Pour une culture du dialogue
Page d'accueil
A propos de nous
Correspondance et Retrouvailles
Interviews
Musique
Forum, savoir dialoguer est une vertue
Emploi
Notes de lecture
Liens

COMMENTAIRE SUR L'ACTUALITE CONGOLAISE 

•  Visite du Chef de l'Etat congolais en Belgique  : Une fois de plus, le passage du Chef de l'Etat congolais a créé de l'agitation au sein de la communauté congolaise. Rien d'anormal à cela, sauf que certains compatriotes ne se décident pas encore à abandonner des comportements qui jettent le discrédit sur la notre communauté.

En effet, j'aurais personnellement souhaité que, à un moment crucial de notre histoire où nos frères tombent sur le champ d'honneur au Nord Kivu pour défendre l'intégrité territoriale de notre pays, que les Congolais se soudent et mettent entre parenthèse leurs traditionnelles divisions. Cela ne paraît pas possible, en raison du fait que les Congolais n'ont pas tous la même vision de l'intérêt national. Pour beaucoup de nos compatriotes, comme je le dis bien souvent, ils demeurent trop attachés à la culture de leur tribu, ce qui fait qu'ils ne perçoivent les problèmes du pays qu'à travers le prisme de leur conscience tribale.

C'est pourquoi ils font preuve de tant de haine en politique et n'ont d'autre langage que celui de l'injure. Ce sont des gens qui, bien souvent, sont nés au village et n'ont pas longtemps séjourné dans les centres urbains du pays avant de s'envoler pour l'étranger. Généralement, ils se sont mariés dans leurs tribus et même à l'étranger, leurs fréquentations se situent dans un cercle tribal.

N'oublions pas que dans certaines de nos tribus, le voisin était l'ennemi auquel était réservé, en cas de capture, un sort « gastronomique ». Faut-il le rappeler ? Nos camarades lumumbistes furent mangés à Bakwanga en 1960.

C'est naturellement une situation à déplorer mais d'autre part, on peut comprendre que ce n'est pas en quelques décennies qu'une culture venant du fonds des âges peut disparaître. Ainsi, alors qu'au Kasaï oriental le feu brûle entre Bena Nshimba, Bena Muembia et Bena Kapuya (20 morts jusqu'à ce matin), les leaders tribaux, dont certains représentent leurs partis en Europe, ne font pas entendre leur voix pour condamner ces violences d'un autre âge et appeler à la coexistence pacifique. Pourtant, le Congo n'a vraiment pas besoin de voir éclater d'autres foyers de tension, d'origine strictement interne cette fois-ci, à la différence de ce qu'on voit au Kivu et en Ituri.

Je souhaite donc voir leaders et partis tribaux s'investir dans la restauration de la paix au Kasaï oriental, au lieu de continuer leur campagne d'injures contre le Président de la République et des mensonges sur son identité.

D'après les images diffusées par les télévisions belges, le Chef de l'Etat congolais a été bien accueilli par la communauté congolaise. Il faut s'en féliciter.

•  Les investissements chinois  : Nombreux sont les compatriotes qui ont fait des commentaires sur l'annonce d'un investissement de 5 milliards Usd par la Chine. C 'est la première fois qu'un pays africain va recevoir de la part d'investisseurs étrangers une telle enveloppe pratiquement d'un coup.

Il faut cependant se souvenir qu'en 1995, la Banque mondiale avait décidé d'investir 9 milliards Usd en trois ans dans notre pays. M. Tshisekedi et ses amis s'étaient énergiquement opposés à ce projet, alors que la principale condition posée était que la classe politique congolaise se mette d'accord sur un programme de développement de 10 ans. Ceci est une parenthèse.

