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POUR QUE LE PROCESSUS ELECTORAL NE SOIT PAS UNE ILLUSION.
   (Réflexion sur le processus électoral au Congo de l'abbé Paul Iwanga Kayita)        

Le paysage politique en République démocratique du Congo suscite aujourd'hui un regain d'intérêt pour tout observateur sensé. C'est la question de l'organisation des élections prochaines qui est de plus en plus sur toutes les lèvres. Cette question, on le sait bien, alimente des réflexions et des combines de tous genres dans tous les milieux (politiques, économiques, religieux, etc) d'autant plus que d'aucuns y voient l'occasion de mettre en route un Congo nouveau. Ce Congo nouveau que tous les congolais du commun des mortels appellent de leurs voux ne pourra voir le jour que si les congolais du monde politique ainsi que les étrangers qui tirent les ficelles au Congo accèdent à ce souhait des congolais.

En fait, quand on essaie de regarder de plus près la situation qui prévaut aujourd'hui dans notre pays, force est de constater qu'il ressemble de plus en plus à un terrain de football occupé par des athlètes drogués qui sont tout sauf footballeurs, c'est-à-dire des gens qui optent pour un sport dont ils ne connaissent pas ou préfèrent ignorer les règles du jeu.

En clair, nous sommes gouvernés par des hommes politiques qui n'ont pas d'éthique politique et sont caractérisés par le manque de volonté politique, avec comme résultante première l'inexistence de l'Etat pendant la transition. A preuve, toutes ces incursions rwandaises, soutenues du reste par le Rcd/Goma, créant même une sorte de zone de non droit sur le territoire national. Ceux de nos gouvernants qui ne cautionnent pas ces manouvres rwandaises se réfugient derrière un pacifisme plaintif au goût de la lâcheté. Ces politiciens ont été incapables d'atteindre les objectifs qu'ils s'étaient eux-mêmes fixés dans l'accord global et inclusif. Ces hommes politiques congolais se sont montrés plus préoccupés par les dividendes à tirer de leur présence dans l'appareil de l'Etat que du sort de leur peuple dont la précarité crie vengeance aujourd'hui. C'est sans doute cette constatation qui avait faire dire au ministre belge des affaires étrangères qu'il n'y a pas d'hommes d'Etat au Congo.

Face aux agressions répétées de notre pays par les milices organisées et payées par le Rwanda, ces politiciens ont affichée une indifférence coupable et complice. Certains allant même à faire croire qu'ils ont opté pour un pacifisme constructif  alors que nous savons aujourd'hui que des milliers des congolais vivent dans une insécurité permanente à l'Est du pays. Ce pacifisme plaintif du gouvernement de Kabila est coupable et suspect, il faut le dire.

  Il ne s'agit pas d'un pacifisme plaintif au sens où on ferait l'histoire morale de la légitimité: quels sont les enjeux pour retrouver la souveraineté de notre pays? Comment débrouiller une réconciliation en ce moment fébrile où toute la classe politique dégage un consensus malheureux autour de l'actuel président pour pérenniser l'ordre ancien et sauvegarder leurs avantages. Ici, la politique est un jeu d'alliance où tous les belligérants sont d'accord sur un certain nombre des points notamment : se protéger et garder leurs avantages acquis au terme de l'accord global et inclusif.
  Notre rôle en tant que partisans d'un ordre nouveau au Congo est de réveiller l'intellectuel congolais et  le peuple en général. Les futures élections nous donnent la possibilité de mettre hors-jeu la bande à Kabila, Jean Pierre Bemba, Ruberwa et autres causeurs de désolation dans notre pays( 5000 morts) en nous mettant d'accord sur la candidature d'une personnalité de la société civile. Même s'il se murmure de plus en plus que les jeux sont faits et que Joseph Kabila serait élu à cause du soutien de la Belgique et de la communauté internationale, rien n'est moins sûr car les sondages à notre possession indiquent le contraire. Nous savons aussi que l''Angola et le Nigeria soutiennent l'actuel président et les enjeux du pétrole font que les Usa qui observaient la situation ont fini par prendre le parti de l'Angola et de la Belgique: le pétrole angolais est devenu le plus important de l'Afrique, et ce jeu à travers des contrats qui se font n'est pas à négliger.

En outre, 'horizon du pouvoir dans notre pays dépend encore du Rwanda représenté à Kinshasa par Joseph Kabila et le Rcd/Goma de Azarias Rubrewa. Ici à Kinshasa, tous les partis en dehors de quelques uns font alliance et Kabila est assuré de rester au pouvoir. Mais il faut vous dire que cette élection annoncée de Joseph Kabila signerait l'acte de décès de notre cher Congo. Toutes les manouvres politiques autour de Minembwe trouveront une réponse favorable de ce dernier. Et cela sera le point de départ du morcellement de notre territoire nationale au profit de Ruberwa et de ses hommes.

Les congolais qui sont partisans d'un Congo nouveau doivent amener nos concitoyens à faire des choix des vrais patriotes qui n'ont jamais été mêlés dans ces guerres à répétition qui ont inutilement endeuillé notre peuple, à des gens dont la nationalité congolaise ne souffre d'aucun doute et à des gens qui savent privilégier l'intérêt général en lieu et place de l'intérêt personnel.

Nous savons par ailleurs que les animateurs de 1+4 ont été incapables de gérer correctement l'Etat pendant la transition, se sont livrés à des entreprises maffieuses pour se faire de l'argent. A preuve, les récentes déclarations de Monsieur Vital Kamere faisant état de la volonté du président Kabila de construire une centrale hydro-électrique à Kakokbola (Bandundu) de sa poche ( Le coût des travaux est estimé à 9.000.000 dollars). Si cette affirmation ne relève pas de la propagande, elle doit faire réfléchir : comment le chef d'un gouvernement peut-il avoir plus des moyens que son gouvernement, surtout que l'on sait que le gouvernement qu'il dirige n'a pas été capable de financer ce projet ? Dans la même perspective, le nombre des cadeaux distribués par le clan KABILA et les moyens mobilisés pour sa campagne montrent bien que le jeune président est assis sur des millions des dollars alors même que son gouvernement est incapable de payer le salaire de 15 dollars aux enseigna!
nts et autres fonctionnaires de l'Etat. Où a-t-il eu tout cet argent ? Allons-nous toujours accepter de vivre de cette façon ?

En outre, le gouvernement dirigé par Joseph Kabila a fait preuve de beaucoup d'immobilisme dans la gestion de l'Etat, il a été caractérisé par les dérives politiciennes fondées sur l'absence d'une classe politique (la rupture ou la continuité d'une classe politique bricolée, la rupture avec les aspirations du peuple). Le Congo a besoin d'une classe politique qui assume les aspirations du peuple et dont la conviction et l'ascèse pourraient soutenir un projet de société.

Tout ceci revient à inviter les congolais du changement à ouvrir les yeux et les esprits, à agir et à convaincre nos concitoyens à choisir des hommes nouveaux. Ceux qui ont dirigé jusque là ont montré leurs limites. Ne pas accéder à cette réflexion serait ne rien comprendre des enjeux de l'avenir du Congo. Evitons de retrouver avec de poils entre les mains, après avoir couru toute la nuit derrière le rat, dit-on chez nous.

Abbé Paul Iwanga Kayita
pauliwanga@yahoo.fr


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