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Lettre ouverte des 13 Intellectuels du Grand Kasaï à M. Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA, Président National de l'Udps en prévision de l'échéance du 30 juin 2006

« Nous ne nous laisserons plus abuser »

En sollicitant l'indulgence de nos compatriotes d'autres provinces qui souffrent à cause des erreurs et fautes de l'Udps en particulier et des leaders originaires du Grand Kasaï en général, nous leur disons :

«  Allons tous aux Elections telles que programmées par la Cei  »

Monsieur le Président National,

En date du 1 er novembre 1980, vous avez – aux côtés des Citoyens   Gabriel Biringanine Mugaruga, Charles Dia Oken-a-Mbel, François Lusanga Ngiele, Paul-Gabriel Kapita Shabangi, Walter Isidore Kanana Tshiongo a Minanga, Célestin Kasala Kalamba ka Buadi, Oliveira da Silva Antoine Gabriel Kyungu wa ku Mwanza, Protais Lumbu Maloba Ndoba, Anaclet Makanda Mpinga Shambuyi, Symphorien Mbombo Lona, Joseph Ngalula Mpanda Njila et Edmond Ngoyi Mukendi Muya Mpandi – cités par ordre alphabétique – adressé au Citoyen Président-Fondateur du Mpr Mobutu Sese Seko la lettre entrée dans l'Histoire du Zaïre sous la dénomination «  Lettre des 13 Parlementaires  ».

C'est avec beaucoup de plaisir que nous avions découvert que vous en êtes co-rédacteur avec Anaclet Makanda Mpinga et Joseph Ngalula Mpanda Njila, tous décédés.

  Nous avons choisi de façon expresse la date du 30 juin 2006 consacrant les 46 ans d'Indépendance du pays pour vous interpeller, vous personnellement, sur la gestion de la lutte que mène l'Udps sous la Transition voici plus de 16 ans. Nous précisons d'emblée que cette interpellation procède des libertés démocratiques dont vous vous êtes fait le chantre. Nous estimons que ne pas en user est tout ce qu'il y a d'anormal car ce sera la preuve que nous, vos combattants en général et frères de sang en particulier, n'aurons pas assimilé les leçons nous dispensées par le parti, sous vos auspices.

Pour que notre démarche ne vous heurte pas, nous avons jugé utile de reprendre quelques paragraphes introductifs de la lettre du 1 er novembre 1980 envoyée au Citoyen Mobutu Sese Seko à qui vous aviez dit à l'époque que «  Pour la première fois, permettez-nous de faire usage de cette liberté démocratique que Vous avez publiquement reconnue. Et permettez-nous d'en user en nous adressant directement à Vous-même. Les problèmes soulevés ici ayant un caractère public, nous avons jugé bon de donner à la présente la diffusion qu'elle mérite.

« Les réflexions qui suivent ne sont ni satire ni procès. Elles sont tout simplement le résultat de nos préoccupations quotidiennes, des interrogations qui découlent tout naturellement de la confrontation de notre réalité d'aujourd'hui avec Vos déclarations publiques. À commencer par Votre profession de foi du 24 novembre 1965 et votre discours-programme du 12 décembre 1965, en passant par le Manifeste de la N'Sele et par toutes les déclarations qui sont venues compléter ces principes de base.

« Vu sous ce rapport, nous préférons opter pour un langage militant, c'est-à-dire dépouillé de toute hypocrisie et de toute flatterie.

« Nous sommes de ceux qui attachons de l'importance à la nécessité de voir les problèmes zaïrois résolus par les Zaïrois. C'est pourquoi nous avons choisi de rester dans le pays et, chaque fois que l'occasion nous en a été donnée, nous n'avons pas manqué d'apporter notre franche et loyale contribution à son édification. Cette option n'est pas synonyme de résignation. Elle trouve son fondement dans l'amour, dans le profond attachement à notre pays et dans l'adhésion au modèle de société que le Manifeste de la N'Sele propose à notre Peuple  ».

Monsieur le Président national,

Nous sommes convaincus que vous vous y reconnaissez.

Monsieur le Président National,

Qui sommes-nous ? Nous sommes une association momentanée constituée de 13 Intellectuels du Grand-Kasaï, tous universitaires.

Pourquoi seulement des Kasaïens ? C'est parce qu'au départ, porte-étendard de la lutte démocratique contre la dictature mobutienne, nous avions accepté d'assumer la responsabilité historique de réveiller tout le peuple zaïrois, qu'il soit de l'Equateur ou du Katanga, du Grand-Kivu ou du Bas-Congo, de la Province Orientale ou du Bandundu, de Kinshasa ou de la Diaspora.

Pourquoi avons-nous opté pour l'anonymat ? Essentiellement pour des raisons de sécurité, car n'importe qui – proche du Pouvoir, de l'Opposition ou de l'espace kasaïen – peut s'en servir pour nous causer du tort et vous en faire porter la responsabilité.

Nous vous assurons toutefois – le moment venu – de nous constituer en délégation pour vous consulter particulièrement.

Monsieur le Président National,

Nous pouvons, avec fierté, dire que grâce à l'Udps, nous avons réussi notre mission à nous Kasaïens avec l'avènement de la proclamation de la libéralisation politique par Mobutu le 24 avril 1990, car la fin du MPR PARTI-ETAT est l'événement le plus important du pays après l'Indépendance. C'est même plus important que la Révolution de Laurent-Désiré Kabila le 17 mai 1997. D'ailleurs, sans la fin du MPR PARTI-ETAT, personne n'aurait parlé d'Afdl, personne non plus du Rcd, du Mlc ou du Pprd.

Mais comment l'Udps a-t-elle géré les dividendes du commencement de la chute de Mobutu ?

16 ans après, nous pouvons tout de même nous permettre de nous poser et de vous poser, à vous Monsieur le Président, cette question et, par effet d'entraînement, faire le bilan des initiatives du parti, unique façon de réaliser le chemin parcouru.

Nous retenons 50 étapes :

1. Proclamation de la libéralisation politique :

- l'Udps a eu pleinement raison de forcer Mobutu à libéraliser l'espace politique. Mais qu'a-t-elle gagné elle-même de la libéralisation ? 16 ans après, la sentence est implacable : c'est l'Udps, sous votre mandat, M. Etienne Tshisekedi, qui court maintenant après le Rcd, le Mlc, le Pprd, les Maï-Maï, le Rcd-N, le Rcd-Kml, les Forces du futur etc. pour négocier son retour dans le processus issu du Dialogue intercongolais, forum initié par vous et soutenu, grâce à vous aussi, par la Communauté internationale qui semble ne plus vous suivre. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'échec de l'Udps aura été des plus retentissants !

