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Affaire Bundu dia Kongo : La recréation continue…

Après le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo qui s'est soldé sur un bilan tragique de 134 morts et plus de 750 disparus en fin janvier et début février  dernier , l'option a été levée  de diligenter  une enquête sur initiative de l'assemblée nationale congolaise. Et cela au moment où l'opinion publique nationale et internationale constataient le mutisme total de Joseph Kabila et de son premier ministre Antoine Gizenga.

D'emblée de nombreux observateurs  ne se sont  pas fait d'illusions quant à la volonté manifeste des autorités congolaises d'élucider ce massacre et d'en  punir les commanditaires à tous les niveaux.

Et déjà, la mise

en place de la commission parlementaire chargée de cette enquête   a mis du temps. Certains de ses membres ont déploré le manque de moyens à leur disposition pour une enquête d'une telle ampleur. On se rappellera que le départ de cette commission sur le terrain a été retardé de 10 jours pour de raison   logistique, a-t-on voulu nous faire avaler. Manœuvre dilatoire ont crié les uns, tentative de minimisation de ce carnage commandité depuis Kinshasa par Kabila et son protégé ministre de l'intérieur Denis Kalume, ont insinué les autres. Il est un fait que n'eut été la pression des instances internationales,  de l'opposition congolaise , de la société civile… cette commission n'aurait vu le jour.

Le peuple congolais n'a pas la mémoire courte. Il se souvient qu'en juillet 2002 de nombreux adeptes de Bdk ont été tués au Kongo central  sur ordre de Joseph Kabila. .    Aucune  sanction à l'endroit des commanditaires et exécuteurs de cette sale besogne. Au contraire les adeptes de Bdk ont été victime au Kongo central et à Kinshasa    d'une chasse à l'homme  orchestrée par le pouvoir.   Des arrestations arbitraires manu militari  et des disparitions   s'en sont suivies. Beaucoup de familles ont perdu leurs fils et filles. Nombre d'adeptes et personnalités ont  été contraints à la clandestinité. Et  les activités cultuelles de Bundu dia kongo ont été suspendues.

En 2003, une amnistie  a été signée, un prétexte  politique conventionnelle en Rdc pour faire croire que tout allait rouler désormais comme sur des roulettes. Mais ne Muanda Nsemi  n'a pas été dupe au sujet de cette amnistie. Dans son articles publié au journal « Kongo Dieto n° 300 du 11 octobre 2003»  il déclarait : "  En Juillet 2002, Bundu dia Kongo  a été victime des sanctions injustes de suspension de ses activités, par le gouvernement de l'AFDL (PPDR). La loi dit que la

suspension des activités d'une associations est de trois mois. Dépasser ce délai, la suspension devient caduque. Ainsi, elle doit être levée. Quinze mois se sont déjà écoulés, à cela s'ajoute l'amnistie signée, et l'esprit de la réconciliation nationale, dont on parle tant ; malgré tout ceci, l'autorité administrative (un cadre du PPRD)  refuse de respecter la loi, et de se soumettre au cadre juridique de la transition . Que peut-on espérer de bon, avec des pareils animateurs de la transition ? pour qui avant la transition, égal après la transition ! "

Et la suite des événements lui a donné raison.  En 2002, 2004, 2005, 2006, 2007 les adeptes sont tombés sous

les balles de la police et de l'armée congolaise. A ce sujet le récent rapport de Human Rights Watch ( voir p.9 § : impunité pour des attaques précédentes sur les membres de BDK ) est très éloquent. A cette spirale de  barbaries,  Ne Muanda Nsemi  a consacré, les quatre  pages du Kongo Dieto n° 489 du 08 septembre 2006,   presque intégralement aux noms des adeptes qui ont pu être identifiés comme tués, amputés, blessés et arrêtés. Les disparus n'ayant pas été identifiés.

 Et depuis le dernier massacre en date, les adeptes de Bdk  demeurent dans le collimateur du pouvoir. De sources proches de Ne

muanda Nsemi, nous avons appris que deux cadres  Mbuta Basangana (chargé de la communication), Mbuta Lusu (délégué près ne Muanda Nsemi), Mbuta Ngoma et  le chauffeur du leader de Bdk, ont failli être acheminés vers une destination inconnue. Ils ont eu la vie sauve, soit grâce aux gardiens de Bdk " Minkengi ", soit après versement d'une importante  somme d'argent. Certains sont incarcérés à la prison militaire de Kitona (Muanda), d'autres  croupissent derrière les verrous  de la prison centrale de Makala (Kinshasa) en dépit de la mesure de grâce du ministre des droits humains. Ne Muande Nsemi lui-même a échappé à un commando grâce à la mobilisation  des jeunes de son quartier, décidés de veiller quelques nuits. La même source affirme que depuis les tristes événements  du 31 janvier et 1 er février 2007, les adeptes de

Bdk  demeurent victimes d'incessantes tracasseries policières tant à Kinshasa  qu'au Bas-Congo.

