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NOTES DE LECTURE

HONORE NGBANDA EVENTRE LE BOA !

Honoré NGBANDA Nzambo, Crimes organisés en Afrique Centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux , préface de Charles Onana, Paris, Editions Duboiris, 2004, 456.

Le livre que vient de publier Honoré Ngbanda Nzambo n'est pas un oracle divin. Mais, dans l'histoire titubante de la République Démocratique du Congo le livre d'Honoré Ngbanda est un vrai boa éventré, une vraie sonnette d'alarme. Parce que le livre lui-même est une succession des secrets d'Etats, secrets qui, comme on le sait, ne sont souvent révélés que des décennies après.

L'auteur réfute les critiques à priori

Lorsqu'on connaît le cursus honorum de l'auteur, ambassadeur de la RDC en Israël (1982-1985), ministre de la défense (1990-1992) et surtout conseiller spécial en matière de sécurité de Mobutu (1992-1997), les révélations qu'il fait, même si elles ne doivent pas être considérées comme des paroles d'évangiles, valent la peine qu'on s'y attarde, qu'on réfléchisse et appellent surtout à une mobilisation générale.

Certes, devant la mauvaise gestion du système Mobutu, on est poussé, à juste titre, comme d'aucun l'ont dit, de balayer les propos contenus dans ce livre pour la simple raison que l'auteur a les mains sales de la mauvaise gestion politique de Mobutu et de lui demander des comptes à nous rendre. Mais, comme l'écrit l'auteur, il y a aujourd'hui plus urgent : un pays, la RDC, la nation est menacée dans ce qu'elle a de plus sacré : son intégrité territoriale. Dès lors, la sagesse n'exige-t-elle pas d'abord de taire nos différents et de se serrer les coudes pour sauver la res publica en danger, puis de revenir, une fois la nation sauvée, autour d'une table pour laver les linges sales en famille ? Il écrit : « Il est donc important d'éviter de rejeter en bloc une œuvre sans discerner ce qui est positif de ce qui est négatif en elle. Même une erreur ou un échec peut nous servir, ne fut-ce que pour tirer une leçon. Les Français ont aboli la monarchie, mais ils n'ont pas détruit Versailles » (29). Plus loin, il revient à la charge : « Le témoignage que je donne ici n'est donc pas le fruit d'une simple imagination ni d'une information de seconde main. C'est le résultat de mon expérience personnelle à l'intérieur d'un dispositif qui s'est construit secrètement, loin du regard des hommes et des médias, avec des complicités et des alliances secrètes, qui échappent aux prétendus spécialistes du Rwanda et des pays des Grands Lacs dont les écrits inondent aujourd'hui les rayons de librairies » (89)

Stupéfaction

Le préfacier donne le ton lorsqu'il écrit dès les premières lignes : « Voici sept ans que le peuple zaïrois vit un véritable cauchemar dans l'indifférence générale. Depuis l'éviction du président Mobutu en 1997, l'ex-Zaïre, aujourd'hui République Démocratique du Congo (RDC), est livré aux pilleurs et aux trafiquants d'armes, de diamants, d'or, de cobalt et de coltan » (5).

Information et communication : règle d'or

Sachant et ayant été témoins et acteurs de plusieurs secrets d'Etat, Ngbanda se sent un devoir patriotique d'aider la nation en sa manière, en mettant à la disposition des congolais, un flux d'informations secrets, pour aider à une vraie nouvelle prise de conscience de la profondeur et des ramifications du complot contre la Nation. Aussi sa règle d'or devient ces paroles de l'Evangile : Non possumus non loqui ! Nous ne pouvons pas ne pas parler. Il conviendrait peut-être de commencer à le lire par la fin. Il contient de la page 385 à la page 449, 23 annexes qui sont des lettres secrets, des Emails échangés entre James Kabarebe, l'actuel chef d'Etat major de l'armée rwandaise et Azarias Ruberwa, le vice-président de la république et autres documents explosifs qui, si nous étions dans une république sérieuse, auraient occasionné une vraie commission parlementaire pour que le vice-président s'en explique, ou si nous étions à Rome, in illo tempore , ces révélations auraient suscité, si elles s'averaient qu'elles sont vraies, au sénat et au parlement, des orateurs genre Cicéron, pour crier : « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? » (Jusqu'à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ?).

