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Deuxième tour, quelle alternative avons-nous ? Les irritants du Processus électoral au Congo

Le processus électoral du Congo a été perturbé depuis la mort de son Premier Ministre élu démocratiquement, Monsieur Patrice Émery Lumumba. Celui-ci a été choisi par le peuple congolais, à travers l'entremise du Parlement, pour être le Premier Ministre de la Première République et de sa Première Législature . La Belgique, par le biais de son Souverain, le Roi Beaudoin I er , a proclamé l'indépendance du Congo, à Léopoldville, le 30 juin 1960. De facto, le MNC, parti majoritaire de Patrice Émery Lumumba, fut chargé de former le gouvernement. Patrice s'est montré un dirigeant exemplaire, les archives sont là pour le prouver. Beaucoup de Belges n'étaient pas prêts à céder la place qu'ils occupaient dans l'ancienne colonie. De même, les États-Unis d'Amérique, par le canal de la CIA, voulaient voir écarter cet homme d'État congolais, intelligent et charismatique. Au demeurant, qui avait les suffrages de toute la Nation.

Dans les coulisses du pouvoir, au niveau des tractations internationales, Mobutu a été désigné et préparé sournoisement par les adversaires du Congo pour renverser son Premier Ministre, Patrice Lumumba, et le livrer à la mort. Profitant de la faveur dont il jouissait de son Premier Ministre qui l'avait nommé Secrétaire d'État à la Défense nationale, il a trahi son compatriote. Aidé des puissances étrangères qui lui donnaient tout l'appui pour ce faire, le Colonel Mobutu entrevoyait de remplacer Lumumba par un coup d'état. Mais pour que cela se précise, le ballon d'essai était le Collège des Commissaires , tenu à l'Université Lovanium, de 1961. Plus tard, ces mêmes puissances étrangères vont le lâcher dans la honte, le mépris, l'humiliation et l'abandon. Ni Chirac, ni la Belgique et encore moins les États-Unis qu'il a servi ne vont se porter à son secours pour lui donner une fin de règne et de vie décentes.

Comment des puissances étrangères peuvent-elles être assez fortes pour disposer de qui elles veulent pour gouverner un pays qui n'est pas le leur. C'est une usurpation grave et une agression envers ce peuple qui était très bien organisé en tout point de vue. Soudainement, celles-ci décident d'appuyer un homme qui n'a pas la préparation suffisante ni de la compétence requise pour remplacer Mobutu. Laurent-Désiré Kabila est un soudard, un maquisard de mauvaise fortune et au prestige sale, c'est Che Guevara qui le dit. En effet, ce dernier note dans son carnet de route que Laurent Désiré Kabila n'a de goût que pour les femmes et l'alcool.

Au moment où Laurent Désiré Kabila prend la toque de chef, la République du Zaïre est en pleine mutation, la Conférence Nationale Souveraine est chargée d'organiser la transition. Dans tout ce processus, les Zaïrois de la base n'ont pas eu grand'chose à dire, les délégués à cette Assemblée sont un groupe hétéroclite venu de tous les azimuts du pays. Les plus forts se sont faits auto-proclamés députés pour la circonstance, car il fallait que la transition commence quelque part et avec des acteurs reconnus. Or, jusque là, le processus électoral depuis l'indépendance du Congo est toujours absent. Après Laurent-Désiré Kabila, son fils adoptif, sans aucune élection du peuple congolais, s'assoit sur le siège de Président de la République et s'installe lui-même comme chef de l'État.

Dans ces conditions de couronnement sans éligibilité ni consultation électorale, il est important qu'une analyse soit faite pour que des explications raisonnées et éclairées donnent des réponses aux interrogations de l'impasse causée par les ratés de la CEI, du CIAT, de la MONUC et de toutes les instances qui assument, même dans l'illégalité, la gouvernance de la RDC. Cela ne peut se faire objectivement que par une rétrospective synoptique de la politique congolaise et de ses acteurs impliqués au coeur de l'effervescence des événements quotidiens.