2. Evénements survenus sur le campus de Lubumbashi

- l'Udps a eu à appuyer les puissances occidentales – dont la Belgique – et les organisations de défense des droits de l'homme pour soutenir la thèse de la perpétration du massacre des étudiants sur le campus de l'Université de Lubumbashi. Aujourd'hui, la vérité d'hier s'est transformée en mensonge car il n'y aura eu en définitive qu'un mort ! L'une des premières conséquences de cet appui à la Communauté internationale résolue à en finir avec M. Mobutu a été la suspension de la coopération structurelle entre le Zaïre et la Belgique. Mais , surtout, la méfiance viscérale de M. Mobutu à votre égard, si bien que ce dernier a développé envers vous une sorte de haine viscérale qui l'a habité jusqu'à sa chute le 17 mai 1997. Lorsque nous voyons maintenant comment la Belgique est de moins en moins solidaire avec nous dans le cadre de sa politique étrangère, ayez le courage, M. le Président national, de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

3. Imposition du Multipartisme à 3 (trois partis politiques)

- M. Mobutu a eu à proposer le multipartisme à trois avec le Mpr, le Fcn et l'Udps. Vous vous y êtes opposé en réclamant le multipartisme intégral. M. Mobutu en a profité pour créer des partis alimentaires. Avant l'arrivée de l'Afdl, le Zaïre comptait 450 partis politiques. S'il est vrai que ces partis ont aidé l'Udps à reprendre la primature lors de la Cns , il est tout aussi vrai qu'ils ont été à la base de l'élection de M. Léon Kengo au même poste, dans le cadre des Accords du Palais du Peuple. Ce sont ces mêmes partis – du moins avec la moitié des rescapés – qui se sont rendus à Sun City dans le cadre du Dialogue intercongolais. Or, si l'Udps avait accepté de relever le défi du multipartisme à trois dès 1990, elle aurait pu remporter les élections en 1991 ; la dynamique populaire à l'époque lui ayant été favorable. Ayez le courage en définitive de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

4. Négociations de Mbanza-Ngungu et de Gbadolite

- l'Udps a eu à rencontrer le Mpr en 1990 successivement à Mbanza-Ngungu et à Gbadolite. Il nous revient des sources dignes de foi que le parti exigeait, sous votre instigation, le partage équitable et équilibré du Pouvoir avec le Mpr ; ignorant de ce fait le Fcn. M. Mobutu ayant dit non, l'Udps a renoncé aux négociations. Depuis, le parti est resté constant dans la politique de la chaise vide dès qu'il ne trouve pas son compte. Cette politique de la chaise vide, nous en payons maintenant et inutilement le prix le plus fort. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

5. Agrément de l'Udps

- il nous revient des mêmes sources qu'en 1990, après que vous ayez rejeté le multipartisme à trois, vous avez également refusé de faire agréer l'Udps sous prétexte que le parti tirait sa légalité et sa légitimité du peuple. Il a fallu la pression d'autres dirigeants d'alors, comme MM. Marcel Lihau, Vincent M'Bwankiem et Frédéric Kibassa Maliba – remerciés plus tard en monnaie de singe - pour vous amener à céder. Avec cette affaire d'homonymie (plusieurs partis portant la même dénomination et les mêmes signes distinctifs), vous avez créé vous-même la crise au sein du parti, crise dont vous rendez gratuitement responsables les Pouvoirs successifs de Mobutu, Kabila père, Kabila fils et le 1+4. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué !

6. Concertations de N'Sele

- début 1991, réalisant la difficulté qu'il rencontrait pour obtenir le consensus, M. Mobutu a eu à organiser une série de rencontres appelées Concertations de N'Sele. C'est au cours de ces rencontres, boudées par vous M. Etienne Tshisekedi, que le maréchal est parvenu à élargir sa base au détriment de l'Udps, toujours active dans sa politique de la chaise vide. Au résultat, c'est le parti qui a commencé à perdre progressivement le capital de sympathie du peuple. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué !

7. Conférence nationale souveraine (Cns)

- la Cns a été convoquée en 1991 par M. Mobutu sous la pression, évidente, des partis acquis au changement soutenus, eux, par les partenaires extérieurs : Belgique, France et Etats-Unis en tête. Dès qu'elle a commencé fin juillet, elle a connu diverses infortunes dont votre nomination au poste de Premier ministre au cours de ce mois, les pillages du tissu économique et social en septembre et même sa fermeture en décembre. Réouverte grâce entre autres à la médiation du cardinal Frédéric Etsou et à la Marche des Chrétiens, la Cns a connu son moment de gloire avec votre élection au même poste. Malheureusement, elle sera fermée définitivement dans la précipitation en décembre 1992. Il nous revient des sources crédibles qu'à tout ce qui vous a été demandé par les partenaires extérieurs (Union européenne) et les partenaires intérieurs de l'Opposition, entre autres la nomination des ministres forts et expérimentés, vous avez eu à réserver une fin de non-recevoir. Conséquence : la Cns , qui n'a pu réaliser un seul des trois objectifs assignés ( relecture de l'Histoire du Zaïre depuis 1960, réconciliation nationale et mise en place du nouvel ordre politique), n'a pas été non plus capable de protéger ses propres acquis, dont votre élection au poste de Premier ministre ainsi que les Résolutions et Recommandations de ses commissions spécialisées. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

8. Nomination du Premier ministre le 22 juillet 1991

- mais, avant même l'ouverture de la Cns le 31 juillet 1991, M . Mobutu a eu à vous nommer, M. Etienne Tshisekedi, pour la première fois Premier ministre, en remplacement du Professeur Crispin Mulumba Lukoji. La solennité de cette nomination s'est traduite par le discours de circonstance prononcé par le maréchal. Dans les heures qui ont suivi, des foules de combattants parties de tous les coins de Kinshasa ont convergé vers votre résidence pour vous dissuader d'accepter le poste et d'attendre plutôt la Cns. Or , plusieurs sources concordantes indiquent que cette nomination a été négociée avec le concours des ambassadeurs des Etats-Unis, de la France et de la Belgique. Ayant cédé à la pression de la rue, vous avez déclaré ne rien savoir de cette affaire. Ayez le courage de le reconnaître :sous votre mandat, l'Udps a échoué !

9. Pillages de 1991

- les premiers pillages du tissu économique et social ont eu lieu en septembre 1991 au moment où la Cns a connu des problèmes d'organisation interne. M. Mobutu a saisi l'occasion pour initier les concertations du Palais de Marbre I qui ont donné lieu aux Accords du Palais de Marbre I (lire point 10). Les conséquences, elles, vont être terribles pour l'ensemble du peuple : du jour au lendemain, plus d'emplois pour le secteur privé, plus de produits alimentaires d'importation, plus de médicaments, plus de transport ! Traumatisés, les opérateurs économiques – nationaux et étrangers – ont cessé d'investir. La crise, d'ailleurs, continue de produire ses effets jusqu'à ce jour. Or, pour le parti qui a fait du Progrès social l'un des objectifs de son combat aux côtés de la Démocratie , c'est un coup d'épée dans le dos. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

10. Accords du Palais de Marbre I

- comme relevé au point précédent, c'est à cause des pillages de septembre 1991 qu'il y a eu les concertations politiques du Palais de Marbre I en octobre, desquelles sont issus les Accords du Palais de Marbre II. Alors qu'on est en pleine Cns, vous avez accepté d'être nommé Premier ministre dans le cadre desdits accords. C'est lors de la cérémonie de prestation de serment que se produira le fameux incident de raturage du texte signé par la suite ! Cet incident aura une conséquence fâcheuse : la fin des Accords du Palais de Marbre I, c'est-à-dire la fin de votre propre mandat. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

11. Accords du Palais de Marbre II

- l'échec de l'Udps est à admettre dans la mesure où les Accords du Palais de Marbre II issus des concertations politiques du Palais de Marbre II organisées sous les auspices du ministre d'Etat sénégalais d'alors, Me Wade – devenu plus tard chef d'Etat – porteront à la primature M. Jean de Dieu Ngzu a Karl I Bond. C'est le spectacle indigne auquel Me Wade a assisté qui lui a fait dire que la classe politique zaïroise n'avait pas de maturité ; Udps comprise. Ainsi, les Accords du Palais de Marbre II n'ont pas permis votre retour à la primature. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué  !

