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Déclaration politique portant sur le territoire de Minembwe

Les événements politiques actuellement en cours dans notre pays présagent un éventuel risque pour notre peuple de se retrouver encore une fois à la case de départ des péripéties qui ont entraîné les deux guerres d'agression contre notre pays. Car, comme l'avait si bien écrit André Charadame : «si les dangers de la guerre sont grands, ceux de la paix sont encore plus redoutables» car en effet «une paix mal conclue comme cela est arrivé à notre pays il y a presque trois ans, ont fait perdre à notre pays les immenses sacrifices que notre peuple (et principalement les Kivutiens) a consenti pour la gagner.» Les menaces du RCD et des ses suppôts sont à prendre au sérieux, car les infiltrations vers les hauts plateaux d'Itombwe, se poursuivent chaque jour dans notre pays et le gouvernement de Kinshasa est bien au courant de cette situation mais malheureusement rien ne fait pour en empêcher.

Ainsi, le Comité exécutif du Parti Mzalendo wa Kivu s'adresse à l'opinion nationale et plus particulièrement à la vaillante population combattante du Kivu, pour exprimer sa profonde indignation et inquiétude sur la démarche scélérate et la confusion politique savamment entretenues au Bureau du Président du RCD et au Ministère des Affaires Intérieures Décentralisation, pour l'exécution d'un éventuel projet de décret présidentiel qui créerait la collectivité chefferie de Buzi et les territoires fictifs de Kasha, Bunyakiri et plus spécialement Minembwe, dans la province du Sud Kivu.

Notre parti est très vivement préoccupé au très haut point par toutes les manúuvres politiciennes irresponsables qui entourent ce projet humiliant et maléfique depuis 1999, et nous tenons à les dénoncer avec toute notre dernière énergie. Car son objet dévoile de manière ostentatoire un esprit de banditisme et une propension sauvage et démesuré d'expansionnisme territorial contre les terres de paisibles populations du Kivu. L'exécution d'un tel projet, il ne faut pas s'en douter plongerait notre pays dans une guerre inutile à ce moment où tous les espoirs sont fixés vers les prochaines élections démocratiques depuis plus de quarante ans.

Le peuple Kivutien suit avec une grande vigilance tout ce complot qui se trame contre l'intégrité physique de son territoire avec tout ce que cela pourra comporter comme conséquence néfaste sur la paix et la cohabitation mais aussi à l'environnement social, économique et politique de la province et du pays. Il trouve impérieux à ce moment crucial de rappeler à tout le monde qu'il n'a pas perdu la guerre, mais plutôt, qu'il a été trahi par le gouvernement de Kinshasa dans sa résistance et ses multiples offensives contres les forces du mal pour bouter les hors de notre territoire national. Mais ce sont les négociations de paix qu'on lui a miroitées et imposées et que personne ne comprenait les conditions inéluctables qui lui ont ravi la clé de la victoire. En août 1998, ils nous ont pris par surprise, et deuxièmement, nous avions placé plus d'espoirs sur un allié (le gouvernement de Kinshasa) dont les ambitions et intérêts étaient ailleurs. Cette fois-ci toutes les précautions seront considérées et l'alerte sera générale.

En effet, le territoire de Minembwe, la cible de toutes ces conjurations et qui incarne un grand intérêt stratégique pour le RCD, est un village Bembe situé dans le Groupement de Basimunyaka-Sud, dans la Collectivité de Lulenge, en Territoire de Fizi ou le pays de Babembe. Ainsi, Minembwe est un village qui n'a aucun lien de parenté ou sociologique à quel que titre que se soi avec les Banyarwanda ou Banyamulenge. Cependant, il fut décrété de manière abusive, expéditive et à la grande de stupéfaction de tous les Kivutiens comme territoire le 2 septembre 1999, par un décret départemental du RCD signé par Joseph Mudumbi, au grand mépris de toutes les normes politiques et administratives applicables en la matière de création d'un territoire en République démocratique du Congo. En droit, cela voudrait tout simplement dire que les actes politiques et administratifs du RCD, se sont faits dans l'illégalité choquante et triviale. C'est très malhonnête si aujourd'hui, on cherche à nous rabattre les oreilles avec des ententes prétentieuses signées entre les belligérants à Lusaka et à Sun City qui reconnaîtraient les actes publics posés par ces derniers au grand mépris des principes élémentaires des droits humains.

