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Lettre ouverte au Premier Ministre

SCHEVENINGEN, le 11 mars 2007.

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Concerne : L'ETAT DE LA NATION.

Vous voilà aujourd'hui Premier Ministre, investi par le Parlement, et seul responsable devant lui. Je ne voudrais pas épiloguer sur la manière quelque peu cavalière à laquelle vous êtes arrivé à cette fonction, ni sur des raisons encore inconnues de notre peuple pour lesquelles vous avez donné votre caution à Hyppolite KANAMBE. Vous aurez à vous en expliquer devant l'histoire.

Comme vous le savez sans doute, celui-ci ne représente pas le peuple congolais, mais plutôt ceux qui l'ont porté au pouvoir par des moyens sordides et machiavéliques dont il serait superflu de donner des détails. Ce sont des lobbies et organisations occidentales maffieuses guidées par des groupes occultes dont les Francs-maçons de la Belgique Francophone, qui ont monté toute cette supercherie. Tous ces groupes ont décidé la recolonisation du Congo et sont depuis notre indépendance, des ennemis de notre peuple. Leur peur est que le Congo puisse un jour relever la tête, affirmer sa souveraineté et assumer son destin sans rendre compte à qui que ce soit. Voilà pourquoi ils soutiennent des politiciens de pacotille et des généraux d'opérette à qui ils proposent sans gène, ni honte, de décerner des titres honorifiques de « Docteur honoris causa ».

Le financement des élections au Congo n'a pas eu comme but d'aider le Congo à sortir de la crise, mais plutôt à contrôler tous les arcanes du pouvoir par quelques membres des loges secrètes et mystiques actuellement au Gouvernement, à la Cour Suprême et au Parlement. J'enverrai les détails à votre bureau d'études pour analyse.

Monsieur le Premier Ministre,

Voici bientôt 42 ans que vous menez une lutte noble, faite d'abnégation, de privation et de refus de compromission grâce à votre lucidité d'esprit dans des analyses politiques qui vous permettent à chaque occasion de prendre des positions courageuses lorsque l'unité de notre pays, sa dignité et son indépendance sont mises à mal par des forces négatives.

Voilà pourquoi en tant que patriote, je ne peux rester insensé à la situation de notre « Nation » où les vrais nationalistes ont toujours été éloignés du pouvoir ; l'unité du pays compromise, des anti-valeurs érigés en système de gouvernance et la nationalité congolaise bradée par des allochtones d'outre frontières. Avec la complicité de ceux qui dirigent sans en avoir ni la qualité, ni l'envergure, ni même l'étoffe d'une conscience collective.

Je voudrais vous rassurer, Monsieur le Premier Ministre, pour que vous compreniez bien le bien-fondé de mes propos que je ne suis pas un aigri, ni opposant à votre gouvernement, ni même un membre d'un parti qui lutte pour le pouvoir.

Je suis tout simplement un nationaliste, un patriote soucieux du « devenir » de son pays.

Tout comme vous, je suis né et ai grandi à Kikwit. Je suis également allé à la même école que vous, évidemment bien longtemps après vous (soit 20 ans après).

Alors qu'en 1960 j'entrais à l'école primaire à « l'Institut Saint-Pierre CANISIUS » de Kinzambi à 10 km de Kikwit, une référence dans le Mayumbu (terroir ancestral),

vous étiez déjà en train de mener la lutte de l'Indépendance avec votre parti le P.S.A. Dans la même école, j'ai contemplé avec admiration le palmarès d'anciens élèves qui vous ont suivi dans votre lutte politique tels :Pierre MULELE, Cléophas KAMITATU, Bernardin MUNGUL DIAKA, Henry TAKIZALA, Jean KUDIA-KUBANZA, Norbert LETA, Claude MAFEMA NGANZENG, etc.

Mon père, un de vos congénères, ne cessait de me répéter après la mort de Patrice, qu'Antoine GIZENGA était le « jumeau » de LUMUMBA. Il était le légataire de son œuvre et l'espoir de la Nation (sic), en qui tous les patriotes se retrouveraient bien un jour. J'avais longtemps espéré que cela fût vrai. Pouvons-nous dire que ce rêve de longue date est devenu une réalité aujourd'hui ?

