étoile se met à briller, c'est parfois de la façon la plus rocambolesque. Ce fut, pour Madilu, à Bruxelles, dans un Hôtel où ils étaient logés, alors qu'ils se préparaient avec des amis, à quitter l'OK Jazz et pour une fuite en Suisse. C'est, à plus d'une fois qu'il raconte cet épopée. Ayant oublié son passeport à l'hôtel, il revint le chercher, alors que ses amis, les fuyards, l'attendaient déjà dans la voiture. L'ayant récupéré et voulant franchir la porte de l'hôtel, il est appréhendé par Maître Luambo Makiadi qui, ne chassant rien du plan de sauvetage de ses ouailles, pris Madilu pour l'aider à enregistrer sur magnétoscope, un morceau qui lui venait à l'esprit. Ils montèrent dans la chambre de Luambo et, pendant que Luambo grattait les premières cordes de la guitare de ce qui allait devenir leur premiers opus, Madilu reprenait, après Franco, les premières paroles de « Non » que le maître lui dictait. Une fois terminé, Luambo pris la bande magnétique du draft pour l'écouter dans sa voiture comme il sortait avec sa femme. C'est dans la voiture, dès les premières minutes de cette chanson que la femme de Luambo, en bonne inspiratrice de son mari, interpella ce dernier en lui disant que la voix était très limpide et que si c'était la dite voix qui allait enregistrer avec lui la chanson. Elle pariait sur son succès. Parole de femme, conseils d'épouse, Luambo se décida alors de rebrousser chemin et d'approfondir l'inspiration et de ré-enregister le morceau avec Madilu. Madilu ne fut plus capable de fuir avec ses amis qui, fatigués de l'attendre, s'en allèrent. Ce fut le départ d'un duo que seule la mort de Luambo a interrompu.

D'ailleurs, dès le début, après la mort du Grand Maître, pour profiter des succès et de l'ombre de Franco, l'OK Jazz sous Lutumba Simarro, fait chanter Madilu a fond. Tous les albums et toutes les chansons de Lutumba ont le timbre vocal de Madilu. Comme à son habitude lorsqu'il fait chanter un artiste, on aurait pu dire que Lutumba composait pour Madilu. Aucun autre n'aurait pu ainsi mieux interpréter Dady Petrole, Eau Bénite, Cœur artificiel que Madilu. Hélas, cette voix ne resta pas dans l'OK Jazz pour perpétuer l'héritage du Grand Maître. Le démon de la division, encore lui, vint faire partir le gros lot de l'OK Jazz pour fonder Bana OK. Quand à Madilu, il n'avait plus de choix, comme il l'explique souvent, que de fonder son groupe, après que toute tentative de réconciliation avec ces anciens dans Bana OK n'avérait stérile. Comme une étoile du matin, Madilu devient aussi un grand dans cette musique des maîtres, des seigneurs, des rois, des seigneurs, des souverains. Aujourd'hui, incontestablement, Madilu est l'un des rois de la Rumba, la Rumba lui léguée par le Grand Maître.

Madilu le satirique comme Luambo

Et comme son maître, il a hérité de lui aussi l'art de faire la grande gueule. Madilu sait insulter et au micro, il est bavard. Il a l'art d'extrapoler, de raillerie et surtout de satire. A lui, et d'ailleurs à Franco aussi, s'applique cette sagesse latine : « Mores castigat ridendo » (On corrige les mœurs en les ridiculisant). Au fil des albums, « L'eau », « Bonheur », « Tenant du titre » , pour ne citer que ceux-ci, Madilu se met sur la lignée de Luambo. D'ailleurs, on pourrait établir un rapprochement entre les titres, les thèmes, les paroles, les paraboles, les hyperboles. Dans « Filipo » , qu'on rapprocherait bien de « V.W. » et « Liberté » de Luambo, Madilu chante de cette femme dont les plies et replies du bas-ventre ressemblent à un accordéon. La beauté et surtout la laideur des femmes deviennent une vraie peinture à vous faire casser les côtes comme Luambo qui peignait ces laides femmes aux visages saccadés et trébuchants.

Vivant dans une société congolaise aux valeurs morales en désuétude, le musicien, Luambo Makiadi et Madilu, devinrent des objecteurs des consciences, les musiciens qui savent interpeller la société. D'où, souvent, ils chantent et racontent (Mario, Mamou, Non) , ils parlent (Batubatuba bapanzi sango balobi Luambo akimi Kisasa ! Ale ! Ale ! Alé) , ils débâtent (12.000 lettres) . Et, l'une des meilleures façons fut de mettre un accent en enfonçant le clou dans le mal, en la dépeignent comme un bien, au point de scandaliser. Même la deuxième femme de Luambo qui vint remplacée sa première ne fut pas épargnée lorsqu'il chanta contre elle « Batela bana ya mbanda » (Prends bien soin des enfants laissées par ta co-épouse). Le pouvoir dictatorial de l'époque a eu aussi sa petite dose de railleries, des taquineries, de moqueries. Vrai ou faux, à en croire Radio trottoir, toutes les chansons chantées pour ou contre le « DG » s'adresseraient à Mobutu. Kengo wa Dondo, l'un des premiers ministres de Mobutu fut la cible de ces chansons aux rythmes des remaniements (Ozalaka moto DG, Lettre au DG, Tailleur)

