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Une pensée autour de la situation du 30 Juin 06

A tous les Compatriotes Congolais, ceux de la Diaspora et ceux du pays,

A ceux qui ont le sens de l´histoire de ce qui se passe dans le monde,

Pourquoi y a t-il une psychose générale autour de la date du 30 Juin 06 au Congo-Démocratique? Une vue rétrospective politique et historique critique sur la crainte des Congolais aux approches de cette date.

1. Le 30 Juin comme journée historique et inoubliable au Congo-Démocratique

La date du 30 Juin depuis 1960 est restée marquée dans tous les documents nécessaires dans l´histoire politique et culturelle, disons dans l´histoire intégrale de la République Démocratique du Congo. C´est une date qui avait été attendue avec enthousiasme et espoir, c´est une date qui venait symboliser un nouvel ordre politique et culturel; c´est une date qui ne peut en aucune manière être ignorée par chaque congolais. C´est une date vraiment historique par le caractère même de son historicité.

Afin de nous épargner de gymnastiques intellectuelles et historiques, disons en guise de rappel pour ceux qui n´en savent pas la nécessité que c´est la date de l´accession à l´Indépendance politique et culturelle en République Démocratique du Congo; pays 80 fois plus vaste que la Belgique, son colonisateur, quatre fois plus vaste que la France, six fois plus vaste que l´Allemagne Fédérale, et trois fois le Nigéria en Afrique de l´ouest.

C´est un pays avec de variantes linguistiques et parfois culturelles au niveau national tout comme territorial, avec de multiples richesses minières et naturelles lesquelles constituent de multiples convoitises dont les multiples répercussions et conséquences se font gravement sentir au niveau de la couche moyenne de la population. Au lieu d´être parmi les Etats les mieux organisés de la planète rien qu´en raison de ses richesses naturelles et minières, la République Démocratique du Congo est de nos jours classifiée parmi les Etats les plus pauvres de cette planète. Ce paradoxe doit nous interpeller, nous les Congolais, afin de repenser consciencieusement notre manière de concevoir l´ensemble de l´avenir politique de notre Etat.

2. L´historicité de la journée du 30 Juin dans la formation intégrale des Congolais

La date du 30 Juin qui est devenue le sujet de l´actualité sensensionnelle depuis 05 avec une certaine psychose généralisée devait plutôt rester la journée de l´unité au sein de la classe politique et populaire congolaise.

Dans nos écoles primaires et secondaires puis également aux niveaux supérieurs tout comme universitaires, quelques allusions systématiques sur l´histoire de notre pays nous ont été faites. Non seulement sur la manière dont cette Indépendance a été réclamée, mais également au prix de quel sacrifice elle nous a été accordée. Il s´agit de repenser l´historique des journées comme celle du 4 Janvier 1959 pour s´en rendre compte. C´est question de nous souvenir des certaines discussions et tractations politiques eues lieu à Bruxelles lors de la tenue de la fameuse «Table Ronde» en 1958 pour le réaliser. Il s´agit de repenser comment a été l´atmosphère sociale générale entre les années 1958 et 1960 pour que nous le réalisions que nos Ancêtres et Parents à l´époque, de concert avec ceux qui nous représentaient sur toutes ces tables des négociations et tractations politiques, avaient milité en s´usant de toutes leurs forces et énergies pour que désormais nous devenions des citoyens libres dans un Etat aussi libre au cœur de l´Afrique.

Epargnons-nous de reprendre toutes ces analyses détaillées sur la manière dont cette journée du 30 Juin 1960 a été réclamée. Pour ceux qui ont le sens de l´histoire, il suffira de suivre avec un peu d´attention le film de Raoul Peck intitulé «Lumumba» pour en savoir plus.

Pour nous qui sommes nés après cette date, nous n´avons qu`à nous ouvrir à l´histoire de notre cher pays afin de comprendre que quand Lumumba et ses compagnons se battaient pour cette indépendance politique et culturelle, ce ne fut pas pour leur gloire personnelle, plutôt leur lutte a fait que désormais le peuple congolais puisse-être considéré comme «Peuple et Citoyen libre» à part entière pour le reste de son parcours historique.

Pourquoi devait-on investir autant des forces et énergies pour acquérir cette indépendance et la question que nous congolais devrions-nous poser actuellement est de savoir quelles sont des leçons d´histoire politique que nous avons tirées sur tout ce qui a été encaissé comme agitations et perturbations événementielles avec autant de pertes humaines dont les conséquences se font sentir jusqu´à nos jours?

3. La journée du 30 Juin 1960 comme voie d´accès à la citoyenneté congolaise!

Depuis les origines de l´histoire des hommes, avec référence sur les écrits bibliques, Dieu nous a créé, nous hommes, libres. Libres puisque nous sommes créés à son image d´après le livre de la genèse, libres parce qu´aucune personne ne peut naître avec mission de souffrir durant toute sa vie; libres parce que la paix à laquelle chacun des citoyens de ce monde aspire est un des droits les plus élémentaires du simple fait d´être homme.

3. 1 L´indépendance signifie «liberté juridique». Liberté juridique signifie la «Paix» !

Notre liberté étant ainsi sur le plan biblique, elle peut-être limitée sur le plan juridique, politique et philosophique. En guise de complément à la matière, nous renvoyons sur l´applicabilité des notions de la liberté chez Paul Ricœur dans son œuvre «La structure du volontaire et l´involontaire» et selon certains penseurs du contrat social à l´instar de Thomas Hobbes, John Locke, John Rawls, Jean-Jacques Rousseau et les autres.

Ce qu´il faut retenir ici est ce fait de nous rappeler que même dans cette optique biblique, il est connu que Dieu nous a créé pour être libres. Mais, il nous faut également des efforts tels que la soumission délibérée à ses enseignements, la pratique volontaire de ses normes et principes évangéliques pour bien vivre cette liberté avec laquelle il nous a créées.

Ainsi, il peut-être déduit en ce sens que la liberté dans l´optique biblique, juridique, philosophique et politique reste un acquis, lequel nécessite l´implication de l´homme conscient, de l´homme pensant et agissant pour le concrétiser.

De cette manière, pour bien réaliser ce désir d´être libre, il nous faut la présence des autres sujets conscients, pensant et agissant avec qui nous sommes en communion de vie dans un monde pluridimensionnel.

3. 2 La liberté: Acquis juridique fondamental à atteindre avec l´effort des autres!

Etant ainsi constatée, notre liberté n´est vraiment liberté au vrai sens du mot que là où nous prenons conscience de celle des autres sujets conscients, pensant et agissant comme nous-mêmes. Elle n´est réelle et totale, vraie et naturelle qu´en prenant conscience de la liberté des autres sujets qui aspirent à des idéaux semblables aux nôtres, car nous sommes tenus de respecter celle des sujets conscients avec qui nous sommes en contact dans les quotidiens des nos rencontres. Pour bien élucider cette description philosophique et juridique, nous pouvons nous référer à une liste des penseurs tels que Martin Buber dans sa manière de décrire la présence de l´autre sujet avec qui nous devons rester en communion; à Emmanuel Levinas, pour qui la présence d´autrui me dicte déjà des attitudes d´attention pour devoir l´aimer là où je prends acte de sa présence à mes côtés; puis à John Locke pour qui une toute forme d´injustice «en tant qu´acte de barbarie» commise à l´encontre d´un sujet raisonnable à l´état de nature doit interpeller l´attention de tous les autres sujets raisonnables du même état et qui consentent au strict respect de cette norme pour le Bien de tous les citoyens dans un Etat.

3. 3 L´indépendance et la littérature négro-africaine. Quel rapport social et historique?

Par rapport à notre réflexion, toutes ces démarches initiées depuis des années pour obtenir cette liberté en 1960 à travers cet acte d´accession de notre pays à l´indépendance politique et culturelle est un acte légitime. Cette indépendance a été réclamée de plusieurs manières. Une bonne partie de la littérature négro-africaine de l´ère coloniale, à travers la poésie, les humours et ironies, les théâtres, les chants populaires devait nous aider à comprendre que la réclamation de chaque liberté en tant que «droit naturel fondamental» est un des acquis d´être homme qu´il faut absolument obtenir si l´on veut se réaliser en tant que tel dans l´humanité.

Cependant, dès qu´on l´a, il faut savoir s´en servir; car la liberté n´est autre chose que la paix dont les hommes ont besoin pour bien vivre. Elle n´est rien d´autre qu´ une ouverture d´esprit au développement durable. Elle est tout ce qu´il faut avoir si l´on veut s´affirmer dans le concert de la vie concrète comme un sujet pensant et agissant. Comme elle est la voie d´accès au bonheur, il peut paraître illusoire de penser qu´il suffit de la réclamer pour qu´on vous l´accorde.