Parce que la RDC est aujourd'hui menacée dans son intégrité, l'auteur essaye de montrer comment une telle entreprise a été réfléchie, comment elle a fonctionné, comment elle fonctionne, qui en sont les différents acteurs, à différentes périodes, documents secrets, rencontres secrètes, personnalités divers à l'appui. Ce sont donc des noms, des dates, des lieux, des comptes-rendus. Aussi, Ngbanda commence par la vérité première d'où découlent toutes les autres : les nouvelles guerres congolaises ont pour origine première la constitution ou le rêve de la remise en question des frontières héritées de la colonisation, pour la création de l'Empire Hima ou la Grande République des Volcans pour les Tutsi, entreprise dont le schémas final prévoit l'annexion d'une grande partie du territoire de la République Démocratique du Congo comprenant le Nord et le Sud Kivu . C'est, aux dires de Ngbanda, le grand rêve de Paul Kagame. « Que l'on ne s'y méprenne pas ! Ce plan est réel et il est en passe d'aboutir ! » (43). Ngbanda en donne, entre autre, pour preuves ces déclarations du général Dallaire contenues dans son livre J'ai serré la main du diable. La faillite de l'humanité au Rwanda.

Il faudra une prise de conscience des congolais. L'auteur sait l'entreprise de longue hellène, parce que les lobbies tutsi ont infiltré, surtout par leurs célèbres jeunes filles, l'international et « tous congolais qui ont élevé la voix pour dénoncer cette manœuvre frauduleuse d'infiltration visant à annexer notre territoire ont payé de leur vie leur bravoure » (58). Des exemples sont légions, écrit-il, et les congolais évoluant au sein du RCD en savent plus.

De Mobutu à Museveni : Et tu quoque filii mii !

Si telle est la vérité première, l'auteur analyse les chemins d'une telle annexion programmée. Elle passe par Youweri Museveni, le président ougandais, décidé par les Etats Unis, pour devenir le vrai maître de l'Afrique Centrale en lieu et place de Mobutu, déclassé. Intrigues politiques obligent, mais devoir de reconnaissance bafoué, Honoré Ngbanda explique comment le sieur Museveni a pu accéder au pouvoir à Kampala, ironie du sort, avec la bénédiction et l'appui stratégique et matériel du même Mobutu ! On se croirait dans l'empire romain au premier siècle avant et après Jésus-Christ. C'est d'ailleurs, révèle l'auteur, le sens de la phrase de Mobutu, disant qu'il a été poignardé dans le dos, comme César succombant au sénat, voyant Brutus parmi les conjurés (Et quoque filii mii ! et toi aussi mon fils) . Hélas, les planificateurs mondiaux n'ont ni coeur, ni conscience chargée. Devant les intérêts, écrit Ngbanda, les vies humaines africaines n'ont aucune valeur. Il s'en explique, sans ambages : « Un soir du mois de juillet 1985, alors que j'étais responsable des services de renseignement, l'un de mes adjoints, M. Médard Aka Ogbongo vint à ma résidence privée de Gombe à Kinshasa. Il était accompagné d'un homme de taille moyenne à l'aspect timide. Habillé très sobrement, il affichait un sourire hésitant sous l'allure d'un félin. Il semblait surtout ravi de me rencontrer. On aurait dit qu'il attendait ce moment avec impatience. « Voici Monsieur Youweri Museveni dont je vous ai présenté la fiche ce matin », me dit mon collaborateur en guise de présentation » (85). Il l'amena donc auprès de Mobutu qui en fit son protégé et, conclut l'auteur, depuis ce jour-là, Mobutu chargea Ngbanda de l'encadrement de son nouveau protégé et, en collaboration avec les services secrets britanniques et kenyans, un pont aérien fut organisé par les services secrets congolais entre Londres, Nairobi et Kisangani pour transporter les armes et munitions destinées à la  National Resistance Army , la rébellion de Museveni, composée à majorité par les tutsi et nombreux rwandais du FPR, dont Paul Kagame, jusqu'à son accession au pouvoir le 1 er août 1986, renversant le président Milton Obote.

