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Présage du Congo post-électoral: Le ciel n'est pas bleu au Congo


     Jamais ciel n'est bleu quand il veut pleuvoir. La question d'une guerre possible ne peut-elle pas toujours se cacher, comme un passager indésirable, dans le train des prochaines  élections ? Si ces élections ne sont pas inclusives, libres, transparentes, crédibles et démocratiques ou simplement libres, transparentes,crédibles et démocratiques mais non inclusives, ou encore libres, démocratiques, inclusives mais non transparentes ni crédibles. dans le plein sens de ces qualificatifs, saisira-t-on la paix réelle et le pain pour tous ou bien c'est l'imprévu des inattendus qui gouvernerait à l'entrée de la troisième République de l'après J.D MOBUTU et L.D KABILA ? Est-ce que le ciel des prochaines élections est-il bleu ? Les quelques observations que nous présentons ici, de façon actualisée, nous les tirons de notre article portant sur La fracture sociale et  la question de la  paix réelle. Problèmes de la société congolaise post-électorale publié dans la Revue Congolaise de Théologie Protestante. Notre réflexion, dans cette architecture, se construit sur les 6 points que voici :

1. Le ciel n'est pas du tout  bleu au Congo : Les élections et la question d'une guerre possible ;
2.   Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : S'il y avait une société civile.de bon sens ;
3.  Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Les scénarios possibles au lendemain des élections;
4.  Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Exigence d'un nouveau départ pour un grand Congo ;
5.  Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Quel leadership pour le Congo de demain ?
6.  Le ciel n'est pas du tout bleu : Mais il vient  un jour du ciel bleu

Essayons d'aborder le premier point qui porte sur les élections et la   question  d'une guerre possible.

1.  Le ciel n'est pas du tout  bleu au Congo : Les élections et la question d'une guerre possible

       Nous avons tous, comme un seul peuple, un cour qui bat (très) vite pour embarquer le train des élections qui siffle déjà. Et, à la suite  du foisonnement de discours électoraux que nous allons devoir suivre, nous mourons tous les jours par le poids immense de la volonté et du désir de faire changer le cours de notre histoire. Changer l'ordre politique par les urnes où les femmes et les hommes animés d'une bonne conscience et se refusant à toutes sortes des promesses de temps des indépendances, iront dire tout haut par les urnes ces mots combien forts : « Assez  et que la page tourne ! ». Cela, pour prendre à bras le corps le destin de notre nation bien que porter seul son poids immense, sans le soutien de la Communauté Internationale, pourrait vraisemblablement provoquer nombre de chocs. Car, en acceptant volontiers de porter ce poids, le Congo avec tout son peuple  cessera d'être ce qu'il  a longtemps  été dans le concert des nations, où pour beaucoup, nous avons été avec nos dirigeants les metteurs en scène de nos propres échecs et difficultés.

  On sait qu'aujourd'hui au Congo d'avant les élections, il n'y a plus de guerre, ça c'est vrai. Mais on sait aussi que les armes peuvent toujours parler, à tout moment, quelque part dans les régions nord-est du Congo. C'est aussi vrai. On parle de la paix et plus vraiment de guerre maintenant mais il n'y a pas de justice équitable pour tous ; on parle de la  fraternité mais il n'y a toujours pas d'égalité de chance à cause des origines et la myopie ethniques sans oublier le règne de la loi et de la raison du plus fort; les forts du Congo  d'en haut  malmènent encore les espoirs des faibles du Congo d'en bas  qui n'ont  pas encore eu tous les droits de vivre comme des humains sur la terre de leurs ancêtres. Il est un secret pour personne qu'avec le peuple d'en bas, les enfants sont toujours chassés à l'école, les épouses prennent les familles en charge, le pouvoir d'achat est hautement insignificatif dans leur quotidienneté. La vie est, pour tout dire, misérable. Mais ce sont!
  eux qui vont élire. Ils vont élire selon leur propre choix. ? Dans cette catégorie [de vie], les femmes- épouses urbaines acceptent chaque fois de quitter, très tôt le matin, quand il fait encore sombre, leurs maisons pour aller chercher et trouver peut être quelque chose afin de  nourrir et le mari et les enfants, mais aussi si pas payer, contribuer  au loyer du bailleur.

  On sait, aujourd'hui, que ce sont les ex-belligérants d'hier qui gouvernent le pays depuis quelques temps [équivalant plus ou moins à un mandat d'un Président des Etats-Unis] sans arriver pratiquement à appliquer tous les accords d'entente congolo-congolaise de Sun City.  On sait aussi voir et se dire que malgré les concessions qui se font entre eux au niveau des institutions de la république pour que le pays décolle pour le meilleur, certains propos sur les lèvres de certains leaders dans les lieux publics ou dans leurs état- majors respectifs voire certaines attitudes affichées publiquement  les uns à l'égard des autres lors de certaines crises dans leur cohabitation inédite peuvent susciter des interrogations faisant craindre le pire. Qu'adviendrait - il  au Congo avec toutes les armes et les armées pas complètement brassées que les belligérants d'hier (il faut entendre ici l'ex- gouvernement et les  ex- seigneurs de guerres du Nord et de l'Est du Congo) disposent si avant les élections ils ne s'attendaient pas dans les accords signés jadis en vue de la réconciliation d'après guerre ? Et s'ils ne sont pas élus par le peuple d'en bas , auront-ils le bon sentiment d'accepter le verdict des urnes,  choix d'un peuple d'en bas  si celui-ci  les distribuait  des cartons rouges pour leur dire ces mots combien forts de « on en a eu assez de vous et que la page tourne ! » ? Accepteraient - ils le « Vox populi vox Dei » sans nous mener vers de contestations les plus hardies tout en s'appuyant sur leurs armées qui ont encore du mal à accepter le profond brassage pour la formation d'une armée unique? Qui accepterait avec humilité l'autre pour son Président à cause de la sanction majoritaire du peuple d'en bas  sans écrire encore une unième histoire de la guerre avec le sang de notre peuple ? La question d'une guerre possible ne peut-elle pas toujours se cacher dans le train des prochaines  élections si elles ne sont pas inclusives, libres, transparentes, crédibles  et démocratiques ? Abordons le deuxième point qui s'interroge sur l'existence d'une société civile de bon sens.