Des cas concrets de multiples révolutions populaires eues lieu ici et là dans l´histoire de ce monde, suffisent déjà pour nous instruire à ce sujet. Pour l´avoir, il faut savoir préparer son obtention avec la souplesse et finesse qu´il faut. Il faut également savoir présenter ses prérogatives juridiques en les fondant sur base des stratégies politiques solides et ce n´est pas en vain que les latinistes concluaient ce combat de l´acquisition de la liberté et de la paix avec l´interpellation selon laquelle «Si tu veux la paix, prépare la guerre».

4. La journée du 30 Juin au Congo-Démocratique: moment de réminiscences politiques et historiques

Si cette journée du 30 Juin depuis 1960 se fêtait avec autant d´enthousiasmes en République Démocratique du Congo, c´est parce que l´on se disait que notre liberté était déjà acquise et que personne ne pouvait nous l´arracher. L´on se souviendra qu´il y avait en cette journée historique et culturelle bon nombres des cérémonies à caractère politique et culturel qui figuraient à l´ordre du jour. Des défilés des élèves et des travailleurs étaient organisés dans la plupart de grands centres urbains en présence des autorités politiques et administratives de chaque siège du pouvoir politique et administratif de l´époque.

Il y était tenu des allocutions des circonstances de différents caractères. Dans certaines familles aisées, cette journée du 30 Juin était même une noble occasion pour que les enfants reçoivent de cadeaux de la part de leurs parents, comme il est dans les habitudes populaires des Congolais aux approches de la date du 01 Janvier par exemple.

Rappelons avec concision qu´aux approches de cette date, rares étaient ces Congolais qui avaient peur ou se plaçaient sous une ambiance de psychose comme celle que l´on a constatée à partir de l´an dernier.

Bien au contraire, elle était fêtée comme symbole de la victoire et de la résistance des forces populaires vives sur le pouvoir colonial qui s´imposait aux congolais à travers plusieurs formes d´oppressions et de tortures physiques, de contraintes structurelles tout comme des travaux forcés, bref de diverses corvées…...

Cette journée devait rester un moment des rappels et des souvenances historiques à caractère politique et culturel. Personne ne pouvait encore faire allusion à quoi que ce soit, car on était désormais libre et indépendant, on avait cette paix désirée depuis l´éveil du peuple à sa conscience d´être désormais un peuple libre et indépendant.

4. 1 La journée du 30 Juin pendant le règne de Mobutu (de 1965 à 1997)

Par ailleurs, avec l´évolution du temps, surtout avec les 32 ans du règne de Mobutu, on s´est rendu compte qu´au fil du temps, cette journée du 30 Juin au lieu de rester au centre des festivités nationales au Congo-Démocratique, perdait sa coloration historique politique et symbolique pour céder petit à petit sa place à des festivités des journées comme celles du 24 Novembre depuis 1965 et du 20 Mai depuis 1967.

Ce déplacement d´attention a eu ses raisons d´être avec le régime de Mobutu, car ce dernier voulait plus privilégier la journée de sa prise du pouvoir, le 24 Novembre 1965. Aussi voulait-il en plus privilégier la journée du 20 Mai 1967, date de la création de son Parti-Unique, le Mouvement Populaire de La Révolution, en sigle le «M.P.R», «Parti- Etat» dont l´adhésion était une contrainte par le simple fait d´être Congolais d´origine.

4. 2 Pourquoi ces rappels historiques à l´approche de cette journée du 30 Juin 06?

Notre préoccupation fondamentale n´est pas d´abord celle de résumer les dérives gestionnaires de 32 ans du règne de Mobutu. La plupart des Congolais avisés en savent plus que nous. Nous nous abstenons d´ajouter d´autres gouttes d´essence sur le feu qui s´allume déjà dans les milieux congolais pour trancher s´il faut se mettre derrière tel ou tel autre Leadership politique, candidat à la présidence de la république ou à la députation nationale seulement pour des opportunités à caractère égoïste. Nous n´avons aucune intention de négocier un certain clientélisme politique et médiatique au profit de tel ou tel autre cartel politique, afin de s´offrir une attention politique idéologique telle qu´il se constate de nos jours quand on analyse certaines informations mises par écrit par certaines sources médiatiques.

4. 3 Quelques objectifs civiques pratiques pour ces rappels historiques

Le but de ce rappel historique et critique est une sorte d´interpellation civique ouverte que nous pensons adresser d´abord à tous nos Compatriotes Congolais et à tous ceux qui ont le souci du maintien de la paix dans le monde. Nous pensons nous adresser à tous ceux qui ont le sens de l´histoire et du devenir meilleur des hommes dans ce monde, soumis à de multiples systèmes avec une pluralité d´entendements sur les modalités du fonctionnement du mécanisme de la justice, de la paix et de la liberté. Nous, Peuple Congolais, devons nous questionner consciencieusement et intérieurement en cherchant à comprendre pourquoi cette journée du 30 Juin depuis 2005 doit-elle redevenir une des journées les plus apocalyptiques de l´histoire politique du Congo-Démocratique avec une psychose plus agitée que celle que pouvaient pourtant afficher les adeptes du christianisme au jour du retour définitif du Messie, leur Sauveur, le Fils de Dieu?

Il s´agirait, pour nous Congolais instruits, de repenser quelques épisodes politiques historiques et idéologiques de notre pays, qui ont été mal gérées et dont nous-mêmes aussi, peuples congolais devrions nous sentir coresponsables et lesquelles font, qu´au lieu d´attendre cette journée du 30 Juin avec enthousiasme comme cela fut le cas peu après les années 60, que l´approche de cette journée soit une occasion pour nous verser à des paniques et des psychoses dont personne ne sait apprécier ni la durée exacte, ni ses conséquences directes pour le reste du parcours historique de notre pays.

Bref, quelques vrais Congolais avertis évitent le processus de la «somalisation» du Congo-Démocratique, leur vaste et beau pays avec un sous-sol très riche et aux dimensions semi-continentales.

4. 4 Historiques politiques sur la psychose généralisée à l´approche de cette date

Ainsi, afin de résumer les différentes causes qui provoquent cette psychose aux approches de cette journée, laquelle plonge la vie des Congolais dans des incertitudes générales de leur lendemain politique, il faudra rappeler l´ambiance de cette journée peu après 1960. Pour plus de précisions, l´on devra également énumérer quelques séquences politiques idéologiques décisives ayant caractérisé les 32 années du règne de Mobutu pour nous situer par rapport à cette psychose qui se constate de nos jours. Sans ce rappel historique et politique, il y aurait risque de ne faire qu´une analyse politique historique et sociale trop superficielle sans fondements politiques et historiques solides.

Ainsi, s´il faut rappeler de manière succincte, les priorités idéologiques tout comme les ambitions politiques personnelles ayant caractérisé le règne de Mobutu vers les années 80 jusqu´au début des années 90, nous pouvons comprendre ce qui a fait que cette journée du 30 Juin perde une bonne partie de sa coloration symbolique politique, culturelle et même sociale.

5 Le début de la résistance ouverte vis-à-vis de la politique de Mobutu

Déjà vers le début des années 80, il y a eu une fameuse lettre ouverte adressée au président Mobutu par un groupe d´anciens acteurs de luttes à l´ère de l´Indépendance jusqu´ au moment de sa prise du pouvoir en 1965. La fameuse lettre a été signée par un groupe nommé «les 13 Parlementaires».

La plupart de ces «13 parlementaires» sont presque morts et quelques uns encore en vie. Une d´éminentes personnalités politiques à laquelle nous pouvons faire allusion est de nos jours le chef de l´opposition congolaise depuis des années. Il s´agit de l´actuel Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, le président de l´Union pour la Démocratie et le Progrès Social, en sigle «l´U. D. P. S».

Dans la fameuse lettre, il ne s´est agi que d´une dénonciation juridique et politique des dérives du pouvoir de Mobutu, en mettant en exergue toutes ses limites et déficits idéologiques.

Dans ce cadre, il sied également de rappeler que déjà vers le début des années 70, les limites de l´idéologie politique de Mobutu lui avaient clairement été signifiées par le Cardinal Joseph-Albert Malula (+), alors Archevêque de Kinshasa jusque 1989. La fameuse lettre ouverte signée par le groupe de «13 Parlementaires» n´a fait que confirmer tout ce que le Cardinal Malula a eu à inventorier comme dérives et déficits politiques et idéologiques de Mobutu comme président de la République.