12. Campagne pour la suspension de la coopération structurelle

- c'est également à la suite de ces accords que l'Udps et plusieurs partis de l'Opposition se lanceront dans la campagne de boycott de la coopération structurelle ; ce qui aura pour conséquence d'accentuer la misère du peuple, produisant au passage le phénomène « délestage ». D'ailleurs, une politique d'accentuation de la crise transparaît dans votre message du 31 décembre 2000 au peuple. Vous y dites : « ……… ». Preuve que même 10ans après, vous êtes resté dans la logique de maintien de la suspension de la coopération. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué !

13. Fermeture de la Cns

- la fermeture de la Cns par M. Mobutu est intervenue en décembre 1991. Des sources dignes de foi, il ressort qu'avec Mgr Laurent Monsengwo, vous avez convenu à Gbadolite avec M. Mobutu de l'élargissement du gouvernement aux membres du Mpr étant donné que ce parti s'est abstenu d'intégrer la première équipe ministérielle mise sur pied par le Premier ministre élu. Cette équipe devait démissionner le 30 novembre 1991. Or, arrivé à cette échéance, vous avez oublié les engagements pris. Et M. Mobutu attendra six jours pour vous les rappeler au travers de la promulgation de deux ordonnances : la première vous démissionnant de vos fonctions, la seconde vous nommant formateur du futur gouvernement. C'est en réaction que vous êtes descendu à la Cns pour annoncer la démonétisation de la coupure monétaire nouvellement émise, celle de Cinq millions de zaïres surnommée par les Kinois Dona Beija. M. Mobutu a fermé la Cns , et cette fois-là pour de bon. Et depuis, vous ne parvenez plus à y revenir, ni avec M. Laurent-Désiré Kabila, ni avec M. Joseph Kabila, ni avec le Dialogue intercongolais. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat ce fut l'échec de l'Udps !

14. Marche des Chrétiens du 16 février 1992

- cette manifestation publique a été initiée en revendication de la réouverture de la Cns fermée en 1991 par le Premier ministre Jean de Dieu Nguz a Karl I Bond. Réprimée dans le sang par des forces armées répondant de l'autorité de M. Honoré Ngbanda – le nouveau sauveur du Congo fier de ses nouvelles amitiés avec vous M. Etienne Tshisekedi – la marche n'a jamais révélé son véritable bilan en termes de morts et de blessés ! Même si on peut lui attribuer la réouverture de la Cns , on se doit cependant de constater que la fin lamentable de ces assises en décembre 1992 n'a honoré ni les victimes, ni les organisateurs parmi lesquels le parti. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

14. Election Premier ministre à la Cns

- élu par le peuple en conférence le 15 août 1992, vous n'avez pas su véritablement gouverner. Si l'on peut attribuer vos difficultés à M. Mobutu qui vous a empêché d'entreprendre les réformes nécessaires dans l'appareil de l'Etat, on ne peut cependant vous excuser du risque pris en défiant les partenaires intérieurs et les partenaires extérieurs avec cette affaire de ministres expérimentés. La terminologie de l'époque était ministres vertébrés. Ce défi a eu pour conséquence d'accroître la méfiance commencée avec le gouvernement issu des Accords du Palais de Marbre I, lequel gouvernement était composé de ministres inexpérimentés sous prétexte d'être politiquement vierges. Et vous l'avez poursuivi avec le gouvernement issu de la Cns et même en 1997 avec le gouvernement du retour à la légalité. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

15. Refoulement des Kasaïens du Shaba (Katanga)

- l'élection à la Cns s'étant faite sous la dynamique d'une géopolitique mal pensée, le remplacement de M. Jean de Dieu Nguz a Karl I Bond par vous M. Etienne Tshisekedi a été ressenti au Shaba (Katanga) comme la défaite des Shabiens devant les Kasaïens. Un incident banal (il paraît que quelqu'un s'est avisé à faire porter à un chien ou à une chèvre une cravate) a dégénéré en épuration ethnique avec comme animateur principal M. Oliveira da Silva Antoine Gabriel Kyungu wa ku Mwanza, un des 13 Parlementaires signataires de la Lettre des 13 Parlementaires à M. Mobutu, donc un des cofondateurs de l'Udps ! Comment cet homme – à l'instar de bien d'autres – avait-il quitté un parti fier de sa dimension nationale ? Depuis, le parti a perdu une de ses bases principales aux côtés du Kivu, des Kasaï et de l'Equateur, à savoir le Katanga. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

16. Pillages de 1993

- En 1993, précisément les 28, 29 et 30 janvier, les ex-Faz (redevenues l'armée légale, selon Dr François Tshipamba Mpwila de l'Udps) ont rempilé en perpétrant les deuxièmes pillages ; accentuant de ce fait la misère du peuple et, dans la foulée, démotivant davantage les investisseurs. C'est, d'ailleurs, à cette occasion que les magasins de l'avenue du Commerce, par exemple, ont remplacé les devantures vitrées par des murs pleins ! La vérité cependant est que ces deuxièmes pillages ont été motivés par le refus des hommes en armes de percevoir leur paie en coupures de 5.000.000 démonétisées par vous début décembre 1992 en réaction aux ordonnances de M. Mobutu vous démissionnant de vos fonctions de Premier ministre et vous nommant formateur du nouveau gouvernement. C'est à cette occasion, rapportent certaines sources, que vous avez été acheminé par un colonel de la Dsp , sur ordre de M. Mobutu, à la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis, Mme Melissa Wells. Ainsi, pendant que les autres dirigeants du parti et les combattants se sont retrouvés à la merci de la soldatesque mobutienne, vous, M. le Président national, vous vous êtes retrouvés en sécurité chez les Américains, vous et Madame votre épouse. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

17. Conclave politique de Kinshasa (Cpk)

- ayant refusé d'élargir le gouvernement de la Cns aux Mobutistes pendant que vous saviez très bien que Mobutu exerçait pleinement son autorité sur l'Armée, la Police , les Services de renseignements, le Portefeuille et l'Appareil judiciaire, et vous étant retrouvé en quelque sorte à la base des seconds pillages, vous avez ainsi favorisé le dédoublement institutionnel. Et Mobutu n'est pas allé loin pour trouver son Premier ministre : Faustin Birindwa, l'un des concepteurs de la réforme monétaire de l'Udps. Vous savez pourquoi ce stratège – initiateur du Secrétariat technique de l'Opposition politique – STOP – a cessé de croire en vous ? Iil faisait partie des collaborateurs directs que vous avez roulés en les oubliant de la composition du gouvernement « Accords du Palais de Marbre I » et du gouvernement « Cns ». Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

