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Contre la barbarie, le soutien à She OKITUNDU doit être sans réserve.

Beaucoup de nos compatriotes étaient persuadés que les années de la transition politique à venir après les accords de « Sun City », serait celle du progrès et de la raison. Elles furent, de Bukavu (attaque de Kundabatware en mai 2004) à Londres (lynchage de She Okitundu en octobre 2006), en passant par les massacres du 27 juillet 2006 et du 20 au 22 Août 2006 à Kinshasa, celles d'une barbarie incommensurable... Ces agressions nous rappelle cette triste évidence : rien n'est jamais acquis. La barbarie qui a élue domicile en RDC ces dernières décennies, ne peut pas disparaître par un coup de baguette magique.

Le mercredi 11 octobre dernier, Léonard She Okitundu,  Directeur de Cabinet de la Présidence de la République Démocratique du Congo a été victime d'une agression  sauvage par une horde des barbares.  Pourquoi ? Tout simplement pour avoir voulu lors de son déplacement dans la capitale Britannique d'user d'un droit que l'on croyait définitivement acquis : le droit d'exprimer ses
opinions ou de manifester sa pensée. C'est la raison pour laquelle nous tenons à apporter un soutien inconditionnel à She Okitundu et au-delà de sa personne, à tout congolais victime de l'intolérance.

Dans cette période transitoire et importante pour notre Nation, certaines forces du mal cherchent à faire taire leurs adversaires politiques par des menaces et la violence physique. L'agression dont fut victime Vital Kamhere, le secrétaire général d'un parti politique congolais (le PPRD), il y a tout
juste un an à Paris, avait déjà sonné le tocsin par ceux qui refuse la mise en place en RDC des mécanismes pacifiques de résolution de conflits.

Exprimer sur ces agressions sauvages la moindre tentative d'explication, c'est déjà faire une concession à la barbarie. A ce rythme, on peut arriver à excuser la barbarie ou, tout du moins, à comprendre l'inacceptable, à savoir qu'un homme puisse mériter d'être battu ou condamné à mort pour avoir tout simplement exprimé un point de vue différent.

Après plusieurs années des guerres injustes imposées au peuple congolais par des puissances étrangères avec la complicité de notre classe politique médiocre ; le peuple congolais dans son ensemble, avait accepté comme un passage obligé (le moindre mal), le verdict des délibérations du dialogue inter congolais de Sun City (que certains d'entre nous avaient à l'époque qualifiés de dialogue inter criminels) signé par tous les protagonistes (belligérants, partis politiques et société civile de la RDC) et qui devait nous conduire vers la paix et l'émergence d'un Etat de droit avec un
gouvernement légitime qui serait issu des urnes.

Après quelques années d'une transition chaotique commencée au début de l'année 2003, sous l'égide du gouvernement « 1+4 », le congolais continue à rêver de bâtir au cur de l'Afrique un grand Congo « plus beau qu'avant ». Pour y parvenir enfin, une chance s'est offerte à lui, lors d'élections générales de 2006, les premières organisées sous l'égide du multipartisme
depuis 1965. Depuis 1965, mis à part quelques années de splendeur « Mobutienne », le peuple congolais a subi une descente aux enfers, conséquences des détournements pharaoniques, du despotisme et des frasques de ceux qui ont entourés et conseillés le défunt Président Mobutu de 1965 à 1997.

En 2005, la constitution de la Troisième République a été entérinée par référendum populaire, les élections législatives et présidentielles ont été organisées au mois de juillet 2006. A moins d'un mois du deuxième tour des élections  présidentielles qui doivent permettre au peuple congolais de se choisir pour la première fois, son président au suffrage universelle, nous constatons, que les forces négatives n'ont pas encore désarmées et continuent à entretenir le flou pour maintenir la RDC dans le chaos et y perpétuer la loi de la jungle qui s'était soldé uniquement entre 1998 et
2002 par un bilan macabre : plus de 3 500 000 de morts, des millions des déplacés et plusieurs centaines de milliers des femmes violées.

Après avoir écumé nos campagnes avant la transition, en violant et massacrant à grande échelle nos compatriotes, en grande majorité parmi les plus démunis : de Kasika (1998) à Kisangani (2002), en  passant par Makobola, Mwenga, Shabunda, Bukavu, Inga, Bankboka, Kabalo, Nyangara, Kalehe, Bunia, Mambasa,    voila maintenant, nos « libérateurs malgré nous
» qui sous la hideuse figure de la « congolité », veulent nous imposer, sur le sol de la République et à l'étranger, le régime de la terreur, et menacent le droit inaliénable de chaque individu : la liberté d'expression.

En écrivant ce texte, nous souhaitons manifester à tout les congolais victimes d'intolérance un soutien sans réserve. Nous entendons aussi faire valoir la justice contre l'arbitraire et la Démocratie contre la barbarie. Il ne s'agit pas dans ces circonstances malheureuses, de jouer un camp politique contre un autre : il s'agit plutôt, de faire valoir la Démocratie, c'est-à-dire les principes de justice, de droit, de liberté et de tolérance contre la barbarie d'où qu'elle vienne.

Notre classe politique médiocre a toujours besoin de diaboliser son adversaire politique et de produire (ou créer) des monstres qui lui soient extérieurs pour se justifier en tant que politique et occulter sa violence fondatrice.

Sachant cela et étant conscient de ce qui est arrivé à Galilée...

Nous continuerons à dénoncer les tenants de la pensée unique et du monolithisme de tous bords.

Bien à vous

Jacques MUSAFIRI Nandegeza
nandegeza.musafiri@noos.fr


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