De cette manière de faire, Mobutu est allé de fait en fait en s´accordant des promotions, des titres et grades à son propre gré comme maréchal de l´armée en 1983. Il s´est également offert tous les titres et attributs politiques qui pouvaient exister selon son entendement idéologique, tels que le «Père de la Nation zaïroise», le «Guide de la Révolution», le «Garant de l´unité et de la paix durable au Zaïre», le «Fondateur du Parti-Etat», le «Moise et Sauveur de la nation zaïroise», le «Rassembleur, Pacificateur et même Timonier du peuple zaïrois»…….

Malgré tous ces titres et grades qu´il s´offrait à son gré, il se dégageait de multiples malaises au niveau de la couche moyenne de la population si bien qu´en 1988, il a pu organiser une large tournée politique à travers le grand Congo-Démocratique qu´il a qualifiée de la «consultation populaire».

5. 1 La fin du Communisme comme fin du soutien bénéficié par l´Occident

Aussi, faudra t-il également mentionner dans ce cadre la fin du Communisme et la chute du mur de Berlin en 1989 avec la réunification de l´Allemagne comme un des événements politiques ayant amoindri son influence politique et idéologique au cœur de l´Afrique.

La fin officielle de la guerre froide en 1989 a fait que Mobutu ait perdu une bonne partie de son influence vis-à-vis de ceux qui le soutenaient à partir de l´Occident, car il avait reçu des directives idéologiques d´empêcher l´installation du Communisme dans certains pays limitrophes du Zaïre et rien qu´en récompense à une telle politique, l´Occident le soutenait, malgré toutes les dérives de son règne devenues manifestes à partir de sa fameuse politique de la zaïrianisation ayant pour stratégies politiques la «privatisation des entreprises publiques» et aussi de sa fameuse conception de la politique du «recours à l´authenticité».

Partant ainsi d´une part, des avis du peuple récoltés à travers cette tournée politique organisée en 1988 et de l´autre, de la chute du mur de Berlin avec comme implication idéologique la fin de la guerre froide et automatiquement la fin du soutien bénéficié par l´Occident depuis des décennies, il n´a plus été surprenant de comprendre que pour la toute 1 ère fois dans l´histoire de son règne, Mobutu acceptera et autorisera le multi partisme au Congo-Démocratique, à l´époque Zaïre et cela dès le 24 Avril 1990.

5. 2 Le fin du monopartisme vécue comme séisme politique à partir du 24 Avril 1990

Entre 1990 et 1997, il s´est passé des événements qui resteraient gravés dans le cerveau des congolais, si on doit penser aux pillages de 1991 et de 1993 dans la plupart de grandes villes du Zaïre à l´époque. Citons seulement en passant ce qui s´est passé à Lubumbashi à l´Université nationale et ce qui s´est passé le 16 Février 1992 à Kinshasa lors de la marche pacifique des chrétiens.

Rappelons-nous de la tenue de la Conférence nationale souveraine en 1991 avec ses multiples interruptions voulues par tel chef à cause de sa dictature, ou provoquées par tel autre Leadership politique à cause de son radicalisme et intransigeance politiques.

Mentionnons les phases des grèves générales des travailleurs du Zaïre à l´époque conduisant jusqu´aux années blanches, lesquelles ont perturbé l´ensemble du calendrier scolaire et académique depuis quelques années. Il y a eu des insécurités généralisées caractérisées par des poursuites nocturnes vécues à travers des actes de braquages par des unités des sécurités spéciales sous commandement des dirigeants politiques en place connues sous l´expression «Hibou», opérant à bord de jeep «Korando et Pajero».

Evoquons les cas de multiples enlèvements et effacements physiques sans traces pour certaines personnalités politiques, économiques qui osaient hausser le ton contre le système de Mobutu; il y a eu également des enlèvements de certains acteurs médiatiques (tels que des journalistes, des Chroniqueurs), parfois avec des exils forcés pour les uns.

Dénonçons la confusion totale dans l´effondrement du tissu économique national à cause «des vols publics ouverts organisés à grande échelle nationale par les hommes en tenues militaires» sous forme des pillages de 1991 et 1993 qui ont eu pour conséquence directe une rupture totale des investissements nationaux et également étrangers à cause des pertes matériels considérables dont ils ont été victimes. Voilà autant de fléaux politiques, économiques et structurels qui ont fait que certains mécanismes nuisibles apparaissent visiblement dans la manière de faire de la Politique dans l´optique zaïroise de l´époque qu´on peut qualifier de la jungle.

5. 3 Du M. P. R, Parti-Etat au Multi Partisme. Du Multi Partisme au Multi Tribalisme

Quant au fonctionnement même du multipartisme à la zaïroise, il sied de reconnaître que le multi partisme autorisé le 24 Avril 1990, au lieu de se référer au bon fonctionnement classique, avec des principes démocratiques pour le Bien du peuple, a vite cédé sa place à une autre forme de fonctionnement idéologique qu´on peut sans gêne nommer «Multi tribalisme».

La recherche des intérêts égoïstes des uns comme des autres, les tendances mercantilistes constatées ici et là, la logique de se débarrasser de l´objectivité au niveau de la gestion de la Res Publica … ont conduit qu´on se réfère plus à des principes d´ethnicité à la place des normes et principes de démocratie classique dans son entendement actuel.

Il suffisait pour certains opportunistes d´apprendre que quelqu´un de sa province venait d´occuper un poste stratégique, soit comme ministre, soit comme mandataire d´une entreprise publique étatique, il aurait suffi pour certains de passer le voir et solliciter une audience en langue maternelle pour que tout se finalise le plus vite possible et qu´on voie le nécessité occuper une bonne place dans le cabinet comme un des cadres.

Et ceci a été constaté dans plusieurs circuits de l´arsenal politique depuis des décennies. Ainsi, au lieu des critères professionnels et objectifs bien définis, l´ethnicité et tribalisme, le régionalisme et tribalisme, le fanatisme politique et clientélisme idéologique devenaient de plus en plus des paramètres dont on devait se servir et dont beaucoup se sont servis afin de bénéficier, soit d´une nomination à la tête de certaines entreprises publiques juteuses, soit d´une promotion au cabinet d´un ministre, ou soit comme ministre.

Tous ces paramètres nuisibles décrits ont fait que les analystes de la situation zaïroise de l´époque insèrent un concept qui depuis lors influence certaines promotions politiques et administratives dans l´arsenal politique des zaïrois à l´époque et même des Congolais que nous sommes actuellement. Il s´agit du concept «Côtérie avec son extension au concept cotérisme, ce qui signifie «ce qui provient de chez moi», ici clairement défini, compris et pris dans le cas concret pour «celui qui est de ma localité, de ma tribu, de mon ethnie, de ma province», est donc «quelqu´un de fiable» même sans devoir tenir compte de «ses qualités morales», sans prendre en compte «toutes ses capacités et aptitudes professionnelles» et même sans le moindre souci de «ses compétences puis expériences professionnelles considérables».

Voici le moment de l´infiltration historique de ce concept dans l´arsenal politique de l´époque pour ceux qui voudraient savoir comment cela s´est glissé dans la stylistique politique des zaïrois aux années de la 2è République et même de nos jours. C´est de cette manière que la fin de 32 ans de Mobutu s´était fait signaler et ainsi apparaissait à la une des actualités politiques du Zaïre de l´époque un autre Leadership politique au nom de Laurent-Désiré Kabila.

5. 4 De l´affaiblissement politique et idéologique de Mobutu jusqu´à l´entrée de

«l´A. F. D. L» avec Laurent-Désiré Kabila comme Leadership politique

Mobutu devenu politiquement faible suite à l´effondrement historique officiel du système communiste en 1989 et aussi physiquement rongé par sa maladie entre 1995 et 1996, la résistance populaire était devenue plus manifeste et visible à tous les niveaux à travers toutes les couches de la population civile.

Cette résistance fut également renforcée de commun accord avec d´autres unités de l´armée nationale négligées par le régime en place dès 1992; puisque vers le début des années 90, Mobutu n´avait plus placé toute sa confiance qu´à une troupe proche personnelle à sa politique et dont d´ailleurs la plupart des membres n´étaient que des ressortissants de sa province natale. Il s´est agi de la «Division Spéciale de la Sécurité Présidentielle», en sigles «D. S. S. P».