18. Concertations et Accords du Palais du Peuple

- le dédoublement institutionnel imposé par M. Mobutu a produit le résultat escompté : la création de la 3 ème voie avec le schéma « Ni Cns – Ni Cpk ». Vous avez, à la surprise générale, refusé de signer les Accords du Palais du Peuple avant de vous rétracter et de le faire en avril 1994. C'est pourtant M. Léon Kengo wa Dondo qui va prendre le poste ; Mgr Laurent Monsengwo ayant été porté à la tête du Haut Conseil de la République – Parlement de Transition et M. Mobutu gardant ses fonctions de Président de la République. Ainsi , de vous trois, c'est vous qui vous êtes retrouvé sans poste ! Ayez alors le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

19. Soutien apporté au Fpr et l'Apr de Paul Kagame

- en ce même mois d'avril 1994 où les Accords du Palais du Peuple ne vous placent à aucun poste, vous allez commettre un acte qui sera lourd de conséquences à partir de la guerre du 2 août 1998 : l'Udps va envoyer un télégramme de félicitations à Paul Kagame pour avoir chassé du Pouvoir rwandais Juvénal Habyarimana. Peut-être que vouliez-vous, M. Etienne Tshisekedi, vous venger de M. Mobutu ; mais au moment où ce message était envoyé, vous saviez bien, très bien même que le président rwandais hutu ami du maréchal venait de mourir dans des conditions atroces ; son avion ayant été abattu ! Six ans plus tard, alors que M. Mobutu est mort lui aussi et vous retrouvant cette fois en lutte contre M. Laurent-Désiré Kabila, vous vous rapprocherez du Rcd et du Pouvoir tusti rwandais. L'une des conséquences les plus terribles est la perte, par l'Udps, de la confiance des populations de l'Est du pays. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

20. Eviction de Mgr L. Monsengwo de la présidence du Hcr-Pt

- en 1996, se sachant dès malade, M. Mobutu ne voudra pas que la succession revienne au président du Hcr-Pt, en l'occurrence Mgr Laurent Monsengwo, cela en cas d'incapacité physique ou intellectuelle de continuer d'exercer ses fonctions. On ne saura peut-être pas le genre de deal que vous avez passé avec lui : il vous promettra le départ de M. Léon Kengo de la primature pour que vous repreniez le poste. A condition que l'Udps s'investisse dans le désaveu de Mgr Monsengwo, présenté jusque-là comme l'initiateur de la 3 ème voie ! Et vous êtes tombé dans le piège puisque même si grâce au parti le prélat catholique a quitté le Hcr-Pt, vous n'avez pas – vous – repris la primature ! Et voilà comment de 1996 à 1997, le parlement zaïrois sera coprésidé par M. Anzuluni Mbembe pour le compte des Fpc/Mpr et M. André Bo-Boliko pour le compte de l'Usoral. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

21. Rejet du consensus politique recommandé par la Banque mondiale et le Fmi

- mais une année plus tôt, soit en 1995, prenant conscience de la catastrophe humanitaire qui s'annonce au Zaïre à la suite de la rupture de la coopération structurelle, les institutions de Bretton Woods proposent au gouvernement un crédit de Usd 9 milliards sur trois ans, à une seule condition : le consensus politique. Le Premier ministre Léon Kengo fait des appels du pied que vous rejetez catégoriquement. Une année plus tard, la guerre de l'Afdl commence, et l'offre de la Banque mondiale et du Fmi n'aura plus de sens. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

22. Début de la guerre de l'Afdl et Visite à Mobutu à Nice en 1996

- quand la guerre de l'Afdl a commencé, l'Udps n'a pas du coup pris position. Nous pouvons supposer que c'est parce qu'elle s'en tenait à l'une des résolutions de la Cns  : ne jamais recourir aux armes pour la prise du Pouvoir. Pendant que bien des compatriotes y voient la présence des Rwandais, c'est vous, M. Etienne Tshisekedi, qui convaincra le peuple du contraire. En effet, de retour de Nice où vous avez été voir M. Mobutu malade, vous avez affirmé que l'Afdl est un mouvement des compatriotes zaïrois et Laurent-Désiré Kabila un fils digne du pays. Donc, vous avez apporté votre soutien actif à l'Afdl. Ce sera aussi un soutien lourd de conséquences, car l'Afdl tirera à son profit tous les dividendes de la lutte du parti. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

23. Concertations de la Cité de l'Oua en 1997

- de retour de Nice en décembre 1996, très malade, M. Mobutu a organisé les Concertations de la Cité de l'Oua en 1997 en vue de la nomination du nouveau gouvernement et, par ricochet, du nouveau Premier ministre. Alors que vous vous êtes rendu à ce rendez-vous, vous avez refusé de vous asseoir avec les autres compatriotes d'autres partis politiques ! Outre la politique de la chaise vide, vous excelliez dans la politique d'exclusion qui se retourne aujourd'hui contre l'Udps. Pourtant, vous vous faites le chantre de la Réconciliation nationale. Les images passées par la télévision nationale vous ont présenté les mains en poche, debout devant la piscine, tournant le dos à la salle des réunions. Faute de solution, M. Léon Kengo wa Dondo sera reconduit comme Premier ministre. Deux mois après, l'Afdl volant de victoire en victoire, M. Mobutu va organiser une nouvelle série de concertations au terme de laquelle vous serez nommé pour la 3 ème fois Premier ministre. Et vous avez déclaré que c'était la victoire du retour à la légalité. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut encore l'échec de l'Udps !

24. Nomination au poste de Premier ministre en avril 1997

- il se fait seulement que cette nomination vous a amené à revenir à vos exigences de la Cns pourtant dépassées. Vous avez exclu de votre gouvernement les Mobutistes et tous les Opposants qui ont rejoint M. Léon Kengo wa Dondo. Vous avez déclaré l'abrogation de l'Acte constitutionnel de la Transition sur lequel M. Mobutu s'est référé pour vous nommer. Et ce bras de fer s'est terminé de façon lamentable, puisque M. Mobutu va, une fois de plus, vous relever de vos fonctions. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

25. Postes réservés à l'Afdl

- la provocation ne s'arrêtant pas à M. Mobutu, vous avez réservé à l'Afdl six postes seulement des 24 prévus. Et l'Afdl s'est déclarée non concernée. Et le gouvernement est tombé. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps  !

