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LONDRES : UN PASTEUR ASSASSIN ET UN PASTEUR CANNIBAL ?

Par Norbert X MBU-MPUTU
norbertmbu@yahoo.fr

Nous avons reçu plus de 250 Emails, coups de téléphone, lettres, de la part de nombreux internautes, en réaction à notre contribution titrée « Ces Eglisettes de sommeil qui séduisent la diaspora » . C'est que le sujet est non pas seulement passionnant, mais occupe une place de choix dans le socio-culturel congolais. Je ne voulais nullement faire la propagande des Eglises « maisons-mères ». Nous situant de l'autre coté de la société, celui du commun des mortels, nous avons essayé simplement de regarder, d'ouvrir les yeux et nous avons constaté qu'il y a un problème et un problème sérieux. Alors, nous avons tiré sur la sonnette d'alarme. La crainte est réelle. Si André Malraux a dit que le vingt et unième siècle sera religieux ou ne sera pas, il y a peut-être à craindre que le siècle en question soit d'une hyper-religiosité superficielle. Les gens croient qu'ils croient, alors qu'ils ne croient pas du tout. Les gens font semblant de croire. Dieu, la religion, la Bible devenant des objets marchandables et de risées comme le sont devenus la politiques, les postes publiques. Tout se négocie et à négocier. Les grands bénéficiaires seraient ainsi des malins qui en tireraient de grands profits, disons mieux, exploiteraient les moins avertis et les dupes.

Des faits et encore des faits…

Au-delà de toute polémique, des insultes reçus et des commentaires sur notre « athéisme légendaire » ou de la propagande ou de la part trop belle que nous avons fait aux Eglises « maisons-mères », il serait mieux de demander à nos amis juristes de nous rappeler ce principe de droit qui dit que devant les faits, les arguments ne valent rien. Nous n'en retiendrons que deux, tout esprit critique propre à notre déontologie aidant. Des faits encore frais dans la mémoire des congolais de London.

Pasteur TUKALA a-t-il réellement tué NZUZI ?

Terrible question dont la réponse résulterait d'une enquête bien fouillée. Mais, dans ces deux dernières livraisons, notre collègue du magazine Grands Lacs, Sam Mpengo Mbey, conclue de l'implication manifeste du pasteur Tukala dans cet acte odieux. Certains pasteurs contactés croient aussi que le monsieur n'est pas du tout innocent. La communauté congolaise de Londres est encore sous le choc des révélations faites à la suite de la mort le jeudi 21 juillet dans un Parc à Crystal Palace, au sud de Londres, de monsieur Nzuzi Mayingi, dit frère Manasse. Alors que la Police s'y investit déjà, une certaine opinion, sur base des révélations, des histoires, des recoupements, conclue que le Pasteur Dieudonné Tukala devrait en savoir quelque chose. Selon toute vraisemblance, tout tournerait autour de la première épouse de feu Nzuzi au sujet de laquelle sieur Tukala aurait conseillé à monsieur Nzuzi de divorcer avec elle au motif que Madame Fifi, la dite première femme de Nzuzi, serait une sorcière. Aux dernières nouvelles, Fifi est maintenant mariée à sieur Patrick, de la même Église, et vivent en toute quiétude loin de Londres. C'est après cet premier faux-pas que, sur conseil du pasteur Tukala, Nzuzi va alors fiancer une autre sœur de l'Eglise Yvette. Mais, les bonnes langues en ajoutaient trop sur cette Yvette qui, selon les autres témoignages, seraient en fait une des nombreuses maîtresses du pasteur Tukala lui-même. Ils auraient effectué ainsi plusieurs voyages à l'étranger, officiellement pour enseigner la parole de Dieu, partageant parfois une chambre commune, pour ne pas dire un même lit. C'est pour camoufler son union illégitime avec Yvette que Tukala contraindra Nzuzi à prendre Yvette pour épouse. Alors que Nzuzi, tout naïf, continuait à se préparer pour le grand jour du mariage avec Yvette, il semble que Tukala ne lâchait pas prise. Que serait-il passé alors ? Radio trottoir rapporte qu'après une de ces séances d'enseignement du couple fiancé, alors que les deux s'apprêtaient à repartir, Tukala aurait demandé que Yvette reste avec lui pour d'autres séances d'enseignements privées, avant de rejoindre son mari. Ce dernier, tout naïf et voulant partir, se rendra compte d'avoir oublié quelque chose auprès de son épouse. Il serait alors retourné sur le lieu de la prière. Et là, selon les mêmes sources, qui a bu boira, Nzuzi aurait surpris alors le Pasteur avec sa femme dans des positions moins catholiques. La main dans le sac... Est-ce que ce choc qui aurait alors poussé Nzuzi à mettre fin à sa vie ? En tout cas, tout ce qu'on sait est que quelques heures avant sa mort, feu Nzuzi aurait téléphoné pasteur Tukala. Que s'étaient-ils dit ? Affaire à suivre...