La décision chinoise est loin d'avoir été prise à la légère. La Chine a besoin des matières premières dont regorge le Congo. Cela veut dire que la Chine va également s'investir dans la stabilisation de notre pays. Je ne doute pas qu'à Kigali et à Kampala ce soit le deuil. D'abord, par principe, la Chine s'est toujours montrée soucieuse de la stabilité des grands pays. Ensuite, l'empire du milieu ne voudra certainement pas voir des aventuriers de tous bords mettre en péril ses investissements. Par conséquent, si nous ne décevons pas les Chinois par un comportement d'irresponsabilité, on peut dire que le Congo s'est trouvé un grand allié ayant les moyens financiers, diplomatiques et militaires pour lui venir en aide. Si d'aventure nos ennemis continuaient à bénéficier des soutiens anglo-saxons, la Chine n'aurait aucune difficulté à susciter l'appui de la Russie et d'autres grands pays comme le Nigeria, qui perçoivent la déstabilisation du Congo par ses voisins de l'Est comme une menace qui les concerne aussi.

Je pense que la politique de séduction via « les hirondelles » pratiquée par nos voisins avec succès en Occident aura du mal à se déployer en Chine. Il faut espérer qu'ils pourront se convertir à une politique de bon voisinage fondée sur la fraternité, le respect mutuel et la solidarité.

Ainsi donc, le Congo se verra doté des moyens pouvant lui permettre enfin de se développer. Mais il y a des préalables. D'abord lorsqu'un pays oublie de tirer les leçons de sa propre histoire, il ne peut éviter de tomber dans les erreurs du passé. Par exemple, le stade des Martyrs est une œuvre inachevée parce que la contrepartie congolaise, qui devait permettre de construire hôtel et autres équipements touristiques ne vint jamais. Ensuite, pour qu'un investissement soit réellement utile au pays, il faut qu'il s'accompagne d'un transfert des technologies et implique profondément les populations locales.

Le gouvernement congolais devra veiller à ce que les salaires payés aux cadres et ouvriers congolais puissent leur permettre de vivre décemment et d'épargner pour se construire un avenir. C'est à cette condition que les Congolais seront non seulement efficaces mais encore s'impliqueront dans la protection de l'outil de travail. Dores et déjà, les autorités devraient s'investir dans un programme de développement de l'enseignement professionnel et technique. Car on ne tardera pas à se rendre compte que notre pays connaît un énorme déficit d'ouvriers qualifiés, tout comme des Ingénieurs d'ailleurs, car il y a pratiquement 25 ans que la formation s'était arrêtée.

Le volet formation des cadres et de la main d'œuvre autochtone est d'une importance capitale. En effet, c'est la première condition de développement car si l'argent à lui seul suffisait à développer un pays, le Nigeria et le Gabon, pour ne prendre que l'exemple de ces deux pays pétroliers africains, seraient développés.

Enfin, il s'agira également d'améliorer la gouvernance par l'accroissement de la lutte contre la corruption et une meilleure politique d'affectation des cadres, en privilégiant le mérite.

•  Le cas J.P. Bemba  : Le Président du Mlc est accusé d'avoir voulu renverser les institutions par la voie des armes. En tout cas, du fait de son refus de se plier au verdict des urnes, il avait occasionné des affrontements sanglants entre sa milice et les forces de l'ordre et est soupçonné d'avoir intentionnellement provoqué l'assassinat des policiers et la destruction méchante de certains bien publics et privés.

Personnellement, je crois que l'intérêt national commande à ce que le Président du Mlc, qui avait recueilli plus de 40% des suffrages, puisse rentrer au pays pour participer à sa reconstruction. Mais, en même temps, ce serait un mauvais signal donné à la Nation s'il rentrait sans préalables. Le condamner par la justice serait interprété par certains, en tous cas par ses partisans, comme une injustice. Aussi, à mon humble avis, pour éteindre les poursuites dont il est passible, il devrait pouvoir publiquement solliciter le pardon du Magistrat suprême et prendre l'engagement non seulement de renoncer à tout jamais à troubler l'ordre public mais aussi à porter les armes contre son pays au nom d'une puissance étrangère.

En effet, les conditions dans lesquelles les Kabila-Kisase Ngandu et les autres avaient pris les armes ne peuvent pas être comparées à celles de JP Bemba et le Rcd. Dans le premier cas, des Congolais avaient réussi à tromper les agresseurs afin de se servir d'eux pour accéder au pouvoir. Dans le deuxième cas, toute surprise passée, les mêmes agresseurs s'étaient servis de certains citoyens congolais pour conquérir notre pays, tenter de le démembrer et asseoir sur lui leur domination. Ce n'est vraiment pas la même chose.