29. Prise de pouvoir par l'Afdl

- c'est à la suite de votre révocation du poste de Premier ministre pour la troisième fois que le général Norbert Likulia est nommé Premier ministre. Son gouvernement a fait près d'un mois. Et le 17 mai 1997, c'est l'Afdl qui prendra le pouvoir abandonné par M. Mobutu dès le 16 mai. Ainsi, l'Afdl est venue moissonner dans les champs labourés par le parti. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

30. Visite manquée rendue à Laurent-Désiré Kabila

- aussitôt Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa, vous avez voulu le rencontrer. C'est à cette occasion que les dirigeants rwandophones très actifs au sein de l'Afdl vous en ont empêché. Vous avez réagi en les qualifiant tous des Rwandais. Ces mêmes Rwandais à qui l'Udps a envoyé trois ans plus tôt un message de félicitations pour avoir conquis le Pouvoir dans leur pays. Ironie de l'Histoire : M. Azarias Ruberwa – qui deviendra Directeur de cabinet d'un certain Bizima Karahamuheto et qui sera l'allié de l'Udps à Sun City au point de rester l'allié de l'Udps dans le « 1+4 » - a fait partie de ceux qui vous avez éconduit ! Qu'à cela ne tienne ! Ce qui nous a cependant toujours préoccupés, c'est l'objectif exact du rapprochement avec Laurent-Désiré Kabila. Vous saviez que vous étiez de ceux qui, sous Mobutu, avaient pourchassé ce compatriote dans ses différents maquis à l'Est. Même si vous avez attendu trois mois pour qualifier l'Afdl d'un mouvement authentiquement zaïrois dirigé par Laurent-Désiré Kabila digne fils zaïrois, vous avez toutefois réservé à cette organisation six postes seulement dans un gouvernement qui en comptait 24 ! Et encore, vous avez exclu de ce gouvernement les proches de Mobutu. Donc, les dirigeants rwandophones n'auraient pas eu tort de vous soupçonner de jouer un double jeu…Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

31. Contrainte faite à L-D. Kabila de s'impliquer dans le schéma de la Cns

- nous pensons ne pas avoir tort de le soutenir étant donné que par voie de presse, vous avez enjoint Laurent-Désiré Kabila de s'impliquer dans le schéma de la Conférence nationale souveraine. De façon concrète, cela voulait dire que l'Afdl se devait de vous restituer votre mandat de Premier ministre élu et chef de gouvernement, quitte à Laurent-Désiré Kabila de se contenter du mandat de président régnant, sur le modèle de l'Allemagne, de l'Italie ou d'Israël. Ainsi, la guerre menée par ce mouvement devait se terminer par vous remettre en poste. Nous connaissons tous la suite : l'Afdl a refusé. Et vous en avez profité pour relancer l'Opposition. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps ! .

32. Pressions pour l'enquête sur les allégations des massacres des réfugiés Hutu

- cette opposition, l'Udps va en faire son combat principal. Dans le cadre de l'enquête sur les allégations des massacres des réfugiés hutu rwandais, vous avez, M. le Président national, joué un rôle prépondérant en ce que les médias et les organisations de défense des droits de l'Homme qui vous sont proches se sont offerts aux puissances occidentales qui voulaient régler, via cette affaire, son compte à Laurent-Désiré Kabila. La position prise par ces organes de presse et organisations par rapport aux visites de Jesse Jackson et Madeleine Albright est connue de l'opinion : il fallait coûte que coûte présenter Laurent-Désiré Kabila en dictateur, en sanguinaire. N'avez-vous pas l'impression qu'en définitive, l'Udps aura contribué d'une manière ou d'une autre à donner des idées aux ennemis du Congo, Rwandais et Ougandais en tête pour la guerre du 2 août 1998 ?Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

33. Contestation de la thèse de l'agression au début de la guerre du 2 août 1998

- comment d'ailleurs s'en étonner lorsque vous avez été le premier, M. le Président national, à contester la thèse de l'agression rwando-ougandaise quand la guerre du 2 août a commencé ? Pour notre malheur, le Conseil de sécurité des Nations Unies a bien fini par le reconnaître, et avec lui la Cour internationale de la Haye qui a récemment condamné l'Ouganda. En cherchant à promouvoir la thèse d'une crise armée interne aux Congolais, vous avez réussi certes à vous rapprocher du Rcd. Mais pour quel résultat ? Le Rcd est aux affaires pendant que l'Udps est dans la rue. Pis, l'Udps s'est totalement coupée de sa base principale qui est l'Est du pays. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

34. Séjour en Occident

- aujourd'hui, non seulement que l'Udps est éjectée de l'Est, mais en plus elle est entrée en conflit stérile avec les partenaires extérieurs qui, jusque-là, constituaient son principal soutien contre la dictature de Mobutu, la dictature de Kabila Laurent-Désiré et la dictature de Kabila Joseph. Etes-vous sûr, M. le Président national, que sans les Américains, sans les Belges, sans les Français, l'Udps aurait eu la notoriété qu'elle a pu acquérir ? Etes-vous sûr que sans ces Occidentaux, Mobutu ne vous aurait pas tué, lui qui avait la Division spéciale présidentielle, la Garde civile, le bataillon Cobra, les Hiboux… ? Nous avons trouvé dans le site de l'Udps votre message de fin d'année adressé au peuple congolais. Vous y dites : « < Le dialogue inter congolais sera donc le cadre que la Communauté internationale nous offre pour pouvoir poursuivre le processus démocratique initié par la CNS  ». C'est bien là la preuve que vous avez été solliciter le concours des Occidentaux pour la tenue du Dialogue intercongolais ! Etes-vous seulement sûr que sans les Occidentaux, l'Asd serait parvenue à ramener le fameux camp de la Patrie à Sun City ? La leçon que nous nous devons tous de tirer est que tous ceux que l'Occident a aidés et qui se sont par la suite retournés contre lui ont très mal fini : Fernando Marco aux Philippines, Saddam Hussein en Irak, Mobutu Sese Seko et Laurent-Désiré Kabila en RDC. Nous ne vous disons pas que vous devez faire le « béni-oui-oui » ; pas du tout. Mais, vous devez avoir l'intelligence et la sagesse de savoir faire la distinction entre l'utile et l'accessoire. Vous donnez trop d'importance à l'accessoire. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, nous vivons l'échec de l'Udps !