A côté de cette unité d´élites spéciales, il y a eu d´autres troupes qui pouvaient bénéficier d´une attention particulière de Mobutu selon que celles-ci étaient sous contrôle d´un proche collaborateur du président, mais les troupes de l´armée nationale, les «Forces Armées Zaïroises», en sigles les «F. A. Z» étaient vraiment négligées avec des retards des payements et sans autres traitements convenables. C´est l´une des raisons qui avait provoqué des pillages en 1991 et encore en 1993. 

Ainsi à partir de cette méfiance qui s´était installée même au sein de certains bataillons militaires, Mobutu se sentira renié de différentes manières. Ces refus de la part de la population lui ont été exprimés farouchement pour une nième fois à travers le rejet pur et simple d´une nouvelle coupure monétaire de 5.000.000 de zaïres mise en circulation en 1995 par l´Hôtel de Monnaie à Kinshasa, institution financière nationale à son profit et de tous les siens.

La situation étant devenue de plus en plus intenable suite aux multiples perturbations politiques internes et externes, une certaine révolution a été initiée moyennant une longue marche de la libération à partir des provinces orientales vers la fin des années 1996 et cette marche viendra mettre fin aux 32 ans du règne de Mobutu, le 16 Mai 1997.

Ce qui est vrai et ce qui doit-être dit, peut se résumer en ce «que la population zaïroise à cette époque en avait marre avec Mobutu et voulait à tout prix se débarrasser de lui, de tout son système politique, idéologique, économique, social et même structurel, même si de nos jours, il y a des révélations politiciennes des certains collaborateurs de Mobutu pour distraire l´opinion du peuple.

Après avoir énuméré quelques séquences sur Mobutu de manière passagère, sur son régime et les diverses dérives politiques et idéologiques, on constatera que la même journée du 30 Juin en 1997 bénéficiera d´une attention aussi exceptionnelle que celle des années 60. Il s´est agi de l´investiture au pouvoir de l´auto-proclamé président Laurent-Désiré Kabila. Mais avant d´y arriver, il vaudra donner certaines indications politiques et biographiques sur Laurent-Désiré Kabila, successeur de Mobutu.

6. Laurent-Désiré Kabila du 17 Mai 1997 au 16 Janvier 2001: Qui est t-il?

Une question peut directement nous être posée en ce sens «Qui est Laurent-Désiré Kabila?». «D´où est-il venu et où était-il pendant les 32 ans du règne de Mobutu?». «Que faisait-il là où il était pendant tout ce temps?». «D´où a-t-il eu des motivations et convictions de venir renverser le pouvoir de Mobutu?». «Qui l´a stratégiquement (politiquement, militairement et idéologiquement) soutenu et fut-ce par simple altruisme individuel ou fut-ce un plan avec de multiples calculs politiques et également économiques?».

Nous peuples congolais serons en droit de nous interroger en ce sens même si nous savons que Laurent-Désiré Kabila est bel et bien un des nos compatriotes né dans notre terroir congolais.

6. 1 Laurent-Désiré Kabila: Président du Zaïre, redevenu «Congo-Démocratique» après la chute politique de Mobutu le 16 Mai 1997

Ce qui est connu par l´opinion congolaise de manière assez claire peut être présenté en ce sens-ci que Laurent-Désiré Kabila est également l´un des combattants de la liberté du peuple congolais déjà vers les années de l´indépendance à côté des personnalités historiques comme Patrice Emery Lumumba. On raconte qu´il doit avoir été, non seulement dans le sciage idéologique et politique de Patrice Emery Lumumba, mais aussi il a été sérieusement influencé par son courage et sa vision politiques, si bien qu´après l´assassinat de celui-ci le 17 Janvier 1961, certains combattants de la liberté, qui partageaient sa vision politique et idéologique se sont retrouvés en exil, afin d´éviter qu´ils deviennent eux aussi des cibles des menaces de mort.

Les uns se sont retrouvés en Occident alors que les autres parmi eux ont préféré se rendre dans quelques pays limitrophes du Congo-Démocratique. Si Antoine Gizenga, le président du Parti Lumumbiste Unifié, en sigles «Palu» est de ceux qui sont restés pendant longtemps en exil dans un pays communiste, Laurent-Désiré Kabila est de ceux qui avaient préféré s´installer dans les environs de sa chère patrie natale. On raconte qu´il est resté pendant tout ce temps en Tanzanie, mais avec marge des manœuvres entre certains pays limitrophes de son pays de provenance et le Katanga, sa province natale.

Certaines sources racontent qu´il aurait même organisé plusieurs fois des incursions vers le sud de la province du Katanga et que depuis son exil dès 1961 vers la Tanzanie, il s´était versé à la quête des moyens financiers et des alliances politiques pour renverser un jour le pouvoir de Mobutu, celui qu´il tenait pour coresponsable de l´assassinat de son maître à penser, donc Patrice Emery Lumumba, planifié et financé par quelques Etats occidentaux (surtout la Belgique, les Etats-Unis), jadis hostiles à la vision politique nationaliste de celui-ci.

D´autres sources racontent qu´il s´était même livré dans les trafics d´or et d´autres pierres précieuses entre l´Afrique de l´Est et le sud du Congo-Démocratique.

Il a été connu et est devenu plus célèbre lorsqu´il a été présenté comme celui qui initiait la marche de la libération partie des provinces orientales du Zaïre à l´époque.

Toutefois, il reste jusqu´à nos jours assez obscurs si on se pose des questions sur les origines de toutes ces troupes militaires à l´aide desquelles il a pu organiser sa marche. «Etaient-elles toutes d´obédience congolaise ou étrangère?»

«Savait-il convenablement ce qui se tramait derrière cette marche du côté de ceux avec qui il avait signé ces alliances politiques ou pensait-il se servir d´eux pour renverser le pouvoir de Mobutu et se débarrasser d´eux à la suite?». « Etait-ce vraiment lui qui était pensé à la tête de cette marche et qui devait prendre les commandes de l´Etat à la chute de son ennemi Mobutu ou son acte de s´être autoproclamé Président de la République à partir de sa province natale avait non seulement surpris ses allés politiques, mais également a faussé tous leurs calculs?»

Voilà autant des questions qui seront riches en contenu aux décennies à venir et qui devront faire que la page de l´histoire politique du Congo-Démocratique puisse rester actuelle en détails pour ceux qui auront la chance de faire de recherches historiques là-dessus.

Comme l´avènement de Laurent-Désiré et ses alliés ne cessent de provoquer des polémiques politiques sans compromis, il sied de nouveau de ne plus ajouter des gouttes d´essence sur le feu qui s´allume déjà.

Toutefois, selon l´opinion congolaise et en fonction de ce qui se vivait vers ces années, si notre compatriote Laurent-Désiré Kabila a renversé Mobutu; ce fut à l´aide de deux paramètres dont l´un national et interne tandis que l´autre international et donc externe:

D´abord au niveau interne et national, le peuple zaïrois à l´époque en avait marre avec Mobutu. Ainsi, il voulait à tout prix se débarrasser de lui. Avec plusieurs marches de contestations organisées, avec des journées mortes déclenchées, de multiples malaises devenus partout visibles et qui lui étaient clairement exprimés sous plusieurs formes, Mobutu ne savait plus à quel saint se vouer!

Certaines sources racontent maintenant en guise de témoignage historique qu´il se mettait parfois à pleurer en vue de repenser ses erreurs, mais lesquelles étaient d´une fatalité telle que peut-être seulement quelques opportunistes se plaisaient de tout avaler et de le flatter davantage. Il y a des séries d´interview que ses anciens collaborateurs accordent et bien des choses se confirment en ce sens.

Ensuite, au niveau externe de la politique internationale, il n´était plus le centre d´attention des Occidentaux, surtout du côté américain. La guerre froide étant finie, le communisme s´étant effondré, Washington avait totalement changé l´axe de sa politique étrangère de l´Afrique centrale si bien que du coup Mobutu, qui leur avait servi depuis des décennies comme support d´empêchement contre l´installation du communisme en Afrique centrale, leur était devenu encombrant. Les alliances politiques, qui peuvent se fondre et se refondre n´ayant pour support que les intérêts économiques et idéologiques a été une opportunité pour l´éjecter de leurs circuits politiques et idéologiques. Comme le Communisme n´était plus un danger pour l´idéologie capitaliste, la fin du monopartisme avait du coup sonné dans beaucoup d´Etats africains et cet acte a été symbolisé avec la tenue des Conférences nationales dans certains pays.

A ces deux éléments ci-hauts mentionnés, s´ajoute un autre incident politique survenu en Afrique de l´Est. Il s´agit l´assassinat du Président ruandais Juvénal Habyarimana qui bénéficiait d´un soutien politique et militaire de Kinshasa et sa mort a eu pour conséquences humanitaires les génocides ruandais en 1994. L´Est de la République Démocratique du Congo était devenu un terrain de confrontation des armées d´obédiences ruandaises.

