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PLEIN FEU SUR L'IMMÉDIAT AVANT-ÉLECTION EN RDC : LE COMPATRIOTE DJO MWAMBA INVITÉ DE LAMBERT OPULA MWAMBA

Lambert Opula (L.Op) : Monsieur Mwamba, pourriez-vous vous présenter sommairement à l'opinion congolaise?

Djo Mwamba (D.M.)  : J'interviens souvent et strictement en tant que simple citoyen kongolais, bien qu'il m'arrive parfois de le faire en tant qu'un des membres fondateurs du think-tank CDF ou Congo Défense Fund qui avait et a pour vocation de faire échec aux envahisseurs et leurs pions kongolais (cela pourra expliquer le phénomène qualitatif de mon habituelle adhésion aux thèses rationnelles de la composante gouvernementale). Sinon, mes obligations professionnelles sont telles que je suis banquier aux Etats-Unis et exerce les fonctions de Vice-président, Senior Relationship Manager, and Operations and Crédit Administration Manager. Il m'arrive aussi occasionnellement, quand j‘ en ai le loisir ou le temps, d'enseigner à l'université certains cours tels que « International Finance Management », « The Economy of Money and Banking ». Je suis un fier père de trois enfants et heureux mari d'une seule femme. Je vis en dehors du pays depuis plus d' un quart de siècle mais trouve un plaisir énorme a revisiter le Kongo chaque fois que je le peux, malgré les signes tragiques de déchéance civique et économique constatée, pour préserver une compréhension intime de la terre de mes ancêtres.

À quelques semaines du second tour de l'élection présidentielle en RDC, le peuple n'a droit qu'à une campagne de «salissage» mutuel, axée sur l'injure et la diffusion des faux documents, quelle leçon tirez-vous sur la qualité des élites congolaises impliquées et des deux états-majors électoraux en présence?

Djo Mwamba : Dans le noir de la politique, toutes les robes d'honneur ou du déshonneur se ressemblent. La responsabilité revient aux citoyens kongolais d'utiliser la bougie intellectuelle et civique pour mettre en quarantaine l'imposture. Chaque état-major affiche dans son comportement politique l'étiquette de ses valeurs, mais le positionnement axe sur le « salissage » n'est pas un pont aux ânes autour duquel doit tourner en vain les électeurs kongolais. Le peuple sait faire la différence entre la substance et l'imposture.

L.Op. : Comment expliquez-vous l'absence de débat sur les stratégies de reconstruction du pays et la vision du développement?

Djo Mwamba : L'absence du débat ne nie en rien la présence de l'information. Celui qui cherche trouve. Les états-majors mettent à la porte du publique leur programme de société. Le site du PPRD vous livre les secrets sur le projet de société de Joseph Kabila, celui du MLC donne aussi ses grandes lignes. Le peuple kongolais doit s'armer d'avance du scepticisme nécessaire, non pas pour écarter la signification générale des idées propagées par chaque état-major politique qui sont d' autant bien valables mais pour saisir la valeur exacte du candidat en tenant compte de son parcours, ses promesses et ses réalisations. Il est question de soutenir celui qui a été constant dans ses promesses et devoirs envers le peuple kongolais et qui serait capable de nous guider vers une reconstruction ou une production industrielle susceptible de saturer les besoins de la nation kongolaise.

L.Op. : Pourquoi l'état-major de Joseph Kabila, le président sortant ne broche aucun mot sur son origine, alors que les passions nées autour de cette question contribuent à affecter la qualité du débat?