C'est peut-être là que Madilu, plus que quiconque après Luambo, est son vrai « mukitani » (disciple). Il n'a pas d'égal. Madilu sait « insulter », comme son maître, il sait parler du mal de la société, il sait souligner, il sait colorer, il sait peindre et dépeindre. Les laides femmes s'en sortent les yeux baissés, les belles femmes sans bonnes manières partent avec la queue entre les pattes. Il faudra entendre « Filipo » qui rappelle « Non » de Luambo : « Mabele ekweya… libumu accordéon » .

L'une des chansons où Madilu Système excelle dans l'imitation de son maître est « Albertine. » D'ailleurs, le chiasme entre Mario et Albertina peut paraître déconcertant. Si dans Mario, c'est plutôt la femme qui se fait chanter son histoire, dans Albertine, c'est l'homme qui se dépeint ; si dans Mario l'identité de la femme « mère », n'est pas révélée, dans Albertine, c'est l'homme qui refuse de se faire révéler.

« Albertine », de quoi d'agit-il ?

Contrairement à « Albertina » de Wendo, « Albertine » de Madilu est l'histoire d'un jeune homme, qui ne révèle pas son identité, sans doute par crainte des épisodes célèbres Mario, chantée d'ailleurs par ce fameux duo d'anthologie Madilu-Luambo, dont l'histoire lui est semblable. Né en 1983, le jeune homme est tombé amoureux d'une madone/matrone née en 1952. La précision est de taille contrairement à Mario qui s'est fait aimer par « Mère », qu'on a jamais connu le vrai nom, devenant par ce fait un petit-poussin, dans Albertine de Madilu, c'est un vrai coup de foudre qui a fait tomber le jeune homme sous les charmes d'une femme âgée, un vrai coup de foudre, dit-il. Il ne demande que compréhension et refuse de savoir et pouvoir s'expliquer. Même si on lui faisait venir pasteurs et même le Pape de Rome en personne, il ne bronchera pas et ne cédera pas à ces morales tardives.

« Ata bobomi ngai koboma, naboya ye te, Albertina abotami na 52 ngai na 83. Nalinga ye kolinga maman ! Albertina e. Bino baninga na ngai bozali kokamwa pamba, bozela mokolo ekoyela bino, nde bo ko comprendre ngai. Mpo yango ezali coup de foudre, ezali bolingo ya solo. Ata bobengi ngai ba pasteurs, natika ye te ; ata bobengi Papa wa Roma, ce n'est pas la peine. »

(Même si vous me tuerez, je ne divorcerai jamais avec Albertine, même si elle est née en 1952 tandis que moi, je suis né en 1983. Je l'aime à mort ! Albertina. Vous autres, mes amis, peine perdue si vous vous étonnez de ce qui m'est arrivé. C'est un coup de foudre, vrai amour. Même si vous appelez des pasteurs ou même le Pape de Rome, ce n'est pas la peine).

D'où son refrain :

« Ngai nakosenga se losambo na Yawé, apesa ya ngai molongani mpo tofanda, lelo nazwi e oyo ya ngai wa motema, nakomi moumbu, na mpasi na bisengo tokofanda »

(Jadis ma prière à Dieu était de me donner une femme à aimer pour l'éternité. Je suis parvenu à avoir une que j'aime dans les moments de bonheur comme dans les malheurs, au point de devenir esclave)

Mais, il se sent un besoin d'expliquer, ou, de condamner la société et de la demander de revenir sur le droit le chemin, l'injustice est révoltante.

« Ba papa na biso ya 70 ans bazwaka bana ya 18 ans, soki ngai naluli Albertine mpo azali mwana ya 52, mabe ezali wapi, mpo na nini injustice boye. »

(Nos papas de 70 ans marient, prennent et sortent avec des filles de 18 ans, mais est-ce un crime que je sois tombé amoureux d'Albertine même si elle est née en 1952 ! »

Madilu, dans un rire moqueur appris de son maître, comme le fait Luambo dans « Lettre au D.G. » ( Ba tuba-tuba bapanzi nsango balobi Luambo akimi Kisasa : Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! – les commères ont propagé des bobards disant que loi Luambo j'ai fuis Kinshasa… Quelle histoire ! ) S'esclaffe et extrapole :

«En tout cas problème oyo, soki ONU asilisi ba problèmes ya ba guerres oyo ezali na ba mboka, il faut atala problème oyo ».