2.  Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo :  S'il y avait une société civile. de bon sens


Avec un ciel pas du tout bleu, l'apport des femmes et des hommes de « bonne volonté » venant du Congo d'en haut comme du Congo d'en bas dans nos différentes confessions religieuses[ pourquoi pas aussi de la Communauté internationale de « bon sens » ]est plus qu'indispensable. On a besoin de tout le monde qui croit au bon sens   pour réfléchir aujourd'hui déjà sur la question de « Comment interposer l'esprit de paix, de compréhension, d'harmonie, d'humilité et de résignation devant le verdict des urnes des élections qui viennent ? ». Car de cette entreprise, les contestations qui s'annoncent entre les vainqueurs et les vaincus ne  seront pas ouvertes à la réédition de conflits armés ; mais bien plus fera du Congo une nation qui s'assume dans la quête permanente de la paix pour le plein développement de tous. C'est ici que nous faisons foi à l'érection d'une  société civile de « bon sens » où les hommes et les femmes se rassembleront pour former une communauté qui leur procure  ce dont ils ont besoin pour vivre en toute humanité. Car la Société Civile de « bon sens » dans son essence vise le développement, le plein développement des hommes et des femmes. Or il n'y a pas de plein développement sans la bonne volonté de sauvegarder la paix qui se  construit sur la justice. Kant l'exprime mieux quand il écrit, par rapport à la naturalité de la société civile, ce qui suit : « or le plein développement des relations sociales se trouve dans la cité. C'est dans la cité - Etat que l'homme trouve cette pleine suffisance que la famille et le groupement intermédiaires ne peuvent lui assurer. La société civile est donc naturelle par l'achèvement que comporte pour ses membres le bien qu'elle leur procure. Aristote, et saint Thomas après lui, précisaient encore qu'elle est naturelle pour l'individu en ce sens qu'il existe en chaque homme une inclination à la vie en communauté semblable à l'inclination aux vertus.  Et tout de même que la vertu s'acquiert par l'exercice, par l'application laborieuse des facultés à leur objet, les sociétés civiles se fondent par l'effort de leurs membres vers le bien commun. Voilà en quel sens la société civile est naturelle ». Ce type de société civile  du peuple tiendra à la morale et, dans le souci de la bonne santé morale, comme l'exprime bien Durkheim, se dira dans son agir de chaque jour, à la suite de Agulhon, qu'il est injuste en soi de croire que la justice sociale se situe entre le prolongement de la délinquance car au début de la délinquance, il n'y a que l'anomie et, au - delà de l'anomie et en réaction contre elle le risque sérieux d'une réaction politique (.) brutale. 

Dans le travail qu'elle doit faire pour ses membres, elle tiendra à la notion de la dignité humaine qui offre à l'homme sa supériorité sur la nature et qui constitue la voûte de la morale laïque. De ce fait, elle s'imposera, entre autres, la tâche historique de faire progresser la tolérance, comme le dit J. Baubérot, pour qu'elle pénètre dans nos mours afin que chacun sache respecter toutes les croyances et toutes les opinions des autres et combattra le grand combat pour la liberté morale qui est de double sens : il est d'une part, un combat pour une morale qui sauvegarde la liberté, et d'autre part, un combat pour une morale de qualité puisque la qualité de la liberté en dépend. Mais  cette liberté ne doit pas être pas abstraite ; Elle doit plutôt se traduire par des libertés concrètes et positives, incarnées dans des institutions et dans des corps sociaux que la liberté intérieure demande à se traduire sur le plan externe et social [.]. C'est une des valeurs incluses dans !
le mot si équivoque de démocratie qui se trouverait sauvée ici  pour le bonheur de tous les gouvernés comme les gouvernants. Sans l'apport des hommes et des femmes de bonne volonté rassemblés et organisés dans une Société Civile de bon sens tout  peut dégénérer. Les scénarios- fictions que nous livrons dans les lignes qui suivent,  au troisième point, peuvent nous donner une idée sur le contenu de nos peurs.  

               3.  Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Les scénarios possibles au lendemain des élections

Possibles  temps  d'orages très violents

Quiconque fait aujourd'hui une analyse profonde de ce qui se passe dans l'âme de notre  société, se rendra compte d'un nombre de scénarios possibles qui pourraient voir le jour au lendemain des élections qui viennent. Car, si demain avec une génération des femmes et des hommes, des jeunes et des vieux qui en ont eu assez, hier comme  aujourd'hui, de vivre en pauvres très endettés, à l'intérieur et à l'extérieur, dans un pays très riche qu'est le Congo ; une génération consciente et responsable plus qu'hier de son destin, renonçant à toute passivité et à toute peur légendaire de ses dirigeants d'autrefois pour décider de son destin ; et si cette génération fait en sorte que les élections qui viennent au Congo soient le moment  de retrouvailles par excellence  auquel le choix du destin inviterait la paix réelle pour  le pain pour tous au Congo ; et si cela  devrait se réaliser tout en écartant les « forts de ces temps », les choses pourront peut être prendre d'autres tournures  passant, entre autres, par les scénarios que voici :