Djo Mwamba : La question est mal posée car elle même tombe victime du mythe sur le silence de Joseph Kabila ou celui de son état-major sur ses origines. Dans plusieurs interviews Joseph Kabila en fait mention; et dans une d' elles il s' en plaint au point de demander au journaliste pourquoi on ne dispute pas la congolite a sa sœur jumelle mais persiste a lui nier sa filiation a leur père Mzab Laurent Kabila. Les membres de son entourage intime aussi bien que de sa famille restreinte ont pèsent dans le sens de le réclamer mais en vain pour les incrédules certificats qui y découvrent une boue de sauvetage pour leur nuisance politique. Plus politiquement fidele a Joseph Kabila que Vital Kamerhe, tu meurs! Pourtant Vital Kamerhe a écrit tout un livre sur Joseph Kabila qui fait mention de la filiation de ce dernier a Mzee Kabila; encore une fois les Saint-Thomas congolais voues a l'incrédulité veulent plonger le doigt dans la plaie pour certifier a la véracité de tout propos sur l'origine de Joseph Kabila. Le distingue Professeur Kabuya Lumuna a aussi escale ses vertes sur l' origine de Joseph dans son livre et autres interventions; cela n' a pas dissipe les doutes. La propre mère (Sifa) de l'intéresse a pris la parole pour revendique sa progéniture; mais on a l'audace de l'opposer les contes de fée d'un bâtard qui se fait appeler Etienne ‘Taratibu Kabila' qui se cherche pourtant un père et qu'aucune sœur de Mzee Kabila ne reconnait l'appartenance a la famille Kabila. Les tantes paternelles (maman Kawa, par exemple) se sont alignées au micro des interlocuteurs pour réclamer leur enfant Joseph Kabila. Les compagnons de lutte (Yermak), les chercheurs sérieux (Erik Kennes), les journalistes crédibles (François Soudan), les chefs coutumiers de la lubakat (Kasongo Nyembo), les associations des mamans du Maniema, le site du Président, etc.…abondent tous dans le même sens de confirmer la paternité de Mzee Kabila. Rien ne bouge la machine de la propagande anti-Kabila qui lui prête des origines qui changent avec la rotation des saisons de pluie au Kongo. A l'allure où vont les choses même une tablette à la manière décalogue, sur laquelle Dieu lui-même aurait écrit avec son doigt l'origine de Joseph Kabila, serait brise sur le rocher énorme de l'incrédulité de certains kongolais. Vous voyez bien qu'il ne faut plus dignifier cette contestation provocatrice; on laisse le peuple trancher par le canal des urnes.

L.Op. : Le silence de l'état-major de Jean-Pierre Bemba sur les crimes contre l'humanité dont il porterait des responsabilités ne constitue-t-il pas un obstacle à l'évolution du débat en faveur des thèmes plus pertinents?

Djo Mwamba : La tentation est grande de jeter Bemba aux loups; mais il nous faut être conséquents avec nous-mêmes. Bemba et certains membres de son état-major se sont expliques plus d'une fois sur les comptes du cannibalisme et autres forfaits dans les territoires occupées ou en République Centre Africaine. Ceux d'être les membres du MLC qui ont desserte leur front politique et ceux qui parlent au nom des victimes dans le territoire occupe ont une autre version des faits. En l'absence d'un procès juridique pour faire la part des choses, il ne reste qu'a faire le contraste entre le sérieux dont se réclame le personnage Bemba a la lueur de l'insignifiance des accusations d' une part, ou la bouffonnerie politique de Bemba a la lueur de la gravite de crimes contre l'humanité d' autre part. Ce sujet de crimes contre l' humanité est peut être un motif tactique qui peut jouer infailliblement en faveur de tout adversaire politique de Jean Pierre Bemba mais je ne crois pas que Joseph Kabila ou son camp en fait un sujet du débat. Il n'est pas dans le genre de Joseph Kabila d'aborder des thèmes qu'il faut parfois manier avec une étonnante cruauté ou qui méprisent la civilité; a moins qu'on le pousse a la limite pour qu'il fasse usage d'une force de riposte capable de neutraliser l'adversaire qui se révèle désespérément incivique. Joseph Kabila sait que l'échec ou réussite des autres ne menace pas ses propres propositions ou positions. Sa cohérence patriotique n'est pas à la merci grandes crises morales, politiques ou civiques de Jean Pierre Bemba. Ses méthodes s'inspirent au maximum du nationalisme unifiant et s'ingénient à ne pas fragmenter la nation kongolaise. Joseph Kapila ne se laisse donc pas rouler dans le flot de la haine entre citoyens kongolais, il est la force tranquille qui évite les excès verbaux et se conforme en tout point à la décence patriotique.