36. Dialogue intercongolais (d'Addis Abeba à Sun City)

- l'initiative de la convocation du Dialogue intercongolais vous a toujours été attribuée. Dans votre message au peuple congolais cité au point 35, il ressort de façon claire que vous avez convaincu la Communauté internationale d'aider les Congolais à restaurer le schéma de la Cns. Sauf erreur de notre part, nous n'avons entendu aucune fois un dirigeant de l'Udps à l'étape des travaux préparatoires de Gaborone ou aux étapes d'Addis Abeba, de Sun City entre février et avril 2002, de Pretoria en décembre 2002 ou de Sun City en avril 2003 évoquer ce sujet. Nous en voulons pour preuve les 37 résolutions du Dialogue intercongolais contenues dans l'Acte Final que vous avez, vous personnellement, signé le 2 avril 2003. Donc, vous saviez, au moment où vous apposiez votre signature, que vous avez – une fois de plus – mis une croix sur le schéma de la Cns comme vous l'avez fait en avril 1994 en signant les Accords du Palais du Peuple ayant porté M. Léon Kengo à la primature. Si alors vous n'avez pas réussi à défendre ce schéma ni devant Mobutu, ni devant Laurent-Désiré Kabila, ni au Dialogue intercongolais, pourquoi devrez-vous continuellement demander au peuple de le faire en votre lieu et place ? Ayons le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

39. Commission de suivi

- prévue dans l'Accord global et inclusif, la Commission de suivie a eu pour tâches, notamment, d'assurer le suivi de l'application effective des dispositions dudit accord, de veiller à son interprétation correcte et à concilier les points de vue tout en aidant à résoudre les désaccords pouvant surgir entre les signataires. Selon cet Accord, l'Opposition politique qui s'est présentée au Dialogue intercongolais est une composante comprenant 28 formations politiques. Chacune y est engagée à titre individuel, donc de façon autonome. Avec la Société civile, l'Opposition politique est une composante plurielle différente de l'ex-Gouvernement, du Rcd et du Mlc qui étaient des composantes monolithiques. Avec le recul, nous nous devons d'admettre qu'en se rendant au Dialogue intercongolais en tant que parti politique membre de l'Opposition politique, l'Udps s'est alignée sur le statut identique. Il lui revenait, de ce fait, de jouer un rôle fédérateur au moment où se tenaient les travaux de la Commission de suivi. Malheureusement, l'Udps a laissé se fissurer l'Opposition politique avec d'un côté le Groupe A et de l'autre côté le Groupe B. C'est bien la preuve que le parti n'a nullement voulu tirer la leçon de toutes les atomisations dont l'Union sacrée et l'Udps ont été victimes surtout sous le Zaïre de Mobutu. Mais, une préoccupation nous taraude la conscience jusqu'à ce jour : puisque vous étiez si bien portant à l'époque, c'est-à-dire vous étiez en si bonne santé, pourquoi n'êtes-vous pas venu à Kinshasa au moment où se tenaient les travaux de la Commission de suivi ? Les ex-rebelles, qui devaient plutôt avoir peur, eux, étaient là au grand complet. Or, Kinshasa est l'un des fiefs indéniables du parti. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

40. Thèse d'exclusion

- ce que l'opinion garde de la non-participation de l'Udps à ces travaux, c'est l'exclusion dont elle dit avoir été l'objet de la part de Joseph Kabila et du Ciat. Que dites-vous cependant de l'interview que Valentin Mubake a accordée au journal «  Le Potentiel  » paru le 9 août 2004 sous le n°3193. Par le canal d'un journal paraissant à Kinshasa, nous avons appris que M. le président Comité national a déclaré que : « quand nous sommes arrivés à Sun City, nous nous sommes battus non pour avoir des postes, mais pour l'avènement » du cadre politique et juridique que sont l'Accord Global et Inclusif ainsi que la Constitution de la Transition. M. Valentin Mubake a précisé que « L'Udps ne se bat pas pour des postes. Les différents postes réservés à l'Udps au gouvernement, à l'Assemblée nationale et au Sénat, nous les avons cédés à ceux qui en voulaient  ». Si tel est le cas, comment peut-on continuer à parler exclusion pendant qu'il y a auto-exclusion ? Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, c'est encore l'échec de l'Udps !

41. Soutien apporté à la Cei

- les premières déclarations de l'Udps par rapport à la Cei ont eu un caractère constructif. L'Udps a d'ailleurs fait des observations reprises par le Ciat et acceptées par le Parlement qui les a intégrées dans la loi organique relative portant création de la Commission électorale indépendante et la loi organique relative à l'enrôlement des électeurs. Cette dernière loi a été promulguée le 24 décembre 2004. Elle a opté un recensement limité aux électeurs et l'établissement d'une carte d'électeur qui puisse servir provisoirement de carte d'identité. Jamais nous n'avons entendu ou lu une déclaration de l'Udps s'opposant à ce type de recensement ou de carte. Pourquoi alors avoir attendu presque quatre mois pour commencer à soulever des objections ? S'il n'est que question de représentation de l'Udps au sein de la Cei , comment cela aurait-il pu se faire en dehors de l'Opposition politique puisque c'est sous le label de cette composante que le parti a participé au Dialogue intercongolais ? En consultant l'Accord global et inclusif signé par l'Udps, il ressort que c'est la partie congolaise qui a demandé « Que la Communauté internationale, avec l'appui de l'ONU et dans le cadre de la MONUC , apporte son soutien actif à la sécurisation des institutions de la Transition issues du DIC… ». La Cei en est une. Nous en venons à déduire que le retrait du soutien apporté à la Cei au départ doit avoir procédé de la même logique de ne pas se sentir concerné par les travaux de la Commission de suivi. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, c'est encore l'échec de l'Udps !

42. Retournement contre la Cei et boycott du processus électoral

- l'Udps, s'étant retournée contre la Cei , a ordonné d'abord le boycott de l'enrôlement des électeurs, ensuite le boycott du référendum constitutionnel alors que l'un et l'autre constituent avec les élections les modules d'un même corps. Puisqu'il faut aller au bout de la logique, l'Udps n'a pas à revendiquer son entrée dans le processus électoral vicié. C'est vous-même, M. le Président, qui nous l'avez dit en décembre 2005 à quelques jours de la tenue du référendum constitutionnel. Votre déclaration, vous l'avez faite en ces termes : « A l'occasion du vote sur le référendum constitutionnel organisé dans le cadre d'un processus électoral et politique exclusif, vicié, injuste et manifestement non productif, l'Udps demande aux Congolais de rester à la maison pour ne pas cautionner cette trahison par leur participation au vote ». En quoi ce processus est-il exclusif ? Si c'est parce que l'Udps n'y participe pas, ce n'est pas du fait de la volonté des autres. C'est l'Udps qui, nous venons de le prouver au point 40., qui a refusé de prendre les postes lui réservés. Donc, c'est l'Udps qui s'est autoexclut. En quoi ce processus est-il encore exclusif ? Si c'est parce que l'Udps n'y participe pas, ce n'est pas non plus du fait de la volonté des autres. C'est l'Udps qui a boycotté dès le départ l'enrôlement des électeurs qu'elle a qualifié de vicié. Pouvons-nous comprendre alors qu'après avoir déclaré exclusif, vicié, injuste et manifestement productif ce processus, l'Udps se soit décidée le 2 janvier 2006 de le rejoindre ? On peut en conclure que ce processus n'avait rien d'exclusif ni de vicié, d'injuste ni de productif. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué !

43. « Schéma 1+4=0 »

- cela est d'autant plus fondé que rentrer dans ce processus vicié par le « 1+4 » devait avoir pour effet logique votre acceptation de devenir vous-même Zéro. Vous l'avez bien démontré aux étudiants en juin 2005 en déclarant « En juin 2004, le peuple avait crié que le 1+4 était égal à zéro. Un an après, on doit être en dessous de zéro. Suis-je vraiment zéro pour entrer dans un tel système ?». Il est évident qu'étant pas zéro, vous ne pouvez pas rejoindre un système qui garderait un ou plusieurs membres de l'espace présidentiel actuel. Si vous le faites, c'est que vous devenez vous-même zéro. Ayez alors de la courage de le reconnaître : sous votre mandant, vous signez l'échec de l'Udps !

