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NE RATONS PAS L'OCCASION DE NOUS REAPPROPRIER NOTRE DESTIN


Nous profitons de cette tribune pour apporter notre modeste contribution à l'entreprise de conscientisation et d'édification de l'homme nouveau que nous appelons, de tous nos voux, à émerger au Congo, à l'aube de la 3ième république. Processus de longue haleine certes, mais ô combien salutaire et important.

Des signes avant-coureurs nous gratifiés, par le peuple congolais lors des élections du 30 juillet dernier et corrélativement les événements malheureux du 20, 21 et 22 Août  qui s'ensuivirent, nous confortent dans notre conviction que le peuple congolais,contre vents et marées est déterminé à recouvrer sa dignité en se réappropriant son pays ; en somme à se réapproprier son destin afin de reconstruire une nation -car avec une certaine dose d'honnêteté intellectuelle,sous le régime Mobutu, le sentiment d'appartenir à une nation,la nation zaïroise était évidente.
Loin de nous la prétention de nous ériger en censeurs, néanmoins force est de reconnaître que les élections préparées, financées et organisées par la communauté internationale n'ont pas été un modèle d'exemple et constitue à plus d'un titre un désastre stratégique mémorable des occidentaux pour la suite des événements.

Alors que tout  semblait avoir été mis en place pour assurer au président sortant une élection triomphale, face aux adversaires souvent frustrés, parfois muselés voire dépouillés de tous moyens de campagne dans d'égales conditions que le candidat « de l'espoir » qui a confisqué tous les moyens de l'Etat  pour sa campagne au vu et su de tous, ce qui corrobore enfin la thèse du soft d'il y a 4 ans où, Kin-nkeiy fustigeait déjà les méthodes de Kabila jr pour conserver le pouvoir après le dialogue inter congolais, usant  d'intimidations ,manipulations et chantages d'embrasser le pays, et face aux comparses qui devaient lui servir dans le meilleurs de cas d'alibi démocratique, le peuple a faussé les calculs. Fallait-il que la rue face théâtre pour faire éclater la vérité des urnes ?
Candidats, militants, confessions religieuses, journalistes ou membres des ONG, en somme tout le corps social  joua le jeu, fit comme si l'enjeu était réel pourvu qu'on lui donnât l'occasion d'exprimer sa volonté à travers ces élections.

Ces ne sont pas les élections qui comptent, ce qui importe c'est de savoir pourquoi on vote.
Qu'à cela ne tienne, au delà de ses imperfections, ces élections constituent «  un cadeau féerique qui va au delà des rêves les plus fous » comme l'avait dit Winston  Churchill , à  propos de la fabuleuse « vente » des puits de pétrole irakien par le shah Qadjar mouzzaffar al-din au financier britannique william Knox D'arcy. Lesquels  puits demeurent à jamais source des malheurs de l'Irak. (Destitution de mossadegh, l'invasion anglo-américaine de 2001 etc..) Quel était le crime de Mossadegh ? Le refus d'accepter la recolonisation de son pays et asservissement de son peuple.
Face à cette évidence, à savoir l'éventualité pour nous congolais de nous réapproprier notre pays et notre destin, le patriotisme doit primer sur toute autre considération. Ceux qui ont pris le pari d'instaurer une démocratie de  force en misant sur « l'exception congolaise », exception qui consiste à la répugnance séculaire à trouver par nous même les solutions à nos problèmes, l'inclination à l'affrontement entre deux visions : celle de patriotes contre celle des alliés du néo-colonialisme, ceux-là doivent recevoir une estocade qui les mettra au tapis définitivement au 2ième tour de présidentielles.

Le pire de cette exception c'est à coup sur l'acquiescement au statu quo par lassitude ou inconscience d'une partie de l'intelligentsia nationale. La preuve ; La fin mouvementée de la transition et sa cohorte d'événements malheureux. La concertation préalable, proposée par l'UDPS, et soutenue, bien que tardivement, par une bonne frange des politiques congolais sauf par les francs-tireurs du PPRD, entre gouvernants et gouvernés, en prenant le temps que les négociations aboutissent à un consensus national avant toute initiative, fussent-elles les premières élections pluralistes n'a trouvé d'écho auprès de la monuc ni le ciat. Ce qui nous auraient permis l'économie des vies perdues tout au long des derniers mois de la transition. Et c'est ici que nos comprenons l'acharnement de la communauté internationale sur ce parti avant gardiste dont l'erreur fatales fut de percevoir le dessein machiavélique de ces élections alors que les objectifs assignés à la transition par AGI n'ont pas été atteints  .

Aujourd'hui, au regards des réalités du vécu quotidien et la complexité des situations (Rébellion à Ituri, menace de reprise de guerre au nord Kivu par le Général dissident Nkunda etc..) cette démocratie à construire t voit surgir, comme s'il a été prémédité, des fantômes du totalitarisme. La communauté internationale à l'instar de ceux qui avaient voté les pleins pouvoirs au gouvernement de vichy, a concédé trop des libéralités au candidat Kabila ,dont l'ineptie à la tête du pays pendant toute cette transition relevait plutôt de l'incompétence,de la naïveté,et surtout de la propension à nuire que  autres choses, à point tel que dopé par le surcroît de puissance que lui a conféré la présence de l'Eufor, a accumulé les exactions et entraves aux libertés fondamentales de citoyens congolais.( Pour rappel, l'Eufor dont le commandant en chef, ressortissant d'un pays où la dignité de l'être humain est intangible selon l'art. premier de la loi fondamentale, a promis l'usage de la f!
orce létale à tout congolais qui contesterait les résultats, en fait, la victoire de Kabila au 1ier tour des élections. Double aveux : premièrement c'était une parodie d'élections, deuxièmement qu'importait puisque « les organisateurs » s'en contentaient).