L.Op. : L'évocation du nationalisme lumumbiste peut-il encore justifier le choix d'un camp contre un autre, au regard de la composition actuelle des alliances électorales?

Djo Mwamba  : Le nationalisme lumumbiste ne sert absolument a rien s'il se limite au niveau de l'idéal; il faut lui donner vie! Ce nationalisme se veut rassembleur! Rassembler veut dire faire des alliances utiles qui ne trahissent pas l'idéal lumumbiste ou s'unir pour le bien être de la nation congolaise. Il faut briser les clivages ou toute curieuse négation de l'autre kongolais si cet autre kongolais, Nzanga Mobutu soit-il, souscrit aussi à l'idéal lumumbiste. Tout prétendant disciple du Lumumbisme doit rassembler tout le monde autour de l'amour de la patrie et le besoin de bâtir ENSEMBLE un avenir meilleur. Josep Kabila incarne ce Lumumbisme agissant par sa promotion des valeurs qui exemplifient cet idéal Les alliances sont par excellence une manifestation de ce nationalisme lumumbiste aussi longtemps que les adhésions se font dans le sens favorable au mouvement lumumbiste qui berge cet idéal Ce n'est pas, par exemple, Joseph Kabila qui a adhère au leadership et à la vision politique de Nzanga Mobutu, c'est plutôt ce dernier qui a souscrit au leadership et à la vision lumumbiste de Joseph Kabila. Avec l'adhésion de Gizenga, Joseph Kabila devient incontestablement la colonne vertébrale du lumumbisme agissant dans l'échiquier politique actuel au Kongo. Son rôle de rassembleur le situe dans une hiérarchie objective des priorités civiques, sociales et économiques a l' échelle du pays entier qui doit le pousser a résister la tentation égoïste de rétrécir le cercle du pouvoir. On ne nous dira tout de même pas que Jean Pierre Bemba représente ou personnalise le courant lumumbiste. Si le cercle d'adhésion se rétrécit autour de Jean Pierre Bemba, il s'agrandit sûrement autour de Joseph Kabila: on sait reconnaitre qui est le rassembleur dans la ligne du nationalisme lumumbiste.

L.Op. : Une exploitation intensive des technologies du multimédia semble constituer la stratégie gagnante des formations politiques anti-Kabila, inversement la coalition avec des forces significatives de l'échiquier retient beaucoup l'attention du président sortant. Comment voyez-vous l'issue de cette adversité?

Djo Mwamba  : Il n' y a pas de religion dans ma perception de ces stratégies qui sanctifie une méthode par rapport a l'autre; les rituels de tactiques savamment posées se prêtent aux buts poursuivis par chaque état-major. La preuve de la supériorité tactique se recherche dans la stratégie qui semble gagner du terrain. Joseph Kabila est solidement en tête malgré la boucle réactionnaire qui continue à distiller des fabrications des documents comme des tortionnaires chinois et véhiculer la haine polarisante comme une gangrené fatale. Si Jean Pierre Bemba aurait eu 44% de voix au premier tour; s'il aurait obtenu l'adhésion du candidat classe a la troisième position qu'est Antoine Gizenga et celle du candidat classe a la quatrième position qu'est Nzanga Mobutu, et si finalement il aurait aussi rassemble la majorité gagnante au Parlement comme l'a fait magistralement Joseph Kabila; la grosse femme de l'opéra aurait déjà chante la fin de la course au pouvoir sans attendre les résultats du deuxième tour.

L.Op. : Au premier tour des présidentielles, le Kivu, la province congolaise où le sentiment anti-rwandais est plus virulent, a exprimé sa préférence envers le candidat Joseph Kabila, pourtant soupçonné à Kinshasa et dans la diaspora, d'être d'origine rwandaise, comment expliquez-vous cette anagramme?