44. Retournement contre la Communauté internationale

- l'une des grandes interrogations et préoccupations à être les nôtres est ce retournement subit contre les partenaires extérieurs. Dès l'avènement de la Transition en avril 1990, l'Udps a été le premier et peut-être le seul parti à avoir eu des relations solides avec des partis et même des gouvernements étrangers, en particulier en Occident. Chaque année presque, vous-même, Monsieur le Président national, vous sortiez du pays à l'invitation des décideurs américains, européens etc. Que s'est-il passé pour qu'ils aient cessé du coup de vous trouver fréquentable ? Or, vous êtes très bien placé pour le savoir : le niveau de destruction du pays est tel que nous n'avons pas d'autre choix, au terme des élections libres ou non libres, transparentes ou non transparentes et démocratiques ou non démocratiques, que de nous tourner vers la Communauté internationale. Etes-vous sûr que sans l'apport des partenaires extérieurs, le Congo va se reconstruire ? Nous savons, vous et nous, que c'est impossible. En retournant alors l'Udps contre la Communauté internationale, ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce sera l'échec de l'Udps !

45. Fin de la Transition le 30 juin 2005 et retour au schéma de la Cns

- le 2 avril 2005, à l'occasion de l'ouverture de la session extraordinaire du Comité national du parti, vous avez confirmé la fin de la Transition au 30 juin 2005 et le retour au schéma de la Cns dès le 1 er juillet 2005. A cet effet, vous avez évoqué l'Accord global et inclusif et la Constitution de la Transition. Nous avons seulement constaté que vous n'avez cru ni à l'un, ni à l'autre. D'autant plus que dès la première semaine du mois de juillet 2005, vous avez sollicité du gouverneur de la ville issu du 1+4 l'autorisation de tenir un meeting. Donc, vous avez continué, vous, à reconnaître l'autorité du 1+4 pendant que vous nous demandiez, à nous Combattants, de méconnaître son existence. Par la suite, le 15 août 2005, vous avez été proclamé Président de la République avec pour Président du Parlement M. Anatole Matusila et Premier ministre M. Raphaël Katebe Katoto. Depuis, vous n'avez ni oser installer les nouvelles institutions issues de la Cns , ni dialogué une seule fois avec les autres animateurs. Nous avons compris que vous vous êtes, en réalité, moqué de nous alors que si les nôtres sont morts ou ont été blessés à Kinshasa et aux Kasaï, c'est parce qu'ils ont cru, eux, au retour au schéma de la Cns. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, ce fut l'échec de l'Udps !

46. Rapprochement avec le Ciat

- le Comité international d'accompagnement de la Transition , Ciat, doit son existence à l'Accord global et inclusif. En déclarant l'abrogation de l'Accord global et inclusif au terme de la Transition le 30 juin 2005, c'est la fin du Ciat qui était annoncée conséquemment. Comment expliquer qu'après avoir décrété pour le 30 juin 2005 la fin de la Transition instituée par le Dialogue intercongolais et après avoir restauré le schéma de la Cns le 15 août 2005, l'Udps s'en soit allée auprès du Ciat – déjà mort et enterré – pour entreprendre des négociations, fussent-elles exploratoires, avec 1+4 ! Nous donnons raison à Joseph Kabila qui, lui au moins, a fait preuve de logique. En lisant certains organes de presse qui nous sont opposés, nous découvrons que c'est au cours de ces négociations que le Ciat a posé à l'Udps une condition en contrepartie de trois propositions : l'Udps dit oui au référendum constitutionnel, et le Ciat fait rouvrir les bureaux d'enrôlement, fait nommer les représentants du parti à la Cei et à la Ham et fait mettre fin à l'homonymie des dénominations. Le parti ayant dit NIET au Ciat, en boycottant le Référendum constitutionnel, comment voudriez-vous que le Ciat réalise ses propositions ? Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandant, c'est l'échec de l'Udps !

47. Boycott du Référendum constitutionnel

- lorsque l'Udps a donné son mot d'ordre de boycott du Référendum constitutionnel, nous étions loin de savoir qu'au final, il s'agissait du boycott des élections, du boycott de l'avènement de la 3 ème République. Car le référendum avait pour but de faire entériner la Constitution. Et la Constitution instaure les Institutions de la République. La particularité avec la Constitution soumise à référendum est qu'elle consacre la naissance de la 3 ème République. Comment, au niveau du parti, n'a-t-on pas perçu ces réalités ? Car la première et véritable conséquence est que les membres de l'Udps ont été empêchés de s'associer à la naissance de la Nouvelle République pour laquelle ils se battent depuis 24 ans. Nous ne vous le pardonnons pas. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, c'est l'échec de l'Udps !

48. Entrée dans le processus électoral

- c'est pour avoir peut-être réalisé, sur le tard, l'énormité de la gaffe que vous avez cherché à revenir dans le processus électoral. Ici, il se pose une question de morale : qui de la partie demandée et de la partie demanderesse pose des conditions ? De toutes les façons, ce n'est pas la partie demanderesse. Et comme dit plus haut, nous ne voyons pas le sens de cette démarche dans la mesure où les opérations d'identification et d'enrôlement des électeurs, le référendum constitutionnel et les élections sont des éléments d'un même corps. Pour avoir dit non à l'enrôlement des électeurs et non au référendum constitutionnel, l'Udps ne peut pas dire oui aux élections ! Autrement, pourquoi vous limiter à la réouverture des bureaux d'enrôlement alors que vous devriez aussi exiger la reprise du référendum ! C'est ça, la logique. Ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, c'est l'échec de l'Udps !

 

49. Fin de la Transition le 30 juin 2006

­- ces temps derniers, l'Udps s'emploie à nous rappeler la fin de la Transition le 30 juin 2006. Le président du Comité national a fait la déclaration selon laquelle « L'Udps a demandé un dialogue ; nous demeurons sur cette voie-là. Qu'il y ait un visiteur ou pas, que M. Tshisekedi soit reçu par tel ou pas, nous exigeons un dialogue avant le 30 juin parce qu'au-delà du 30 juin, il nous faudra un nouveau cycle politique, et à ce moment-là, il se pourrait que ce soit trop tard » ! En quoi serait-il trop tard ? L'Udps va-t-elle prendre des armes ? Ou va-t-elle envoyer d'autres compatriotes à la mort, comme si les victimes de la dictature mobutienne, de la dictature kabilienne, des guerres de 1996 et 1998 ainsi que celles du 10 janvier, du 17 mai et du 30 juin 2005 ne suffisent toujours pas ! Cette fois-ci, personne ne descendra, car ayez le courage de le reconnaître : sous votre mandat, l'Udps a échoué !

