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Lettre  ouverte au peuple congolais

MESSAGE AU PEUPLE CONGOLAIS: 30 juin 2007 Discernez les signes des temps !

Chers compatriotes Congolais,

Voici le 10 e anniversaire de notre accession à la souveraineté nationale et internationale que nous allons commémorer sous le joug de l'occupation de notre territoire national par des étrangers qui nous ont agressés et qui ont soumis notre peuple à l'humiliation et à l'opprobre devant l'Afrique et le monde depuis le 17 mai 1997.

Presque tous les grands peuples du monde ont connu à un moment ou un autre de leur histoire soit l'occupation, soit la déportation, soit l'extermination ou toute autre forme d'humiliation. Mais quelle que soit la longueur de la nuit, dit-on, le jour finit toujours par se lever.

Toutefois, la longueur de la nuit dépend avant tout du temps que met ce peuple à prendre conscience de son état de soumission et d'avilissement, et ensuite de son devoir et de sa capacité de s'assumer devant les puissances d'oppression et d'occupation pour arracher, au prix du sang s'il le faut, sa souveraineté et sa dignité !

Les deux longues guerres d'invasion que nos voisins de l'Est, à savoir le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, appuyées par certaines puissances occidentales ont imposées au peuple zaïrois, aujourd'hui congolais, ont été habillées dès le début par un voile de mensonge qui a fait croire à l'opinion nationale qu'il s'agissait d'une guerre de libération.

Il nous a fallu déployer un effort incommensurable pour qu'avec l'aide de Dieu, les écailles tombent progressivement de vos yeux. Mais malgré nos cris de détresse dénonçant un second piège électoral que l'ennemi avait savamment conçu pour légitimer l'œuvre de l'occupation, de la balkanisation et du pillage de notre pays, vous êtes hélas tombés sous le charme de la propagande et des fausses promesses que la Communauté internationale vous a faites. Elle vous a fait croire que les élections made in Europe vous apporteraient miraculeusement la paix, l'abondance, la sécurité et la dignité dont vous êtes privés voilà plusieurs années. Pour protéger et couvrir les méfaits de cette cynique entreprise, elle a mobilisé une armada forte de plusieurs dizaines de milliers de soldats européens avec les armes les plus sophistiquées pour vous intimider et vous imposer des élections truquées et préconçues.

Mais aujourd'hui, soit huit mois après cette mascarade électorale, vous êtes enfin sortis du rêve pour vivre le cauchemar de la réalité. Nos compatriotes du Kivu et du Maniema à qui l'on avait promis la fin de la guerre et le retour de la sécurité voient plutôt leur situation s'assombrir chaque jour plus qu'avant les élections : les Rwandais ayant accéléré depuis le processus d'occupation des terres congolaise du Kivu, de plus en plus d'autochtones congolais sont chassés de leur terre natale, pour se retrouver loin dans la foret sauvage à la merci des fauves et des intempéries.

Nkundabatware et sa branche armée rwandaise, avec la complicité avérée de son frère Joseph Kabila, a fini par imposer le contrôle du Rwanda sur ce qu'ils appellent cyniquement « l'Armée congolaise », et sur la partie essentielle des deux Kivu…

Quant à l'intégrité du territoire national, vous assistez là aussi, à l'accélération du processus du plan rwandais et occidental de balkanisation de notre pays :

- l'occupation effective des terres du Kivu par le Rwanda, selon le rapport des parlementaires congolais originaires du Kivu, est aujourd'hui de 75%.

- Une partie du territoire congolais de la Province de Bandundu est officiellement abandonnée et cédée à l'Angola, avec hommes, femmes et enfants qui ont pourtant participé aux élections nationales à tous le niveaux.

- Au Katanga, plusieurs villages congolais sont toujours occupés par les forces zambiennes sans que personne à Kinshasa ne lève le petit doigt.

Au Nord-Est de la Province Orientale , le Soudan occupe une partie du territoire congolais sans que personne ne s'en émeuve au sein du gouvernement…..

S'agissant des libertés démocratiques tant promises après les fameuses élections , vous assistez à la naissance d'une dictature plus dangereuse et plus néfaste que celle de l'époque de Mobutu, car il s'agit cette fois de l'extermination du peuple congolais en tant que Nation au profit des occupants étrangers, et de la disparition de la RDC en qu'Etat au profit de certains pays voisins :

- Le peuple congolais est décimé à l'arme lourde par des milices au service du pouvoir d'occupation sous prétexte de réprimer des manifestations pacifiques.