Examinons les actions gouvernementales de ces chefs d'État successifs depuis l'indépendance et voyons comment les Congolais ont saisi l'opportunité de se prendre en main. Dans la socio-sphère du politique de la RDC, n'y a-t-il pas toujours eu des injustices et des interférences des puissances extérieures. Effectivement, c'est bien le cas. Malheureusement, les dispositions réparatrices n'avaient vraiment jamais été prises pour restaurer les fondations détruites par la dérive de la responsabilité publique des Instituteurs de l'État. Il y a eu visiblement une démission des autorités dirigeantes par rapport aux fondements de la République. La gouvernance n'a pas été entrevue comme une fonction publique pour initier les mécanismes des Républiques futures, particulièrement, la Troisième République Démocratique du Congo.

Dépassons toute idée d'enquête sur les fraudes et les détournements autour des gouvernements depuis le 30 juin 1960, mais analysons le profil de la personnalité des successeurs de Joseph Kasa-Vubu et Patrice Lumumba. Demandons-nous aussi qui sont ces personnes à qui le Congo a abandonné ses potentialités ? Il apparaît ici des irritants dérangeants. En somme, la passation de pouvoir comme les nominations au sein de l'appareil gouvernemental sont des patronages de complaisance. Les Congolais instruits et les Congolais conscients de la chose publique ont été écartées du système de la gouvernance et de la gestion de l'État. Les vrais acquéreurs du Congo sont passés des bâtisseurs, ce fragment de nos parents venus du Congo-belge, aux tricheurs opportunistes et situationnistes. Dès lors, les nouveaux seigneurs sont :

•  Les amis du chef régnant, sa famille et ses proches;

•  Les Mercenaires étrangers, Français, Bob Dénard; Belges, Jean Schramme, Ted Cassidy; Rhodésiens, Sud-africains, Suisses, Portugais et Espagnols;

•  Partis politiques douteux et organisations institutionnelles hybrides, le Parti-État et ses allégeances. La plupart des acteurs de cette sphère se sont enrôlés au mépris de la mémoire de leur Guide dans l'Alliance de la Majorité Présidentielle, même le fils du défunt Président déchu, en l'occurence, Nzanga Mobutu, s'est reconverti pour le PPRD, l'adversaire juré de son père.

•  Les autres sont les Mokolo Wa Mpombo, l'homme par qui le massacre des universitaires, du 4 juin 1969, est arrivé; Les Kithima Bin Ramazani, le Général Eluki, Antoine Gizenga, qui n'a jamais été membre du MNC, quoi que proche de Lumumba par la coalition MNC-PALU. Son leadership des années ‘60, au nom de ce dernier, ne fut qu'opportunité pour fomenter la rébellion à Stanleyville;

•  Le clan Kabila, Paul Kagamé, Yoweri Museveni, le RCD/Goma, le MLC Bemba et leurs combinaisons à permutations variées jusqu'à l'infini, etc.

Voulons-nous un chef qui vole les richesses du Congo pour lui-même, sa famille, ses voisins et ses amis ? Le Congo est pauvre parce que ses richesses sont acheminées vers les étrangers et les complices locaux qui se contentent des miettes. N'est-ce pas là un crime grave que de faire souffrir une population qui a ses propres ressources et de l'en priver pour les donner aux autres qui les exploitent sans contre-partie.

Où est la justice ? Le Congo doit revenir à ceux et celles qui l'ont construit, non pas à des étrangers voleurs, tueurs et sans aucun respect des structures et des lois gouvernementales et fondamentales. On ne peut accommoder les lois pour satisfaire un chef incompétent qui arrive au pouvoir sans avoir été élu par le peuple. Dans le régime de Kabila junior, sa soeur, incompétente comme une citrouille a été privilégiée par son frère à sa demande. Voulant devenir députée, Joseph Kabila a abaissé les conditions d'éligibilité pour elle avec la complicité du Parlement. Pour cela, les Députés et Sénateurs ont conditionné leur offre par un marché de corruption. Ce faisant, ils se sont fait payés chacun 50.000 dollars.

Revenons à l'analyse générale après cette parenthèse. Depuis Patrice Lumumba, trois Présidents se sont succédés, à savoir : Joseph Désiré Mobutu , Laurent Désiré Kabila et Joseph Kabila alias Hippolyte Kananbé . Ceux-ci sont arrivés au pouvoir sans être choisi par le peuple et n'ont pas joui de leur appui indéfectible et inconditionnel. Où est la démocratie et où sont les principes de l'éthique publique ? Ces hommes, singuliers et ordinaires, qu'ont-ils fait de particulièrement exceptionnel durant leur existence citoyenne et quel a été leur probité de chef une fois arrivé au pouvoir ? Sinon se servir eux-mêmes et leurs amis.