«Comment est-on parti de ces incidents survenus à l´Est du Congo à une marche d´invasion devenue révolution ou libération avec un fils du Congo en tête?»

Voilà une autre séquence politique avec une question à laquelle on ne saura facilement répondre. C´est pourquoi de nos jours, certains esprits curieux n´hésitent pas pour se poser la question qui va être traitée au prochain point.

6. 2 Le projet de l´A. F. D. L: la libération du Zaïre ou s´agit t-il d´un projet de la politique d´occupation par les troupes étrangères?

Dès le début de la marche de la libération à partir des provinces orientales, l´opinion congolaise s´est montrée favorable en accueillant et en soutenant toutes ces troupes dont un des objectifs assignés officiellement fut celui de faire partir Mobutu du pouvoir. L´on se souviendra que dans certains coins du pays, les militaires de cette alliance étaient reçus avec des acclamations. Ils ont été reçus en frères et bien des dispositions prises par la population a fait que leur marche a eu quelques nœuds de la résistance, mais pas peut-être de la manière dont ils se représentaient cela.

Mais là où c´est devenu louche à comprendre, c´est quand on s´est rendu compte qu´aussitôt arrivés au pouvoir, les attitudes de ces militaires avaient totalement changé. A Kinshasa par exemple, capitale du pays, la langue de communication populaire, au lieu de rester le Lingala connu par tous, devait devenir le Swahili. Dans beaucoup de bureaux d´administration public, il fallait maîtriser un peu de Swahili, afin d´avoir accès à certains privilèges. Dans certains quartiers résidentiels, des attitudes versatiles de mêmes militaires étaient signalés, soit à travers des viols, soit des actes des tortures.

Certains hauts cadres de l´Armée nationale, restés au pays et qui n´ont eu aucune raison de sortir du pays, étaient envoyés à Kitona dans un centre pour une seconde rééducation militaire et on raconte même que les conditions de vie ont été telles que certains parmi eux, ont été stratégiquement éliminés. C´est pourquoi quand la cohabitation politique a cédé au vinaigre, lui-même le président de la République Démocratique, Laurent-Désiré Kabila a pu dire à la population avec la concision les multiples causes de la reprise de la guerre d´agression à partir du 2 Août 1998, à toujours à l´Est du pays. «

Etait-ce une simple déclaration politicienne au moment où les alliances politiques signées n´étaient plus opérationnelles et pensables ou cette révélation stratégique avait eu sa raison politique d´être en vue d´interpeller le peuple congolais à une certaine vigilance?» Voilà une autre question qui devra-être répondue un jour.

De nos jours, l´opinion congolaise même celle de la classe moyenne sait seulement que nos frères des pays limitrophes de l´Est (Ruanda, Ouganda, Burundi également) ont présenté certaines raisons politiques surtout d´ordres sécuritaires pour se retrouver massivement vers l´Est de la République Démocratique du Congo. Mais, la politique étant ainsi faite de multiples surprises, il y a eu derrière ces raisons d´ordre sécuritaire, des ambitions cachées d´ordres hégémoniques et même des calculs économiques.

Aujourd´hui, nous Congolais, nous trouvons devant une situation avec seulement des embarras mais sans vraie issue. Notre compatriote Laurent-Désiré Kabila a été non seulement aidé par ses alliés de l´Est, mais également installé au pouvoir.

C´est pourquoi la journée du 30 Juin 1997 a également été honorée d´une manière aussi exceptionnelle comme celle des années 60. C´est ce qui sera abordé au prochain point.

7. La journée du 30 Juin en 1997: Investiture de l´autoproclamé Président Kabila

Cette journée historique et culturelle du 30 Juin ayant ainsi perdu sa coloration symbolique historique à cause des tergiversations autour du fonctionnement du règne de la démocratie au Zaïre à l´époque de Mobutu, avait de nouveau bénéficié d´une attention médiatique au niveau national comme international vraiment particulière en 1997, avec comme centre d´attention politique et médiatique l´investiture au pouvoir de l´auto-proclamé Président de la république, Laurent-Désiré Kabila, arrivé au pouvoir le 17 Mai 1997.

Nous congolais avons suivi le mot de son allocution au jour de son investiture, de sa prestation de serment en sa qualité du chef de l´Etat et avons également vu la 1 ère équipe gouvernementale qu´il a composée. Quelques Congolais avisés se souviendraient d´une pièce de théâtre réalisée par le groupe culturel «Salongo» à travers «Diaspora». Il suffit de bien suivre cette pièce avec attention pour saisir qui en étaient visés et en vue de quoi. Passons!

Notre 1 èr objectif ne se résume pas à présenter seulement la séquence de la megestion de Mobutu ou de Kabila. Si Mobutu voulait se diviniser en se servant du peuple comme instrument à sa propre gloire avec des animations politiques et culturelles avant le début de chaque activité professionnelle, la même population a été taxée de «racails» avec l´arrivée de Kabila.

La vie des hommes est une succession d´événements qui peuvent parfois être couronnés de beaucoup de succès et aussi des insuccès. Patrice Emery Lumumba a eu ses mérites que les Congolais lui reconnaissent. Des limites, comme tout être humain, il les a eues. Mobutu de son côté a également eu ses qualités et limites, il en est de même de Kabila. Aucune personne ne peut rester sans tâche du début jusqu´à la fin de son histoire. Ainsi, nous pouvons rappeler quelques déficits politiques avec Laurent-Désiré Kabila comme Chef d´Etat congolais.

7. 1 La journée du 30 Juin avec Laurent-Désiré Kabila en 1998: lancement de la monnaie congolaise nationale sur l´échiquier monétaire international!

La même journée du 30 Juin qui avait bénéficié d´une attention médiatique en 1997 avec l´événement ci-haut évoqué, a de nouveau été honorée en 1998. Cette fois-ci, ces festivités politiques et culturelles ont coïncidé avec le lancement sur l´échiquier monétaire international du franc congolais, comme désormais monnaie nationale pour le Congo-Démocratique.

Mais seulement un mois après ce lancement, donc vers le 2 Août de la même année, le Congo-Démocratique s´est de nouveau plongé dans une terrible aventure politique de crise de légitimité sans issu avec des guerres d´agressions et d´occupations étrangères pour les uns, avec des rébellions politiques et économiques en vue du partage équitable du pouvoir et de l´instauration règne de la démocratie pour une nième fois en son sein pour les autres, ou encore de la guerre civile et interethnique pour ceux qui voulaient laisser ce désordre social atteindre sa vitesse de croisière avec un effectif de plus de 3.500 millions de pertes humaines, effectif les plus lourds de toutes les guerres qu´on ait eu dans l´histoire.

7. 2 Quelques limites diplomatiques au règne de Laurent-Désiré Kabila

Il a été constaté par certains experts en matière de la politique internationale que notre compatriote Laurent-Désiré Kabila s´était déjà montré assez sec et aussi peu diplomatique lors de son discours d´investiture, prononcé le 30 Juin 1997 au Stade des Martyrs en présence de quelques chefs d´Etats, dont ses parrains de l´Est.

C´est question de le suivre avec un peu d´attention pour s´en rendre déjà compte que, la stylistique usée n´était pas vraiment diplomatique.

A cela s´est ajouté un autre coup de force, cette fois-ci à l´égard des français. Même si le Congo-Démocratique n´a pas été colonisé par les français, rien qu´en sa raison de sa superficie géographique, le retrait de ce pays de la francophonie ne pouvait en aucune façon laisser les français indifférents.

Puis, certaines sources ont souvent brandi des humiliations qu´auraient eues certains émissaires de la Maison Blanche, en la personne de Madeleine Albright, à l´époque Secrétaire d´Etat du gouvernement américain à Kinshasa comme une des causes l´ayant définitivement éjecté du soutien de Washington, en dehors des dossiers des contrats d´exploitation de certaines pierres précieuses dont Kabila aurait nié des closes avec le gouvernement américain lors de sa marche de la libération.

Il sied de le reconnaître que dans beaucoup de domaines tels qu´en diplomatie et dans l´armée, il y a eu des cadres nommés qui ne travaillaient pas pour la promotion de Kabila, en tant que chef d´Etat.

Hormis toutes ses limites stratégiques et diplomatiques qu´on peut comprendre suite aux pressions politiques qu´il recevait de la part de ses parrains de l´Afrique de l´Est, la plupart des Congolais se souviennent jusqu´aujourd´hui que la 1 ère équipe gouvernementale de Kabila a été composée des hommes dont des curriculum vitae sont restés sur certains points imprécis.