Kigali 1990 : guerre d'éléphants

C'est ce noyau tutsi de Museveni qui organisa la première intervention du FPR à Kigali pour renverser Habyarimana, tentative qui fit contrecarrée par les forces de Mobutu dirigées par le général Mayele en 1990, avec une assistance logistique de la France. Hélas, conclut l'auteur, cette intervention était en fait un affront aux Etats-Unis, ou mieux, une vraie déclaration de guerre. Car, Washington avait fait atterrir à Kampala puis à Kigali tous le matériel militaire venu de l'intervention échouée « Restore Hope » en Somalie. La guerre de leaderships entre américains et français se déroulent en Afrique. L'auteur ne fait pas de chantage, car, à ses dires, c'est l'ambassadrice des Etats-Unis à Kinshasa, Madame Melissa Wells, qui le fit signifier ouvertement dans un lapsus. Kampala et Kinshasa devinrent des lieux de tumultes diplomatiques au sein des ambassades et autres envoyés spéciaux dont les accréditations furent refusés de part et d'autres. Seuls les agents secrets renforcèrent leurs capacités d'intervention et de travail.

Bill Clinton

Mais, cette volonté et ce rêve de l'empire Tutsi eut un bon terrain en la personne du président Bill Clinton, jeune démocrate remplaçant Bush, le républicain et ami de Mobutu, dont les propos depuis son élection signifièrent clairement qu'il ne voulait plus de Mobutu. Ce plan américain fut officialisé par le président Bill Clinton à travers la signature en 1995 de la fameuse « Africa New Opportunities Act », car « Ce document définit le programme d'exploitation et d'exportation des nouvelles ressources en Afrique servant les intérêts stratégiques américains. Cet acte hautement politique du président démocrate constitue le point de départ de la mise en conquête des réserves minières en Afrique en général et, dans la région des Grands Lacs et la République Démocratique du Congo en particulier » (229). Mobutu se savait marginalisé, selon un avis des ses amis de la CIA : la tempête allait s'abattre sur son régime, du changement de vent à Washington et de la bourrasque qui se préparait contre eux.

Le Rwanda, détonateur et Habyarimana, capra expiator

Il fallait ainsi, pour les uns et les autres, un détonateur qui fut vite trouvé dans le génocide rwandais. L'auteur, tout en ne niant pas le fait du génocide, en analyse les raisons et surtout les responsabilités internes, à partir des révélations secrètes et surtout des dernières confidences du président Habyarimana, car, à dire vrai, « La communauté internationale a traité l'assassinat des deux présidents rwandais et burundais avec une indifférence qui frise le mépris et qui soulève des interrogations » (121). Ces entretiens qui eurent lieu le 4 avril 1994 à Gbadolité entre les présidents Mobutu et Juvénal Habyarimana, en présence de Ngbanda, révèlent le secrets des actions et dessous des cartes d'un plan machiavélique de longue date, avec plusieurs ramifications, plusieurs étapes, avec comme point culminant l'assassinat de Juvénal Habyarimana. Il se savait dans un étau, comme il l'expliqua à Mobutu et à Ngbanda. D'une part les durs Hutu qui croient qu'il voulait les abandonner et, de l'autre côté le FPR qui manipulait l'opinion et qui avait un vrai soutient dans tous les milieux internationaux et diplomatiques. Juvénal se sentait un homme sacrifié, entre deux feux, entre les eaux. Pour preuve, les propos des ambassadeurs de la Belgique et des USA lui disant : « si vous ne partez pas du pouvoir, vous ne serez pas chassé, mais que votre cadavre sera traîné dans les rues de Kigali » , propos repris, comme le rappelle l'auteur, le matin du 29 avril 1997 à Kinshasa par l'ambassadeur Bill Richardson comme ultimatum de Clinton à Mobutu : « Nous ne voulons pas voir votre cadavre demain traîné dans les rues de Kinshasa » (133).

D'où, la décision prise ce jour-là par Mobutu d'envoyer Ngbanda à Kigali aider Habyarimana. Hélas, il n'y arrivera pas parce que ce dernier fut assassiné le 6 avril 1994, au retour d'Arusha, dont les accords signés furent orientés pour dépouiller Habyarimana de tout son pouvoir le donner au FPR. Ce plan de son assassinat, l'ex président rwandais l'a révélé à Mobutu que l'un des informateurs, espions auprès du FPR, lui a révélé que l'exécution de ce plan n'était qu'une question de jour.

MINUAR : non-ingérence coupable

Mais la réussite d'un tel plan a besoin des complicités internationales, jusqu'au plus haut niveau des Nations Unies qui, on le sait, se trouvait présent, par la force de la MINUAR. Les analyses et les révélations montrent aujourd'hui que la MINUAR ne fut pas neutre. Elle était complice, même dans son silence.

