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ENTREVUE : Maître Jean-Moïse Djoli, Représentant MLC CANADA Président Sous-fédéral MLC-Amérique, répond à nos questions

Congo Vision : Le 30 juin 2005, le gouvernement de transition totalisera deux ans. Quel état des lieux pourriez-vous faire ? Quel bilan pouvez-vous tirer de la commission que le président de votre parti, le vice-président Jean Pierre Bemba, dirige au sein du gouvernement ?

Maître Djoli : L'État des lieux qu'on peut faire au regard des objectifs principaux fixés pour la transition est que des réalisations importantes ont été accomplies, notamment en ce qui concerne la réunification du territoire national: aujourd'hui grâce à la fin des hostilités suite à l'accord, on peut voyager du nord au sud et de l'est à l'ouest sans problème, le travail de la réconciliation nationale et la pacification du pays est bien perceptible et se poursuit à l'est sinon partout que cela s'avère nécessaire, le processus de brassage et de formation d'une armée nationale est une réalité qu'on voit : on a déjà des brigades issues de ce processus en action en train de sécuriser notre territoire et nos populations à l'est. On constate cependant que beaucoup reste à faire au regard de l'objectif ultime de la transition qui devrait aboutir à un nouvel ordre politique à la faveur de la tenue des élections. Et là, on peut déplorer le retard qu'on observe actuellement qui va déboucher au report des élections. Cette situation n'enchante pas le MLC, particulièrement les militants du MLC ici en Amérique du Nord principalement au Canada et aux Usa qui ont rejoint les couleurs du MLC et se sont rangés derrière J.P. BEMBA non pas pour qu'il demeure Vice-Président de Kabila, mais pour qu'il accède à la magistrature suprême comme Président de la RDCongo à l'issue des élections. C'est ainsi que pour nous ce retard ne fait pas notre affaire du tout.

Quant à la commission économique et financière que dirige notre leader, je vous dirais que par rapport aux objectifs de la transition contenus dans le PEG (programme Économique Financière) assignés à la commission économique et financière à savoir le redressement et la consolidation de la stabilisation du cadre macro-économique, ainsi que l'amélioration de l'environnement économique général, je suis fier de vous dire que le bilan est globalement positif au regard des résultats observés depuis le début de la transition. L'effet JEAN PIERRE BEMBA est et a été sans conteste magique. En effet, la volonté et la détermination, ainsi que l'expertise et le savoir-faire du Président BEMBA ont fait que tous les indicateurs économiques ont vite tourné aux verts. La RDCONGO n'aurait jamais connu dans son histoire très récente une longue période de stabilité au niveau des prix intérieurs et du taux de change grâce à Jean-Pierre Bemba.

Malheureusement, cet élan a connu un ralentissement à partir de Septembre 2004 et s'observe actuellement à travers la morosité persistante de la situation macro-économique causée principalement par les dérapages observés à travers la mauvaise politique monétaire expansionniste et laxiste de création monétaire contraires à une saine gestion interne de l'institut d'émission et des critères de performance du programme économique initié de façon délibérée par la banque centrale d'une part et d'autre part le retard dans la mise en place et le partage des responsabilités au sein des entreprises publiques et d'économie mixte qui aurait certainement favorisé l'assainissement de l'environnement économique général, de la réunification économique et financière suite au refus délibéré de Monsieur Kabila de procéder à cette mise place afin de perpétuer le pillage dans les entreprises publiques et maintenir la mainmise sur le portefeuille de l'État.

Nous demeurons confiants et gardons espoir que des mesures budgétaires et humaines qui seront prises par le gouvernement vont relancer l'économie et redonner confiance à nos bailleurs de fonds et aux opérateurs économiques.

Congo Vision : Présentez-nous succinctement le projet de société de votre parti, le MLC.