(1) Soit le pays se plongera encore dans la guerre faute de reconnaissance du vainqueur des urnes par les anciens belligérants se retrouvant vaincus si les élections n'auront pas été inclusives, libres, transparentes, crédibles  et vraiment démocratiques ou ce sont  les contestations hardies des opposants politiques qui vont entraîner les foules dans les désordres et les pillages dans les grandes villes du centre comme c'est souvent le cas dans les démocraties africaines où il faut seulement que l'opposition l'emporte sur le pouvoir en place;

(2) Soit  l'on assistera  à une réédition d'un gouvernement de large union nationale où tous les forts de ces temps  vont  devoir se retrouver autour  d'un seul et unique Président de la République, accepté par les négociateurs en présence et en force des armées et des armes pour ne plus revenir à la formidable formule de « un plus quatre » ou parce que les vaincus, au lieu de se constituer en opposition constructive pour une prochaine alternance, voudront plutôt mettre la main dans la pâte de la gestion chaotique pour la continuité du règne des compromis et des compromissions de la politique d'hier,  d'une part , ou parce que tous comme Congolais sentiront un besoin désintéressé d'imprimer à tout prix le sens et le contenu de l'unité nationale dans un tout premier Gouvernement dirigé par un Premier Ministre de tout dernier compromis pour l'intérêt général de la Républ.ique ;

(3) Soit sans guerre, les provinces d'hier encore sous contrôle tacite des ex- seigneurs de guerre, éclatées en nouvelles jeunes provinces, selon l'esprit de la nouvelle constitution, se proclameraient spontanément plutôt des  « Etats» autonomes  vis- à- vis de Kinshasa si personne ne les en empêchait de l'intérieur ou encore, comme c'est toujours le cas, de l'extérieur ;

(4) Soit le peuple  d'en bas  constitué en une force de protestation, de revendication, force de contestation et de proposition, 32 il se prendra en charge et défendra son choix porté au pouvoir comme l'ont fait  certains pays de l'Europe de l'Est par des révolutions colorées de jaune, de vert ou d'orange pour résister à la main mise de Moscou. Car il est essentiel comme le dit Certeau, en effet, que le peuple des déshérités  se présente pas comme une masse informe, mais qu'il naisse à la parole : Une parole publique, appuyée sur une connaissance de ses droits et sur sa volonté d'en  faire tenir compte33 par le peuple d'en haut;

(5) Soit il y aura rien de pareil mais un coup de théâtre. Car il se lèverait  encore, un matin ou un soir, un « homme fort » qui viendrait d'où on ne sait et suspendrait la fameuse Constitution - fruit de labeur - et ferait répartir tout à zéro au Congo qui semblait faire des avancées;

(6) Soit, grâce à la main de Dieu qui avait épargné Kinshasa du bain de sang à l'entrée de l'Afdl de L.D Kabila, l'inattendu imprévu de Dieu ferait irruption sans que le peuple congolais dans son ensemble ne verse encore le sang et n'abreuve ainsi la terre de leurs ancêtres. Mais ce n'est pas tout.

(7) Soit comme le ciel n'est pas du tout bleu, l'insoupçonné de scénarios se réaliserait avant les élections ou par la poussée des multiples conflits ouverts entre les institutions, ou par les conflits entre les individus faisant partie de la classe des forts de ces temps ou par une réaction des mécontents de notre société, révoltés de voir certains actes pouvant rendre témoignage à la justice, paix, réconciliation et surtout à l'unité nationale « retrouvée » négligés ou simplement effacés dans les agendas de décideurs de la République.

Mais il est aussi un fait qui est à prendre en considération. Comme tout le monde n'a pas la même compréhension de choses par rapport à la fin de la Transition, et si  le 30 juin prochain venait encore de passer sans un l'avènement d'un Président élu.chacun donnerait sa compréhension de la situation de fait. Espérons que le dialogue politique et le bon sens vont  primer sur les intérêts partisans de politiciens qui veulent [continuer à] nous gouverner demain sans trop se préoccuper du bien être du peuple qui va les porter au pouvoir.

     Il est vrai que le peuple congolais désire ardemment la paix ; une paix  qui soit réelle dans ce pays au cour de l'Afrique. Mais ils désirent aussi le pain, bien attendu, qui ne tomberait pas du ciel comme la manne au temps des enfants d'Israël au désert. Ce qui est aussi vrai est que les élections qui viennent tenter ne fut ce qu'ouvrir les fenêtres de la démocratie dans cette grande maison qu'est la République Démocratique du Congo n'apporteront ni la paix réelle ni le pain subito. On peut se permettre de croire qu'au lendemain des élections l'effort politique de bonne volonté apportera la paix ou encore regardant en face de l'empire de la misère que quelques-uns des enfants du pays ont construit sur le peuple  d'en bas, l'effort politique fera tout pour apporter le pain aux ventres qu'on a longtemps affamés. Mais  pour que ces élections apportent au Congo la paix réelle et le pain pour tous, à la fois, le chemin est encore long à parcourir. Car, il va falloir attendre les routes, la communication en vue de la faisabilité des élections qui  mettront à la tête de la nation « les amis de la République et du peuple ».  C'est ici qu'il faut exiger un nouveau départ qui appelle à l'érection d'un grand Congo au cour de l'Afrique. Voyons ce que nous entendons par ce nouveau départ au point suivant.