50. Nouvelles négociations

- c'est pour éviter l'impasse que l'Udps propose des nouvelles négociations. Si vous n'y avez pas encore pris conscience, nous – membres du Parti et ressortissants du Grand Kasaï – sommes de plus en plus embarrassés par cette passion que nous avons pour des négociations qui cachent d'autres négociations. Comme nous le relevons dans un organe de presse qui ne nous aime pas, combien de négociations faut-il alors à l'Udps pour parvenir aux bonnes ? Ce journal se plaît à nous rappeler les négociations avec le Mpr commencées à Mbanza-Ngungu et poursuivies à Gbadolite, avant de voir le parti impliqué vainement dans les Accords du Palais de Marbre I, la Cns , les Accords du Palais du Peuple, les Concertations du Palais du Peuple, les Concertations de la Cité de l'Union africaine et le Dialogue intercongolais à ses étapes d'Addis Abeba, Sun City, Pretoria et Sun City. Nous commençons à rassembler au Petit Berger qui criait chaque fois au loup pour ameuter le village et s'en amuser ! Le jour où le loup a réellement apparu, personne n'a fait attention à ses cris. Il avait perdu son bétail. Ayez alors le courage de le reconnaître : vous êtes, Monsieur le Président national, à la base de l'échec de l'Udps  !

Monsieur le Président national,

Parce que nous pouvons nous le dire : 16 ans après, toutes les initiatives de l'Udps nous ont réussis, à nous Combattants, et particulièrement à nous ressortissants du Grand Kasaï !

Nous avons identifié parmi les forces politiques et sociales qui vous distraient et qui nous distraient les partis et acteurs politiques qui se proclament des alliés de l'Udps quand ils sont en difficulté avec le Pouvoir en place mais qui n'hésitent pas à lâcher l'Udps à la première occasion. Nous en voulons pour preuve ceux qui ont soutenu le boycott des opérations d'enrôlement des électeurs, la fin de la Transition au 30 juin 2005, le retour au schéma de la Cns et le boycott du référendum constitutionnel. Aujourd'hui, ils sont candidats pour des élections dont ils critiquaient les préparatifs à vos côtés !

Nous en voulons également pour preuve ceux qui sont présents dans le système « 1+4 » qu'ils menacent de quitter pour les « injustices » dont ils se disent victimes de la part du Pprd mais y restent dès que leurs revendications sont soit satisfaites, soit en voie de l'être. Ils ne brandissent jamais ce genre de menace pour démontrer leur solidarité envers l'Udps.

Quant aux forces sociales généralement appelés forces vives ou Société civile, elles ont fait de la lutte de l'Udps leur moyen de survie matérielle et financière. Voyez toutes ces ong, tous ces médias, tous ces syndicats qui disent défendre la Cause du Parti pendant qu'en réalité ils ramassent de l'argent à la pelle, mangeant même parfois à tous les râteliers dont celui – suprême trahison – du Pouvoir qu'ils critiquent.

Et du moment que la plupart de leurs animateurs sont d'origine kasaïenne, c'est sur le Grand-Kasaï que toutes leurs aventures rejaillissent !

Monsieur le Président national,

En réfléchissant aux causes exactes de cette crise de croissance qui fait de l'Udps une naine en dépit de son statut de « fille aînée de l'Opposition », nous avons compris, comme vous l'aviez dit à Mobutu dans la lettre du 1 ère novembre 1980, que «  La crise est structurelle  ». Donc, pour vous paraphraser, «  Il ne s'agit pas d'une crise d'homme, de Cadre comme Vous ne cessez de le répéter  ». Vous disiez à Mobutu que «  Dans les structures du MPR, même les Cadres les plus expérimentés doivent être incompétents…  » .

Souffrez alors, M. le Président National, que nous puissions déclarer que «  Dans les structures de l'UDPS, même les Cadres les plus expérimentés doivent être incompétents  ».

Au moins Mobutu, lui, savait organiser tous les cinq ans le congrès national du Mpr pour renouveler son mandat. Combien de congrès statutaires cependant l'Udps en a-t-elle organisé entre 1982 et 2006, au cours de ses 24 ans d'existence ? Aucun !

Pourtant, les statuts, à l'article 42, en prévoient un tous les cinq ans. Cet article est ainsi libellé : «  Le Congrès se réunit en session ordinaire, sur convocation de la Présidence Nationale , tous les cinq ans  ». Cet organe a été réduit à votre personne ; ce qui vous rend davantage responsable.

Qu'est-ce qui fait alors que tous ces importants changements portés aux organes du parti aient été effectués en violation des textes qui régissent le parti ?

Si déjà vous-même, Monsieur le Président national, ne respectez pas ou vous ne faites même pas respecter les textes qui régissent le parti, comment respecterez-vous ou ferez-vous respecter les textes régissant la République  ?

Nous au moins, les 13 Intellectuels du Grand Kasaï, savons ce que nous voulons : nous avons décidé de ne plus nous laisser mentir et de ne plus laisser mentir les populations kasaïennes, première victime du déviationnisme caractérisant l'Udps.

C'est précisément pour cette raison que nous nous désolidarisons des actions que le parti envisage pour le 17 mai et surtout pour le 30 juin 2006. Nous ne voulons plus entendre parler du Grand Kasaï comme fief naturel du parti.

Nous enjoignons les leaders d'origine kasaïenne, quelle que soit leur appartenance politique ou non politique, de s'abstenir désormais de s'engager dans les débats politiques au cours desquels ils se savent incapables de distinguer leurs prestations des prises de position en faveur de l'Udps.

Nous profitons de l'occasion pour demander à nos sœurs et frères d'autres provinces, victimes des erreurs et fautes de l'Udps et, par-delà le parti, des ressortissants du Grand Kasaï, d'accepter d'aller aux élections dans les échéances fixées par la Commission électorale indépendante. La Cei , au moins, sait où elle nous conduit.

Nous nous organisons de manière que tous les médias dirigés par les ressortissants du Grand Kasaï – qui savent s'être enrichis démesurément mais au détriment des populations kasaïennes, obtiennent chacun une copie de ce document par courriel. Nous ne nous trompons pas sur l'usage qu'ils vont en faire. A défaut de le publier, ils s'emploieront à lui trouver une origine autre que celle des auteurs. Nous ne voulons plus qu'ils fassent des déboires de l'Udps et du Grand Peuple des Kasaï leur fond de commerce.

Nous sommes fatigués d'entendre et de dire continuellement «  L'Udps vaincra  » alors qu'en réalité, c'est le parti qui est totalement vaincu.

Veuillez agréer, Monsieur le Président National, nos sentiments sincères.

Kinshasa, le 10 mai 2006

Les 13 Intellectuels du Grand Kasaï signataires :

1. Crispin KABONGO NTALAJA
2. Raymond KALALA NSENGA
3. Emmanuel KALONJI WA NDAYA
4. Armand NKONGOLO NTUMBA
5. Léon MUBENGA MULUMBA
6. Clémentine MBOMBO MUJINGA
7. Jeannot MBUYI wa MBUYIa
8. David BABADI TSHIBANGU
9. Albert MWAMBA MUKENGE
10. Floribert KABASELE NTUMBA
11. Gaspard KADIMA MUTOMBO
12. Etienne MUKENGESHAYI
13. Rose TSHIYOYI KAPINGA

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