Maître Djoli : Sur un plan général, le M.L.C entend œuvrer pour la mise en place d'un État de droit dans le respect des principes démocratiques. Dans le domaine économique et financier, le M.L.C préconise le libéralisme pragmatique qui tend à encourager toutes les actions visant à combattre la pauvreté et toutes les initiatives qui concourent à soulager la misère de la population congolaise. sur le plan social et culturel, le MLC vise la réhabilitation de l'homme congolais à travers la lutte contre la pauvreté par la mise en place d'une politique nationale permettant une répartition équitable entre tous les congolais des richesses nationales, de même que la promotion de la jeunesse et de la femme. La politique culturelle du MLC vise à promouvoir et à protéger la richesse de la diversité culturelle congolaise, des arts et des artistes comme patrimoine national et fondement de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale.

Congo Vision : Les élections libres et démocratiques auront-elles lieu au Congo ? Quels en sont les préalables ?

Maître Djoli : C'est le souhait de nous tous pour aboutir à la fin de toutes les périodes de transition qui n'en finissent pas et afin de régler une fois pour toutes la crise de légitimité et tourner la page à la culture putschiste qui caractérise l'exercice du pouvoir en RDCongo depuis le coup d'état du 24 novembre 1965 jusqu'à l'événement de l'Afdl. Les élections libres et démocratiques constituent la seule garantie pour que les résultats soient acceptés par tous. Face à la détermination de la population, on ne peut douter de la tenue des élections au Congo.

LES PRÉALABLES le plus important est le problème de la sécurité des électeurs pour qu'on puisse parler des élections libres, transparentes et démocratiques et la de la législation. La Monuc doit nous aider à nettoyer l'Est des groupes rebelles étrangers. C'Est pour cela aussi qu'ils sont là. Voilà depuis plusieurs années qu'ils sont là. Les résultats sont très minimes. Maintenant qu'il est certain que techniquement il s'avère impossible les élections au 30 juin, il faut penser à l'élaboration d'un calendrier réaliste et l'accélération des mesures d'encadrement du processus au niveau de la sécurité dans la formation, la restructuration et l'intégration d'une armée nationale et républicaine comme priorité en soutien au processus afin de garantir la sécurité des citoyens, du processus et de l'exercice libre et démocratique des élections. Les moyens financiers promis pour la tenue des élections doivent également être libérés par la communauté internationale et le gouvernement .

Congo Vision : Le MLC est-il prêt à prendre une part active aux élections et en accepter le verdict même en cas d'échec ?

Maître Djoli : Oui. Et comme l,a si bien dit notre Président national, le MLC prend à cœur les prochaines échéances électorales. L'organisation des élections représente une victoire pour le MLC qui s'est battu pour que tous les enfants du Congo puissent voter et choisir librement ses dirigeants. Au terme d'une longue consultation avec la base du parti, le secrétariat exécutif national du parti a été restructure et élargi pour se préparer et préparer les échéances électorales, lancer des débats sur les alliances et préparer les états généraux du Parti. Le MLC entend se plier au jugement du souverain primaire. C'est pour cette raison que notre Président appelle les compatriotes congolais à la vigilance contre la manipulation tous ceux qu veulent et cherchent sous prétexte d'accélérer le processus à prendre le pouvoir par la force le 30 juin 2005.

Congo Vision : Y a-t-il un parallélisme à établir entre la CNS et l'Accord global et inclusif ? 