4.   Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Exigence d'un nouveau départ pour un grand  Congo


       Pour que le Congo soit grand et fort dans sa politique, son économie, et son social il va falloir qu'il s'impose une autre vision dans le chef de ses dirigeants et qu'il se forge une autre idée de la nation qu'il voudra créer pour le bien être de son peuple et pour les autres peuples qui pensent vivre de ses largesses ? Le principe d'extrême dévotion de fidélité de Lincoln, nous dit-on, n'est-il  pas fondé sur l'idée selon laquelle la nation que chaque peuple cherche à créer est d'abord une idée et que s'opposer à cette idée ou la contrecarrer serait trahir ? A la suite de Lincoln, l'idée de voir le Congo s'engager dans un nouveau départ de choses pour atteindre la grandeur que lui exige sa taille en Afrique et dans le monde devra désormais être une seconde et nouvelle vie de tout Congolais. Arriver à voir toutes les choses devenir  nouvelles car les anciennes sont passées exige du temps, de la volonté et du courage de changer dans la mentalité. C'est ainsi qu'il va f!
alloir que l'idée d'attendre encore quelques temps soit significative dans notre discours et dans notre ethos de chaque jour même si les congolais d'en bas comme ceux  d'en haut n'ont déjà qu'un mot sur les lèvres : Changement. Changement par les  élections immédiates pour accéder à un Congo grand et heureux (pour son peuple d'abord) est un objectif à atteindre. Mais il va falloir aussi attendre. Attendre que les Eglises, pour ce qui nous concerne, rectifient ses tirs et s'autocritiquent dans le travail qu'elles font à la place de ce qu'elles devraient réellement faire parmi les Congolais quand le ciel n'est pas du tout bleu. Par exemple, après avoir longuement prêché le ciel, il est temps qu'elles reviennent, pieds sur terre, aider le peuple à connaître ses droits de citoyens grâce à l'éducation biblique et civique. De ce fait, elles aideront grandement les chrétiens à rapprocher leur dévouement à l'Evangile du Christ de l'action sociale pour supprimer les maux, ou mieux les antivaleurs qui existent dans notre société. Martin Luther King, JR., ne disait- il pas que: « l'Evangile est valable pour la société tout autant que pour chaque individu » ? Ainsi,  les prêtres, les pasteurs, et les chrétiens à la suite du Christ, se mettront au service de la nation pour un changement de la mentalité. Une fois ce travail fait, de fond en comble, alors germera un nouveau type d'homme de leader de responsabilité issue de la Société Civile de bon sens qui réclamera l'homme en face de lui. Ce type d'homme de leaders, fruit des enseignements de l'Evangile du Christ, est celui qui devra avoir présent à l'esprit la présence de trois juges permanents que sont Dieu, leur propre conscience et le  peuple qui le placerait un jour à sa tête. Il sera capable de se remettre en cause[ qualité qui nous manque] chaque fois que la moralité et l'éthique se verraient déranger par son  propre agir politique  de leader de tout le peuple. Il fera le type de dirigeant  qui connaît son  peuple et le respecte comme le fait si bien le bon berger de  l'Evangile de Jean (Jn 10,1-18) ; il se donnera pour la renaissance de cette nation tout en s'imposant la vision  d'un nouveau départ dans son agir politique en vue de l'avènement d'un nouveau Congo au centre de l'Afrique bien que cela soit une conjonction de plusieurs facteurs et de plusieurs acteurs à l'intérieur comme à l'extérieur.

  Mais l'Eglise aura joué son rôle au Congo que, si en vue de l'harmonie, fruit de la justice sociale et de la cohérence nationale, les non -chrétiens et les chrétiens, les étrangers et  les fils et filles du Congo arrivaient à vivre ensemble dans la paix. Nous croyons qu'il appartient à l'Eglise, sans qu'elle-même se lance dans la politique, car respectant la séparation entre elle et l'Etat, aujourd'hui, de rassembler, de mobiliser les fidèles dans des organisations civiles citoyennes pouvant jouer le rôle de groupe de pression, de cohésion où les membres du peuple d'en bas, par exemple, partageraient les mêmes objectifs et essayeraient d'influencer avec les Eglises le processus de prise de décisions politiques au Congo. Dans le travail qu'elle fait parmi le peuple, elle accordera son attention à chercher les voies et moyens  pour la libération du peuple d'en bas comme  du peuple  d'en haut pour qu'ensemble ils travaillent  pour l'érection d'une société démocratique, d 'égal!
ité, de justice pour la paix réelle et le pain pour tous ; société de coopération dans la solidarité chrétienne et africaine qui octroie à tous et à chacun les mêmes chances pour l'éducation, pour l'emploi et la santé. Une telle entreprise accouchera, de par son organisation,  un nouveau  type d'homme de leaders qui soit libre, responsable devant Dieu et son peuple, épris de la bonne gouvernance du bien commun, respectant la vie de tous et de chacun. C'est l'Eglise seule qui, dépouillée de toute ruse, complicité et duplicité qui la caractérisent, croyons-nous, peut aujourd'hui, ou mieux demain, ériger dans la société congolaise une organisation civile  citoyenne de bon sens passant par l'érection d'un nouveau type de leadership de bonne volonté et de l'amour pour la patrie et du semblable. Quel leadership pour le Congo ?