Par ailleurs, ce que les belligérants ont feint d'oublier et qui les rattrape aujourd'hui, était de reconnaître que chaque groupe ethnique du Kivu et au Congo a hérité de ses ancêtres un territoire qui lui est propre. Il n'y a aucun groupe qui a obtenu un territoire par les armes, la ruse ou les mensonges. Tout comme, il est aussi vrai, qu'il n'y a aucun pouvoir public qui a octroyé un territoire à un groupe ethnique quelconque. Tous les actes publics se rapportant sur les différents groupes ethniques qui habitent le Kivu, depuis l'époque coloniale jusqu'aujourd'hui auraient été établis sur base des réalités sociologiques de l'occupation territoriale trouvées sur place avant même la création de l'État indépendant du Congo par le Roi Léopold II de la Belgique. Et s'il y a un groupe ethnique qui n'a pas eu de territoire (village, localité ou groupement, collectivité et zone) ce qu'il est issu d'une récente immigration, et par conséquent n'est pas autochtone du Kivu ou «Kivutien pure laine» si vous permettez l'expression. Car, on peut être Congolais et Kivutiens sans être nécessairement autochtone du Kivu. C'est probablement le cas de nos compatriotes qui parlent Kinyarwanda et qu'on appelaient communément Banyarwanda.

C'est très malheureux de constater que nos compatriotes Banyarwanda auraient voulu chercher à changer l'histoire et l'ethnographie du Kivu contre l'avis général de tous, en déclinant leur identité pour s'identifier comme de Banyamulenge pour signifier qu'ils sont originaires de Mulenge, dans la Collectivité-Chefferie des Bafulero, en territoire d'Uvira. Or, partout en Afrique noire, c'est la langue qui identifie un individu ou un groupe d'individus. Mais là où le bât blesse, c'est lorsque qu'on arrive à remarquer que le changement de leur identité était juste une stratégie qui les amènerait à réclamer la nationalité et un territoire, les armes à la main tout en organisant toute une propagande médiatique à leur secours. Ils ont eu la nationalité, mais là, aller jusqu'à réclamer un territoire, mais là c'est chercher noise aux Kivutiens. Et tout le Kivu leur dit non et non et non encore.

La paisible population du Kivu a déjà beaucoup souffert les humiliations et les souffrances innommables de toutes sortes pendant les dix dernières années. Maintenant, elle veut s'engager à vivre en paix et la concorde sur le sol lui légué par ses ancêtres. Mais, elle ne se laisserait jamais intimider par quiconque qui imbu de lui-même ou sous l'emprise de l'orgueil s'aventurerait avec des revendications territoriales artificieuses et fallacieuse dans la province.

Cependant, pour l'opinion nationale congolaise, et plus particulièrement au Kivu, le RCD est reconnu ni plus ni moins comme étant un mouvement ou parti politique terroriste qui a semé la terreur, la désolation et le carnage partout à l'Est du pays et principalement au Kivu. A son actif politico-militaire, il n'y a que les massacres de population, de destructions et consternations. L'objectif de la guerre du RCD en 1998 était d'exterminer la paisible population du Kivu pour s'emparer de leur terre, c'est pourquoi, il est responsable de plus de quatre million (4 000 000) de morts au Kivu seulement qu'il doit tôt ou tard absolument répondre devant la justice.

Ainsi, nous tenons à remercier et à féliciter Madame Aurélie Bitondo, vice gouverneur du Sud-Kivu pour son courage et son sens de responsabilité politique pour n'avoir pas hésité un seul instant de rayer ces territoires fantômes sur notre carte provinciale. Nos félicitations vont également, aux Députés et Sénateurs du Sud-Kivu pour leur courage et leur patriotisme qui leur ont permis de prendre une position commune de dénoncer ce plan machiavélique qui se trame contre la terre Sacrée de notre province. Nos félicitations s'adressent aussi à la Société Civile du Sud-Kivu pour son franc parlé qui n'hésite pas de remettre les choses dans leurs perspectives réelles en dénonçant les mensonges qui se répandent contre la dignité et l'honneur de notre chère province pourtant meurtrie et délaissée à elle-même. Vous tous, comme toujours, vous avez tout naturellement prouvé votre attachement et votre devoir patriotique en plaçant les intérêts supérieurs de notre mère province au dessus de toutes vos préoccupations.

Nous sommes sans ignorer la détermination de notre population, son courage et sa combativité lorsqu'il s'agit de se défendre ou de défendre son droit. Si les circonstances vont encore l'exiger de lutter contre tout injustice, humiliation ou déshonneur que les autres veulent nous imposer, soyons prêts comme toujours de nous dresser tous ensemble comme un seul corps pour les dénoncer et les combattre.

Dans le même ordre d'idées, nous voudrions vous rappeler que nous ne devons pas perdre de vue que la pratique de la politique dans notre pays n'a plus de morale, ni le sens de responsabilité qui devraient normalement caractériser tout pouvoir public. Nous devons tous exiger d'une seule voix le gouvernement de Kinshasa de rassurer le peuple du Kivu sur ce dossier que nous ne voulons plus jamais entendre parler maintenant, après les élections et pour toujours. Que la décision d'aujourd'hui sur ce dossier ne soit pas motivée seulement par les élections. Soyons alors à nos aguets.

Pour le Parti Mzalendo wa Kivu.

Amissi Rehani Tundula
Parti Mzalendo wa Kivu
Email: partimzalendo@shaw.ca

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