Maître Djoli : C'est une vue plate et stérile de l'esprit, une vraie illusion par paresse d'esprit et manque d'imagination que s'adonne certains compatriotes tout en sachant bien que ce n'est pas la bonne voie à travers ce retour en arrière que tente de faire certains acteurs politiques et groupes entre la CNS et le dialogue inter congolais afin de faire le parallèle entre l'Acte constitutionnel de la transition et la constitution de la transition issu de l'accord global et inclusif. C'est une belle manœuvre politique. Laissez-moi vous dire que la solution véritable dans notre pays la RDCongo derrière tout cela se trouve dans l'organisation des élections, le problème ne se situe pas au niveau des textes, c'est plus un problème d'hommes, la volonté et la détermination d'aller aux élections. On ne va pas arrêter un processus qu'on a débuté pour recommencer une transition qui a été interrompue. Les démarches et les résultats entre les deux processus ne sont pas les mêmes. Les enjeux, les acteurs aussi. La qualité de la démarche et des acteurs ne sont pas les mêmes. La CNS a eu ses ratés. Tout comme les problèmes que nous rencontrons dans la mise en application et le respect de l'accord global et inclusif. La solution se trouve ailleurs, sinon que nous devons apprendre à respecter les engagements. Comment en est-on arrivé à ce retard ? Qui n'a pas fait quoi ? Chacun ou chacune doit assumer ses responsabilités dans ce retard et en assumer les conséquences. Il faut faire un état des lieux, se regarder en face et dialoguer en prenant en compte les frustrations populaires et la détermination de la population à avoir les élections. Chacun ou chacune, chaque acteur, chaque institution doit retourner à ses devoirs. Le peuple congolais doit demeurer vigilants face aux choix simplistes des vendeurs d'illusions comme celui d'un retour au schéma de la CNS afin de plaire à certains opportunistes et fauteurs de troubles politiques en mal de positionnement. Bien sûr Il n' y a aucune excuse au retard pris dans le processus après 2 ans qu'a duré la transition. Cependant une chose est certaine, c'est que quelque soit le décompte a faire, 2006 ne finira pas qu'on aura organisé les élections. Pour cela, le peuple congolais peut et doit compter sur le MLC et son leader J. P. BEMBA.

Congo Vision : Est-il aujourd'hui possible de ressusciter le schéma de la CNS? Si oui, quel serait le scénario ?

Maître Djoli : Vous savez cher ami tout est possible. Mais est ce que c'est vraiment nécessaire de ressusciter la CNS. Ça donnerait quoi ? Sommes-nous si nostalgiques de la CNS et pathétiques tant que ça pour aussi penser ressusciter Mobutu, revivre les scènes de ménages de Mobutu et Tshisekedi, ou revoir Monseigneur le Président à la tête de l'assemblée nationale ? Il y a un temps pour tout !... Il faut se réveiller là. Allons donc droit au but et regardons devant en canalisant nos efforts et les énergies vers les élections. Le schéma de la CNS n'était pas venu mettre un terme à une guerre, ni à l'occupation de notre territoire. C'est un raisonnement incestueux que celui de ressusciter la CNS, C'est ridicule. C'est un manque de vision et d'imagination tout court de la part de ceux-là qui avancent cette idée. On sort de la guerre et sa cohorte des morts, des viols, des tueries. Plus ou moins 3, 000, 000 des morts. C'est faire insulte à tous ces morts que de simplement demander le plâtrage du schéma de la CNS à la situation actuelle.

Congo Vision : Que se passera-t-il après le 30 juin 2005 ?

Maître Djoli : Le 30 juin on va fêter le 45eme anniversaire de l'indépendance de notre pays. Ce sera un moment important de l'histoire de notre pays, où chacun ou chacune sera appelé aussi à méditer sur la situation de notre pays, de ce que nous avons fait de cette terre que nous avons hérité de nos ancêtres, de ce que nous avons fait de l'indépendance de notre pays. Cette date ne coïncide pas à la date butoir de la fin de la période de 24 mois de la transition qui a débuté le 15 juillet 2003 avec l'investiture ou l'entrée en fonction du gouvernement. Ironiquement, cette journée pourrait en 2005 être la réplique de ce qui s'était passé cette journée là il y a 4 ans et présager ce qui pourrait dégénérer si on y prend pas garde.

La symbolique à la date du 30 juin est très importante et mérite une méditation. À cette date, il y a eu deux hommes Kasa - vubu et Lumumba qui représentait deux visions différentes du Congo de demain avec deux discours opposés. En face d'eux et entre leurs mains c'était le destin, sinon le rendez-vous du peuple congolais qui se jouait, le destin d'un pays face à l'histoire et devant le colonisateur, la communauté internationale qui allait être scellé.