5.   Le ciel n'est pas du tout bleu au Congo : Quel leadership pour le Congo de demain ?

Ce type  de leadership, loin d'être un prédateur des libertés du peuple pour le faire revenir à la dictature même la plus douce, devra, croyons-nous, être, entre autres, celui que Masamba ma Mpolo nous propose. Ses « dix commandements  qui font une affirmation de la valeur individuelle de la personne humaine et la défense de sa culture » nous indiquent le contenu de la méditation quotidienne de ce type de leaders aux fins de mieux servir Dieu et le peuple qui l'aura  porté au pouvoir. C'est ainsi qu'étant toujours à l'écoute de Dieu son juge permanent, dans son agir quotidien sur le peuple, ce type de leaders entendra toujours la voix de Dieu lui dire, dans sa conscience :

01. Je réclame de toi, ici et maintenant, obéissance, fidélité et créativité pour ta croissance continuelle, vigilance et espérance pour ton avenir, car je suis avec toi jusqu'à la fin de temps.

02. Souviens-toi que je suis ton Dieu. En créant, j'ai façonné à ma ressemblance chaque personne appartenant à tes diverses ethnies. Souviens-toi de tes ancêtres. Honore ceux et celles avec qui j'avais établi alliance de vie et de cohabitation de l'existence de ce monde : ils vivaient en harmonie avec le monde visible et invisible et avec toute ma création. Souviens-toi que je suis le Dieu de la terre, des rivières, des forêts, des eaux, le Dieu des animaux et des poissons, de tes ignames et minerais, de ta pensée et de tes  proverbes. Souviens-toi des différentes servitudes humaines, esclavagismes et colonisations, auxquelles tu as été soumis tout au long de ton histoire. En temps voulu, j'avais suscité parmi toi des prophètes hommes et des femmes pour ta libération.

03. Prends soin des richesses de la terre et du ciel dont je t'avais confié la gestion. Tu parais ne rien avoir, alors qu'en réalité tu possèdes tout. Tu parais pauvre, mais en fait  tu enrichis beaucoup de magouilleurs. Sois prudent ; prends soin de toi-même et ne tombe plus dans les pièges d'une quelconque colonisation ou exploitation.

04. Ainsi, tu n'adoreras pas la pauvreté ; tu n'adoreras pas la paresse ; tu n'adoreras pas le chômage ; tu n'adoreras pas les troubles ; tu n'organiseras aucune guerre et tu ne prendras  part à aucune agression, car je suis le Dieu de l'ordre, de paix et de la plénitude.

05. Tu ne te prosterneras pas ni devant la maladie ni devant la mort, car je suis le Dieu de la vie. Tu n'adoreras donc que moi Yahvé, le Dieu de justice et de paix, le Dieu de la vie.

06. Alors tu ne porteras ni couteau, ni machette, ni fusil, ni contre ton enfant, ta femme, ton mari, ton père, ta mère, ton frère, ta sour, ton oncle, ta tante, ni même contre ton ennemi, car mon nom est Amour et Paix.

07. La dictature, la violence, l'exploitation, la colonisation sous toutes ses formes, la violation des droits humains sont des idolâtries. Si tu les pratiques ou t'associes à ceux et celles qui en font usage pour asseoir leur pouvoir, tu périras. Sur le chemin de la droiture ; respecte la vie et je te donnerai davantage la vie en abondance, la vie éternelle.

08. Tu ne te tailleras pas d'idoles ni en or, ni en argent ou encore en ivoire, ni sous forme d'hommes ou des femmes ni sous forme d'idéologies ou de pensée, car je suis ton seul Dieu dont le nom est fidélité.

09. Ne vole ni les biens d'autrui ni ceux de ta communauté. Je t'ai donné la terre et tous ce qu'elle contient pour que tu y  travailles pour ta prospérité. Ne te  laisse pas non plus voler ni par ta main droite ou par ta main gauche, ni par l'étranger de loin ou de près, ni par ton frère ou ta sour. Les richesses que je t'ai données appartiennent à tout mon peuple. Aucune  personne ne doit en assurer seule possession et monopole, car je suis le Dieu de la justice.

10. Sois généreux. Protège l'étranger qui séjourne dans ton village, rappelle que tu as été étranger en Egypte. Ainsi, pour assurer leur existence et leur retour au pays natal, défends le droit des réfugiés, et j'ouvre à tes solidarités les horizons de la paix, du partage, de la justice et de l'espérance.


Il va de soi  qu'au regard de ce décalogue, clairement forgé, le Pasteur Masamba provoque l'érection de nouvelles sociétés africaines où, face à la déshumanisation de l'humain, il nous appelle à sortir des ténèbres de la fracture sociale et de politiques qui n'ont  fait que creuser les inégalités et les exclusions  entre les peuples dans nos sociétés pour faire lever le soleil de la paix réelle qui doit éclairer nos sociétés par le  sens de la justice et celui de  l'humanité. Ce décalogue lance un défi permanent à quiconque veut se faire dirigeant du peuple. Il s'oppose à quiconque, voulant parler, décider, agir  au nom du peuple, est porteur du gène de prédateur de libertés individuelles et collectives. Il s'érige en défenseur de l'écologie et de la bonne gouvernance dans sa totalité car c'est de celle- ci que vient la  libération de la croissance et du développement de sociétés. Ce décalogue de  Masamba s'oppose aussi à toutes sortes de médiocrité et défend l'intangibilité  sacrée de la vie humaine. Le respect du res publica pour l'intérêt communautaire et  humanitaire y est profondément recommandé. L'accueil de l'autre, dans tous ses droits liés à la sacralité de la vie, qu'il soit natif, étranger ou  réfugié y est vivement exigé. On comprend dès lors que  le Dieu de justice et de paix que Masamba lui-même fait parler dans son décalogue, exige désormais un nouveau type d'homme de leaders à la tête de chaque société pour que Dieu lui-même puisse élargir, au travers de ce type d'homme, les solidarités de nos sociétés, les horizons de la paix, du partage, de la justice et de l'espérance pour nos peuples. Ce décalogue s'explique de soi même comme un examen de conscience et de responsabilité permanente qui se soumet à quiconque se veut leader du peuple. Car il place toute ambition politique devant  le miroir d'une gouvernance de responsabilité qui bannit  les clivages inhumains créés entre les femmes et les hommes d'une seule et même nation voire entre les sociétés humaines qui sont faites pour vivre en harmonie. Mais tous les espoirs ne sont-ils pas permis même si le ciel n'est pas du tout bleu ?