C'est, ajoute l'auteur, des leçons à tirer pour les congolais, qui doivent savoir que la MONUC en RDC, pour ne prendre que ce cas, ne va certes pas rouler pour les intérêts des congolais. Les congolais doivent le savoir, avant qu'il ne soit trop tard. Pour exemple, comment est-il possible, pour la MINUAR, les Nations Unies, d'accepter et de contraindre le président Habyarimana de supprimer la piste 10 de l'aéroport de Kigali, sur demande expresse du FPR, pour ne laisser opérationnel que celle de l'axe Massaka, la piste 28 Est avec atterrissage (direction 280°) où a été abattu l'avion Falcon 50 le 6 avril 1994 ! Ngbanda écrit : « Les mêmes causes produisant les mêmes effets, c'est ce qui explique aujourd'hui le laxisme de la MONUC vis-à-vis des crimes et de l'arrogance du Rwanda dans notre pays (…) Il faut comprendre que ce comportement de la MONUC n'est pas un accident de parcours, mais qu'il obéit à une logique mise en place par les stratèges de Washington pour atteindre des objectifs politiques inavoués dans la région des Grands Lacs » (199-200), objectifs qui obéissent à la défense des intérêts américains et bénéficient, comme au Rwanda, des complicités à l'intérieur même du pouvoir congolais.

Le génocide, cassus belli, doit aujourd'hui être relu et corrigé, surtout avec toutes les révélations actuelles. Pour l'auteur, le FPR en est le premier responsable du génocide surtout ayant su qu'une telle mort serait le début des massacres à grandes échelles. Mais, l'actuel président rwandais, Paul Kagame, et le FPR, en avait besoin pour leur pouvoir, pour satisfaire leur appétit de lorgner la RDC voisine. D'où, toute l'orchestration du génocide. La mort du président Habyarimana était ainsi pour la RDC un vrai signe indien.

La France dans la guerre froide

La France, du reste, n'est pas restée bras croisés. Ensemble avec Mobutu, des actions diplomatiques, via le lobby Pasqua-Foccart, amis de Mobutu, ont été menées pour mettre fin à cette mainmise des USA en Afrique Centrale. Hélas, les contextes avaient changés et les forces étaient inégales. Même l'opération Turquoise fut mise en place par la France et le Zaïre de Mobutu pour sauver ce qui pouvait encore l'être.

Les Interahamwe, un alibi…

Des lors, le plan de départ évolua vers une autre psychose annexée au génocide : les fameux « Interamwe ». Tout en rappelant l'existence au sein du FPR d'un alter ego des « Interahamwe », les « Inkontanyi » , l'auteur conclut que « Si les « Interahamwe » et les « Maï-Maï » n'avaient pas existés, Kagame les aurait sûrement inventés » (275). Car, il utilise la présence des Interahamwe, l'extermination des tutsi-congolais et l'existence des Mai-Mai comme alibi a toute intervention rwandaise au Congo-Kinshasa.

AFDL – RCD – Général Mayele : marionnettes

Mais, pour intervenir au Congo, ou mieux, pour satisfaire les appétits gloutons de piller le Congo et de le déstabiliser, dit Ngbanda, Kagame et son lobby ont eu besoin des marionnettes. La première de cette marionnette fut l'AFDL dirigée par Kabila. Il fut le pion présentéde par Museveni aux américains, malgré la méfiance de Kagame. Car, le même Kabila avait un contentieux litigieux avec la CIA : « Dans les années 65, il avait pris des citoyens américains en otage et avait exigé une rançon pour leur libération. Les Américains ne lui avaient jamais pardonné ce comportement, précurseur du terrorisme actuel » (211). L'implication des Américains dans la débâcle de l'armée de Mobutu fut manifeste non pas seulement par la corruption du Général Mayele, sacrifiant son armée sur la table de ses intérêts, mais les satellites américains aussi furent utilisés pour servir d'éclaireurs aux envahisseurs rwandais et autres.