Un pasteur cannibale ?

On serait en droit de poser la question après l'émission du samedi dernier de notre collègue Yembesi dans son « Africa Vision », diffusée par la chaine londonienne BEN. Le témoignage de l'invité d'origine congolaise est à peine croyable. Avec son bras droit enfilé dans une bande à pansement, cachant l'un de ses doigts coupé et broyé à la dent par un pasteur.

Les faits se sont déroulés voici quelques jours seulement. Un homme s'est vu séparé de sa femme par un pasteur qui a fait croire à la femme que son mari, le père de ses enfants, avaient des pratiques fétichistes indiens et qu'il envisagerait l'envouter, elle, la femme, pour ses fétiches. Malgré les explications de l'homme, la femme enceinte, décida de répudier son mari, à la londonienne, c'est-à-dire en demandant à la police de chasser ce dernier et de ne plus l'autoriser à avoir droit à ses enfants. Celui-ci, conformément à la loi britannique, n'avait plus accès ni à la maison, encore moins aux enfants. Il devait désormais négocier toute sortie avec ses rejetons. La femme, entre temps, devenait une sœur dont l'ardeur à la prière n'avait nulle de concurrence. Elle était une engagée...

Une fois accouchée, la femme se voit approcher par le pasteur qui lui signifia en fait qu'elle, la femme, était l'élu de Dieu pour devenir « maman pasteur ». Ce que la femme, avec le temps vint à comprendre qu'elle s'était fait rouler dans la farine du fameux pasteur. Elle se décida de rappeler son mari et lui demander pardon. Mais, le pasteur ne lâcha pas prise. Il lui répéta à longueur des journées, versets bibliques à l'appui, par prédication téléphonique (c'est encore la nouvelle mode de prédication dans la diaspora) que son ex. était démoniaque et servirait Satan. Mais, convaincu de son erreur, la femme, maligne, organisa un jour que son mari puisse se confronter avec le pasteur au jour où le dit pasteur avait fixé venir à la maison lui rendre visite, prier pour elle et surtout lui rappeler la volonté de Dieu.

Ainsi, l'homme derrière une porte haute pouvait entendre le pasteur reprendre tous ces enseignements sur les pratiques fétichistes du mari de la femme, de la volonté de Dieu que la femme ne puisse regagner son toit conjugal et surtout de devenir « maman pasteur ». C'est à cet instant-là que l'homme apparu pour se confronter au pasteur. Le pasteur, après bégaiement, se décida de foncer sur le monsieur, le mari de la femme, et en lui livrant une bagarre incroyable. Lorsque l'homme commença ainsi à se défendre, en présence des enfants, témoins, le pasteur n'eut pas mieux que de mordre le monsieur, de lui arracher et de lui broyer un doigt de la main droite . Pendant que l'infortuné se débattait entre l'écoulement du sang et des coups à esquiver et à riposter au pasteur, ce dernier alla ramasser un marteau et jura de tuer le monsieur avant de lui mordre encore un autre doigt, qui, Dieu merci, ne s'arracha pas.