Je me permets d'en douter, tout comme la plupart de Congolais. En effet, sur base des éléments et des données politiques actuels qui dénaturent toute réflexion logique, objective qu'on peut faire, les résultats de vos actions ne peuvent être que mitigés. Puisque la volonté des mains invisibles qui soutiennent le Pouvoir de Kinshasa (vous exclu) , ne permettra jamais que vous puissiez réussir quoi que ce soit sans que vous puissiez vous compromettre avec elles.

Voilà pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, mes propres recherches tant au Congo qu'à l'Etranger (France, Belgique, Allemagne, Angleterre, USA et Canada) m'ont permis de découvrir une série de faits marquants sur votre personne dont voici quelques uns :

 

  1. Vous avez tenté de faire évader Patrice pour qu'il vous rejoigne à Kisangani, alors que les Forces du mal le poursuivaient pour le faire mourir. Ce qui est tout à votre honneur.
  2. Alors que la sécession Katangaise se trouvait de nouveaux alliés pour continuer la guerre (1963), vous avez décidé, étant sur les hauteurs de Kasongo, d'abattre l'avion en provenance de Dar es-Salaam bourré d'armes et des munitions, mais aussi remplis de mercenaires belges et italiens qui allaient semer la mort parmi les Congolais du Katanga pour les intérêts de la Belgique et de l'Occident. Cet acte de bravoure a sonné la fin de la sécession et a été à l'origine des négociations pour la réunification du pays. La Belgique n'a jamais oublié ce fait saillant, et c'est pourquoi vous êtes jusqu'à ce jour sur la liste noire de ses services de sécurité.
  3. Lors du conclave de Lovanium, vous avez refusé tout compromis avec toutes les forces négatives, exigeant d'abord des explications officielles sur la mort de Lumumba. Trahi par certains membres de votre propre camp, richement payés par les Belges (toujours eux), vous avez été enfermé dans la sinistre prison de BULA-MBEMBA jusqu'au coup d'Etat de 1965. Encore une fois, vous avez refusé tout compromis avec Mobutu, jugé comme marionnette des étrangers. D'où votre long exil de plus de 26 ans, d'abord à Bamako et à Conakry, puis à Prague et à Berlin, suivi de Brazzaville et Luanda avant le retour au pays à la faveur de la Conférence Nationale Souveraine.
  4. Pendant votre exil, plusieurs pays et organisations secrètes relevant de la maffia-financière ont souvent attenté à votre vie. Je me refuse de vous donner des détails car vous le savez mieux que quiconque les raisons profondes de ces attentats et leurs commanditaires.

Pour illustrer le point ci-dessus, voici ce que déclarait en secret un diplomate européen en poste à Kinshasa en 1992 peu après l'élection du Premier Ministre Etienne TSHISEKEDI par la C.N.S. :

« Nous n'accepterons pas Tshisekedi au pouvoir, malgré sa désignation par ces assises. Il est incontrôlable et prêt à en découdre avec nous. Quant à Gizenga, l'Europe ne peut pas accepter de se trouver devant un autre Lumumba. Notre but sera de les tenir l'un éloigné de l'autre, et les affaiblir.» La suite vous la connaissez.

Cette déclaration, empreinte d'arrogance et de néo-colonialisme, reflète l'esprit dans lequel nos dirigeants actuels sont considérés lors des négociations internationales. Ils n'ont ni fierté personnelle, ni dignité. Ils ne réclament rien, ne revendiquent rien, comme si nous étions sous-tutelle d'un gouvernement ou organisme étranger. Pouvez-vous, Monsieur le Premier Ministre, relever tous ces défis et sortir notre pays de la léthargie qui caractérise ses gouvernants dont plusieurs sont sans envergure.

Ainsi donc, puisque plusieurs compatriotes se sont retrouvés dans votre lutte politique et vous ont soutenu, comment pouvez-vous expliquer la caution que vous avez donnée à KANAMBE Hyppolite ?

En tant qu'homme politique, vous êtes sensé avoir fait vos propres recherches et analyses politiques pour connaître les tenants et aboutissants de l'imposture actuelle. Vous avez bien un bureau d'études et de stratégie. Quel est donc son rôle ?