Par rapport au processus en cours, on sait qu'on s'achemine vers le report des élections. Ce qui se passera à cette date là dépendra de ce qui sera dira et se fera avant le 30 juin ou le 30 juin même. Comment chacun va se comporter, comment les acteurs politiques et les responsables des institutions vont s'expliquer, expliquer et justifier le déroulement du processus en cours pour un report de la tenue des élections et la poursuite de la transition selon l'accord global et inclusif.

Congo Vision : Les élections mettront-elles fin à la guerre au Congo ?

Maître Djoli : La tenue des élections viendra consolider la pacification du pays et régler le problème de légitimité de pouvoir dans notre pays. Les élections viendront affirmer notre engagement dans la voie de la démocratie. C'est pour cela, il faut s'assurer que le processus ne sera pas piégé et les règles seront clairement établies pour que personne ne trouve un prétexte et vienne saboter l'issue des élections. Vous savez, cher ami, la guerre, c'est dans l'esprit. Le congolais est un peuple pacifique. Nous n'avons pas cette culture belliqueuse comme d'autres peuples. Le danger viendra d'ailleurs, il faut bien s'assurer que tout se passera bien à l'est pour ne pas donner un prétexte à certaines personnes ou groupes des personnes pour nuire à notre peuple.

Congo Vision : La Cour Internationale de Justice effectue des enquêtes sur les crimes commis à l'est du pays. Au niveau de la direction du MLC, il y a-t-il agitation ?

Maitre Djoli : Laissez-moi vous dire qu'au MLC on est serein et on a été toujours serein depuis le début face à la frénésie médiatique et la manipulation à la base qui a entouré l'affaire du cannibalisme en Ituri. Rassurez-vous, au MLC, l'impunité n'a pas de place. Au MLC, on a eu affaire à des cas isolés d'insubordination comme dans toute armée et qui ne caractérisent pas les hommes du MLC et ces actes ont été réprimandés dès que ceux-ci ont été portés à la connaissance de la hiérarchie. Dans le cas de l'affaire de l'Ituri, lorsque ces actes étaient portés à la connaissance de la haute hiérarchie, du Mouvement, cette dernière a exprimé sa volonté de collaborer avec tout le monde dans la mise en place d'une équipe d'enquêteurs et observateurs indépendants pour établir la vérité afin que justice soit faite. Et au sein du Mouvement, une enquête interne indépendante a été diligentée, les auteurs ont été traduits devant les juridictions compétentes pour répondre de leurs actes. Ils ont été jugés et condamnés. Notez que depuis la résurrection et le démenti des pygmées au centre de cette affaire de cannibalisme, le peuple congolais et la communauté internationale ont compris les basses manœuvres de diffamation contre le MLC et son chef de la part de ses auteurs qui comme on le sait cachait mal une volonté réelle à distraire le monde et se situait loin des antipodes de la noblesse de l'idéal et des valeurs poursuivies et défendues au prix du sang par des vaillants combattants et patriotes du MLC. Il est regrettable que les auteurs de ces actes qui ont plutôt souillé le pays en présentant la RDCONGO comme un État barbare n'ait pas trouvé là une bonne occasion pour s'excuser publiquement à la suite des pygmées du fait d'avoir induit le peuple congolais et la communauté internationale en erreur.

Congo Vision : A la veille des élections historiques dans notre pays, quel est le message de votre parti pour notre peuple ?

Maître Djoli : Le message du MLC au peuple congolais que le Président national leur a transmis et qu'on demande à tous de véhiculer est ceci : Ensemble, restons vigilants et lucides. J'ajouterai ceci : Ne vous laissez pas distraire par certaines personne ou groupe des personnes en mal « d'opposophobie ». En tant que parti politique aux ambitions nationales, le MLC prend à cœur les prochaines échéances électorales. Un nouvel exécutif élargi vient d'être mis en place pour préparer les élections. Très bientôt, le parti convoquera ses États généraux.

Propos recueillis par Sylvestre Ngoma

Paru à l'édition juin/juillet de Congo Vision Magazine et publié sur le web le 16 août 2005

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