L'homme qui se présentait dans l'émission de notre collègue avait le bras droit enroulé dans une bande blanche, avec un doigt perdu...

Nous avons dit « églisettes de sommeil »

Nous ne donnons ni définition encore moins une classification à ce concept que nous avons inventé. Nous ne voulons nullement faire l'éloge des certaines Eglises. Nous partons d'une simple logique, si nombreux ont quitté les « vieilles Eglises » pour cause de déraillement de celles-ci, comment alors tolérer que les nouvelles soient pires que les anciennes et continuer a leur octroyer droit de cite ? Comment ne pas demander à ces fameux animaux religieux, les hommes, de rebrousser chemins et de revenir aux premières amours ? La seconde épouse s'étant révélé être moins sérieuses ! Peut-être que nous avons eu tort de les considérés comme des Eglises, c'est-à-dire au même titre, et parfois plus, que nos vieilles églises. Peut-être qu'elles doivent aujourd'hui nous prouver, avec un peu d'humilité, qu'elles font vraiment le service de Dieu. Mais, en attendant, nous devons peut-être avoir le courage de dire non.

La religion est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des pasteurs seuls, surtout des petits pasteurs. Le christianisme est une chose trop grande pour l'abandonner au bon vouloir des prédicateurs occasionnels. Jésus est trop important pour se laisser gérer par la bible fabrication locale. La Bible est un ensemble des livres, toute une bibliothèque, plus de soixante dix ouvrages. Sa lecture, son explication, son interprétation exigeraient peut-être la contribution de nombreuses sciences et approches parallèles : l'histoire, la géographie, la sociologie, le droit, etc.… La religion, surtout aujourd'hui, avec tout son contenu et tout son poids, exigerait peut-être aussi et surtout la contribution des philosophes, des maçons, des architectes, des juristes, des archéologues. Donc, si un monsieur commence à se présenter avec des versets bibliques à saupoudrer à temps et à contretemps, et commence à vous exiger de dire « Amen », à chaque bout de phrase, sans que vous ayez compris ce qu'il a dit, il y a risque que l'enseignement sente du lavage de cerveau. Il faudra avoir le courage de le dire et de le dire tout haut. En tout cas, les pasteurs de Londres seront, sous peu, entrainés à connaître et à apprendre les « policies » ou les règlements sociaux de vie, tels que l'exigent les lois britanniques.

Conclusion

Pour le moins que l'on puisse dire, un proverbe conseille que l'on s'égare dans la for ê t, la prudence est de retourner à la première burfication où on retrouverait encore des signaux de reconnaissance avant de tenter une autre aventure d'avancer dans le néant. C'est peut-être cette petite conclusion à laquelle il faudra nous faire convier. A voir ces églisettes nées et venues avec comme mission de nous « réveiller » de notre sommeil, il faudra craindre qu'elles ne nous mènent nulle part. Lorsque nous nous en serons rendu compte, ce sera peut-être la fin des temps. En vérité, en vérité, je vous le dis… Ils sont bons, mais pas tous. Comme le disait jadis notre ami qui avait démarré à Kinshasa une initiative louable, la Voix des Abusés et des Opprimés, il appartient à ceux qui voient un peu plus clair, d'aider les autres à ne pas tomber sous la séduction grande dans la diaspora. On est en droit par exemple de demander, comme on le fait dans les Eglises mères, des comptes en bonne et due forme des offrandes et autres dimes ? On est en droit de savoir si la concession achetée par l'église est en quel nom ? N'est-on pas en droit de savoir si les offrandes et dimes servent au service de Dieu, pour des actions caritatives et communautaires ou servent-elles seulement pour aider « the man of God » à s'acheter l'or et le diamant, à rouler carrosse et à s'habiller à la mode (de chez nous) ? C'est peut-être un droit et un devoir…

Norbert X MBU-MPUTU, United Kingdom

 


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