Les stratèges du PALU n'ignorent pas que l'homme qui a signé l'ordonnance de votre nomination n'a pas le sang congolais. C'est un faussaire par excellence. Tout en lui est faux, notamment : l'identité, la nationalité, la filiation, le certificat d'études, les documents pro-nuptiaux (fournis lors du mariage religieux), etc.

Bien plus, il est soutenu par la main criminelle de l'Occident. Celle-là même qui a armé les assassins des illustres fils du Congo que sont : P.E. LUMUMBA, Pierre MULELE, Maurice MPOLO, Joseph OKITO, FINANT, Jason SENDWE, Joachim MASENA, André LUBAYA, André KISASE-NGANDU, Col. PAKASA, Col. TSHATSHI, Col. TSHIMPOLA, OLENGA et L.D. KABILA.

A moins que vous puissiez disposer d'un agenda « caché » qui viserait à changer le cours des événements dans la direction que souhaite notre peuple, celui-ci ne vous pardonnera jamais ce qu'il considère comme une erreur politique, c'est-à-dire votre mariage avec un pion des Belges qui vous manipulerait pour l'intérêt de ces derniers. Si tel n'est pas le cas, alors il faut prouver le contraire au peuple par des gestes forts.

Vous voilà, Monsieur le Premier Ministre, dans un dilemme cornélien :

Soit que :

1°) Vous surprendrez notre peuple en lui faisant recouvrer ses droits souverains (nationalité, sol, sous-sol, espace aérien, indépendance) qui ne sont ni aliénables, ni hypothécables ;

2°) Vous laisserez l'imposture s'installer au timon des affaires et voir les Congolais devenir des citoyens malléables et corvéables à merci pour des lustres, et cela au profit de ceux que Lumumba, Mulele et autre Kabila L.D. ont combattu et ont payé de leur vie.

Mais si quelque part vous avez encore de l'amour pour la Nation Congolaise, voici quelques dossiers importants auxquels vous devez vous attaquer sans plus tarder :

•  Unifier toute l'armée autour des officiers supérieurs crédibles, ayant fait des études dans des grandes écoles de guerre ou des grandes académies militaires (BEM/TEM).

Il ne doit plus y avoir de place pour des « boys scouts » dans le commandement militaire. Tous les grands officiers de l'état-major général, soit 12 officiers titulaires et adjoints, doivent être de régions différentes. Cette logique doit être étendue aux Entreprises Publiques et à la Diplomatie.

•  Créer une ligne de sécurité militaire sur toute la frontière Est – volontairement dégarnie par la Présidence de la République. Plus de 20.000 hommes de troupes doivent être déployés avec matériels adéquats entre SAKANIA au Katanga, jusqu'à Isiro (province orientale ) en passant par les localités ci-après : Kalemie, Pweto, Mitwaba, Uvira, Bukavu, Idjui, Sake, Goma, Beni, Butembo, Lubero, Mahagi, Bunia, Wamba, Niangara et Bambesa.

•  Revoir tous les contrats miniers (une trentaine) signés par des politiciens véreux corrompus et peu scrupuleux qui ont aliéné notre patrimoine. Associer à cette révision la Société Civile et les syndicats ; et non le parlement qui a en son sein plusieurs agents de l'étranger. Remettre à jour la loi BAKAJIKA, la réhabiliter et même la renforcer.

•  Corriger les articles de la constitution qui fâchent les congolais. Il y en a une bonne vingtaine qui y ont été inclus par les experts belges et américains à Liège lors de l'élaboration de ce document dont l'objectif était de l'imposer aux congolais à coup d'argent sale.

•  Créer un nouveau plan de défense du pays. Le premier plan a été dévoilé par les hommes au pouvoir aux armées étrangères qui les soutenaient. Des cadres intelligents (civils et militaires) existent au pays pour élaborer un autre plan. Mais ceux-ci sont tenus hors du pouvoir et des services d'intelligence pour des raisons faciles à deviner.

•  Les cadres de la Présidence de la République (Institution nationale) doivent être originaires de toute la République et non une chasse gardée de seules régions du Kivu et du Katanga comme c'est toujours le cas même aujourd'hui. La primature devra obéir à la même logique.

