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COMMUNIQUE DE PRESSE n° 20090727/038 relatif à la résiliation du contrat liant RFI au gouvernement congolais


Dans un courrier daté du 23 juillet 2003, le ministre congolais de la Communication et des Médias, M. Lambert Mende Omalanga, a signifié au Président Directeur Général de la Société Nationale de Radiodiffusion R.F.I. « l'inexécution des obligations par RFI du contrat la liant au Ministère de la Communication et des Médias, notamment celles de respecter les lois en Vigueur en République Démocratique du Congo en général et la loi du 22 juin 1996 fixant les modalités de l'exercice de la liberté de presse en particulier ». Selon M. Mende Omalanga, « depuis plusieurs mois, RFI développe sa campagne de démoralisation des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, engagées contre des groupes terroristes étrangers à l'Est » du pays.

Depuis quelques mois, les relations entre les autorités congolaises et RFI ne sont plus au beau fixe. D'aucuns se rappellent les menaces de M. Mende Omalanga, proférées le 4 mai 2009 à l'occasion de son discours en marge de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse prononcé le 4 mai à Kinshasa : « S'il faut absolument fermer le signal de certains médias pour des raisons liées à la sécurité du pays, le gouvernement le fera ».

Si les résultats des opérations menées sur le terrain par les FARDC étaient réellement concluants, les informations diffusées par RFI n'entameraient en aucun cas leur moral. En tout cas, en ayant eu recours aux articles 78 et 87 de la loi susmentionnée pour résilier le contrat liant RFI au Ministère congolais de la Communication et des Médias, le gouvernement congolais vient encore une fois de fouler aux pieds le sacro-saint principe de la liberté d'expression. Ainsi donne-t-il l'impression de vouloir à tout prix faire taire la voix de la Vérité.

En conséquence, Union du Congo conseille au gouvernement congolais de rétablir dans le meilleur délai ses relations avec RFI et d'adopter, à l'avenir, l'attitude consistant à systématiquement demander un droit de réponse chaque fois qu'il estimerait fallacieuses les informations diffusées par ce média.

Le Bureau d'Union du Congo
presse@unionducongo-rdc.org

Fait à Paris, le 27 juillet 2009

27 juillet 2009

© Congo Vision


Reporters sans frontières
Communiqué de presse
27 juillet 2009
RD CONGO

RFI coupée sur tout le territoire : Lambert Mendé met ses menaces à exécution

Reporters sans frontières et son organisation partenaire en République démocratique du Congo, Journaliste en danger (JED), condamnent avec la plus grande fermeté la coupure, depuis le 26 juillet 2009, des relais FM de Radio France Internationale (RFI) sur l'ensemble du territoire congolais. Les deux organisations demandent aux autorités de Kinshasa de lever cette interdiction.

"Cette mesure ne fait que confirmer l'acharnement de certains officiels contre RFI et fait craindre une dérive autoritaire en RDC", a déclaré Donat M'Baya Tshimanga, président de Journaliste en danger. "Le gouvernement de Kinshasa vient de prendre une décision très préoccupante. En fermant RFI , il prive plus de la moitié de la population congolaise d'un accès nécessaire à une information indépendante", a ajouté Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Plutôt que de faire taire RFI , les deux organisations rappellent aux autorités congolaises qu'elles peuvent exercer leur droit de réponse quand elles le jugent nécessaire.

Depuis le 26 juillet, plusieurs témoignages concordants obtenus par JED dans la capitale Kinshasa, à Lubumbashi (province du Katanga, sud-est du pays), à Kisangani (province orientale, nord-est du pays) et à Matadi (province du Bas-Congo, ouest du pays), font état de la coupure des émissions en FM de RFI .

Interrogé au téléphone par Reporters sans frontières, le 27 juillet, le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mendé Omalanga, a confirmé que les relais de RFI avaient été coupés. "Je ne suis pas en mesure de faire de déclaration publique aujourd'hui. Nous organiserons un point-presse demain à Kinshasa, au cours duquel nous expliquerons les raisons qui nous ont poussé à prendre cette grave décision", a déclaré le ministre. Une délégation de Journaliste en danger a été invitée par le ministre et sera présente à ce point-presse, prévu à 13 heures, au Grand Hôtel de Kinshasa.

Selon RFI , cette mesure est "officiellement justifiée par la diffusion, sur nos antennes, d'informations émanant de la MONUC. Des informations expliquant les raisons pour lesquelles certaines unités d'anciens rebelles, récemment intégrées dans l'armée congolaise, ont choisi de déserter". Pour la station internationale française, il s'agissait simplement "d'une restitution normale des éléments d'informations portés à la connaissance du public lors d'une conférence de presse le 22 juillet."

Le signal de RFI est coupé à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu (Est), depuis le 10 juin dernier. Lambert Mendé avait alors déclaré : "Nous reprochons [à RFI ] d'inciter les militaires à désobéir, à se révolter, à créer des troubles dans les casernes, alors que notre pays est en guerre."

Reporters sans frontières a recueilli plusieurs témoignages de citoyens du Kivu affectés par cette mesure. Eric Muvomo, président de l'association de défense des droits de l'homme ACMEJ/DH, basée à Luvungi, près de Bukavu, a déclaré : "Cette mesure draconnienne du ministre Lambert Mendé n'a pas plu à la population de la plaine de la Ruzizi-Sud-Kivu. La population doit être informée sur la situation de l'armée dans notre province et sur les opérations militaires telles que Kimia II."

Le directeur d'une radio locale a confié à Reporters sans frontières : "Que fera-t-on des petites radios locales ? La coupure de RFI est un message fort, signifiant que les autorités sont prêtes à tout, même à la fermeture de tous les autres médias." "C'est sûr que RFI nous manque beaucoup à Bukavu. Nous digérons mal une telle fermeture, décidée subitement et sans aucune consultation populaire", a pour sa part affirmé un militant des droits de l'homme.

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique
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