Djo Mwamba  : S' il y a anagramme et autre concours d' ambiguïtés, il faut les trouver dans la conduite de ceux qui nient l' évidence pour souscrire a la manigance, qui substituent le mensonge a la vérité, et qui se laissent influencer par les forces conjugues de la contagion de l' ignorance et de la désinformation deltiste. LEs certitudes de ceux qui savent a quoi ss'entenir aux origines de Joseph Kabila ne sont pas ebranlees par les marchands des mensonges, surtout a l'Est du pays d'ou il est venu, qu'il s'agisse du Katanga ou du Kivu. Quand on n'est pas renie par les siens, n'est-ce pas l'un argument valable pour la cause de l'origine de soi? Kinshasa est souvent superficielle dans ses appréciations des gens de l'intérieur; et la Diaspora quant a elle se plait souvent dans des valeurs égoïstes qui nourrissent son arrogance par rapport aux paysans et moins instruits qui vivent ou viennent de l'arrière pays. La ou Kinshasa et la Diaspora se limitent à des traits extérieurs qui nourrissent leurs superficialité , l' Est du pays s' intéresse a l' être fondamental et voit clairement ce que Joseph Kabila prêche et vit en réalité par toute sa personne politique et civique impliquée. Joseph Kabila n'est pas plus rwandais que le Pape Benedicte n'est un ovimbundu!

L.Op. : À l'heure où la congolite semble s'enraciner à Kinshasa et dans la diaspora, peut-on penser que le vote exprimé en faveur de Jean-Pierre Bemba crédite la nature parfaitement endogène de son ascendance congolaise, par rapport aux 35 autres candidats malheureux?

Djo Mwamba  : Si cela était vrai, Jean Pierre Bemba aurait réussi une hypnose qui aurait plonge les kinois dans l'irrationnel d' un ensommeillement civique spectaculaire, surtout quand on ne peut pas aller au-delà de deux générations dans sa ligne paternelle pour retrouver des origines portugaises. Le sujet de la congolais dans le débat n'est qu'une distraction qui inspire les bonimenteurs en quête de tromper les kongolais en les étourdissent des trivialités au lieu que tout le monde se focalise sur les qualités dors candidats. Pour cause; les 31 autres candidats plus malheureux que Jean Pierre Bemba et un plus heureux que lui ne manquent pas du sang kongolais dans leur veines et ont tous soumis les preuves de leurs citoyenneté au pot de leurs candidature. Je ne vois pas en quoi le vote exprime en faveur de Bemba nierait la congolite d' Olengakoyi, Gizenga, Nzuji, Nlandu, Nzanga, Bululu, Mukanda, Kabila, etc…

L.Op. : L'échec du Congo en matière de développement s'est exprimé, par le biais des troubles sociales, d'abord, politiques, ensuite, ce qui a engendré un sentiment d'ingouvernabilité du pays auprès des chancelleries occidentales, comment expliquer la priorité accordée à la citoyenneté dans cette campagne?

Djo Mwamba  : Il y a ceux qui visent la fragilite mentale et civique des kongolais, et capitalisent sur tout mensonge susceptible de trouver une corde sensible dans le milieu où se recrute le public favorable à leurs audience ou seances politiques. Le premier tour des élections ne se prêtait pas facilement a la substance dans le débat: trop des candidats en lisse. Nous avons maintenant deux candidats qui doivent en découdre à la fin mois; et le processus électoral est qualitativement différent, lie à des conditions libères de la présence des multiples candidats encombrants. Espérons vivement qu'un réajustement va se faire durant ce deuxième tour, et que nous aurons droit a plus de substance dans le débat sur le développement.

L.Op. : En 1990-1992, c'est l'opposition incarnée par l'USOR et alliés qui en a appelé à la communauté internationale pour l'aider à détrôner le dictateur Mobutu, avant de dénoncer, plus tard, la complicité de l'Occident avec le duo Mobutu-Kengo. Ce dernier dénoncera, à son tour le complot occidental avec Laurent-Désiré Kabila contre lui. Aujourd'hui encore, certaines forces qui avaient appuyé l'action de l'Occident contre Mobutu dénoncent l'appui de la communauté internationale à Joseph Kabila, quel regard doit-on porter sur le politicien congolais dans sa rhétorique contre la communauté internationale?