(En tout cas, après tous les problèmes des guerres et des processus de paix tant négocié et traité par l'ONU, elle devrait s'occuper de ce problème, tant l'injustice est criante)

En fait, dit Madilu, est-ce le ridicule du petit monsieur ainsi amoureux d'une femme ayant presque l'âge de sa mère ou c'est tout le ridicule de la société toute entière qui tolère l'inverse et agit par la loi de deux poids, deux mesures.   Pour en arriver là, Madilu commence sa chanson par dépeindre ce qu'il conviendra d'appeler « l'amour selon Madilu Système » . Elle se résume en des principes :

Mpo na la vie na ngai, nalela na ngai bolingo, nalela na ngai l'amour, nasuki na mwana oyo, akomisi ngai zoba. Motema mosi(li) molingi, nzoto ekoti nyongo, ekobenda ngai…kasi molimo ekoboya… Bolingo ezali mpo ya mbongo te, nkisi te, tofungola mitema…

Babale balingani e, ya solo botika, soki bolobi bokabola bango, mosusu mpo atika moninga, ata akuti ye na mbanda, ezalaka mpasi, ngo…

(Dans ma vie, je suis partisan d'amour véritable, mais cette fois-ci, c'est la fin du conte des fées. Le cœur est déjà tombé amoureux, le corps lui-même a eu une dette d'amour, même si l'esprit ralenti le mouvement… L'amour n'est pas une affaire d'argent, ni de fétiches, restons confiant …

Lorsque deux personnes s'aiment, inutile de vouloir et de pouvoir le leur interdire, même si un partenaire surprend un autre avec un rival, il lui est difficile de faire marche arrière… )

Mais, le disant, il est conscient du rôle des parents et autres ainés, dont les conseils, en matière d'amour, sont toujours à prendre en considération.

Baboti ntango mosusu bazali kopekisa ngai, keba mwasi yo okei kobala ! Fungola matoyi ma yo, ozali naino mwana. Kolinga mwasi na mokili mpo na kitoko te, caractère ejujaki na miso ya bato. Basusu bazwa bilembo…Déception oyo nazwa epesa ngai mayele

Très souvent, des parents nous prodiguent des conseils à ce sujet. Fais attention avant de ta marier, surtout lorsque tu es encore jeune. On ne marie pas une femme à cause de sa beauté, mais plutôt à cause de son caractère pour éviter le ridicule aux yeux des autres. L'amour a laissé nombreuses personnes avec de mauvais souvenirs… Je tire actuellement des leçons de es déceptions antérieures..

Le plastique

Fait de forme et de contenu, fait du message et des plastiques, l'œuvre musicale fait s'analyse aussi par les instruments qui l'accompagnent. Une fois encore, dans Albertine, Madilu s'inscrit, comme il le fait dans tous ces albums, comme disciple de Luambo et élève fidèle de l'école OK Jazz. Les guitares, les solos, les accompagnements et les basses viennent accompagner les paroles et ne les étouffent pas. On distingue les paroles. On comprend ce qui est dit et chanté. Elles ne sont pas en sourdine, comme chez Koffi Olomidé, ou donnant l'impression d'être au-dessus de la gamme, comme chez Papa Wemba.

Lorsque le vers ou la strophe s'achève decrescendo, la guitare solo rétablie l'équilibre crescendo. Souvent, les instruments s'étouffent au point de donner l'impression de s'éteindre, le bon moment pour le chanteur de commencer une nouvelle strophe. D'ailleurs, la strophe qui donne le sens à la chanson est introduite par « Na ! na ! na ! na ! na ! na ! » , ponctués par des guitares syncopées, pour solliciter attention au récit.

Comme il le dit souvent, Madilu veut faire danser la Rumba. Or, celle-ci se goûte et se danse avec le « Sebene » . Le Sebene de « Albertine » est ponctué des conseils, des avis et, certes, des « Mabanga » (dédicaces), car Madilu s'inscrit aussi dans la nouvelle mode de la musique congolaise moderne qui voudrait que les « phénomènes » soient ainsi chantées par les musiciens.

Si vous voulez donc goutter à la bonne Rumba qui vous ferra rêver et penser à Luambo Makiadi, il ne vous faudra que chercher du Madilu. Mais, ne pas oublier qu'il existe aussi d'autres maîtres de la Rumba. Une fois mort, un roi laisse toujours des princes et des princesses. Cependant, l'un d'eux certes règnera et gouvernera. Madilu est pour la Rumba le vrai Mokitani ya Luambo… Ainsi va la Rumba. Les hommes passent, mais la Rumba demeure et demeurera. Madilu le sait, c'est peut-être pour cela il termine Albertine en prenant à témoin ou en invitant à tous de ne pas oublier un autre acolyte des grands : ‘'Pure Petit na ngai le Grand Mopao, oyoki kolo Rumba ? Ntotila dia Kongo, Pharaon, Madilu Système” (Mon petit bien aimé [Koffi Olomide] le Grand Mopao, entends-tu les mélodies sortant du maitre de la Rumba ? Le roi du Kongo, Pharaon, Madilu Système).

Norbert X MBU-MPUTU

Newport ( Wales ), United Kingdom


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