La devise du Président Mobutu, avec son Parti-État, le Mouvement Populaire de la Révolution, en sigle MPR, était : “ MPR = Servir; Se servir ? Non ”. Pourtant, dans l'exécution de cette devise, la pratique de cette vertu n'a pas été celle qu'évoque le slogan, les autorités du MPR se sont comportées en propriétaire de la richesse publique, en exploiteur du peuple et en dictateur, c'est-à-dire en pouvoir politique refusant toute objection et toute critique. Monseigneur Joseph Albert, le Cardinal Malula, a, dans une homélie du 30 juin 1970, en l'église Notre-Dame du Congo, en présence de Sa Majesté le Roi Beaudoin Ier de Belgique, évoqué les principes de la justice distributive à l'intention du Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Mobutu, mais celui-ci, recourant à la plume des journalistes, dont il contrôlait la presse, a pourfendu la “ Pourpre et l'Or ” de Son Éminence, l'Archevêque de Kinshasa. Le Cardinal Malula était pour lui un renégat, un réactionnaire et un pasteur irresponsable. Cet épisode peut vous être raconté par le Cardinal Etsou.

Jean-de-Dieu Kudia Kubanza, l'ancien Auditeur Général de l'Armée nationale congolaise en a payé le prix fort. En effet, il a tenté de résonner le Président Mobutu pour lui faire voir les dérives de son système et les dangers de glissement vers le chaos, malheureusement pour lui c'est la sentence de condamnation à mort qui fut prononcée contre lui par le Procureur Général d'alors, Monsieur Léon Lobisch, alias Kengo Wa Dondo, aussi connu populairement sous le nom de Vidéo . C'est au home ASSANEF, de la Commune de Saint-Jean, que se fit entendre ce verdict. Kudia Kubanza vivra encore quelques années en sursis mais on va l'avoir quand on va condamner à mort les officiers des Forces Armées Zaïroises, Kalume, Panu Bule, et les autres.

Saisissant la balle au bond, Étienne Tshisekedi a tenté, lui aussi, de s'opposer dans le système en se conformant à la directive du Parti qui recommandait effectivement que toute opposition devrait se faire au sein du MPR. Au moment où cette opposition s'est fait jour, Mobutu Sese Seko, l'arrête et le met plusieurs fois en prison. La dernière ballade de ce harcèlement, le Président de la République du Zaïre, l'envoie manu militari , la camisole de force dessus au Centre National de Psycho Pathologie, en sigle CNPP, pour le faire évaluer psychiatriquement. Car, en s'opposant au sein du système, le Régime lui a dévoyé le statut de “malade mental”, donc de fou dangereux. Pourtant, tous nous savons que ce n'était là que des moyens et des méthodes d'intimidation téméraire et d'action vexatoire.

Pire encore, Mobutu est devenu un homme seul, autrement dit une personne qui n'écoute que ses réflexes auto-suggestifs. Avant l'exécution de Kudia Kubanza, Il révoque des militaires de carrière en masse, ceux-ci sont d'abord Batetela, puis ceux du Kasaï et du Bas-Zaïre, ne laissant aux Forces Armées qu'une représentativité de façade. Tous les officiers des grandes Écoles, Luluabourg, Écoles Royale des Cadets de Bruxelles, les Rangers des États-Unis sont tous remerciés ou emprisonné. Le Major, André Mpika, avait déjà expérimenté cette douloureuse ingratitude de son armée en 1975, après un procès bâclé qui va coûter la vie au Général Massiala.

Laurent Désiré Kabila n'a pas eu seulement le temps de faire la dictature comme il l'avait pensé, néanmoins d'aucuns ne se doutent que ce Marxiste attardé, aurait essayé de diriger la République Démocratique du Congo avec les méthodes du Maoiste des années ‘60. Ce qu'il a fait de pire, il a autorisé aux Armées étrangères de pénétrer sur le territoire national, au mépris de toute convention de Genève pour tuer les Congolais et les Réfugiés rwandais en fuite. Il a également tué le processus de la transition en diluant tout simplement la Conférence Nationale Souveraine.