•  Concernant Honoré Nbganda  : Ce compatriote a commis, à mon sens, la bourde de trop en qualifiant de rwandais les Congolais ayant applaudi le Chef de l'Etat au Nord Kivu. M. Ngbanda se trouve dans une situation unique parmi les anciens collaborateurs du Maréchal Mobutu. Il est accusé d'avoir pris le « trésor de guerre » des services (l'argent du comptoir Bomengo) pour le mettre à l'abri à l'étranger, lors de la progression de l'Afdl. Tous ses collaborateurs travaillent à l'Anr et s'il rentre, la moindre des choses serait de rendre compte sur les fonds des services.

D'après ce qui se dit à Kinshasa, c'est pourquoi il ne peut pas retourner au Congo. Ne devrait-il pas chercher un moyen d'arranger cette question, via Nzanga Mobutu par exemple, au lieu de continuer à œuvrer contre son pays ? Je crois que M. Ngbanda aime le Congo et n'est pas au service de l'ennemi. Cependant, il aime aussi l'argent. Il devrait choisir car c'est certainement quelqu'un dont l'expérience pourrait être utile au pays.

•  Kabila, un dictateur ?  : Lors de sa dernière conférence de presse, une expression du Chef de l'Etat a retenu toute mon attention «  Ne faites pas de moi un dictateur  ». C'est une expression extrêmement lourde de sens. En effet, ce sont souvent des collaborateurs qui fabriquent un dictateur. A force de louanges dithyrambiques, une personne finit par croire être sortie de la cuisse de Jupiter et devient allergique à toute critique. Pour commencer, on pourrait s'adresser à lui par « Monsieur le Président » ou « Mon général » puisqu'il est militaire, sans vouloir plus saler l'expression. La presse et les véritables opposants (des personnes responsables) devraient continuer leur critique mais en s'interdisant l'injure et la provocation gratuite. De la même manière, lorsqu'il pose un acte positif, il ne faudrait pas hésiter à le dire car, malheureusement, dans notre culture on a souvent tendance à ne pas reconnaître les mérites de l'adversaire.

Une autre tendance qui devrait être proscrite est celle de mêler le nom du Chef de l'Etat à toutes les sauces. Est-il nécessaire, de la part des hauts responsables de l'Etat, de déclarer à tout bout des champs avoir été envoyé par le Président ? Tout le monde sait que dans une situation comme la nôtre, toute initiative significative requiert au préalable l'avis du Chef de l'Etat. Ce n'est donc pas nécessaire de dire chaque fois qu'on a été envoyé par lui. Car, justement, s'il est habitué ainsi, le jour où quelqu'un oubliera cette mention, cela pourrait lui valoir des ennuis. D'ailleurs, pour tout dire, c'est une pratique mobutiste. Sous l'ancien régime, instruction avait été donnée pour que le moindre discours comporte une mention de remerciement au Président Fondateur. Les journalistes devraient accorder plus d'attention à cette question, à plus forte raison que c'est le Président lui-même qui met en garde contre la tentative de faire de lui un dictateur.

•  La guerre au Kivu  :Les événements actuels au Nord Kivu étaient inscrits dans l'ordre naturel des choses. Le régime au pouvoir à Kigali croit dur comme fer que les Congolais sont des idiots « ibichuchu » et qu'il n'est pas question de leur laisser le pays créé pour eux par le colonisateur belge. Malheureusement pour nous, les Anglais n'ont jamais accepté de favoriser la stabilité du Congo pour avoir été roulés dans la farine par Léopold II, son fondateur. Rwandais et Ougandais n'ont donc pas de peine à trouver des appuis à leur politique de déstabilisation du Congo dans les pays anglo-saxons.