- Toute la presse nationale est définitivement bâillonnée ; les journalistes « récalcitrants » sont systématiquement et sauvagement assassinés.

- Les élus congolais ainsi que des cadres politiques congolais en quête de positionnement sont « achetés » au vu et au su de tous. Et pour couronner le tout, le Raïs Joseph Kabila vient de décréter urbi et orbi la condamnation de celui qui devait représenter, selon leur propre système «démocratique», l'opposition politique à son pouvoir. En se prononçant en lieu et place de la justice sur le sort réservé à JP Bemba, Joseph Kabila a voulu clairement marquer sa volonté de mettre fin au simulacre du processus démocratique que ces parrains occidentaux avaient mis en place pour endormir le peuple congolais.

La situation sociale et économique de notre peuple ne mérite même plus une quelconque description, tant son ampleur, dans les villes comme dans les campagnes, dépasse l'entendement humain. La description de la vie sociale à Kinshasa comme dans le reste des nos villes de l'intérieur du pays ressemble à un film d'épouvante où les gens qui brûlent en enfer réclament en vain la mort qui ne vient toujours pas !

Chers Compatriotes Congolais,

Devant ce constat douloureux d'une vertigineuse descente aux enfers de notre nation toute entière ; devant l'indifférence de la Communauté internationale face à nos cinq millions de morts et face aux nombreux cas de viols et d'assassinats, alors que cette même Communauté internationale se mobilise aujourd'hui pour les deux cents mille morts et les déplacés du Darfour ; devant l'arrogance du pouvoir d'occupation qui se targue d'avoir assujetti et maîtrisé toute la classe politique congolaise désormais à son service ; devant le mépris et l'orgueil de l'occupant qui étale sa force et renforce son oppression, le peuple débout lance le cri du désespoir et se demande si la libération est encore possible !

C'est à vous qui êtes découragés et fatigués que je voudrais adresser ce message. C'est à vous qui avez peur de la démonstration de force de l'ennemi et qui avez perdu foi en la victoire de la liberté que je lance cet appel. C'est à vous qui m'écrivez nombreux pour m'exprimer votre impatience et pour me dire que j'ai assez parlé, que j'ai assez révélé des choses et qu'il faut maintenant passer à l'action que j'adresse cette exhortation spirituelle, mais dont la nature et l'objectif demeurent hautement politiques.

Notre peuple étant à 90 % chrétien, permettez-moi de vous adresser cette exhortation spirituelle, en ce jour mémorable, pour réveiller votre foi chrétienne qui devrait éclairer votre vision de la situation politique actuelle de notre pays, et ranimer votre ardeur au combat. Car un peuple sans vision est un peuple sans frein ; il avance sans voir le gouffre et les pièges qui sont devant lui, il se décourage alors qu'il est à deux pas du salut et de la délivrance. Tout cela, parce qu'il ne sait pas discerner les signes des temps !

Oui, Jésus-Christ avait reproché à ses contemporains le même défaut : «  vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps  » (Marc 16 :3), leur avait-il lancé en boutade ! Jésus stigmatisait ainsi par cette remarque un défaut qui avait caractérisé le peuple d'Israël durant toute sa marche vers sa libération.

Jésus voulait attirer l'attention de son peuple que nous sommes sur la méthode opérationnelle de Dieu : Chaque fois que Dieu fait une promesse, et que cette promesse tend vers son accomplissement, elle se fait toujours précéder par des signes bibliques bien distinctifs. Et ces signes sont souvent des circonstances matérielles qui semblent renforcer la position de nos ennemis vis-à-vis de nous, et nous font croire que la promesse de Dieu ne s'accomplirait plus jamais !

C'est ainsi que Joseph à qui Dieu avait promis l'élévation pour sauver la maison d'Israël s'est retrouvé esclave loin de sa famille, par la jalousie de ses propres frères qui avaient décidé de « tuer » la vision et la promesse de Dieu à travers leur jeune frère. Cependant, c'est de son statut d'esclave, blotti aux fins fonds de la prison d'Egypte douze ans durant, oublié des hommes et de ses frères ennemis qui étaient convaincus d'avoir définitivement gagné la bataille, que Dieu a fait éclater sa gloire en sortant Joseph, tel un Joker, du puit de la prison pour le faire monter au sommet du pouvoir, à côté de Pharaon, afin de réaliser la promesse de salut vis-à-vis de la maison d'Israël. C'est au moment où plus personne ne pouvait croire à la prophétie de Dieu qu'il a manifesté sa puissance !