La population qui attendait un soulagement avec cette libération voyait ses espoirs volés sans être réalisés avec la reprise des hostilités politiques et militaires déclenchées à l´Est du pays, en 1998. Cette reprise des hostilités avec ses parrains de l´Afrique de l´Est a été une des raisons de son assassinat dans son bureau de travail le 16 Janvier 2001 et ce fut la fin du règne de note cher Compatriote Laurent-Désiré Kabila. A sa mort, son fils a été choisi pour prendre les commandes de l´Etat congolais et avait été investi au pouvoir le 26 Janvier de la même année

7. 2 Joseph Kabila succède à son Père assassiné le 16 Janvier 2001

Avec l´avènement de l´A. F. D. L, un certain Laurent-Désiré Kabila, aussi Congolais d´origine deviendra au centre d´attention des médias avec comme objectifs politiques assignés la libération du Zaïre, détruit sous Mobutu pendant 32 ans.

Avec quels moyens financiers a-t-il pu organiser toutes ces actions et marches politiques  allant principalement des provinces orientales, traversant les deux Kasaï, puis Bandundu avant d´atteindre Kinshasa, la capitale vers mi Mai 1997? Cela demeure encore un des mystères à éclairer?

Avec quelle armée et moyennant quel accord est-il arrivé au pouvoir? Que ce qui avait été promis à l´avance et que ce qui n´a pas été respecté dès qu´il est arrivé au pouvoir?

Voilà autant des questions qui ne cessent de diviser les hommes politiques au Congo-Démocratique et c´est à ce niveau que se situe la pomme des discordes, entre d´une part, ceux qui sont restés fidèles à Laurent-Désiré Kabila, à sa vision politique, économique et sociale et de l´autre, ses dissidents, donc ceux qui lui reprochaient la dictature et réclamaient ainsi le partage équitable du pouvoir lors de leurs divergences de vues politiques.

C´est à partir de cette séquence historique de la politique que certaines modifications devaient-être ajoutées dans tous les documents officiels de la République Démocratique du Congo. Joseph Kabila Kabange, l´actuel Chef de l´Etat congolais est resté assez discret lors de la marche de la libération. Il est connu de l´opinion tant nationale comme internationale que pendant tous ces temps de la marche, il était un des commandants de l´Armée terrestre. Il y a des sources médiatiques qui révèlent qu´après la prise de Kinshasa, il a été envoyé pour une formation militaire rapide en Chine et est vite revenu pour travailler parmi les hauts-cadres de l´armée nationale.

A la mort de son père, il a été choisi pour prendre les commandes de l´Etat congolais déchiré par la guerre d´occupation depuis 1998. C´est le 26 Janvier 2001 qu´il est à la tête de l´Etat congolais. De nos jours, il est objet de multiples polémiques sur l´originalité de sa filialité sur la famille de Laurent-Désiré Kabila. Ce thème est tellement délicat que nous préférons nous en épargner pour ne pas céder au fanatisme.

En ce sens l´essentiel pour notre réflexion historique est de retracer certaines séquences événementielles très déterminantes sur l´histoire politique et culturelle de notre cher pays, afin de nous situer dans le temps et l´espace.

Aussi c´est en vue de comprendre le sens des stratégies politiciennes qui se trament dans certains Etats majors et composantes politiques et qui peuvent nous surprendre de nouveau l´un de ces jours pour perturber à jamais le nouvel ordre politique acquis difficilement au prix de multiples sacrifices et humiliations politiques!

8 La Politique c´est avant tout l´art de penser et d´organiser la «Polis»!

L´activité politique ou l´art «Politique» a pour but fondamental dans son entendement classique à faire avec l´organisation de la «Polis», de la Cité. La Polis en compréhension n´est rien d´autre qu´un lieu où plusieurs citoyens se rencontrent et veulent passer leur vie. L´idée de mettre de l´ordre dans chaque Polis n´a été pensée qu´en vue de délimiter l´agressivité de l´homme à l´état de nature. Ainsi défini, chaque dirigeant politique au sein de chaque Cité doit savoir que le minimum des prérogatives attribuées à ses pouvoirs et à atteindre, c´est d´être capable de penser et chaque fois de repenser les conditions de vie de multiples citoyens de la Cité dont il est le Guide. Il doit veiller au maintien de l´ordre au sein de sa Polis, au strict respect des lois, à leurs interprétations et applications juridiques avec égalité pour tous les habitants. Bref, dans chaque Polis, digne de nom, les hommes sont régis par des lois promulguées avec consentement de la majorité et qui doivent-être respectées par tous sans exception pour la paix de tous.

C´est en cela que se comprend de nos jours la «Realpolitik» comme l´instance des conceptions des projets politiques, de leurs analyses critiques et délibérations internes à travers les débats politiques au niveau des partis politiques puis également de leurs exécutions officielles avec des finalités d´ordre pratiques pour l´intérêt suprême de la Nation et aussi du peuple.

8. 1 Entendement erroné de l´art politique au règne du mensonge et des intrigues!

Malheureusement, il se fait constater que, dans nos milieux traditionnels du Tiers-Monde et aussi même dans certains milieux occidentaux sécularisés depuis des siècles, le mot «Politique» se confond souvent avec l´art de mentir.

Pour dire que selon le commun des mortels, la politique signifie le «mensonge». Qui dit mensonge, pense ipso facto à l´art des «intrigues de toutes sortes », des «malversations intégrales», des «malices et aussi des magouilles». Faire allusion à des malversations intégrales signifie également penser à une culture de la vie où toute sorte de coup-bas peut-être permis et pensable, pourvu qu´on maintienne sa place au sommet des instances dirigeantes. Là où tout peut-être ainsi permis sans possibilité de recourir à des instances constitutionnelles fiables pour imposer la justice et la paix pour tous au niveau de la collectivité, c´est la jungle qui s´installe. Là où il y a de la jungle au niveau de l´appareil politique d´un Etat ou d´une Nation, c´est la porte ouverte à la logique de la dictature, de la tyrannie avec ce danger de céder à celle de la règle du plus fort. En ce sens, le plus fort prend des dispositions stratégiques et tactiques pour rester le plus longtemps possible au pouvoir. Quand on habite dans de telles conditions, on n´est pas vraiment loin de la situation de l´homme à l´état de nature, l´état selon lequel «l´homme est pour l´homme un loup» d´après les observations de Thomas Hobbes. 

Pour rappeler que la politique dans son entendement classique a à faire avec l´organisation de la Cité et non avec le mensonge. Même s´il faut reconnaître que le mensonge peut-être considéré d´inhérent à la nature versatile de l´homme; ce dernier n´est toutefois pas la motivation fondamentale de l´art politique.

Mais s´il faut revoir la manière dont la politique se fait dans le monde actuel, c´est peut-être plus cet aspect négatif caricaturé qui tend à dominer les consciences des citoyens de notre temps.

8. 2 La politique au Congo-Démocratique et l´histoire du Peuple congolais: origine de la misère du peuple depuis des décennies

Nous Congolais devons chercher à comprendre les différentes séquences de notre histoire politique et surtout de toutes les causes des peines qui nous ont été imposées depuis des décennies; soit par l´homme blanc à travers son pouvoir colonial pendant les années de la colonialisation  jusqu´à l´année de l´indépendance; soit de nos jours par l´homme noir, notre propre frère et compatriote, soit en continuité et complicité avec l´homme blanc pour mieux servir ses intérêts et de ceux qui le soutiennent, avec l´installation d´un mécanisme politique néocolonialiste, ou soit par cupidité, égoïsme et opportunisme politiques de nos frères et compatriotes, qui une fois arrivés au pouvoir, en ont pris le goût et ne veulent plus penser à collaborer avec les autres.

Une chose évidente est que déjà avant les années 60 jusqu´à présent, quelques avertis Congolais savent bien que leurs richesses minières restent convoitées par beaucoup d´autres Etats, parfois les plus puissants de cette planète. Nous pouvons le reconnaître que si nous sommes en un tel retard du point de vue technique, économique et aussi politique, c´est pour cette simple raison que nos richesses naturelles et minières sont exploitées et pillées sans notre consentement jusqu´à 70 % par les puissants de ce monde. Dans la plupart des forums des réflexions sur l´avenir de notre pays, on n´a jamais manqué de faire allusion à cet aspect, qui reste vrai et fondé.

8. 3 Le Congolais placé devant sa conscience historique : attitude d´irresponsabilité!