•  Enfin, il est plus que temps de relancer le procès des assassins de L.D. KABILA et de leurs commanditaires. L.D. KABILA était tout de même Président de la République. Les dirigeants du pays ne peuvent pas avoir une attitude timide comme s'il s'agissait d'un « non événement ». et tout le monde au Congo sait qu'il ne s'est pas suicidé. Pourquoi attendre plus de cinq ans avant que justice lui soit rendue ? Et pourquoi notre appareil judiciaire est-il toujours assujetti à la politique ? Quid de son indépendance dans un pays démocratique ?

Aujourd'hui plus qu'hier, il devient impérieux d'expliquer au peuple pourquoi Maître Marie-Thérèse NLANDU, et le pasteur KUTINO sont toujours détenus à la Sécurité militaire. Pourquoi le Bandundu et l'Orientale sont envahis par des armées étrangères et pourquoi, pour les tueries du Bas-Congo, on tarde encore à établir des responsabilités et à traduire les coupables devant les tribunaux.

Les Forces Publiques ne sont pas une chasse gardée de KANAMBE, mais plutôt un domaine de collaboration. Le peuple attend que vous puissiez prendre des positions claires et vous démarquer de tout ce qui sent l'illégalité…

Comme vous pouvez vous en apercevoir, le travail qui vous attend est immense. Mais ça sera à vous de relever les défis grâce à la qualité de l'équipe que vous venez de choisir pour vous épauler dans cette tâche. Le combat contre les forces négatives d'obédience étrangère doit être permanent, et mené par de vrais congolais.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi enfin de vous dire en résumé que, ce que les Congolais attendent de vous, c'est la réalisation des préoccupations ci-dessus ; que vous traiterez parallèlement à votre propre programme du gouvernement.

Et si par malheur quelqu'un se mettait en travers de votre route pour vous contrecarrer, dites-le sans mâcher les mots au peuple par message radiodiffusé ou quittez le gouvernement avec tous vos alliés du cartel lumumbiste. Vous obligerez ainsi les parlementaires à aller chercher un autre mandat auprès du souverain primaire. Le peuple saura ce qui lui restera à faire dans ce cas.

Votre réhabilitation vis-à-vis de l'opinion nationale en dépend. Je me fais le devoir de vous informer que pour notre pays, Dieu cherche un homme qui puisse se mettre à la brèche pour que celui-ci ne soit pas totalement détruit (Ezekiel 22 :30).

Toute personne qui prétend diriger ce pays doit d'abord se faire violence, renoncer à l'orgueil et aux égoïsmes personnels, faire preuve d'abnégation avant d'exiger les mêmes valeurs à ses collaborateurs et à la nation entière.

Vous n'ignorez pas sans doute que plusieurs prophéties bibliques ont été données dans les Saintes Ecritures au sujet de ce pays, et celles-ci ne tarderont pas à s'accomplir (lire : Genèse, Sophonie, Esaïe).

J'ai tenu, Monsieur le Premier Ministre, à vous écrire ces quelques lignes en espérant qu'elles vous ouvriront les horizons sur ce que pensent les compatriotes au Congo et nous autres qui vivons à l'étranger en proie aux moqueries des autres nations. Celles-ci ne peuvent comprendre que l'imposture et beaucoup d'autres faits peu reluisants se passent dans notre pays qui ne manque cependant pas de cerveau pour changer le cours des choses. Le refus des ordres venus de l'étranger doit être un « leitmotiv » de tout votre programme.

Je vous prie de les lire dans le calme. Et que votre cabinet d'études se penche sérieusement sur les points y développés. Et ce qu'on peut aisément comprendre entre les lignes, je vous demande d'y donner suite par des actes concrets et cela sans tergiverser.

Bien entendu, le contenu de cette lettre vaut aussi pour toutes les organisations et partis politiques qui voudront assumer la responsabilité d'une alternative démocratique, notamment la Société Civile, l'U.D.P.S., l'U.N., l'Apareco ou le Groupement d'opposition de la diaspora qui ont de sérieux projets de gouvernement par rapport au théâtre tragi-comique qu'offre en illustration le Parlement actuel.

Et dans le cadre de l'amour que tout citoyen doit avoir envers sa patrie, je considère que j'ai fait mon devoir en vous laissant le présent exploit. Dont acte.

Gabriel LABA SAMBI
Secrétaire Général / Mouvement des Citoyens (BENELUX)
SCHEVENINGEN (HOLLANDE).
labagabriel@yahoo.fr

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