Joseph Kabila, alias Hippolyte Kananbe, ne deviendra pas le Joseph biblique, il sera véritablement le compagnon de Baal. Ce qu'il fait, il organise la défaite des Armées congolaises en offrant en appât des bataillons et des bataillons au Front Patriotique Rwandais, le FPR, son Armée d'origine. Dans ces embuscades, savamment préparées, avec le RCD Goma, de Azarias Ruberwa,

ils ont tendu des pièges de danger mortel horribles aux combattants congolais. Le but de toutes ces subversions couvrait un stratagème ignominieux : il fallait éliminer tous les officiers généraux et supérieurs des ex-FAZ pour enfin dominer sur le Congo et le brader facilement. En l'absence des stratèges pour défendre le territoire l'Est du pays croupit dans l'état qu'il se trouve aujourd'hui.

Le grand malheur de tous ces jeux a aboutit à la mort de six millions de Congolais, au génocide des Congolais, aux crimes de guerre, aux violations des droits de la personne, à la violation des femmes telle qu'on n'en a jamais vu dans l'histoire et à la profanation des corps des défunts massivement massacrés quelque temps auparavant. Pour tout couronner, c'est une Constitution débile, écrite à l'étranger à Liège, en Belgique, que l'on donne à la RDC, comme document de consultation législative en guise de Loi Fondamentale.

Voilà pourquoi il est impérieux que l'on retourne à l'origine de la République, là où gît l'innocence du Congo, en vue de retrouver les empreintes de la virginité nationale. Le Congo a été hypothéqué aux régimes des potentats, non-élus, qui en ont disposé comme ils ont voulu. Joseph Kabila vend de l'uranium à qui il veut et voudrait flatter son orgueil et son arrogance en cherchant d'acheter le Ranch de Michael Jackson en Californie. Il n'est pas nécessaire de tenter d'en dire plus, les parents, les aînés qui sont à côté d'un quiconque veut en savoir plus sont là pour compléter ces récits.

Reprenons le processus électoral et élisons des personnes dignes, des personnes compétentes, connues et voulues par le peuple. Les personnes en place n'ont plus aucun pouvoir de gouvernance sur le peuple congolais. La période de transition est terminée. Le Premier Ministre actuel n'a pas été élu ni choisi par le peuple congolais, il n'est pas congolais lui-même et essaie par toutes sortes de magouilles de prétendre avoir droit à ce poste; il n'en a aucun droit.

Nous devons repartir avec La Loi Fondamentale comme fondement de structure pour notre Gouvernement. La Constitution qui a été votée c'est par fraude qu'elle l'a été, pour accommoder un Monsieur Joseph Kabila qui a menti au peuple congolais. Qu'a-t-il fait de bon pour les Congolais jusqu'à ce jour ? Quel est l'état actuel d'un pays si riche et d'une population si cultivée. L'enjeu de faire de la République Démocratique du Congo un État de droit et une République Démocratique qui respecte la rectitude politique et l'Éthique publique n'est pas le deuxième tour, c'est encore et toujours la requalification du processus de la direction politique de la nation. Les Congolais doivent prendre le temps qu'il faille tant que les conditions sine qua none ne sont pas établies . Bien entendu, tout cela doit également prendre en considération les obstacles publics que sont Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba dans la récapitulation des pistes à corriger.

L'alternative du deuxième tour n'existe pas, c'est au peuple de recommander au pouvoir institutionnelle et la Cour Suprême de proclamer illégale ce scrutin. En d'autres mots, le rôle qui incombe aux Congolais est celui d'exiger la requalification d'un nouveau processus qui récrée les conditions de la reconstruction d'un État de droit. Cette décision de tout revoir est la seule voie qui puisse garantir à la Nation de se prendre en charge elle-même sans interférence du dehors. La RDC n'a pas besoin d'être pressée pour se donner un chef de l'État lorsque les conditions ne sont pas réunies. Au cas où le besoin d'inaugurer un Président à tout prix s'impose comme en Israël biblique, au temps du prophète Samuel. C'est Djamba Yohé, Gaston-Marie F . qu'il faut aller chercher pour gouverner la RDC, car c'est lui qui va sortir la République de son impasse récurrente de mauvaise gouvernance.

Djamba Yohé

G- F., Président de la Troisième République

Le 13 octobre 2006.
dixseptquarantecinq@hotmail.com


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