Djo Mwamba : Un regard désapprobateur car cette rhétorique ne constitue pas souvent une réalité objective mais bien une méthode désesperée pour s'attirer la sympathie des désenchantes de tout bord. Les ambitions que les politiciens kongolais ont ou nourrissent pour le pays auraient du mal a porter ses fruits sans la présence et soutien de la communauté internationale. Je serai curieux de suivre le portrait ou profil d'une alternative a la communauté internationale qu'on voudrait bien avancer. Qu'on nous fasse découvrir une entité capable de mettre sur pied une ouverture qui constituerait une quête de propositions alternatives a la présence et programmes d'accompagnement de la communauté internationale au Kongo. Il n' y a pas que le financement de la transition qui nous permet de nous plaire dans nos vertes gestionnaires actuelles, il y a la présence dissuasive de la force militaire de la MONUC et l'Eu for, aussi bien que la participation persuasive des organes d'accompagnement comme la CIAT. C'est la communauté internationale qui donne la cohérence et la fermeté des articulations collectives quand il y a absence d'ossature étatique dans le pays ou présence d'inconscience civique chez les politiciens kongolais. La présence de la cuminique internationale n'est pas un luxe qu'on peut se priver à ce stade de la transition, mais bien une nécessite pour mener à bien les attentes du peuple kongolais. La communauté internationale est ce témoin gênant qui nous oblige à rester fidele à une ligne de conduite digne d'un citoyen du monde. Il y aura apocalypse au Kongo si la communauté internationale se désengageait complètement et tournait le dos au Kongo. Il nous faut approfondir le sens de la reconnaissance; ne soyons pas ingrats au point de mordre la main qui nous nourrit avec beaucoup d'égards.

L.Op. : Certains états-majors de la campagne anti-Kabila sensibilisent l'opinion sur le fait que le vote pour Jean-Pierre Bemba, est un vote par défaut contre Kabila, peu importe si Bemba n'est pas dans leurs cœurs. Cette stratégie n'apparaît-elle pas comme un combat d'arrière-garde?

Djo Mwamba  : Il faut parfois laisser a Bemba ce qui appartient a Bemba. On veut bien gagner tout le monde autour du pays, mais on se contentera de la majorité des congolais qui s'imprègnent de la conviction que Joseph Kabila offre la meilleure option à la conscience individuelle pour mériter de gagner les élections au Kongo. Perdre certaines voix est un véritable constant des réalités électorales; il faut parfois se priver certaines voix pour mieux s'écouter. Il ne faut pas non plus être si égoïste au point de priver le chien de l'os qui peut bien se retrouver dans la poubelle. Bemba doit perdre, mais il est aussi à gagner pour pacifier le pays et neutraliser la dissidence. Ceux qui souscrivent à la stratégie de l'arrière-garde anti-Kapila sont surtout ceux que Joseph Kabila ne peut gagner quoi qu'il fasse. Le chien aboie, la caravane passe, et parfois écrasé le chien; comme disait l'autre. La finalité principale d' une stratégie politique n' est pas tout simplement de gagner les élections mais de gouverner sans trop d' embuches et des turbulences politiques pour ainsi faire aboutir son programme de société : Bemba doit certainement perdre, mais il faut le gagner a la cause de la Patrie.

L.Op. : Compte tenu du matraquage assourdissant en cours, au sein de la diaspora et à Kinshasa, sur ‘'l'impertinence'' d'un vote en faveur du candidat Joseph Kabila, l'élection de ce dernier exprimerait-elle l'ignorance des réalités par la diaspora ou la sous information du peuple?