Il en fut de même lorsque Dieu décida de sortir le peuple d'Israël de l'esclavage d'Egypte, il le mit d'abord dans une situation militaire stratégiquement défavorable et désespérante : il le conduisit à Pi-Hahiroth, dans un défilé sans issu, entre Migdol et la mer ! Et Dieu donna à sa stratégie une explication bizarrement cynique en disant : « Pharaon dira des enfants d'Israël : ils sont égarés dans le pays, le désert les enferme. J'endurcirai le cœur de Pharaon et il les poursuivra ; mais Pharaon et toute son armée serviront à faire éclater ma gloire, et les Egyptiens sauront que je suis l'Eternel…  » ! (Exode 14 :3-4) Mais le peuple d'Israël qui ne savait pas lire les signes des temps ne comprit pas cette stratégie de Dieu et s'emporta contre Moïse. Certains lui reprochèrent même, par peur de mourir au désert, de les avoir sortis de l'esclavage d'Egypte. Ils lui dirent : « n'y avait-il pas des sépulcres en Egypte sans qu'il fût besoin de nous mener mourir au désert ? Que nous as-tu fait en nous faisant sortir d'Egypte ? N'est-ce pas là ce que nous te disions en Egypte : laisse-nous servir les Egyptiens, car nous aimons mieux servir les Egyptiens que de mourir dans le désert ?  » (Exode 14 :11-12)

Voilà un peuple qui ne savait pas lire les signes des temps de Dieu, parce que ses yeux étaient fixés sur les circonstances extérieurs et non sur la promesse de Dieu. Ses yeux et ses oreilles étaient fixés sur la poussière et les bruits de sabots que produisait la puissante cavalerie de l'armée de Pharaon. Ils ne voyaient pas comment ils sortiraient vivants de ce guet-apens et ainsi ils perdirent la foi dans le processus de libération entamé par Dieu.

Mais face à l'agitation, à la colère et au désespoir de tout un peuple, Moïse discerna les signes des temps et comprit que cette circonstance militaire désespérée pour les enfants d'Israël constituait justement le signe annonciateur de la manifestation de la gloire de Dieu. Alors il se leva et cria sur le peuple d'Israël, en prononçant ces paroles de folie qui défiaient toute logique de la situation ambiante : «  Ne craignez rien, restez sur place et regardez la délivrance que l'Eternel va vous accorder en ce jour ; car les Egyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus jamais. L'Eternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence.  » (Exode 14 : 13-14) La différence entre Moïse et tout le peuple d'Israël est que Moïse savait discerner les signes des temps, et le peuple d'Israël ne le pouvait pas!

Tel fut également le cas de l'officier du roi lorsque Elisée annonça la délivrance de la Samarie occupée et assiégée par la puissante armée des Syriens. La misère du peuple assiégée avait atteint son point culminant, au point que les mamans s'entendaient entre elles pour manger à tour de rôle leurs propres enfants ! C'est devant cette ville sans eaux ni nourriture, avec une armée qui avait capitulée et attendait seulement la mort que Dieu parla par la bouche de son serviteur Elisée qui déclara : «  Ecoutez la parole de l'Eternel ! Ainsi parle l'Eternel : d emain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d'orge pour un sicle, à la porte de Samarie  » (2 Rois 7 : 1) L'officier du roi se moqua d'Elisée et le prit pour un fou, parce qu'il regardait seulement aux circonstances environnantes sans savoir y discerner le signe des temps de Dieu.

Dieu intervient lorsque la situation sociale, physique ou matérielle de ses enfants ou de son peuple devient selon toute logique impossible à surmonter! Il intervient lorsque la crise ou la maladie devient incurable ! Il a attendu exprès que Lazare meure pour intervenir. Notre Dieu n'aime pas de victoire dans la facilité. Et si la situation est facile, il la rend difficile pour faire éclater sa gloire. Telle est la stratégie et la logique de Dieu. Tel est aussi le signe du temps qui précède sa gloire.