Toutefois entre nous Congolais, là où nous nous retrouvons parmi nous, dans nos cercles d´amis, il serait également juste de nous demander comment faisons-nous, de notre côté, des répartitions sur les 30 % qu´on nous laisse? Si nous sommes exploités ou encore pillés jusqu´à 70 %, comment gérons-nous, nous-mêmes, les 30 % mis à notre portée nationale?

C´est ici que nous Congolais devons accepter que notre beau et cher Pays, très riche en ressources minières est exploité et pillé avec la complicité des nos propres frères congolais. Depuis les années 60, on ne cesse de lire en s´informant sur les mécanismes de la politique mondiale. Tout en reconnaissant que notre retard est voulu par les autres jusqu´à 60%, nous devons le reconnaître qu´à travers notre manière d´agir, nous nous montrons parfois plus sadiques que ceux qui nous pillent.

Ce sadisme dont il est question se vît à de multiples échéances vitales. Comment pourrions-nous comprendre par exemple que quelqu´un congolais qui a l´amour de sa patrie, quelqu´un qui sait que sa vie ne peut-être heureuse qu´en travaillant et en investissant ses énergies pour la promotion de son milieu de vie, prenne des armes et se mette à massacrer ses propres frères en détruisant même des structures en place héritées difficilement? Même si ces ordres peuvent venir d´ailleurs, qui de ceux deux sujets est le plus idiot? Celui qui planifie la guerre en plaçant un Congolais à l´avant-garde pour massacrer ses propres frères et sœurs ou celui qui déclenche la gâchette de son arme et qu´on voit en train de décimer ses propres frères et sœurs?

Comment pourrions-nous croire que nous aimons notre pays si nous savons qu´il y a nos frères congolais, qui acceptent de prendre les armes sans savoir la cause de leurs revendications pour aller combattre et détruire les quelques structures construites au prix de nombreux sacrifices à cause de 100 $ par exemple?

A l´époque de la traite des Noirs, nous avons eu à condamner nos ancêtres parce qu´ils ont livré ou vendu nos multiples frères à l´esclavage à cause d´un sac de sel ou du savon ! Qu´avons-nous appris de ces actes que nous condamnons aujourd´hui si de nos jours, nous savons qu´il y a des populations congolaises qui ont été victimes soit des actes de cannibalisme, soit des viols, soit des tortures de toutes sortes, et de la part de leurs frères congolais?

Comment pourrions-nous croire au patriotisme de certains dirigeants au pouvoir si nous savons au préalable qu´ils ont pactisé avec ceux qui ont imposé au peuple congolais cette longue et pénible guerre d´agression et d´occupation étrangères avec plus de 3. 500. 000 des victimes?

Nous suivons beaucoup de débats politiques, soit pour nous tenir informés sur la cause de la disparition de tel ou tel autre Leadership politique. Nous avons eu à constater que notre pays est objet des convoitises à cause des richesses minières qu´il regorge. Nous savons que nous sommes pillés d´une manière presque visible et ouverte par les Etats forts de notre planète.

Nous devons également le reconnaître avec la sincérité et l´objectivité qu´il faut qu´il est temps, pour que nous l´acceptions que notre retard technique ou économique, est également voulu en partie par nous-mêmes, peuple congolais!

Comment pourrions-nous croire à certains dirigeants politiques qui se montrent sadiques au point même de détourner les deniers publics trouvés pour construire quelques structures parfois dans son village natal où il n´y a rien par exemple? Combien des cas ne connaissons-nous pas avec de tels détournements trouvés soit pour construire ou réfectionner une route nationale, soit pour construire un hôpital, soit pour équiper une école en fournitures scolaires, soit pour certaines structures sociales là où la population vît en déca de la moyenne? Combien de fois n´avons-nous pas constaté le début des travaux d´un projet et qui s´arrêtent peu après et sans autres explications du suivi?

8. 4 Le Congolais comme un des initiateurs de son retard économique et technique!

C´est ici notre part des responsabilités. Notre Congo est entrain d´être détruit, exploité, pillé et soumis à un rythme de désordre avec le Congolais, à travers notre égoïsme et à cause d´un manque d´amour à notre patrie. Le retard de notre pays, ce n´est peut-être pas d´abord à cause des structures ou de l´argent, mais c´est notre mentalité dans l´ensemble que nous devons repenser. On peut donner des milliards des dollars à l´Etat congolais, on peut construire des structures semblables à celles que nous avons ici en Occident par exemple, mais sans une nouvelle prise de conscience à l´amour de notre patrie, tout cela risquerait d´être vain!

En ce sens, nous pouvons nous permettre de le confirmer tout haut, que le vrai problème du Congo, c´est le Congolais lui-même comme peuple se laissant parfois facilement trompé, c´est sa mentalité ; c´est son manque d´amour à sa patrie, le vrai problème, il faut le situer au niveau de la crise de son identité. C´est un problème de manque de bonnes convictions politiques pour le Bien de tous, c´est un problème lié peut-être à son éducation orientée plus vers l´Occident au lieu de découvrir son propre terroir, bref le retard du Congo, c´est aussi et d´abord notre «irresponsabilité», «notre manque de discernement», «notre ignorance sur la notion et la valeur de l´Etat», «c´est notre égoïsme et aveuglement politique et idéologique».

8. 5 Le vrai problème du Congo-Démocratique: une crise de l´identité congolaise!

En ce sens, certains Compatriotes, pour des raisons de subsistances politiques liées plus à leurs calculs politiques et économiques personnels, préfèrent se mettre au service de tel ou tel autre Leadership politique, afin de devenir son client politique et médiatique. Le tribalisme tant décrié à l´époque de la 2è République s´est transformé en clientélisme politique et médiatique ouvert avec le fameux système des composantes politiques qui ont parfois préséance sur certaines instances constitutionnelles pouvant être à mesure d´imposer une certaine rigueur politique et économique. De cette raison, mêmes certaines sources médiatiques, au lieu de rester au centre, prennent des penchants politiques et idéologiques, soit pour acenser les prouesses de tel ou tel leader politique même là où il n´a rien fait pour la pauvre population, soit pour le diaboliser afin de noircir sa côte en face de la population.

Le mercantilisme politique décrit dans les années du règne de Mobutu a repris surface ; et cette fois-ci sans gêne et honte depuis que les discussions politiques ont eues lieu lors des négociations sur le processus du partage du pouvoir, à Sun City en 2002 en Afrique du Sud.

C´est à ce niveau que nous Peuples Congolais devons faire une lecture aussi critique vis-à-vis de nos attitudes étatiques.

Comme c´est le «multi tribalisme dans la logique des composantes politiques» qui veut triompher au lieu du «multi partisme avec de vrais projets politiques», puisque c´est au nom d´un certain clientélisme politique et idéologique que certaines nominations au sein de la territoriale, au niveau de l´administration des entreprises publiques étatiques et paraétatiques sont négociées, puisque c´est le fanatisme idéologique au lieu de concevoir de vrais projets des sociétés, comme c´est le système des protections idéologiques pour faire imposer le règne de l´impunité même devant des crimes commises au vu et au su de la majorité, comme c´est le manque de la rigueur pour faire triompher la logique des composantes même là où les compétences sont remises en question……voilà une liste des fléaux dont nous devons nous débarrasser si nous pensons repartir de l´avant.

8. 6 Une remise en question interne est obligatoire pour une nouvelle mentalité!

Avant de bien soigner ces fléaux sociaux devenus pour la plupart des cas des ossatures des promotions politiques et administratives à plusieurs niveaux, nous n´avons qu´à nous remettre en question et chercher à adopter des attitudes correctes du développement.

Chaque processus du développement a d´abord à faire avec la paix, car le développement n´est rien d´autre que la promotion de la vie pratique avec des stratégies techniques, politiques et économiques donnant à chacun des citoyens une marge des manœuvres pour une bonne vie. Chaque processus du développement écarte la logique des guerres interminables, car avec la guerre, on est prêt à détruire les quelques structures en place et au lieu de les maintenir, même si en «Realpolitik», la guerre peut-être considérée comme moyen pour faire imposer sa légitimité. Chaque processus du développement amène la stabilité, la paix et la liberté des citoyens pour émettre librement leurs points de vue pour le Bien de tous. Chaque processus du développement n´a que besoin de la politique de la bonne gouvernance afin de bien réaliser tous les projets techniques votés. Chaque processus de la bonne gouvernance a d´abord à faire avec une prise de conscience des responsabilités qu´on a devant les hommes et devant sa Nation. Une bonne prise de conscience au niveau de la gestion de la chose publique a également et d´abord à faire avec l´amour de sa patrie. Chaque bon amour de sa patrie a également à faire avec la connaissance de son milieu de vie, avec son éducation civique, bref pour aller de l´avant, il nous faut certains préalables sans lesquels nos spéculations sur l´avenir du Congo ne resteraient qu´au niveau théorique.