Djo Mwamba  : Ni l'un ni l'autre exclusivement, car l'élection du candidat Joseph Kabila exprimerait plutôt la volonté collective de la majorité de l'électorat kongolais (informée, désinformée et sous informée) qui croient sincèrement en la capacité de ce dernier a mener a bien la tache de mobiliser la nation kongolaise autour des inserts du pays. Je suis de cette Diaspora qui se sent très bien informée, mais qui ne vit pas directement les réalités du pays. S'il faut forcement tenir compte de la polarisation ou juxtaposition, je dirai que l'ignorance des réalités par la Diaspora semble plus possible que la sous information du peuple kongolais subissant ses dites réalités. Le peuple VIT les réalités dans sa chair et peut se formuler une information ACTUELLE de son vécu, mais la Diaspora LIT l'information et peut se former une réalité APPROXIMATIVE du vécu. Les deux groupes peuvent toutefois percevoir que quelque chose est détraque dans la machine économique et sociale pour ainsi devenir témoin accusateur de la source qui laisse ainsi pourrir la situation au pays. Le Kongo n' est pas seulement Kinshasa ou sa Diaspora bavarde au ventre plein; le kongo c' est aussi Kikwit, Boma, Matadi, Bandundu, Gbadolite, Gemena, Kisangani, Isiro, Butembo, Beni, Lubero, Kanyabayonga, Goma, Uvira, Bukavu, Kindu, Kasongo, Kongolo, Kabalo, Kalemie, Malemba Nkulu, Kamina, Likasi, Kolwezi, Kipushi, Kasumbalesa, Lubumbashi, etc… La Diaspora peut etre une grande distraction dans la prise de ses positions scélérates mais elle n'est pas appelle a voter dans ces élections en cours : elle est stratégiquement une cible négligeable. Kinshasa peut se plaire dans ses notions d'importance orgueilleuse, mais à la fin du jour les élections ne se gagneront qu'avec le concours incontournable des congolais de l'intérieur. Le peuple n'est pas sous-informé, il exerce ses prérogatives de liberté de choix. La Diaspora n'ignore peut être pas les réalités du Kongo, mais elle peut bien avoir mise sur le mauvais cheval dans la course au pouvoir. U nouveau monde vient de voir le jour au Kongo. On a retourne le pouvoir au peuple kongolais, comme le voulaient Mzee Laurent Kabila et Patrice Lumumba: bienvenue a la révolution paysanne!

L.Op. : Que dire du scénario contraire, l'élection de Jean-Pierre Bemba exprimerait-elle une faible prise de conscience de la géopolitique régionale par les populations de l'Est, ou simplement une sorte d'impérialisme culturelle et politique des Kinois?

Djo Mwamba  : Encore une fois, il n' y a pas de science précise sur les réponses à donner à cette question, ni de blocs monolithiques regroupant des vilains d'une part et plus vilaine de l'autre. Donc ni l'un ni l'autre. L' Est du pays a fait preuve d' une conscience élevée de la géopolitique régionale, sinon les peuplades se seraient retranches dans des votes tribales qui bénéficieraient au RCD-Rwanda de Ruberwa a Goma, Pay Pay ou Nyamwisi a Butembo, Zaidi Ngoma au Maniema, Lunda Bululu au Katanga, etc…Ces gens ont majoritairement prefere un Joseph Kabila qui peut se compter parmi les « kikuya-kuya » a Butembo comme on se plaisait a nous appeler quand nous les lushai étions a l' internat pas très loin de Bembo. D' autre part, si la thèse de « l'impérialisme culturelle et politique des kinois » a du poids quand on tient compte de la condescendance légendaire de ces kinois, elle est toutefois inconséquente car ne pouvant exclusivement prêter une victoire au bénéficiaire d'une telle bassesse civique. Les kinois ne peuvent pas s'exprimer par rapport à un « nous congolais» qui ne les obligerait pas à faire une rétroaction mentale à une norme définit une relation entre eux et le reste du pays qui n'habite pas Kinshasa. Le génie de la démocratie congolaise est qu' on ne peut plus se contenter d' un aventurier kinois, lushai ou boyards qui usurpe le pouvoir par la charge de la baïonnette mais bien du concours de toute la population congolaise pour gouverner. L' arrogance citadine et militaire n' a plus sa place politique; cela ne veut dire qu' il nepeut y avoir des recidivistes. Nous leurs ferons la guerre, encore une fois, pour retourner le pouvoir au peuple congolaise

L.Op. : Vu le niveau actuel d'adversité qui frise une haine viscérale entre les deux camps, la démocratie tant attendue en ferra-t-elle les frais, encore une fois, à l'échéance du 29 octobre?