Les dirigeants tutsi (rwandais et autres) sont tributaires d'une culture militariste, raciste et expansionniste. L'homme de valeur (umugabo) est celui qui combat et conquiert. Ils se considèrent de « race supérieure » et si, pour les besoins d'endormir la majorité, ils permettaient dans le temps à quelques rares Hutu d'épouser des filles Tutsi, je n'avais jamais vu, en ce qui me concerne, un Tutsi épouser une femme Hutu. Louis Rwagasore, qui épousa une Hutu dont le père était devenu Tutsi par une procédure qu'on appelle au Burundi « ku ihutura » (se renier), paya de sa vie son audace.

Dans la culture de nos voisins, la victimisation ne suscite ni pitié ni solidarité. Par exemple, lorsque quelqu'un est victime d'un vol ou d'une razzia, personne ne le plaint. On considère qu'il n'a pas pu défendre ses biens. C'est pourquoi beaucoup de nos frères Tutsi n'ont pas le courage de dénoncer les menées guerrières de Kagame, alors même qu'ils prennent conscience qu'elles peuvent fragiliser leur communauté.

Aussi, autant de fois que cela sera nécessaire, Kagame recommencera son entreprise de déstabilisation du Congo. Le rôle de Nkunda n'est qu'une facette d'une stratégie globale se développant sur plusieurs axes. A plus forte raison qu'en plus des objectifs de conquête s'ajoute, maintenant, la nécessité d'empêcher que le Congo ne soit à même de demander un jour des comptes sur les massacres, les destructions et les pillages commis par le Rwanda ou des agents rwandais sur son territoire.

Par conséquent, la lutte qui oppose le Congo au Rwanda de Kagame est-elle une lutte à mort, sans compromis. Elle ne peut se terminer que par la victoire de l'une des parties. Si le Rwanda gagne, ce sera fini du Congo. Contrairement à ce que certains Congolais naïfs croient, l'agresseur ne se contenterait pas du Kivu. L'idéologie de la conquête n'a de frontière que la résistance de la victime. Par contre si c'est le Congo qui triomphe, le peuple rwandais lui serait reconnaissant. Non seulement qu'il l'aurait débarrassé de la plus sanguinaire des dictatures de l'Afrique moderne, mais il n'aurait rien à craindre pour son pays car les Congolais ne nourrissent pas la moindre ambition territoriale au détriment du Rwanda, quoi que si on nous y contraint, ce ne sont pas des raisons historiques qui manqueraient pour démontrer par exemple que l'Ouest du Rwanda (qu'on appelle encore Ubunyabungo = pays des Banyabungo « Bashi ») avait été conquis par le Bushi.

C'est dire que les Congolais ont toutes les raisons de s'alarmer face à l'amateurisme, à la corruption et à la compromission des décideurs kinois. Nous sommes dans une période de l'histoire où notre destin en tant que peuple libre et souverain se déterminera. Ce sera la liberté, la servitude et/ou l'apatridie. L'analyse rationnelle de certains éléments nous donne perdants. Pourtant, cahin caha, le Congo est toujours là, debout, malgré ses faiblesses. En 1998, j'avais accompagné le général Norbert Muyumba (assassiné par des soldats mutins à Kabalo en octobre de la même année), rendre visite à un compatriote des services au Grand Hôtel à Kinshasa. Je faillis avoir un arrêt cardiaque en le trouvant en compagnie du chef des services extérieurs burundais qu'il était chargé d'encadrer. Notre compatriote avait de la peine à lire une lettre en swahili. Or, malgré cela, les agresseurs furent battus dans la capitale, même si par la suite ils purent avoir la peau du Président Laurent Kabila.

2. Quant à l'Ouganda, après sa condamnation à dédommager le Congo à hauteur de 10 milliards $, ce pays fera tout pour essayer au moins de favoriser l'installation à Kinshasa d'un gouvernement avec lequel il pourrait parvenir à un arrangement à l'amiable. La récente déclaration du Mlc par rapport à Nkundabatware est loin d'être innocente. Pour rappel, Jean Pierre Bemba s'était rendu à Masisi pour rencontrer l'officier rebelle, qui avait d'ailleurs appelé à voter pour lui. A cela s'ajoutent d'autres intérêts, politiques (l'Ituri) et économiques (le pétrole). Que l'Ouganda concentre des troupes à nos frontières ne relève pas de la simple gesticulation. Une action militaire fulgurante pourrait faire tomber le régime de Kabila, très fortement infiltré de l'intérieur. A moins que l'Angola ne s'y oppose formellement. Or, si les Anglo-saxons entrent à nouveau dans la danse, rien ne garantit que Luanda ne puisse fléchir dans un contexte où ses relations avec Paris se sont dégradées. La position de l'Ouganda n'a donc rien d'étonnant.