6.  Le ciel n'est pas du tout bleu : Mais il vient  un jour du ciel bleu

Rappelons que la présente réflexion a pour objectif fondamental rendre attentifs les femmes et les hommes de bonne volonté pour une réflexion qui lance un appel à la réalisation du  rêve d'un grand Congo où la paix serait réelle et où il y aurait du pain pour tous car sorti de la fracture sociale. Elle  porte notamment sur un possible temps  d'orages très violents que va devoir traverser le Congo les mois avant les élections et surtout au lendemain du verdict des urnes si les hommes politiques ne s'accrochaient pas à leurs propres intérêts. Proposer un nouveau  type d'homme de leader qui puise en Dieu la sagesse de conduire le peuple avec les exigences  à remplir qui s'imposent à lui  pour récuser  la continuité du règne de la misère et prévenir les mécontentements qui en résultent, est le souci qui nous dicte cette réflexion. Car, de cette façon, croyons-nous, un unième cycle de « libérations »  peut être évité dans ce pays qui a déjà perdu plus de 3 millions de personnes à!
  cause de guerres des « libérations » sans aucune réelle libération. Mais il faut que le peuple Congolais se réveille de son profond sommeil et se lève pour s'organiser en vue de se prendre lui-même en charge [comme ne cessait de le demander le Président L.D KABILA].

Et, quand le peuple congolais dans son ensemble se réveillera de son profond  sommeil de clivages injustices, et de la phobie  légendaire de mourir pour ses propres droits, se lèvera pour se libérer comme dans une libération des opprimés des plusieurs décennies, il aura alors décidé de faire venir le grand jour de son histoire. Il aura réinventé son destin par ses propres efforts tout s'appuyant sur le soutien de Dieu qui a toujours été lui- même libérateur de peuples. Il  dira, alors,  à ses enfants comme dans un chant de victoire,  après le combat gagné de la libération réelle qu'Il vient un jour du ciel bleu dans ce pays.

Oui, il vient un jour où la fracture sociale sera plâtrée, colmatée dans cette nation. Le jour où on ne parlera plus du Congo divisé en un  peuple d'en haut et un peuple d'en bas. Le jour où les enfants sans parents et abandonnés ne seront plus sur les avenues de nos villes.  Car Dieu suscitera les protecteurs dont ils ont besoin parmi nous. Dieu inspirera à ceux qui prennent soins d'eux l'amour nécessaire à ces « enfants de personne » et fera que l'Etat prépare pour ces jeunes enfants de la rue une vie où ils ne seront plus seuls et où leur existence recevra de Dieu et de chacun de nous un sens.

Il vient un jour où les éducateurs, instituteurs et professeurs retrouveront ce qu'ils avaient perdu : l'amour de leur métier, à cause de la démission de l'Etat. Pour l'amour de la patrie, ils redeviendront attentifs à user de leur autorité avec discernement.  Ils deviendront patients  à l'égard des enfants et les aimeront plus que tout. De ce fait, les lycéens, les élèves, les étudiants et les professeurs apprécieront la dignité du travail et goutteront  la joie de la recherche.  L'esprit de clan, de tribu, de province ou de parti, ne les détournera plus de l'Eglise de Dieu ni de la quête permanente de la cohérence nationale. Et à l'échec, où ils seront amenés à tout remettre en question, Dieu les aidera Lui-même, afin qu'ils se forgent des convictions personnelles leur permettant de tenir ferme dans la foi et de Lui rester fidèle.

Pour celles et ceux qui sont sous le drapeau, il vient un jour, où en temps de paix, dans la présence de Dieu et de leur conscience, ils apprendront à ne jamais se servir de leurs armes, ils resteront fermes dans leur foi et triompheront des tentations.  Et leurs chefs, inspirés par Dieu, ne les instruiront pas seulement du métier de la guerre, mais les aideront à fortifier en eux le sens du devoir civique qu'exigent les tâches de paix.

Et même en temps de guerre, car à cause du cour humain, on sait que les guerres seront toujours là.  Nos soldats craignant Dieu, resteront maître de soi.  Ils ne seront ni dominés par la haine, ni entraîné par la contagion de la cruauté, de pillage, de viol des femmes et des jeunes filles.  Mais ils demanderont à Dieu le courage et l'esprit de sacrifice qui leur sont nécessaires. Et Dieu Lui-même sera avec celles et ceux qui tomberont, les blessés et les prisonniers.

Pour les objecteurs de conscience, les défenseurs de droits humains, les journalistes et tous les leaders d'opinion, il vient un jour, où nos autorités, inspirées par Dieu et dans le souci de protéger les libertés, se refuseront de leur rendre la vie difficile à cause de  leurs convictions même si on ne les approuve pas toutes.

Il vient un jour où les ouvriers, les cultivateurs, les commerçants, les fonctionnaires et les employés se sentiront en sécurité, car protégés par nos lois et protégés au vrai sens du mot et cela dans l'intérêt de tous.  Car longtemps malmenés, ignorés, rançonnés de  plusieurs manières, ils se verront finalement libres d'exercer pour le bonheur de tous.