Par ailleurs, tout porte à croire,  que les mêmes « organisateurs » sont au centre de la méga alliance AMP-PALU-UDEMO. Car, à première vue, cet ensemble hétéroclite qui donne déjà un concert des voix discordantes au parlement où ils ont la majorité ne se serait constituée sans l'achat des consciences des uns et des promesses bien que fallacieuses, portant le sceau parrains, faites aux autres. C'est vraiment une sorte de cour de pétaud où les ambitions se heurtent, les uns et les autres se livrant à une lutte de survie. Leur détermination  à perpétuer le pouvoir de Kabila, ce katangais et nord- katangais d'adoption, dixit Kin-nkey mulumba (soft du 14 01 2002 no 766)   s'explique par leur obstination à protéger leur situation de rente. 
Kabila, homme traînant derrière lui son misérable petit tas de secrets et complexes, dépourvu d'autorité, la plupart des chancelleries le reconnaissent et s'en réjouissent d'ailleurs pour prolonger l'exploitation économique du pays voire pour assouvir leur dessein démoniaque, à savoir la balkanisation du Congo, a cessé d'être la solution pour devenir un problème, l'espoir mais un cauchemar. Faut lui faire gagner coûte que coûte, même si sa victoire videra la démocratie de sa réalité pour en respecter les apparences. S'accommodera- t-il  du  nationalisme de PALU et de l'UDEMO ? Pour ma part, je n'y crois pas .C'est vraiment un marché des dupes dont la seule  finalité demeure la pérennisation de régime   Kabila  tel que leur ont exigé leur « souteneurs ». Reconnaissance oblige ! Le camp Kabila étant connu pour son peu de respect des engagement et surtout parait ne pas avoir les coudées franches pour appliquer un programme de redressement économique à la hauteur des ses « mirobolantes » propositions de campagne. En outre, la personnalité des alliés,  en occurrence Gizenga et Nzanga Mobutu, survole de leur superbe les pseudo politiciens issus de sérail AFDL-CPP-PPRD.C'est qui, à coup sûr, réduit leurs capacités à naviguer en hommes libres dans les méandres pprdiens infectés des crocodiles. Par ailleurs, Kabila ne pourra choisir un premier ministrable que parmi ceux  qu il a eus à côtoyer  un moment ou  un notre de sa présidence. Car, connaissant leurs forces et leurs faiblesses. Surtout qu'il connu pour miser sur les faiblesses des ses collaborateurs.

Pour unir des peuples (ethnies) dans un ensemble cohérent, il faut leur offrir un projet séduisant de vie en commun disait le penseur espagnol Ortega y Gasset dans la révolution des masses. Kabila ou AMP-PALU-UDEMO et consorts,  ce fourre-tout n'en a pas. Soyons courageux pour reconnaître que le conglomérat qui soutient Kabila aujourd'hui, ne saura conduire le processus d'intégration nationale de façon cohérente, préalable à tout décollage économique, avec succès. Pourquoi ?

Parce qu'il ne peut susciter d'en haut un sentiment commun d'appartenance à une même identité nationale. Par conséquent, Kabila, président, faute d'être le ciment cohésif, dressera les éléments constitutifs des réalités sociologiques congolaises,si elles ne sont  déjà pas dressées, les unes contre les autres, animés par des particularismes destructeurs suscités par les intérêts sectaires devant l'intérêt général. Déjà ces particularismes ont sévi pendant la transition tant au niveau des entités territoriales (rébellion à Ituri, Nord Kivu et Nord Katanga, régionalisme sécessionniste au Katanga etc..) que dans le corps social (réseau clientéliste) risquant d'entraîner tous le pays dans un naufrage collectif, n'eut été l'assistance de la Monuc (point positif).Une certitude par ailleurs, l'acharnement de Kabila à se maintenir au pouvoir envers et contre tous, qui heurte les aspiration profondes du peuple congolais,débouchera sur une guerre civile à coup sûr. Pour  enrayer cette appréhension, la communauté internationale, organisatrice et bailleur de fond des élections, est appelée à parfaire son travail dans les soucis d'équité.

Deux conditions essentielles importent d'être réunies pour que le deuxième tour des présidentielles  se déroule sans complication :
-la maîtrise de l'esprit et des mécanismes de fraudes
-la garantie de la plus grande sécurité possible pour le candidat Bemba et pour tous les électeurs.
Sinon, ce serait faire preuve de légèreté coupable et de cécité politique épaisse et gravissime de laisser les irrégularités du tour précédent se perpétuer afin d'assurer la victoire à Kabila.
LE BIEN N'EST PAS FACILE, LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR MAIS RESTE MALHEUREUSEMENT TOUJOURS POSSIBLE. 


 Ikomo-lomoko
Patriote congolais résident à Dakar   
lokoboot@yahoo.com


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