3. Le congrès de l'Udps  : Le congrès de l'Udps sera un événement important dans les annales politiques congolaises. Voici un parti qui prône la démocratie mais qui refuse de la pratiquer en son sein. Il préconise l'Etat de droit alors qu'il est géré comme une boutique privée, voire tribale. Rémy Massamba et Valentin Mubake viennent d'en faire les frais. Peut être qu'ils auront eu le tort de vouloir s'informer sur les finances du parti. A l'Udps, c'est inacceptable.

Aussi, ce parti, sur lequel des millions des Congolais ont misé leurs espoirs de démocratie est en réalité managé sur la base d'une escroquerie intellectuelle. Mais beaucoup de Congolais continuent à croire en lui car, en réalité, sa force réside dans le contrôle qu'il exerce sur une certaine presse kinoise du fait de sa base sociologique kasaïenne. Sans la presse de Kinshasa, l'Udps et son leader Etienne Tshisekedi auraient été envoyés aux calendes grecques depuis longtemps.

Pour autant, il serait injuste de méconnaître les mérites de ce parti et de son leader. L'Udps a joué le rôle principal dans l'affaiblissement de la dictature de Mobutu. Le mérite de Tshisekedi et de ses amis, agents de la CIA comme Mobutu, est d'avoir compris que le dictateur était incapable d'attenter à leurs vies. Leur lutte a réveillé le peuple congolais, quoi que la suite ait été moins glorieuse.

En effet, je pense que lorsque les historiens analyseront les faits, M. Tshisekedi apparaîtra comme un des personnages ayant significativement contribué à la destruction de l'image de l'Etat. Je prends seulement l'exemple de la monnaie. Il est l'auteur, dans notre pays, d'une contre-culture politique consistant à boycotter la monnaie nationale lorsque la chose arrange ses intérêts politiques. Or, lorsqu'on réalise la valeur symbolique de la monnaie dans la représentation de l'Etat, voire du renforcement du sentiment national, on ne peut être que stupéfait. Il n'y a pas d'exemple, sur le continent, même lors des guerres de libération en Afrique australe, d'un mouvement ayant saboté la monnaie nationale. Même les Talibans ne l'ont pas fait. Je crois que c'est à partir de cette position de l'Udps qu'on peut comprendre que certains compatriotes ne trouvent même pas utile de cacher leur trahison de la patrie. Un des slogans des « parlementaires-debout » est «  bateka mboka yango, moto na moto azwa part na ye  » ( que ce pays soit mis en vente pour que chacun touche sa part ). On ne peut sans doute pas aussi négliger les accointances nées entre le régime de Kigali et l'Udps, au point de préconiser l'instauration d'un co-leadership Tutsi-Lubakas. Plusieurs réunions, dont un des participants m'avait informé, furent tenues à Kigali.

Pour toutes ces raisons, le premier congrès de l'Udps sera un événement d'intérêt national. Si ce parti sort de ce congrès en présentant une alternative crédible au pouvoir actuel, il pourrait faire oublier ses errements et parvenir même à regagner sa popularité à l'Est. Ce ne devrait pas nécessairement être une alternative démocratique car, hélas, il ne faut pas rêver. On ne se couche pas autocrate pour se réveiller démocrate. Mais si l'Udps pouvait se doter d'un minimum de direction collégiale, une sorte de centralisme démocratique, ce serait un progrès par rapport à un management qui se résume aux ukases de son chef.