Djo Mwamba  : Nous sommes au point de non retour; l'heure est a minuit moins cinq pour les aventuriers qui s'ignorent. La participation du peuple kongolais donne désormais le mot d'ordre a tout le monde, et décide du destin de notre peuple. On ne peut jouer au dictateur ou usurpateur du pouvoir au Kongo qu'a ses propres périls physiques. Le Parlement comprenant de membres démocratiquement élus est bel et bien entre en fonction. Il ne reste que les élections provinciales et présidentielles pour solidifier les acquis démocratiques et améliorer les possibilités structerelles dans la gestion de l'état. Le tableau de l'avenir proche du Kongo est d'un parfait bonheur structurel sur un léger fond gris des incertitudes inévitables à la vie normale de toute nation. Soyons optimistes.

L.Op. : Quelle stratégie politique pourrait être à même de ressouder politiquement et efficacement l'Est et l'Ouest du Congo dans l'après-élection?

Djo Mwamba  : « Talk is cheap », disons-nous en anglais; il nous faut jeter un coup d'œil froid sur les actions des candidats pour desceller leurs défaillances et excellences face au défi d'unir l'Est et l'Ouest du pays. Il faut voir dans la conduite de nos prétendants à la magistrature suprême celui qui établit un cadre relativement souple des rapprochements pour éliminer certaines contraintes et favoriser l'entente entre les blocs Est-Ouest. On fait facilement le constat qu'il y a absence d'une telle stratégie d'envergure chez Bemba; on ne peut cependant prétendre ne pas remarquer les initiatives et la marche d'une stratégie unificatrice de la part de Joseph Kabila. Cela explique en partie les alliances avec Antoine Gizenga pour plus des voix au Bandundu et Kinshasa, ainsi que Nzanga Mobutu pour plus des voix a l'Equateur. Il faudra gouverner avec plusieurs kongolais en tenant compte des sensibilités géographiques sans pour autant sacrifier la compétence dans le recrutement. Il faudra s'imposer une discipline de l'inclusion et adopter des grandes mesures qui bénéficieront chaque sous-ensemble territorial du pays. La stratégie serait de promouvoir les relations complémentaires de nos régions tout en ne laissant pas le hasard continuellement jouer dans la quête pour la mobilisation des kongolais compétents quelle que soit leurs région d' origine : il nous faut être délibères dans la mobilisation de nos ressources humaines et économiques. Il nous faut revisiter une definition de soi qui voit le toi dans moi et le moi dans toi. Nous sommes kongolais, ce qui signifie ne pas se contenter d'un marquage territorial plus typiquement animal qui nous separerait hostilement des autres kongolais ressortissants des regions voisines a la notre, mais plutôt vivrent en harmonie entre freres et sœurs comme il se doit des humains ayant choisis de façonner un destin national commun.

L.Op. : Enfin, essayez de jouer au devin, au regard des perspectives du moment, auquel, des deux candidats, reviendrait la victoire du scrutin du 29 octobre prochain?

Djo Mwamba  : Au risque de se verser dans le triomphalisme; a ce stade du jeu on n'a pas a être un devin, ni a être si intelligent au point de faire la démonstration graphique du théorème sur le carre de l'hypoténuse pour faire comprendre que les choses sont cuites pour l'un des candidats. N' importe quelle technique crédible de sondage d'opinion qui permet a la nation congolaise de se regarder collectivement par l'intermédiaire des enquêteurs et des échantillons aboutira a l'inévitable conclusion : les espérances ont leur marge mais les réalités sont telles que la course au pouvoir est déjà perdue pour Jean Pierre Bemba. Joseph Kabila a déjà la majorité sous son parapluie politique au Parlement, il ne reste qu'a Joseph Kabila de gagner les élections présidentielles contre luisette. Bon vent au Lumumbisme!

Propos recueillis par Lambert Opula.

Montréal (Québec), Canada.

Congo Vision/ FORUM LAKASO

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10 Octobre 2006

 

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