Il vient un jour, le jour de l'amour du prochain où Dieu Lui-même soutiendra et dirigera  celles et ceux qui veillent sur la santé et la vie de leur prochain ; celles et ceux qui sont appelés à la profession médicale ainsi qu'à leurs auxiliaires. Il vient un jour où ils comprendront que leur travail exige dévouement, tact et discernement.  Ils n'auront que des mains bienfaisantes, le regard qui encourage, la parole qui console ; tout sera fait que pour l'intérêt primordial de la vie et non de l'argent car la vie est sacrée et ne se remplace pas. Elle vaut plus  que la nourriture, le vêtement voire tout l'or et  l'argent  du monde ne pourront l'acheter.

Il vient un jour, où nous congolais aimerons le Congo et travaillerons pour son bien être et celui de nos enfants. Un jour où nos gouvernants cesseront de vivre comme des étrangers sur la terre de leurs ancêtres et refuseront d'être eux-mêmes dirigés de l'extérieur par celles et ceux qui contrôlent tout à l'intérieur depuis l'extérieur.

Nous refuserons d'être éternellement l'enclume pour le marteau des forces du mal. Nous cesserons avec nos plaintes, car nous dit-on, un homme, une communauté, une nation qui attire sans cesse l'attention sur ses difficultés et ses souffrances court toujours le danger de développer un complexe du martyre et de donner aux autres l'impression qu'il recherche constamment et expressément la sympathie.

Et si l'Eglise reste fidèle à sa mission, elle se lèvera au Congo avec ses fidèles et au lieu de ne prier que pour ses intérêts et les intérêts de certaines personnes, elle nous apprendra à remercier  Dieu pour tout ce qu'il a donné à notre pays, pour ce qu'il y a de beau, de doux, et de généreux dans son sol,  ses langues, ses tribus et dans son histoire.  Nous rendrons grâce pour les humbles vertus de son peuple ; pour le labeur des plus éminents comme pour les plus modestes de ses enfants ; pour les créations de son génie et pour ceux qui lui donnèrent leurs vies.  Nous apprendrons à confier ce pays à l'amour, à la garde et aux soins de l'Eternel.  Ainsi, le Congo répondra,  grâce à Dieu, à la sainte vocation que Dieu lui a longtemps adressée et cherchera toujours la gloire de Dieu plutôt que la sienne parmi les Nations.

Oui, fidèle à sa mission, l'Eglise, dépouillée de toutes sortes d'obscurantisme et de duplicité se verra éclairée et affermie. Elle défendra l'intérêt du peuple, face à ses gouvernants ; et, soumise à l'exigence de la vérité, elle apportera toujours et clairement aux congolais la Parole de Justice et de Liberté, la Parole de l'Action et non de la paresse, la Parole de l'Espérance et non de la désespérance.

L'Eglise portera le fruit de l'Esprit et donnera à ses enfants du Congo : la joie, la paix, l'amour, la patience afin que par la sainteté, qu'elle reçoit du sang du Christ, elle manifeste au Congo la présence de Dieu.  Et Dieu rendra son témoignage puissant comme le fut celui des Apôtres pour faire reculer partout au Congo la puissance des ténèbres et resplendir la lumière de l'Evangile.

Ainsi, nos autorités et nos magistrats ensemble avec le peuple mèneront une vie paisible et tranquille dans la foi et dans la dignité humaine. Et, Dieu fortifiera le cour de celles et ceux qui exposent leurs vies pour notre chère  patrie.  Dieu suscitera parmi les Congolais des hommes et des femmes de droiture, de clairvoyance, et de courage pour toujours dire non, là où il faut dire non quel que soit le prix à payer et cela pour l'amour du Congo. Dieu donnera à chacun le sens de son devoir civique pour que chaque congolaise chaque congolais aime son pays.  Et que par l'Esprit de paix, d'amour de Dieu Tout- Puissant, la fraternité et l'entraide triomphent de nos divisions à l'intérieur du Congo et que nous vivions en harmonie avec tous les peuples à l'extérieur de nos frontières ; ces peuples avec lesquels nous partageons les mêmes langues pour nous communiquer : le Tchokwe, le Lunda, le Ndembo, Le Kikongo avec l'Angola ; le Bemba, le Kahonde, le Ndembo, le Tchokwe avec la Z!
ambie ; le Nande, et le Hema avec l'Ouganda ; le Ngbandi, le Ngbaka avec la République Centrafricaine ; le Teke - humbu, le Lingala, le Kikongo et le Banunu avec le Congo- Brazzaville ; le Arur avec le Soudan ; le Kibembe et le Kibuari avec la Tanzanie ; le Swahili avec la Tanzanie, le Kenya, le Ruanda,et le Burundi ; le Lomongo et le Lingombe avec le Cameroun.

  Oui, en ce jour là,  les Congolais comprendront que si Dieu avait doté gratuitement ce pays d'une multitude d'ethnies jusqu'à partager les mêmes langues maternelles avec plusieurs autres  peuples, cela était fait par Dieu pour un but : celui d'être la lumière et le sel de l'Afrique aux fins d'éclairer et d'influencer positivement  les autres peuples grâce à  toutes ces langues communes; Leur parler de l'amour de Dieu pour tout homme créé et appelé à être libre  dans la Célébration de la vie en abondance comme le prône Vibila Vuadi; leur dire qu'on ne se moque pas de Dieu. Car ce qu'un homme, comme individu ou comme nation, aura semé il le moissonnera (Gal 6,7) ; Leur dire que c'est toujours la justice qui élève la nation alors  que l'injustice est la honte d'un peuple ( Pr 14, 34). Il vient un jour du ciel bleu dans ce pays.