4. Le voyage de Joseph Kabila en Belgique  : D'après ce que j'ai lu sur la toile, beaucoup de Congolais ont été énervés par la nomination de Boshab au secrétariat général du Pprd. Il semblait pourtant qu'une certaine union sacrée s'était créée autour du pouvoir de Kinshasa dès lors qu'il avait donné la preuve de s'opposer militairement aux visées rwandaises au Kivu. Certes, la promotion de Boshab est une décision malheureuse. Cet homme n'a pas démenti les accusations de détournement portées conte lui. Devant l'évidence des faits, il avait été contraint à la démission.

En le faisant revenir par la grande porte, on peut émettre deux hypothèses. La première est que le Président est tellement prisonnier d'un entourage maffieux, dont il serait le chef, qu'il doit obéir à la loi de la « camorra ». La deuxième, tout aussi alarmante, est que le général Kabila mépriserait tellement les Congolais qu'il se ficherait de la réaction de l'opinion publique.

Quoi qu'il en soit, je rappelle, pour ma part, qu'il est le Chef de l'Etat. Les troupes engagées actuellement contre les soldats rwandais au Kivu répondent à ses ordres. C'est lui qui commande en chef. Est-il nécessaire de rappeler les faiblesses que le Congo présente face à l'ennemi aussi bien sur le plan militaire, de l'organisation de l'Etat que de la communication ? L'intérêt national ne serait-il pas de soutenir ce qui se fait, malgré les failles, parce mieux vaut cela que rien du tout ?

A mon humble avis, les Congolais auraient plus à gagner à faire front autour de leur gouvernement, quelles que soient ses faiblesses avérées, qu'à organiser des manifestations à l'étranger dont le résultat ne peut être que de fragiliser davantage l'édifice national. Le Congo est notre bien commun. Rien ne justifie qu'il soit considéré comme la propriété d'un homme, fût-il Chef de l'Etat.

Efforçons nous de réfléchir calmement. Il y a plusieurs oppositions dans notre pays, dont nous-même relevons, mais il n'y a qu'un seul Chef de l'Etat. Celui-ci ne sera pas éternel. Il passera bien un jour. N'avons-nous pas intérêt à ne pas confondre l'Etat et l'individu, l'intérêt national et l'intérêt partisan, l'émotion et la réflexion ?

A mon humble avis, s'il y a une manifestation qui se justifierait, ce serait celle de dire au Président de la République de continuer la lutte pour protéger l'intégrité nationale et d'écarter autour de lui des collaborateurs maffieux.

5. Un autre mérite de M. Tshisekedi que je crois utile de rappeler est d'avoir appelé les Congolais à se débarrasser de la peur. La mort, en effet, est la chose la plus sûre que tout être vivant doit rencontrer. Personnellement, je suis convaincu de la capacité du régime de Kagame de menacer la vie de ses détracteurs. Cependant, j'ai conscience que si je tombais face à l'ennemi, je serais pleuré par mes frères. Ce n'est pas le cas de ceux qui ont choisi de trahir leur pays pour l'argent ou les plaisirs de la chair.

•  Le cas Z'ahidi Ngoma  : Je suis très attristé par le comportement de cet homme politique. Le premier geste qu'il avait posé, en devenant Vice-président, avait été de faire voyager sa famille de Paris vers Kin en première classe. Depuis, son comportement, aux dires des nouvelles venant du pays, serait celui d'un jouisseur, point trait. En effet si, au lieu de dilapider l'argent qu'il gagnait dans des extravagances, il avait économisé, il aurait pu se payer une belle maison à Kinshasa. Comment peut-il, alors qu'il est de surcroît juriste, justifier de violer la loi en continuant à occuper un logement de l'Etat auquel il n'a plus droit ? C'est tout simplement honteux.

Mais le plus inquiétant n'est pas moins l'attitude du Président de l'Assemblée nationale. Passant outre l'ordre du Parquet général, il est allé réinstaller Z'Ahidi dans la résidence d'où il avait été déguerpi. Est-ce cela l'Etat de droit ?

Albert Kisonga Mazakala
akisonga@hotmail.com


Participez au forum


 
 
Copyright © 2005 Congo Vision. Tous droits réservés.