Les multinationales

Chacun tirant la couverture de son côté dans ces guerres, ce sont les multinationales qui en tirèrent et en tirent la part de lion avec, du côté des occidentaux des sociétés comme la Consolidated Eurocan Ventures , société canadienne s'intéressant au cuivre et cobalt ; Barrick Gold Corporation , deuxième société mondiale dans la production de l'or, société canadienne ; Anglo American Corporation, société sud-africaine de production d'or ; American Mineral Fields Inc , société américaine dont le siège est en Arkansas, fief du président Clinton ; American Diamonds Buyers , intéressé dans l'achat de diamant, et actuellement avec la Gecamines. Propreté privée du clan Mugabe. Ces pillages sont contenus dans tous les rapports des différentes commissions instituées par les Nations Unies.

Pistes et solutions

Comment éviter de tomber dans ce guet-apens et comment s'en sortir ? L'auteur propose quelques pistes. Il faudra d'abord, écrit-il, éviter la xénophobie pour ne pas donner une occasion à Kagame de venir au Congo. Puis, c'est un impératif d'avoir une armée vraiment stable et républicaine car, écrit l'auteur, « Ce qui me convainc que la seule solution à court, à moyen et à long terme pour dissuader Kagame de pérenniser son exploitation illégale et arrogante des ressources de la RDC, est de lui opposer une forte armée nationale congolaise capable de le tenir en respect dans ses collines à Kigali. Car Kagame a planifié une stratégie pour retarder toutes les solutions de paix en RDC. Même la constitution de cette armée congolaise dont je parle ne se fera pas sans obstacles. Elle connaîtra de sérieux problèmes à cause des pièges déjà tendus par l'homme fort de Kigali. Certains responsables militaires congolais du RCD m'ont confirmé la constitution de quatorze bataillons rwandais bien formés auxquels Kigali a donné l'étiquette « congolais. » Ce sont des bataillons qui se présentent aujourd'hui comme étant des « Banyamulenge ». C'est dire que nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge ! » (275) « Il est temps que les Rwandais nous respectent et restent dans le périmètre de leurs frontières nationales ». (282). Quant aux Interahamwe, une des solutions est de les localiser, de désarmer toutes les forces négatives pour toute la région des Grands Lacs que sont les ex-FAR et les Interahamwe. C'est ici que le rôle de la communauté internationale est appelé de tous les vœux, elle qui doit aider à l'organisation d'une conférence internationale de la sous-région.

Le fameux 1+4

Quand à la solution politique actuelle symbolisée par l'accord de Sun City dans le schémas 1+4, l'auteur écrit : « une véritable tour de Babel dont les contradictions apparaissent au grand jour, en plein conseil du gouvernement, au cours des manifestations publiques, et même, au plus haut niveau de « l'espace présidentiel », dans la représentation du pays à l'étranger ! » (316), avec comme objectif principal rêvé de Kagame de placer une marionnette congolaise, à défaut d'un Rwandais pur sang, à la tête de la République Démocratique du Congo.

Révélations Top Secret

On a la chair de poule en lisant ce livre, lorsqu'on tombe devant les pages où l'auteur décrit la façon la plus manifeste utilisée par Kagame pour diriger la RDC via Azarias Ruberwa et Bizima Karaha. L'auteur qui, il faudra le souligner, malgré la chute de Mobutu, fait encore fonctionner tout le réseau secret de part et d'autres des frontières, ne s'en cache pas sur ses sources. Un des Emails par exemple révèle la présence des infiltrés érythréens et autres, infiltrés comme commerçants, dans le territoire congolais, avec des missions bien précises, notamment des assassinats, et aussi cet autre Email du général James remerciant Ruberwa pour le passeport congolais lui envoyé.

En guise de conclusion : la nationalité

Comment s'échapper ? L'une des priorités est la vraie réconciliation des cœurs de tous les congolais, ciment de l'unité nationale. Mais, Ngbanda ne pouvait terminer ce livre sans parler du problème de la nationalité. C'est un faux débat actuellement car le Rwanda, la première peur congolaise en la matière, a prévu dans sa nouvelle constitution que « La nationalité rwandaise d'origine ne peut être retirée. Nul ne peut être privé de sa nationalité ni du droit de changer de nationalité » . Ainsi, « Les personnes d'origine rwandaise et leurs descendants ont le droit d'acquérir la nationalité rwandaise s'ils le demandent » .

Après des questions au sujet d'un projet de société pour demain, de l'élite et de la jeunesse pour demain, l'auteur termine son ouvrage par ce cri de coeur : « Levons-nous et bâtissons ! »

Julius Gaius Caesar Mfry-Mazay

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