9. Le Congolais devant sa prise de conscience historique: Que faire?

Ainsi, de ce qui se constate, quand on est né au Congo-Démocratique, après qu´on ait servi le pouvoir colonial pendant des décennies comme de simples subalternes appelés autrefois les «macaques», après que nous ayons vu comment un de nos propres frères arrivé au pouvoir, nous a appauvri d´abord anthropologiquement là où nous le considérions comme «notre dieu», économiquement avec la répartition inégale des ressources minières et politiquement en nous soumettant à une dictature; quand on doit voir comment un autre fils du pays est arrivé au pouvoir avec ses soit-disants alliés qui en réalité, n´étaient que des amateurs politiques autrefois appelés «Diaspora ou Diata-Diata », que tous ces gens aient été congolais ou pas; quand on doit de nos jours constater comment nos actuels dirigeants politiques au pouvoir à Kinshasa ne veulent pas ou n´arrivent pas à se mettre d´accord pour repenser l´avenir de cet Etat soumis à un rythme des pillages à grande échelle, et surtout avec cette incertitude quand on peut voir comment tous nos espoirs du lendemain peuvent définitivement s´envoler pour ne plus être réalisés, alors nous Congolais instruits et avertis, devons nous donner deux à trois minutes par jour afin de nous questionner sur le sens de nos responsabilités dans tout ce qui se passe.

Devrions-nous chaque fois garder silence et voir les uns et autres nous imposer leurs vues politiques?

Devrions-nous continuer de rester passifs sans rien dire, ne fut-ce que sous forme des interpellations ou devrions-nous et sommes-nous en droit de nous demander si notre silence total ne serait-ce pas un acte de haute trahison? Devrions-nous attendre que la Communauté internationale puisse tout remettre en ordre en notre place et ainsi nous viendrons retrouver notre Etat restructuré sans nous? Serait-ce vraiment pensable et réalisable sans notre point de vue d´après les actuelles logiques politiques à l´ère de la mondialisation?

9. 1 Vive interpellation à l´égard de chaque Congolais conscient de ce défi!

Nous Peuple Congolais, devons nous interpeller afin de savoir qui est fautif à travers tout ce qui nous est imposé comme peine et misère depuis des décennies. En ce sens, repenser cette situation historique dramatique signifie seulement se mettre à «relire son histoire mal orientée et chercher à corriger les quelques pages» sur lesquelles les ambitions des uns et des uns autres ne s´accordent pas. Repenser son histoire mal orientée à dessein, c´est également le fait d´être au même moment «sujet et objet de son histoire»; c´est-à-dire chercher à être au même moment à la du «patient de sa consultation» et du «médecin qui doit prescrire des remèdes pour la guérison».

Pouvoir se placer à la place du patient et médecin doit nous conduire à l´acquisition d´un «Nouvel Esprit  politique» avec des attitudes correctes, loyales, objectives, justes, sincères, droites, et aussi avec un autre esprit patriotiste sans lequel nos efforts risqueraient d´être sans résultat durable….

Comment pourrions-nous en être capable aux années à venir si l´actuelle histoire politique de notre propre Etat ne nous dit presque plus rien maintenant qu´elle se passe et se vit? Comment pourrions-nous être un jour capable de raconter à nos enfants et à toutes les générations qui viendront après nous les riches séquences de l´histoire politique de notre pays, si nous-mêmes n´y accordons aucune attention à cet instant où elle s´écrit?

Comment pourrions-nous repenser l´avenir de notre cher Etat là où nous sommes devenus nous-mêmes aveugles idéologiques suite à notre égoïsme visible caractérisé par un chauvinisme politique et idéologique, par notre clientélisme politique et médiatique? Bref comment pourrions-nous repenser l´avenir de notre Etat «là où nous nous montrons nous-mêmes irresponsables» devant de situations aussi faciles à discerner?

9. 2 Le Congolais en face d´une nouvelle page de son histoire politique! Comment faut-il l´écrire?

Compatriotes Congolais,

Il est vraiment temps pour que nous repensions notre avenir dans notre beau pays, la République Démocratique du Congo! Nous devons apprendre à accepter ce défi et chercher de nous mettre débout !

Mettons-nous débout, réveillons-nous de notre sommeil pour chercher à comprendre d´où nous sommes venus et vers où sommes-nous en train d´être dirigés!

Le Congo est notre chère patrie, notre beau et vaste pays aux dimensions d´un semi-continent nous appartient et il devra nous appartenir!

Ainsi, nous sommes en droit de repenser l´itinéraire politique historique de ce qui nous arrive et de tout ce qui peut nous être imposé demain. Ne nous montrons plus irresponsables comme c´est le cas depuis des décennies. Ne pas le faire maintenant, signifierait simplement que nous resterons éternellement étrangers même dans notre propre Patrie, ce qui ne peut alors être admissible et ce qui serait presque une Idiotie et une Sottise!

9. 3 Comment écrire cette nouvelle page de notre Histoire? «Avec Nous ou sans Nous?»

Chers Compatriotes Congolais,

L´histoire est ce qui doit nous aider de bien réaliser nos ambitions, car avant de s´affirmer en tant que citoyen de tel ou tel autre Etat, il sied de s´identifier par rapport à ses origines, à sa culture, à ses préoccupations politiques, sociales, économiques. Ne peut en être capable que celui qui a le sens de son histoire dès lors et quand il le peut. L´histoire est ce qui est dessus de tout, l´histoire, c´est la vérité du Temps! L`histoire, c´est la succession des événements vécus, bref l´histoire, c´est aussi le Temps!

Personne ne peut se mettre à écrire une nouvelle page d´histoire politique et culturelle pour nous alors que nous le pouvons et avons des capacités et qualités requises pour cela. Même la bombe atomique qui a une force que personne ne peut ignorer, ne saura jamais effacer de manière définitive une page de l´histoire d´un peuple. La bombe atomique peut vite détruire: les structures matérielles réalisées par les Hommes. Il suffit de voir ses effets à Hiroshima et Nagasaki au Japon en 1945 pour s´en rendre compte. Mais cette bombe atomique aussi puissante et écrasante soit-elle, n´est pas toujours à mesure d´écraser une vérité historique. Aucune vérité historique ne peut se laisser écraser par ce qui est éphémère. Chaque vérité historique peut- être saisie comme unité de mesure du Temps. Ainsi, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. La preuve est que la plupart des Japonais se souviennent et se souviendront toujours de génération à génération de ce qui leur est arrivé vers début août en 1945. Il doit en être de même avec notre cas au Congo-Démocratique.

La bombe atomique peut détruire les structures matérielles, maisons, bâtiments, immeubles; elle peut également tuer l´homme et les hommes, mais les idées des hommes une fois lancées, peuvent rester et perdurent si elles ont été bonnes.

Voilà pourquoi, il ne faut pas toujours prétendre effacer une page d´histoire avec des actes de destruction. Une page d´histoire est une idée ! Que les compatriotes congolais le retiennent!

Sommes-nous conscients de nos multiples obligations historiques ou voudrions-nous refaire la politique du bouc émissaire de génération en génération? Voulons-nous ou pas être les vrais «auteurs et acteurs» de ce que nos enfants viendront trouver sur nous?

Que ca soit Mobutu qui nous a appauvri de diverses manières, que ce soit ceux qui se trouvent au pouvoir qui voudront le refaire à l´instar de Mobutu ou des colons, que ces intentions leur viennent de l´extérieur ou que cela soit motivé par leur égoïsme, l´histoire d´un peuple, son histoire culturelle et politique, c´est l´une des données de son identité. Comme aucune personne avertie ne peut ignorer ses origines, aucune bombe atomique ne saura écraser une vérité historique. Comme l´histoire se place au sommet comme instance d´appréciation de ce qui s´est passé en des moments déterminés de la vie des hommes, aucune intrigue planifiée par un homme ou des hommes ne pourra rester cachée pour des éternités. L´histoire est ainsi liée dans le Temps, se comprend par rapport au Temps et peut-être une de ses unités de mesure.

Prenons conscience! Mettons-nous débout et allons de l´avant! Acceptons ce défi et mettons-nous au travail pour être de vrais acteurs de notre histoire!

Par Franklin Mboma E.
Faculté de Sciences Sociales,
Université Innsbruck/Autriche.
mbomaf55@hotmail.com

 

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