Chers jeunes compatriotes congolais,

Au crépuscule de sa vie, le Pape Jean Paul II a lancé un cri d'espoir à la jeunesse du monde entier : «  N'AYEZ PAS PEUR !  » Ce grand serviteur de Dieu a voulu lui aussi vous inviter à discerner le signe des temps ! Des hommes et des femmes qui ont peur sont ceux qui regardent à la force et la puissance de leurs ennemis. Si le jeune David avait regardé à la taille, à la force et à l'expérience de Goliath, il n'aurait jamais affronté ce géant Philistin qui terrorisait toute l'armée d'Israël. Mais ce jeune garçon avait compris que c'est lorsque les ennemis de Dieu affichent tant d'orgueil et d'assurance que Dieu intervient pour les frapper par notre main. Il avait compris que dans la stratégie suprême de Dieu, « l'arrogance précède la ruine, et l'orgueil précède la chute » (Proverbe 16 :18) !

C'est pourquoi David n'a pas été gagné par la peur comme tous ses autres frères ! C'est pour cela qu'il ne s'est pas laissé intimider ni décourager par les menaces et les moqueries de Goliath sur sa petite taille et sur ses armes pitoyables et ridicules !

Ne regardez donc pas à la force, ni au nombre, ni aux armes, ni aux richesses, ni aux puissants soutiens internationaux dont jouissent les ennemis qui occupent aujourd'hui la terre de vos ancêtres ! Mais sachez que la volonté suprême de Dieu est que chaque peuple jouisse de la terre qu'il lui a donnée. Et la République Démocratique du Congo est la terre que Dieu a souverainement donnée à vos ancêtres bien avant votre naissance. Vous ne l'avez pas choisie !

Nous qui sommes vos parents, nous avions péché, nous nous sommes détournés de Dieu et nous avons sacrifié ce beau et riche pays aux idoles de la débauche, du vol, de l'injustice sociale, de la luxure et du gaspillage… C'est pourquoi Dieu nous a livrés avec notre pays entre les mains de l'étranger pour que nous revenions à Lui. Mais il n'est pas seulement le Dieu de justice, il est aussi le Dieu de la miséricorde car il a dit : «  Si mon peuple, sur qui est invoqué mon nom s'humilie, prie et cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises voies, je l'exhausserai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays  » ! (2 chroniques 7 :14)

Pendant dix ans, la grande majorité d'entre vous a poussé vers Dieu des cris pour demander sa miséricorde. Et aujourd'hui, la situation politique et sociale de notre pays parait catastrophique et irrémédiablement perdue. L'ennemi a redoublé de méchanceté, de violence, d'arrogance et de mépris envers notre peuple. Les signes extérieurs de la libération du pays paraissent lointains voire inexis tants, comme pour Joseph dans la prison de Pharaon, comme pour le peuple d'Israël coincé au bord de la mer rouge, et comme pour la Samarie assiégée sans force et sans espoir de lendemain.

Devant ce tableau apocalyptique de notre pays, discernez le signe du temps de l'intervention de Dieu ! Sachez que Dieu a besoin de votre foi, de votre courage et de votre action pour délivrez votre pays de la main de vos ennemis. Car Dieu ne fera pas ce que vous êtes capables de faire ! Il ne suffit pas de prier et de lever les mains au ciel, mais il faut vous lever pour faire la petite part qui vous revient, et Dieu fera ce que vous n'êtes pas capable de faire ! Il s'occupera lui-même du nombre, de la force et de la supériorité de vos ennemis.

Chers Compatriotes Congolais,

En ce 10 e anniversaire de la commémoration de notre indépendance sous l'occupation, j'invite chacun de vous à examiner ce qu'il doit apporter comme contribution personnelle dans le grand assaut de demain pour la libération de notre pays. Je vous exhorte à bannir la peur et le doute qui engendrent le découragement. Je vous demande de ne pas considérer les propos de moquerie et de mépris de nos oppresseurs et des médias internationaux qui vous font croire que les carottes sont cuites et qu'il n'y a plus rien à faire si ce n'est se résigner et se rendre ! Dans sa détresse, Job avait compris que son Rédempteur se réveillerait le dernier, et il a gardé l'espoir jusqu'au bout !

Ne pointez pas votre doigt vers l'autre pour lui demander ce qu'il fait, mais posez-vous plutôt la question à vous-même pour savoir ce que vous êtes capable de faire aujourd'hui pour participer demain à la libération de votre pays !

Homme, femme et enfants, riches et pauvres, civils et militaires, étudiants et professeurs…, nous avons chacun notre part, aussi minime soit-elle, à apporter pour faire écrouler la forteresse de l'occupation, en vue de libérer notre pays et notre peuple du joug de la honte et de l'humiliation. Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple !

Honoré NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA
Président National de l'APARECO

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