Au regard des persécutions des adeptes de Bdk  depuis 2002  à ce jour, fallait-il croire  à la volonté  de Joseph Kabila et de son gouvernement d'éclairer l'opinion nationale et internationale sur ce carnage, à l'issue de l'enquête parlementaire diligentée au lendemain du massacre ?  Fallait-il croire à la détermination de Kabila et Gizenga   d'incarner  la    bonne gouvernance en matière  de   défense des droits de l'homme ?

Cette éventualité  est à  écarter  d'office au vu du traitement réservé au dossier massacre des adeptes de Bdk tant au niveau du parlement, du gouvernement, de la présidence de la république. Au niveau de l'assemblée  nationale, les différents reports de débats, pourtant  programmés, au sujet du rapport parlementaire attestent  un manque cuisant  de volonté politique   d'éclairer l'opinion nationale,  notamment  très en attente des conclusions de cette enquête. Et dans la même optique,   la communauté internationale,

attendant des signaux fort en matière de défense des droits de l'homme, reste sur sa faim .  Quand le vice-président de la commission d'enquête parlementaire Franck Diongo, par probité morale, démissionne, estimant que ce rapport « reste muet sur les responsabilités de ceux sur qui pesaient de lourds soupçons et dont les indices de culpabilités ont été découverts lors de l'enquête  » (extrait du Journal n° 331 dans sa livraison du 09 mai 2007 : Affaire Bundu dia kongo, la vérité Camouflée ) , tout est dit.

En outre le fait pour le parlement de débattre  à huis clos à propos de l'affaire Bundu dia kongo, renforce l'hypothèse

selon laquelle on ne connaîtra plus la vérité sur cette affaire. Quand le gouvernement  muet au départ, se précipite de  donner des instructions  au ministre de la justice pour que les coupables soient sanctionnés sans que l'opinion nationale les connaissent , faudrait-il croire à la transparence dont se targuait monsieur Gizenga ?  Le congolais ne sont pas dupe monsieur Gizenga, la justice à laquelle vous vous référez est sous la coupe de Joseph Kabila. Donc de gens comme Denis Kalume  sortiront de cette affaire indemne. C'est aux adeptes de Bdk et à Muanda Nsemi son leader que votre  «  in – justice »   va s'acharner. Et c'est ça que vous appelez " fini la récréation " ? Quant à nous,  nous l ‘appelons "la recréation continue "

Maintenant que cette recréation se poursuit, que l'on ne peut plus compter sur une justice inféodée à Joseph Kabila, faudrait-il laisser la vérité s'évaporer ?  Ne s'avèrerait-t-il pas  impérieux de chercher à ce que cette vérité éclate au grand jour  afin que les commanditaires de ce massacre à savoir Joseph Kabila, Denis Kalume ainsi que les autres maillons de la chaîne cités dans le rapport de Human Right Watch  soient condamnés? (p. 7-8  § : Officiers qui devraient faire l'objet d'enquêtes visant à déterminer leur responsabilité dans les

événements)  notamment  les Généraux Bonjuka Botunga (Kitona),  Mbuayama Nsiona, ,Joseph Mukendi, le major Mbakulu le capitaine Emmanuel Matuka Mokweke, les commandants  kota et Jean Paul Songa.

Il nous semble que dans le contexte d'un pays incapable de dire le droit en toute impartialité, une des alternatives, c'est de s'orienter vers la loi de compétences universelles en vigueur en Belgique pour faire condamner les responsables de ce massacre. A titre d'exemple, aujourd'hui  en Belgique les familles de 10 commandos victimes de la barbarie rwandaise en 1994 tiennent à obtenir dans un procès en cour la vérité au

sujet de la mort de leur. Ce qui nous paraît logique et indéniable. Alors pourquoi  les familles de toutes ces adeptes de Bdk et autres innocents tombés à la suite du carnage perpétré par les autorités congolaises au plus haut sommet,   n'auraient-elles pas le droit de connaître la vérité sur la disparition de leur ?

Il est temps que la diaspora congolaise de Belgique et d'ailleurs envisagent l'éventualité d'une plainte contre les commanditaires de ce massacre en vertu de la loi de   compétences  universelles. Rappelons que dans le cadre de cette loi, 17 irakiens et 2 jordaniens avaient déposé   le 15 mai 2003 une plainte contre le

général Tommy Franks commandant en chef des forces armées américaines pour le Golfe Persique. Selon les avocats de plaignants, la plainte comprenait également l'usage délibéré d'armes à feu contre des civils, des agressions  contre les journalistes…( www.google.com  : tapez la loi de compétences universelles-rappels des faits)…

La diaspora congolaise  ne pourraient-elles  pas s'inspirer de cette initiative ? 

Blaise B. Mantoto

Courriel : bula_mantoto@yahoo.fr

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