Il vient un jour où pour celles et ceux de nos compatriotes qui ont donné leur vie pour que le Congo demeure et garde ses libertés, celles et ceux qui, glorieux ou obscurs, connus ou inconnus, sont tombés là où les avait placés leur obéissance ; Celles et ceux qui sont morts sur les champs de batailles ; celles et ceux qui ont péri en captivité ou en déportation guerrière ou encore dans les prisons. Oui, nous souvenant d'eux et de leur sacrifice, nous  refuserons de remettre ce pays dans le chaos pour des intérêts personnels et égoïstes du cour humain par respect à leurs morts.

Il vient un jour du ciel bleu dans ce pays et ce jour est celui de la victoire ; la victoire  du bien sur le mal qui nous ronge et ronge notre société congolaise.  Le jour de  l'espérance pour tous les désespérés.  Le jour de la  foi en nous-mêmes et en notre devenir. Le jour de l'amour du prochain, image de Dieu, quelle que soit son ethnie, sa province ou sa nationalité seulement parce qu'il est l'image de Dieu. La force de l'amour nous poussera vers Lui pour réinventer une société congolaise d'harmonie où tout le monde aura sa place et trouvera à la fois son compte. Ce faisant, la paix ne sera plus inquiétée dans notre société post- électorale. Car, nous tous, Congolais, nous aurions compris qu'il suffit d'une forte dose  de bonne volonté pour éviter la guerre. Nous aurions assimilé dans notre vie de chaque jour cette boutade  de Paul Valéry qui nous dit que : «  la guerre est un massacre entre les gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se combattent pas ». Fort de ceci, nous refuserons, à tout prix, de faire la guerre entre nous. Face à une question de guerre, nous nous poserons toujours ces  questions fondamentales: pourquoi [nous] faire la guerre les uns contre les autres ? Pourquoi nous massacrer les uns les autres, au profit de nouveaux maîtres du monde qui se connaissent mais ne peuvent se combattre entre eux, alors que nous nous connaissons trop bien ? Pourquoi faire la guerre pour nous détruire les uns les autres et détruire le reste de notre propre pays ? Pourquoi faire la guerre sachant que les riches honnêtes et surtout les pauvres respectueux deviendront de plus en plus pauvres alors que quelques personnes seules  parmi nos compatriotes deviendront de plus en plus riches par le sang de la guerre ? Oui, pour l'amour du Congo, il vient un jour  du ciel bleu où nous nous élèverons contre toute idée de la guerre.

Et quand, enfin,  ce jour sera venu, nous tous, Congolais, comme un seul homme, dans la richesse de nos diverses ethnies, nous bénirons le Dieu Tout- Puissant qui par la mort de son fils Jésus-Christ, a détruit la mort et notre peur de la mort qui  nous retenait devant les canaux et les armes de la corruption et de l'injustice dans l'agir de ce type d'homme leader d'hier qui travaillait pour leurs propres intérêts égoïstes. Oui, ce jour -là, nous assumerons avec conscience, la locution profonde de notre cher Hymne national : Debout Congolais.

  Ce Dieu qui, par la résurrection glorieuse de son Fils, a fait paraître en pleine lumière la vie et l'immortalité de l'Evangile de Jésus-Christ que nous prêchons et prêcherons, à temps et contre temps, tout en apprenant de Lui seul à marcher avec persévérance sur le chemin qu'il  nous a ouvert par son Fils rendra le Congo grand. Oui, les yeux toujours fixés sur Lui, afin qu'à l'heure où finira pour nous cette vie mortelle, tout en laissant un avenir radieux à notre postérité, nous puissions,  être réunis à ceux que nous avons aimés, dans son Royaume, où il n'y aura plus ni désolation, ni mort,  ni plainte, ni prison, ni aucune souffrance. Car tout sera gloire, louange et adoration par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Conclusion

Il nous faut conclure. Par ce rêve, nous concluons cette réflexion. Comme la fracture sociale procède de  l'ouvre humaine, c'est aussi l'homme qui peut la colmater dans la société de par la bonne volonté de son agir pour l'égalité et surtout la fraternité entre les compatriotes. Cela est possible dans la mesure où la quotidienneté de l'agir politique de leaders ouvrerait pour que  la liberté et la responsabilité marchent ensemble ; la justice et l'équité s'embrassent toujours pour produire la paix et le pain pour tous au Congo. Mais aussi la pratique de l'amour qui, combattant l'individualisme et l'égoïsme,  viserait le partage de ce pain avec l'autre.   Est-ce que les élections qui se réclament déjà à cor et à cri viendront- elles être pour le peuple Congolais, dans son ensemble, un prélude au temps des  trouvailles de la paix réelle et période pendant laquelle « le pain pour tous » deviendra une réalité ? Cette question peut rester pendante. Chacun peut y répondre. Il y aura certainement des élections. Seront-elles inclusives, libres, transparentes, crédibles et démocratiques ? C'est possible. Mais, avouons-le, le ciel de ces prochaines élections au Congo n'est pas du tout bleu. Il y a encore beaucoup de mécontentements par rapport à ce qui se fait. Et ces mécontentements assombrissent largement le ciel électoral du Congo. Si cela va croissant avant les élections elles-mêmes, comment est-ce que la paix serait -elle réelle durant la période post- électorale ? Comment est- ce qu'on pourra penser au pain pour tous au Congo post-électoral ? Une chose est certaine : Les hommes passeront mais la République. et le peuple demeureront.

Par Maurice Mondengo, Jr.
mozmondengojr@yahoo.fr

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